31 mars 2021 – premier

Tu étais venu comme à un appel
Au bord du canyon profond.
Tu étais esseulé au singulier
Le firmament offrait sa voie lactée
Chanté de sa voix en miscellanées
Mais le fond était sombre
Tu étais pris des vertiges
Ivresse du cosmos
Frisson des profondeurs.
Tu te voyais petit au creux des géants
Et élargi de tes sens

De l’autre coté
Une lumière,
Sa lumière.
Iel s’est approché du bord
Vis-à-vis
T’invitant.
Les cieux et le fond du canyon
S’éclairait
Brillait
Autour d’iel
Sa mère en lumière
Son père charpenté en éclat
Et les saintes
Toutes les saintes
Marie de Magdalena
Jeanne d’Arc
Thérèse la grande et Thérèse la petite
Jean et Pierre
Blandine et Paul
Et toutes les autres
Renvoyant et rayonnant sa lumière.

Tu pouvais les rejoindre.
Tu pouvais traverser au dessus du vide.
Avais-tu confiance ?
Avais-tu suffisamment de foi ?

Tu étais venu au bord…


Et ensuite….

Ensuite, après l’oraison, je pensais à ce et ceux que j’aimais. Je serais obligé d’écrire avec des possessifs, mais pourtant la seule chose qui m’appartienne c’est l’amour que j’ai pour eux. Et cet amour comment m’est-il donné ? Comment est-il né, d’où vient-il ? Par quel grâce m’a t’il été offert ? Mes enfants, mon épouse, mes amies, les personnes humaines qui ne sont pas personne, l’humanité, les moutons de mon enfance, Sheila, la chienne berger qui aux chaumes m’accompagnait. Elle surveillait pendant que je rêvais. Les moutons reste autour des rêveuses.

Et j’aime aussi la danse, les danseuses qui rayonnent dans la nuit en dansant au bord du canyon. J’aime mes amies kendoka. J’aimais ces moments de combat, ou le seul combat était contre soi même, aidé par l’aïté, l’autre, le partenaire vivant ce même combat singulier contre lui même et où je l’aidais. Pas de compétition, pas de compétences (même étymologie) de cette pensée néolibéral qui veut des gagnants et des perdants, des winers et des losers, non, juste l’amour de l’autre et la recherche de ses propres failles.

Et finalement j’aime aussi le jeu de rôle, ces aventures à vivre à plusieurs, une histoire qui nous accompagne et se fabrique collectivement. La même émulation le même amour que le kendo ou la danse. Regardait en face ses propres failles, ses propres faiblesses et découvrir au plus profond sa lumière. Cette lumière qui brille, qui nous est donné et que nous avons la liberté d’accueillir en marchant en confiance au dessus du vide du grand Canyon.

Hier au soir nous avons vue et revue Le Temps de l’aventure avec les actrices Emmanuelle Devos et Gabriel Byrne de Jérôme Bonnell. Une merveille qui m’a évoqué, Ulysse de Joyce, Élisabeth, la mère de Saint Jean-Baptiste, Certain passage de la fête de la musique m’ont rappelé Félini. Et aussi sur la route de Madison d’Eastwood. Un film fait de silence et de regard ou brille l’amour….

Art de la danse
Art martial
Art narratif
Aucun art qui se vend sur le marché
Des arts qui nous rapprochent de la lumière de la vie
De l’éternité
Sans nous infliger l’immortalité

Voilà ce que sont l’oraison de Sainte Thérèse, et voilà ce qui se passe après celle-ci.

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