JE SUIS MARIE

Je ne suis pas encore né
Anne, ma mère
Joachim, mon père
Boucher de son état,
Désespère d’avoir un enfant
La sœur de ma mère
Éduque déjà 2 garçons
Et élève déjà 3 filles
Et puis je né.

J’ai 3 ans
J’aime Dieu et j’aime Joseph.
Joseph est charpentier.
Il sent bon le bois.
Il a 26 ans.
Il a 4 garçons.
Il a 3 filles.
Je cours dans ses bras.
Il me ramène chez ma mère.
Ils rient.
J’aime ma mère.
J’aime mon père.

J’ai 12 ans.
Joseph pleure.
Le village enseveli son épouse.
Je suis triste pour lui.
Il est seul avec ses enfants.
Je m’approche avec ma pierre.
« Joseph, je me marierais avec toi,
Je serais la mère de tes enfants ».
Maman est fâchée.
Ce soir, je prie Dieu pour Joseph.

J’ai 14 ans.
Je sais les choses de la vie.
Ma mère me les a dites.
Je sais les choses de la mort.
Mon père me les à dites.
Et Dieu, il reste un mystère.
Le temple ne comprend pas.
Il dit seulement la loi.
Et j’aime encore Joseph.
Il a 37 ans.

J’ai 16 ans.
Le mystère grandit en moi.
Une femme-homme de lumière m’a parlé.
Je n’ai plus de périodes impures,
Comme dit la loi du temple.
Maman est affolée
Papa ne sait que dire.
Il y a Joseph.
Ils parlent tous les trois.
En partant, Joseph me regarde.
Il a un pauvre sourire.
Deux jours après,
Il m’épouse.
Il sait.
Il l’a vu aussi.
En songe.

J’ai 16 ans.
En joie je vais voir ma cousine.
Elle est très âgée.
Enfin, comme ma mère,
Elle attend son premier.

J’ai 17 ans.
Loin de chez nous.
Les romains et leurs comptes.
Joseph nous a porté.
Au petit matin,
Dans la bergerie,
Des étrangers viennent.
Ils viennent de loin aussi,
Guidés par une étoile.

J’ai 20 ans.
Il a 3 ans.
Nous rentrons d’Égypte.
Joseph reprend la charpente.
Jésus est doux.
Il est une source de joie,
Pour toute la famille retrouvée.
Il suit Joseph partout.
Il aime l’odeur du bois.

J’ai 29 ans.
Nous avons eu peur.
Nous avions perdu Jésus.
Nous étions à Jérusalem.
La fête de Pâques.
Jésus parlait avec le grand prêtre.
Au retour, Joseph et lui parlent.

J’ai 37 ans.
Je pleure.
Joseph est mort.
Jésus s’occupe de moi.
Il reprend la charpente.

J’ai 47 ans.
Je regarde mon fils.
Je sens qu’il est temps.
Le temps de l’enfant de l’humain.
Il revient de voir son cousin.
Nous sommes invités.
Il y a un mariage à Cana.

J’ai 48 ans.
Jésus est revenu.
Il parle au temple.
Ses frères et sœurs vont le voir.
Je les accompagne.
J’écoute.
Je reste avec Jésus.
Il y a Jean.
Il y a Marie de Magdalena.

J’ai 50 ans.
Le bois.
L’odeur du bois.
L’odeur, qui m’a accompagné toute ma vie.
Elle est là.
L’odeur du bois et du sang.
J’ai le cœur en charpie.
Jean est à coté de moi.
Marie est à coté de moi.
Mais lui, il est présent.

J’ai 65 ans.
Je suis avec Jean.
Je vis à Éphèse.
En dehors de la ville.
Marie a du partir.
Tous ont du partir.
De l’enfant quelque chose est né.
Une pousse qui remplit les cœurs humains.

J’ai 2020 ans.
Vos chercheurs cherchent.
Ils étudient.
Ils coupent et recoupent.
Les gènes de Jésus sont féminins.
Il est né d’un humaine.
Je suis encore à vos cotés.
Il est présent.
Ce n’est pas l’Amour,
C’est aimer, qui fait vivre.
Je vous aime.
Je suis Marie.

Quand tu étais sous le figuier par Adrien Candiard

Citations

On raconte, dans la tradition ancienne des moines d’Égypte – les « Pères du désert: que le diable, déguisé en pauvre, était venu frapper à la porte d’un monastère pour tenter les frères. Il frappe, pas de réponse. Il frappe à nouveau, sans plus de succès. Il frappe, il appelle; derrière la porte, on lui répond enfin: « Que veux-tu ? » « Je suis un pauvre (un pauvre diable ?), dit le diable. J’ai besoin de votre aide. » On lui répond: « Laisse-nous, nous sommes en train de prier. » Alors le diable se réjouit: « Inutile d’entrer, remarque-t-il. Je suis déjà à l’intérieur.

Un de nos frères racontait dans un livre qu’il était sorti des études, dans les années 1960 je crois, bien décidé à apporter des réponses à un monde qui ne cesserait de lui crier, comme dans le Psaume: « Où est-il ton Dieu ? » Il était prêt à répondre, mais a découvert à son grand désarroi que cette question, personne ne la lui posait. Les gens n’en voulaient pas à Dieu, ne cherchaient pas Dieu, ne demandaient pas de comptes à Dieu: à des degrés divers, ils lui étaient tout simplement indifférents.
Les prédicateurs le savent bien : si on veut que les gens nous écoutent, il faut aller les chercher où ils sont, et parler des questions qui les intéressent, pas de nos marottes personnelles.

On peut aller au catéchisme, à l’aumônerie de son lycée, en aumônerie étudiante, puis fréquenter sa paroisse tous les dimanches sans jamais avoir eu le moindre indice sur la manière de s’y prendre. Moi-même, on ne m’a jamais rien expliqué avant mon entrée au noviciat, où j’ai été initié à la vieille méthode dominicaine, précise et infaillible: « Tu te mets à genoux pendant une demi-heure, et tu vois ce qui se passe. » Alors entendre dire que c’est la respiration même du croyant, c’est assez culpabilisant, et même franchement asphyxiant… Il y a de quoi se demander si on est vraiment croyant !

Elle serait si belle, la fraternité, si douce, si l’on ne se faisait jamais de mal ! Mais la fraternité, ce n’est pas cela. C’est peut-être l’amitié. La fraternité, c’est autre chose. C’est une relation qui survit au mal. mais où on ne doit pas s’habituer au mal: on apprend à le dépasser. Jacob et Ésaïe s’en veulent assez pour ne pas s’adresser la parole pendant des années. Mais Jacob va nous montrer la voie pour en sortir, le seul remède pour vaincre le mal: le pardon.
Un double pardon, du reste. Car entre les deux frères, les torts sont partagés. Il faut donc à Jacob un double courage: celui de pardonner et celui de demander pardon. C’est le cœur du véritable combat de Jacob.

Le pardon passe toujours par la vérité. Appeler un chat un chat, et un mal un mal. Il n’y a rien à attendre de la mièvrerie quand elle a lieu aux dépens de la vérité.

Si J’aime cette voix, si j’aime cette intelligence, si je sais les apprécier, si je sais m’en réjouir pleinement, alors toutes ces belles choses m’appartiennent pleinement. C’est comme si c’était ma voix, puisque je sais en profiter! Les façades n’appartiennent pas à leur propriétaire, mais à leur vis-à-vis, c’est-à-dire à ceux qui en jouissent et à ceux qui s’en réjouissent

Et peu à peu apparurent d’autres ennemis : la paresse, telle ou telle addiction, la faiblesse de la volonté, les mauvaises habitudes le découragement, choses qui en nous nous empêchent de faire ce que nous voulons. Cette difficulté à réaliser ce que nous voudrions faire. Ce qu’on appelle, en théologie chrétienne, d’un nom technique: le péché originel.

mais ce dont ils devraient se confesser, c’est de cette confession même; se confesser, non d’en demander trop au Seigneur, mais de ne pas lui demander assez. Le péché, c’est toujours une affaire de gagne-petit: un pécheur, c’est quelqu’un qui se contente de peu. Qui, se sachant fait pour l’infini, se contente d’objets finis et dérisoires pour remplir ce vide et cet appel : l’ambition, l’argent, l’égoiïsme…

Expérience de lecture

En cours et à venir…
… j’aime à le lire par petites touches pointilliste … Comme un livre d’heure et de méditation matinale.

Bien sur qu’il me fallait le lire. Et voilà un chemin qui ouvre des portes étonnantes sur ce que cela veut dire avoir la Foi. En fait on devrait dire offrir sa foi, car c’est un acte qui consiste à donner sa confiance. Donner sans arrière pensée, sans même un signe en retour. Et cet acte, en lui-même porte sa propre joie.

Je suis en joie parce que je te fais confiance, et quoi que tu fasses je ne me sentirais pas trahit. Maintenant, il ne s’agit pas de rester sous ce figuier où la joie m’a été donné, mais au contraire de se risquer à marcher sur l’eau, et débrouille toi pour que je ne sombre pas. ET je te fais confiance, parce que c’est ton problème que je ne sombre pas.

Et je découvre en fin de lecture tout l’humour libérateur, celui qui allège et pas celui qui alourdis. De la même façon qu’il n’y a qu’un seul amour, qu’il soit vécu avec le corps, la psyché et l’esprit, il n’y a qu’un seul humour qui allège.

Et voilà, je découvre le marque page que j’avais utilisé tout au long de cette lecture, un marque-page » de la Musardine, cela a quelque chose de savoureux et finalement qui est bien en accord avec cette lecture.

dav

Je crois que j’ai une affinité avec les dominicains.

De Dieu à César

Comment l’univers-a-il commencé ?
Comment l’univers finira-t-il ?
Qu’est-ce que la matière noire ?
Le système solaire est-il exceptionnel ?
La Terre est-elle une planète spéciale ?
La vie existe-t-elle ailleurs ?
Comment se fait-il que quelque chose existe au lieu de rien ?

Aristote défendait l’absence de commencement : si l’Univers ne peut naître ex nihilo, il doit avoir toujours existé. Le temps devrait s’étendre éternellement dans le passé comme dans le futur.

Saint Augustin affirmait que Dieu, l’Amour infini et gratuit, existe en dehors de l’espace et du temps et qu’il est capable de les créer comme « ON » a forgé les autres aspects du monde. Le temps lui-même faisant partie de la création, il n’y avait tout simplement pas d’avant.

Le promeneur, la passante, la flâneuse, le voyageur, dans la succession de ses pas (un pas, puis un autre, et encore un autre), saisit que sa marche peut se répéter indéfiniment.
En principe, il peut toujours faire un pas de plus.

Comment l’apparition sur Terre d’humains capables de se représenter qu’il existe un univers extérieur à eux et que celui-ci pose des questions encore restées sans réponses ?
La recherche scientifique est une découverte récente de l’humanité, reposant sur la triade « formulation d’une hypothèse, mise en place d’expériences pouvant vérifier ces hypothèses, formulation de lois à partir des hypothèses vérifiées par l’expérience ». Le cycle se renouvelle en permanence à l’occasion de l’apparition de nouvelles expériences et de nouvelles hypothèses. L’ensemble repose sur l’hypothèse globale qu’il existe bien un univers extérieur à l’humanité et que celle-ci est capable de s’en donner une représentation.

Et Pourtant, nous sommes ici.
Vous êtes là.
Je suis ici.
Êtes vous là ?
Sommes-nous ici ?
Ici et là.

Et ma promenade me conduit là, en ce lieu devenu un ici et un maintenant ou je dois rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
Comment exprimer ce parcours qui est le mien au sein de ma foi catholique (foi entendu comme confiance)?
Comment exprimer cette confiance en un amour infini s’opposant au rien absolue, au néant ?
Et comment l’exprimer en rendant à Dieu, ce qui est à Dieu ?

Mais pour autant je souhaite rendre à César ce qui est à César. Ce César symbole de nos organisations humaines, de nos sociétés pour ce qui relève du pouvoir temporel.
Vous, Elle, Lui, l’Autre, est celui par qui vient et avec qui je vie la jouissance de nos corps, jouissance qui se sublime en bonheur, des bonnes heures passées ensemble par les liens tissés, par nos psychés, mais qui s’abandonnent dans la joie d’appartenir à un univers en permanente création, néguentropie ultime à l’entropie du néant et qui me pousse à aimer plus que tout la liberté de ma sœur humaine, de mon frère humain.
Liberté
Égalité
Fraternité

Ces trois mots je les entends résonner dans mon expérience religieuse, qui est mon chemin et qu’ne aucune façon je ne puis imposer aux autres, à l’autre.

Mais…
Mais je dois participer aussi à la vie de César.
Dois-je voter ? je peux voter.
Et comment faire, pour qui ?

Liberté
Égalité
Fraternité
Qui ne peuvent être délié pour moi spirituellement et temporellement.

Finalement ces questions me conduisent vers une réponse ici et maintenant, je voterais ou se présenteront des communistes.

C’est tout mon paradoxe, car ils sont souvent athées.
Mais puis-je juger les autres et penser que je suis mieux qu’eux ?

Quatrième jour

En écrivant Ichthus, je cherchais un cadre ludique dans lequel poser mes questions sous la forme de scénario de jeu de rôle. Le parcours de ces scénarios par des joueurs provoquera la mise en abime de ces questions.

Les questions sont :

Sur la « foi étymologique » ; puisque le mot foi viens du latin « Fides » qui nous offre aussi les mots de « confiance », de « fiançailles » et de « fidélité », nous sommes loin du mot croire ;

Sur l’amour, ou plus précisément sur les trois formes d’amour éros, philia et agape ;

Sur le bien et le mal et toute les zones grises de notre liberté ou sur la création et le néant.

J’ai eu envie de parcourir ces questions universelles en nous situant à l‘époque ou naissait le christianisme, les christianismes et surtout une époque ou se formaient les premiers chrétiens, d’où le mot Ichtus devenu Ichthus.

Pourquoi Donjon et dragon 5 ?

Je voulais partir des règles les plus communes, les plus banales, les plus utilisés afin de pouvoir me dégager d’une trop grande réflexion sur un système et de pouvoir me concentrer uniquement sur ce que je veux interroger.

Donjon et Dragon est très accès combat, mais justement le contexte et le thème nous invite à le dépasser, et je trouve que cette tension de la lutte pacifique est intéressante d’un point de vue des questions que va poser d’être chrétiens.

Le coté fantastique est mis de coté, mais je ne me l’interdis pas complétement si je souhaite approfondir certaine question autour des grand thèmes chrétiens.

Et maintenant ?

Je me suis abondamment inspiré de Joan Of Arc le jeu de rôle et bien sur de D&D 5 dans la version Dragon du Studio Agate. Mais ce qui va venir maintenant à la suite du premier scénario c’est la campagne Petrus DCCCXIII, qui se situe de 60 à 64 our pour le dire autrement de 813 à 817 ou encore de « pridie Nonas Apriles, anno DCCCXIII » au « ante diem XV Kalendas Augustas, anno DCCCXVII » Cela va prendre plusieurs mois et ensuite, il me faudra trouver un groupe de personnes joueurs ayant envie de tester ce cadre.

Devant le Christ de Velasquez par Miguel de Unamuno

Extraits

D’un bras à l’autre s’ouvre sans traîtrise
ta poitrine entière, pâture d’amour ;
au creuset de ton agonie, terrible,
tu embrasses l’infini dans les bornes
du chemin du soleil qui ne se couche
ni jamais ne se lève…

Chevelure…

Libres à l’air libre ils recueillaient les perles
de la rosée de l’aube sur lesquelles
le soleil a fait briller des éclats
de l’arc céleste de promission.
Ils te furent oreiller sur les chemins
quand sur la terre dure tu posais
ta tête ; les renards ont des tanières,
les oiseaux ont des nids, mais nul abri
tu n’as eu pour Toi, divin mendiant.

Expérience de lecture

à venir…
… et à venu

Une personne humaine, il y a 2000 ans réenchante la spiritualité d’un temps devenant calculateur. Il meurt et provoque l’apparition d’un lumière que l’on n’a pas finis d’explorer.

Une personne humaine, au 17ème siècle peint l’instant ou la première personne humaine délivre sa lumière. Cette représentation invente une nouvelle lumière un nouveau regard sur le premier.

Une personne humaine en Espagne, au 20ème siècle, un homme regarde ce tableau et plonge dans les mots pour nous l’offrir en poème. Et nous avons toutes les dimensions et reviennent toutes les questions.

Nous, personnes humaines qui recevons, nous faisons nos choix et là question nous est posée : Qu’avez-vous fait de toute cette lumière ?

Nous sommes alors bien loin de la fade littérature proposé en 2019 sur le Christ. Quelque chose nous est offert, libre a nous de l’accepter !

Maurice Zundel, des citations glanées

Vous sentez très bien la différence immense qu’il y a entre un génie universel, et qui s’appelle universel parce que justement dans cette seule personne humaine il y a toute une superposition de grandeurs, comme en Michel-Ange qui est architecte, qui est sculpteur, qui est peintre, qui est poète, et encore beaucoup d’autres choses, on a un génie universel c’est-à-dire qu’en lui seul il y a une source immense qui peut apporter des éléments nourriciers à toutes les intelligences humaines !

Il y a aussi l’Union Postale universelle, vous entendez bien : universel, cela veut dire que c’est une organisation qui est étendue géographiquement sur toute la terre habitée, « universel » a un sens ici tout à fait différent indiquant la diffusion dans l’espace, tandis que dans le cas de Michel-Ange il s’agit au contraire d’une unité qui est si riche dans son essence qu’elle est capable de porter la lumière dans toutes les intelligences qui recevront d’ailleurs cette lumière en l’assimilant, en se transformant, en devenant source â leur tour.

Donc l’Universel, dans le Christ, se révèle concentré dans la personne, parce que l’universel de valeur, et il ne peut pas s’agir d’autre chose, l’universel de valeur, c’est un espace intérieur qui est suscité par le don de soi, c’est ce vide que l’on fait en soi qui creuse cet espace et qui permet à un être singulier d’être le centre du monde : davantage, non seulement à un être singulier est-il permis d’être le centre du monde, mais à tous les êtres humains, précisément parce que la pensée est créatrice d’origine, la personne humaine qui arrive à penser, qui arrive à peser le monde dans la balance de son esprit, et soi-même et toute l’histoire dont il est le répondant et le responsable, cette personne humaine porte en elle l’Univers non pas pour le confisquer, non pas pour le posséder, mais pour se donner à lui et l’enrichir de son amour.

Si je parle d’égalité, il y a donc un sens extraordinairement différent entre une égalité qui est une égalité de revendication : j’ai droit autant que vous, et je peux posséder autant que vous, et je veux jouir autant que vous, cette revendication des viscères n’a rien à voir avec une égalité de valeur où chacun a la possibilité, s’il y consent, d’ouvrir dans son cœur un espace à toute l’humanité et à tout l’Univers, et c’est donc cette égalité qui est en question, je veux dire : qui intéresse l’humanité en tant que l’humanité est un phénomène unique et incomparable, en tant que l’humanité se différencie ou se distingue de toutes les autres espèces justement par le fait que ce n’est pas l’espèce qui compte mais la personne.

Twitter Pénéloppe et Dieu Mère-Père

« Si VOTRE Dieu
Est si bon,
Si grand,
Alors il vous a laissé tomber !
Il y a si peu de tolérances et si peu de compassions
Chez certains pratiquants »

Pour parler de Dieu à cœur ouvert,
A Cœur Brisé,
Il faut plus qu’un gazouillis sur Twitter.
Cela réclame des heures d’intimités,
Un grand apaisement de l’esprit !
Et Maurice Zundel m’aide.
Si un désir divin effleure,
Cela ne peut être qu’un désir plus léger que le frottement sur la joue des ailes d’un papillon !

Et retrouver alors des paroles sincères.

PRIÈRE DE NE PAS DÉRANGER par Matthieu Aine

Quelques extraits

La prière n’est pas une technique qui réussit, avec un tuto trouvé sur internet ou un process à mettre en application. Les enfants ne commencent pas par étudier la grammaire quand ils apprennent
à parler, ils commencent par regarder, écouter et répéter ce que les parents disent. La prière est une relation. …
…Le temps peut paraître long sur ce chemin de l’apprentissage. Mais une parole de saint Augustin nous éclaire. « Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer1.»
La prière n’est pas un résultat.

Parcourir le chemin

En cours…

Finalement je suis revenu à l’église

C’est un article de 2014 dans la revue Aleteia, que j’ai lu récemment qui m’a fait comprendre pourquoi j’ai éprouvé cette nécessité de revenir à l’Église.
Je le reproduit ici pour en garder une trace.

« Je ne suis pas vraiment intéressé par la religion. Je crois que l’énergie spirituelle transcende la religion. C’est en tout cas ce que j’ai essayé d’intégrer dans ma musique. » Alors que lisais cette confession du chanteur folk Noah Gundersen, quelque chose m’est revenue : j’avais déjà entendu cette phrase auparavant. Presque au mot près. Mais où ?

C’est alors que j’ai compris : j’entendais ce témoignage de spiritualité et d’ouverture d’esprit partout autour de moi.  Le mouvement « spirituel mais pas religieux » était devenu à la mode en insistant sur l’amour, l’émotion et la croyance en une puissance supranaturelle. Cette dernière dépasserait les églises, les dogmes et mêmes les conceptions religieuses traditionnelles de Dieu.

Pour vous en rendre compte, lisez ces citations des grands noms de la musique américaine actuelle :

Lady Gaga :

« Je suis une personne spirituelle… Il n’y a vraiment aucune religion qui ne condamne ni ne rejette personne, et je crois vraiment en l’amour et au pardon pour tous ».

Justin Timberlake :

« Je pense que pour me définir, le terme serait plus spirituel que religieux”.

Beyonce :

« Je suis plus en faveur de la foi et de la spiritualité que de la religion en elle-même. Je pense qu’il faut faire le bien autour de soi et ne pas juger les autres ».

Jay Z :

« Si je devais définir mes convictions religieuses, je dirais que je crois en un seul Dieu. Mais que je ne crois pas en la religion ».

Katy Perry :

« J’ai été éduquée de façon si stricte et rigide que maintenant ma vie est beaucoup plus relâchée… J’adhère à beaucoup de spiritualités, notamment tout ce qui tourne autour du New Age que j’ai intégré à mon quotidien. »

Pink :

« Je suis très axé sur la spiritualité. C’est ce qui me protège dans la vie. Mais je ne crois pas en une religion organisée. Comment un groupe d’individus pourrait avoir raison et tous les autres avoir tort ? »

Cela vous lasse déjà ?

Il faut aller prendre un peu l’air avant de réécouter les défenseurs de l’existentialisme athée.  On vous épargnera les phrases du style « je ne suis pas vraiment une personne religieuse, mais je pense que Dieu et le libre arbitre sont des leurres. Nous avons été jetés dans cet univers où règnent l’horreur et la mort ».

Les artistes « spirituels mais pas religieux » semblent de plus en plus devoir tenir ce genre de discours. Ils évitent ainsi le dogmatisme actuellement prédominant, tout en se dissociant du matérialisme ambiant. Ils ne peuvent pas dire ce qui est vrai exactement, mais, pour autant, ils ne vont pas entièrement adhérer à la question de la transcendance (qu’un être supranaturel soit à l’origine de notre présence ici-bas). En bref, ce discours à la mode serait la « voie médiane » entre le nouvel athéisme et la religion d’antan.

Apparemment, les jeunes de la Génération Y sont plutôt d’accord avec leurs stars préférées. L’art ne ferait alors que refléter la société. 72% de la Génération Y s’identifiait comme « plus spirituelle que religieuse », et la proportion de personnes ne s’identifiant à aucune religion particulière (mais ne se disant ni athées, ni agnostiques) montait en flèche aux Etats-Unis.

Dans son livre, Bad Religion, le chroniqueur Ross Douthat fait valoir de façon tout à fait convaincante que la spiritualité qu’il nomme « Oprah-Chopra », celle du « Dieu auto-construit », n’est rien de plus qu’une hérésie quasi-gnostique. Il continue en affirmant « La religion du « Dieu auto-construit » apparaît comme parasitaire pour les formes de croyances plus dogmatiques (…). », « Elle peut d’ailleurs montrer une certaine superficialité puisque les vraies conversions spirituelles vont généralement de paire avec un recentrage vers une spiritualité commune ».

D’autres auteurs du monde de la culture, et ayant des profils différents, ont fait des observations similaires. Lillian Daniel, du Huffington Post, qualifie par exemple de barbants les « spirituels mais pas religieux ». Il soutient en effet que pour mûrir, la spiritualité a besoin d’une communauté.

Alan Miller, un laïc, va plus loin. Pour lui, la mode du « spirituel mais pas religieux » est la pire des choses car elle offre la possibilité de se « défiler ». Il ajoute que « cette nouvelle tendance pour la spiritualité offre très peu possibilités à la transformation personnelle. Il n’y a rien qui concernerait un projet pouvant nous inspirer ou nous transformer. »

Le rabbin David Wolpe va aussi dans ce sens : « la spiritualité est une émotion ; la religion est une obligation. La spiritualité apaise ; la religion mobilise. »

Ainsi, le nœud des critiques réside dans le fait que le « spirituel mais pas religieux » n’est finalement qu’une philosophie autorégulée. Elle manque du contrôle et de l’équilibre donnés par la communauté et la tradition. Comme le Père James Martin l’a déclaré « la religion peut me recadrer face à la tendance que j’ai à penser que je suis le centre de l’univers, que j’ai toutes les réponses, que je connais Dieu mieux que tout le monde, et que je suis celui à qui Il parle le plus clairement ».

Bien entendu, rien ici ne dit que la religion n’a pas besoin de la spiritualité, de recherche personnelle et parfois de doute. Comme l’a noté le Père Martin « sans la spiritualité, la religion devient une liste de dogmes sans saveur, sans lien avec l’esprit de la foi. C’est ce contre quoi Jésus nous a mis en garde. Et, sans religion, la spiritualité peut vite devenir de l’autocomplaisance, bien loin des bienfaits que peut apportés une communauté ».

En d’autres termes, la religion et la spiritualité sont intimement liées et ne sont pas viables l’une sans l’autre.

Mais indépendamment de si oui ou non la « spiritualité sans religion » est tenable, une chose semble être en tout cas claire. En effet, si la tendance actuelle persiste et que les témoignages de nos faiseurs de mode continuent de s’éloigner des formes traditionnelles de la foi, le « spirituel mais pas religieux » va rapidement devenir, ou peut-être l’est-il déjà, la norme de pensée.

Quant aux jeunes qui sont un peu plus rebelles, une religion deux fois millénaire pourrait bien être pour eux la voie à suivre.