Poésies 1997-2004 par Claire Genoux

Citation

A trop m’occuper
de la fidélité du lierre le long des troncs
j’oublie de distraire ma langue
dans la brioche bien faite des heures
ou de me piquer à la quenouille comme il est écrit

en attendant que la table soit mise
je repars le ventre vide parmi les ronces
et tire ma faim par le col

Heureux de l’avoir lu

Une belle poésie, que je suis heureux d’avoir lu.
Claire Genoux m’a emmené dans des territoires et des paysages que j’ai imaginé être des panorama propre à la mélancolie et nostalgie féminine.
C’est difficile a dire pourquoi ce ressentit. Comme il avait était tout aussi difficile pour « Parties communes » d’Anne Vassivière de dire pourquoi je ressentais le cri de l’âme féminine, étouffée dans un monde finalement encore très misogyne, très bourgeois et encore très phallocrate.

Finalement je découvre que ma raison et mes sentiments rapprochent ces trois femmes Claire Genoux, Anne Vassivière et Monna Chollet.

Oraison 18 janvier 2019

Car tu es mon Père et ma Mère
Ma Mère et mon Père
Tu m’appelles à m’élever vers toi
En plongeant au plus profond
En traversant les brumes de l’inconnu
Pour trouver ta lumière sans fin d’Amour
Car tu es ma Mère et mon Père
Mon Père et ma Mère
Amen

Métro 18 janvier 2019

Ce matin, elle est passée
Elle avait 67 ans
Elle nous souhaitait bonne année
Elle sentait mauvais
Elle est descendue à Pigalle

Oraison 5 janvier 2019

Je voulais rejoindre le sommet de la montagne
J’avais piolet pioche et pelle dans mon sac
Je m’épuisais seul à creuser ma voie
Me bloquant, vidé, je regardais alentour
Je voyais alors qu’il existait un sentier
Façonné par les animaux, les vents et les pluies
A travers les bois, sous-bois et montagne
Je l’empruntais

Parvenu à mi-chemin, je regardais plus loin
A droite vers le bas
Le christ se tenait, accueillant, debout au col.

Il m’aurait suffi d’emprunter
La vieille route de mes ancêtres
Et d’en prendre soin avec le cœur léger

Cinquante-six ans par Étienne C (lulu.com)

École du maitre

Six ans, blouse grise
Pantoufle dans la classe
Chaussure au casier du couloir
Un autre temps passé

A mon père et à ma mère

Pourquoi en parler ?

Parce que c’est une poésie de l’instant.

Une flammèche d’une expérience de vie.

Parce que je l’ai écrite.
Et chaque année depuis 2013, je poursuis cette prière de remerciement à la vie d’être « merveilleuse » (au sens étymologique) sans être spectaculaire.

Et je continuerais pour ma famille, mes enfants, mes amis et ceux qui le souhaite. Pour noël par une étrange avent personnel.

Les grand maîtres du Haïku

Basho, Issa, Buson, Shiki, Taïgi

Herbes d’été.
Tout ce qui reste
de la gloire des soldats

Bashô

Brume et pluie.
Le Fuji voilé.
Malgré tout, je marche, heureux

Bashô

Quand les pruniers
fleurissent
Il gèle en enfer.

Issa

A Saga,
Parmi les herbes folles,
La tombe de la belle femme.

Shiki

Et je lis la poésie le soir

Avant de dormir
Lecture des haïkus
Et emporter les saisons dans mes songes

Que dire de plus…
Prenez le temps…
D’emporter avec vous…
L’univers en trois vers.

Pourquoi ces chaines ?

Il est Génial ?

Absolument Génial ?

Épouvantablement Génial !

Un pur chef-d’œuvre issu de la géhenne !

Un créateur de haine !

Un minable anti-Zeus parfait

Un grand diviseur par zéro !

Un fasciste en culottes courtes,

Un capricieux de 5 ans,

Une créature du néant !

Il nous faudra beaucoup d’agape pour sourdre du cycle inauguré par cet avatar !

Nous, cinquantenaires éduqués n’avons pas fait grand chose,

Eux, quarantenaires éduqués, aspirent le monde vers le néant extérieur !

Qui, maintenant, fera sortir les marchands du temple ?