61 ans aux rayons XYZ

Les cons d’mon temps,
(j’étais bien l’con de quelqu’un·e,)
L’cons donc de mon’X génération,
Z’étaient mous,
Z’incertains,
Z’Hésitants,
Si peu z’engagés,
Z’enfants d’baby-boomers,
Fin du temps d’scooters,
Venait c’lui des Doc’ Marteens,
Des z’iroquoises,
Les « fuck off »
Bousculaient les « peace and love »
Les « No Futur »
Poussaient sur des « power flower » fanés.
Les cons d’mon temps, z’étaient un peu cons.

Et puis naquit la gén’Y,
Génération du vomitif Macron.
Leurs cons à eux sont dangereux,
Perclus de certitudes,
Arrogants,
Vaniteux,
Narcissique,
Destructeur,
Infame,
Sans âme,
Sans « état d’âme »,
Comme y z’aiment à dire,
Des s’l’a’ péteurs,
S’l’a’ pétant.
P’tits rappeurs bourge.,
Hipsters-consommateurs,
Incultes et incultivables.
Ah, ils détestent tant la génération d’avant
Mais encore plus
Celle qui après eux viens.

La génération Z,
Celles ses joueureuses,
Des danseureuses,
Du vocabulaire en « iel »,
D’une repensée nouvelle,
D’un au-delà des certitudes,
D’une avancée en l’inattendu,
Les pauvres cons d’Y
N’y comprendront rien.
Mais comment seront leurs cons ?

Mon corps ?

Où mon corps,
Qui est mon corps,
N’est plus mon corps ?
Dans le geiko du kendo,
Dans la partie du jeu de rôle,
Dans la prière d’oraison,
Où ?

Dans le geiko
Cet univers de rencontre de nous deux
Un univers à moi
Je suis là avec toi
Et je vois sans regarder
Ton envie de te lancer à l’assaut
Et je ne suis plus moi
Je suis toi et me retrouves
En ce lieu avant que tu n’y arrives
kendo debana waza.
Quand mon corps commence-t-il ?
Quand finis-t-il ?
Profond et doux mystère.
Corps !

En jeu de rôle,
Je propose.
Vous incarnez par vos mots.
L’histoire se construit,
Un univers complet,
Lumineux venant de nos mots
Virevoltant autour de la table.
Et puis, création !
D’où vient-elle ?
De moi ?
De vous ?
De nous ?
De nos mots ?
Quand mon corps commence-t-il ?
Quand finis-t-il ?
Profond et doux mystère.
Âme !

Au cœur de la prière
Le torse, Les bras, les mains fourmillent
Jusqu’au bout des doigts
Et puis ici ou là,
Au frontières de ma peau,
Ce n’est déjà plus moi,
C’est une lumière d’ailleurs,
D’un arbre à la falaise en dehors de l’univers.
Quand mon corps commence-t-il ?
Quand finis-t-il ?
Profond et doux mystère.
Esprit !

Corps, Âme Esprit,
Quand débutent-t-il ?
Quand terminent-ils ?
Hors du temps.

Balade Psychédélique

NON, Non et non
[‘xclamation]
Non à vos ‘nnovations
[‘xclamation]
C’qu’on veut
[‘ntérogation]
On veut le nouveau
On aspire de la nouvelle
On respire de la bonne nouvelle

S’enivrer du Anne Vassivière
Au bord du lac de Cervières
Spéléologier du Proust
Dans son propre jardin boisé
Replonger dans Herbert
Au bord du Désert d’Aurore

Une phrase, complexité du désir
Un ‘ragraphe, profondeur des rêves inaboutis
Un chapitre, inattendu du Cosmos
Au bord de l’eau un instant
Tous les bords d’eau de l’univers
Ou quelqu’un se pose

Peu importe les portes
La folie de traverser
S’y retrouver en table ronde
Déposer nos questions en Montagne
Y accorder l’écho d’Amour.
Oser strictement se sourire
Emprunter sans rendre les voies nouvelles
Tu étais belle
Tu étais beau
Tu seras belle
Tu seras beau
Tu existes, lancer au loin
Tu rayonnes tous les soleils
Dans le regard du corbeau blanc

Et digresser
Devenir digresseureuse
Ouvrir puérile, chaque porte
Se perdre et te trouver
Te perdre et se trouver
Revenir
Se poser aux champs de Mémé Marie
Descendre chercher les fruits murs
Des cassissiers et des groseillers
Remonter et faire les odorantes confitures
Sur le vieux poêle en fonte à bois
En la bassine en cuivre vieillis.

Alors à la vie inattendue
oui et Oui, OUI
[‘xclamation]

Signature postscriptum
Un poète lulu.com