Stella Finzi par Alain Teulié

Quelques belles phrases

Après le premier achat, je n’avais pas pu me retenir des autres. Et désormais, tous mes vœux de la veille avaient été exaucés. Un citadin accumule des songes, des insatisfactions, des déceptions, en fonction des choses qu’il aperçoit et ne possède pas.
Il l’ignore, mais la frustration est là, sournoise. Les devantures sont des mains qui nous ça ressent. Elles ne nous choient vraiment que
si on leur cède Or, la plupart du temps, on ne le peut pas.

En amour, les hommes sont des imposteurs. Leur sexualité les rend compulsionnels et menteurs. Ils jouent le personnage que la femme espère. Elle est l’auteur de la pièce, sans le savoir. Mais hélas elle confie son œuvre à de piètres interprètes. Sur la scène de l’espoir des femmes, les hommes sont de mauvais acteurs.

– Vous aimez trop la beauté pour vous attacher à moi. Et vous avez trop d’orgueil. Ce n’est pas dommage. C’est comme ça.
Je ne sus que répondre. Elle avait raison. La plupart du temps, elle se mettait sur moi. Elle était la maîtresse du jeu. Le mot maîtresse venait de là, du Moyen Âge. C’était le nom de celle qui décidait, qui testait le chevalier, pour voir s’il savait tenir ses ardeurs et les libérer quand elle le voulait. Elle me dominait, bien sûr. Personne n’avait su le faire, jamais. La femme en moi était comblée.

Mais je reviendrais sur cette citation, dans mes impressions de lectures

Impressions de lectures

A venir dans les jours qui viennent, mais

Certainement l’un des meilleurs romans de la sortie littéraire 2020. Loin des insincères romans d’Amélie Nothomb ou Emmanuel Carrère, dont nous rabatte les médias pour maximiser les profits sur quelques produits.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi sincère d’un auteur. Mais j’y reviendrait. Uns sincérité qui a mon avis dépasse l’auteur lui-même.

A suivre…

La pesanteur et la grâce par Simone Weil

Des citations qui me touchent

Être et avoir. – L’homme n’a pas d’être, il n’a que de l’avoir. L’être de l’homme est situé derrière le rideau, du côté du surnaturel. Ce qu’il peut connaître de lui-même, c’est seulement ce qui lui est prêté par les circonstances. Je est caché pour moi (et pour autrui) ; il est du côté de Dieu, il est en Dieu, il est Dieu. Être orgueilleux, c’est oublier qu’on est Dieu…

J’aime à croire aussi qu’après le léger choc de la séparation, quoi qu’il doive se produire pour moi, vous n’éprouverez jamais à ce sujet aucun chagrin, et que s’il vous arrive parfois de penser à moi ce sera comme à un livre qu’on a lu dans son enfance. Je voudrais ne jamais tenir d’autre place dans le cour d’aucun des êtres que j’aime, afin d’être sûre de ne leur causer jamais aucune peine.

Les textes de Simone Weil appartiennent à cette catégorie des très grandes ouvres qui ne peuvent être qu’affaiblies et trahies par un commentaire. Mon seul titre pour présenter ces textes est que mon amitié avec l’auteur et les longues conversations que nous eûmes ensemble aplanissent pour moi l’accès de sa pensée et me permettent de replacer plus facilement dans leur éclairage exact et leur contexte organique certaines formules trop abruptes ou insuffisamment élaborées. Il ne faut pas oublier en effet qu’il s’agit ici,
comme chez Pascal, de simples pierres d’attente, posées au jour le jour et souvent en hâte, en vue d’une construction plus complète qui ne vit, hélas ! jamais le jour.

L’amitié ne se laisse pas détacher de la réalité, pas plus que le beau. Elle constitue un miracle, comme le beau. Et le miracle consiste simplement dans le fait qu’elle existe. À vingt-cinq ans, il est largement temps d’en finir radicalement avec l’adolescence…

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Là est la véritable preuve que le christianisme est quelque chose de divin.

Ne pas juger. À la manière du Père des cieux qui ne juge pas : par lui les êtres se jugent. Laisser venir à soi tous les êtres, et qu’ils se jugent eux-mêmes.
Être une balance.
On ne sera pas jugé alors, étant devenu une image du véritable juge qui ne juge pas.

Père et la faiblesse du Christ se répondent. Absence de Dieu. Le royaume des cieux est comme un grain de sénevé… Dieu ne change rien à rien. On a tué le Christ, par colère, parce qu’il n’était que Dieu.

La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi : en ce sens, l’athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu. Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort.

On dégrade les mystères de la foi en en faisant un objet d’affirmation ou de négation, alors qu’ils doivent être un objet de contemplation.

Mon expérience de lecture

A venir et j’avance de jour en jour. Je suis, par cela profondément bousculé. Je n’ai pas encore finis. Il me faut parfois relire plusieurs fois la même phrase, comme un refrain, une complainte, un oubli de soi.
à suivre…

Et voilà 10/09/2020 !

« Je digresse beaucoup, car je suis ainsi, les correspondances viennent et je n’y puis rien. »

1940-1942

La deuxième guerre fait rage.

D’un point de vue des personnes humaines qui vivent cette époque, ce temps la vie, les choix sont certainement très incertains. Je pense à mon père qui avait 20 ans, à mon grand père qui engagea sa famille dans la résistance, à ma grand-mère qui avait peur pour sa famille, mais aimait son époux.

Une petite philosophe de 32 ans rencontre un philosophe paysan Gustave Thibon. Et au cœur de cet amitié, la petite philosophe va remettre à cet homme de six ans son ainée, ses carnets et notes avant son départ pour les États-Unis.

En 1947, il en tire la pesanteur et la grâce. Ce qui fera connaitre Simone Weil.

Paradoxalement ce sont ces derniers écrits qui la révèleront comme une grand penseuse (panseuse) du 20ème siècle.

Le 28/08/2020 j’écoute les chemins de la philosophie. Adèle Van Reeth Reçoit Camille Riquier, philosophe de la croyance. Philosophe que je prends plaisir a l’écouter. Adèle lui demande s’il a déjà pensé a répondre à la question qu’est-ce que la philosophie ? Il dit que tout philosophe à un moment de sa vie, vers la fin, se pose la question de ce qu’est la philosophie. Il pense qu’il n’est pas encore assez mature pour se la poser. Alors je pense à Simone Weil et à la pesanteur et la grâce, et je comprends qu’elle a laisser en héritage à Gustave Thibon sa pensée autour de cette question. Elle va plus loin puisqu’elle associe cette question fondamentale à une autre qui est celle de la Foi, de Croire, de rechercher la pureté.

Cette compilation de carnets de notes de 1942 fait écho à une autre compilation de carnets de notes prises à la volé entre juin 1943 et novembre 1944 en Hongrie et qui seront publié en 1976, (j’avais 14 ans), les Dialogues avec l’ange.

Des mots, des phrases, des mois choisi qui font écho a une dimension, une vibration, une lumière dont on a le sentiment d’être coupé.

Les années 40 !

A-t-on idées encore de ce que cela pouvait être que de vivre dans ce monde ou il fallait choisir son camps ou n’en choisir aucun ? Et ces texte sont écrit a ce moment là ?

Cela me bouscule, cela m’interroge.

Lire la pesanteur et la grâce c’est prendre le risque de perdre pied et de comprendre par fulgurance et de perdre pied à nouveau. Surtout le lire en nos propre temps, ou la foi semble n’être plus qu’un mythe de petit enfant ayant encore un ami imaginaire. Où on peut rire de ce qui tente d’ouvrir cette toute petite porte, comme trou de souris dans la grande salle de bal du monde ou seul compte la réussite sociale, être populaire, être riche, avoir des choses que les autres, l’autre pourra nous jalouser, parce que nous le jalousons.

Et quand en plus du même temps on lit « histoire d’une âme » de Sainte Thérèse de Lisieux et qu’on est soi même dans l’attente d’une œuvre cinématographique d’un grand Roman : « Dune », on créer des singularités, des synchronicités, des états d’âme très étranges. Cela renforce alors ce que cette grande personne humaine, Simone Weil, à écrit quelques 80 ans plus tôt !

C’était il y a 80 ans.

Déjà 80 ans.

Et aujourd’hui 10/09/2020, un président se ventera de devoir prendre des décisions difficiles ?

Histoire d’une âme par Sainte Thérèse de Lisieux

Belles pensées de cette jeune femme

Parfois je me sentais seule, bien seule; comme aux jours de ma vie de pensionnaire, alors que je me promenais triste et malade dans la grande cour, je répétais ces paroles qui toujours faisaient renaître la paix et la force en mon cœur:
«La vie est ton navire et non pas ta demeure’!… »
Toute petite, ces paroles me rendaient le courage; maintenant encore, malgré les années qui font disparaître tant d’impressions de piété enfantine, l’image du navire charme encore mon âme et l’aide à supporter l’exil.

Sous le pluie de son âme

A venir, lecture en cours et, dans sa pureté d’enfant retrouvé elle me secoue, déjà beaucoup. Presque proustien !
A suivre…

Mon père

La colère comme mur de lonsdaléite
La colère comme fracassement
La colère comme néant

La colère comme explosion du cœur
Et dormir avec
Et se perdre avec

Alors mon père est venu
Il était doux
Il était sourire
Il était joie
Il était joueur
Bon joueur

Je ne reconnaissais pas mon père
Il me dit
Avec ma mort
Je me suis défait de la colère
Je suis tel que j’eu été sans elle.
Elle était ma croix

Elle est ta croix
Je suis venu t’aider un peu
A la porter quelques pas

Au matin, au réveil, j’en étais apaisé

Que croyiez-vous ?

Mais que croyez-vous ?
Bien sûr que nous riions.
Nous riions entre nous et avec tous.
Nous riions aux éclats pour un rien.
Pour Pierre qui s’énervait pour si peu,
Pour Jean qui posait ses questions de grand naïf,
Pour Mathieu, inquiet pour la caisse,
Ou pour Judas qui voyait complot partout.
Nous riions, quand Marie, fine et vive faisait un beau mot.
Ma mère avait le plus jolie éclat de rire.

Mais que croyez-vous ?
Bien sûr que nous jouions.
Le bras de fer avec Pierre,
Et nous riions quand parfois je gagnais.
Je ne jouais plus aux osselet avec Mathieu,
Il était fort, mais n’aimait pas perdre.
Et cela aussi nous faisait rire.
Marthe, inventait toujours de nouveaux jeux,
Elle était la plus intelligente de nous tous.
J’aimais les voir rire quand elle expliquait les règles à Jean.
Jacques, son frère, ne savait plus où se mettre.

Mais que croyez-vous ?
Bien sûr que nous dansions.
J’adorais danser.
Avec Marie ma mère, avec Marthe et Judith,
Mais surtout avec Marie.
Quand nous dansions tous les deux,
Tout le monde s’arrêtait et nous regardaient,
Et alors nous riions de cela aussi.
Nous dansions, nous chantions.
Anne me poussait à chanter.
Elle aimait ma voix. Et André rougissait.

Mais que croyez-vous ?
Ah ! Oui, le sexe ?
Je connaissais ma fin,
Trop de souffrance serait passé par là.
Seule Marie, ma belle Marie danseuse comprenait.
Elle était celle qui me comprenait le mieux.
Avec ma mère, mais ma mère était ma mère.

Et bien sûr, nous parlions.
Je parlais et je soignais.
Et nous savions nous aimer, aimer chacun et tous.
Et le jour qui devait, arriva.
Et ça, c’est ce qui fût écrit.

Oraison 29 aout 2020

Je me suis levé

Comment aimer ?
Et 8 jours après ?
Aimer ?

Comme en journal,
La question est posée.
Chaque jour,
Être assis sur le rebord de l’univers,
Dans le dos le néant,
Et en face la création
Qui se poursuit.
A coté ?
Dieu ?
Sis aussi sur ce rebord ?
Hors du temps ?

Iel Aime
Et l’univers se crée,
A chaque instant…
Instant ?

« Je sais » dit Ito Naga

Mais pourquoi lit-on ?

Pourquoi lit-on le livre d’Ézéchiel ?

Pourquoi plus particulièrement (Ézéchiel 37) « les ossements desséchés » ?

Pourquoi Le seigneur des anneaux, le cycle de Dune et des milliers d’autres livres depuis 50 ans ?

Et pourquoi ma fille, danseuse, a-t-elle lu et chorégraphié « Je sais ».

Oh, juste quelques passages, quelques « je sais » poétiques ». Mais elle l’a fait, puis un jour à trouvé le livre.

Elle l’a acheté.

Elle l’a relu.

Et elle me l’a prêté !

Et en deux jours, les mots d’Ito Naga sont passés en moi.

Et en ces temps ou les bureaux se retrouvent avec des espaces de détentes interdits, des lieux devenus non-rencontres, des lieux abandonnés comme dans un post-apocalyptique, pourquoi les vers de « Je sais » résonnent-ils en moi.

Ils « raisonnent » en appelant les mots d’Ézéchiel 37 « les ossements desséchés », les mots du marais de morts du Seigneur des Anneaux, les mots des grottes d’Arakeen ou sont emmurés vivants les soldats Atrèïde ?

« Je sais qu’elle est morte tout à coup un dimanche après-midi, comme d’autre allumerais la télé.

Mais pourquoi lit-on ?

Dites-moi ?