9 juillet 2021 – premier

Nos vies en EN

Enfants de 1960
Nous étions Paulfortisées
Nous étions autodictéïsées
Nous étions Mathmodernisées
Ensembles, inclusions, Exclusion, Intersection
Nous étions Freinetisées
Puis mixisées

Enfants 1960
Nous jouions à passer le pont
Nous jouions à percher le chat
Nous jouions les guerres Indiennes et Cow-boy
Nous jouions à emprisonner le ballon.
Puis nous étions pensionnatérisées
Certificadetudérisées
Puis BEPCérisées
Puis déBEPCérisées

Abandonné du village
Fils de paysan j’allais au lycée
Pour être Bachelisées.
Fils de Paysan
Au milieu
D’enfants d’Ingénieurs
D’enfants de Médecins
D’enfants de Profs
D’enfants de commerçants
Une ou deux enfants d’ouvriers,
D’employées,
Et artisanes.
On nous avait démathelemenrisées
Délettrelemenrisées
Pour nous Alphabet
A, B, C, D et E et F et les petits G.
Puis un jour acronymisées
S, L, ES et autres pauvres STMG

Et après ?
Après je ne sais
Le chaos de la vie
J’avais oublié mon Église
J’avais oublié Marie, Jésus, Joseph

Puis elles sont Blanquerisées.
Et il reste quoi ?
Des tristes zombies Marchants
Yeux fixés sur quelques centimètres carrés d’écran

Et demain ?
La confiance
Je redonne ma Confiance à Marie, Jésus, Joseph

Je te salue Marie.
Que l’éducation revienne !

Cassissiers et groseilliers de Mémé

1966

La rue sableuse vers Bergonne
S’apaise devant la maison de ma grand-mère.
Une fois traversée la rue de sable,
Après l’odorant lilas bleu,
Le petit champs informe descendant.

On entamait la descente par le sentier.
Sentier tracé par les pas de Mémé et sa chienne
On passait devant l’écurie vide de mon grand-père
Là, ont vécus ses chevaux.
Ses compagnonnes de travail
Ses amies animales de voyage
Avec elles, il aidait aussi ceux dans la gêne.
L’écurie était vide depuis 1958,
Sa dernière amie s’étant éteinte doucement.

Et le sentier serpentait au bas de ce champ,
A petit pas mesuré et patient,
Jusqu’à arriver au bas, le jardin de Mémé.
Et là, poussaient ses groseilliers et ses cassissiers.
La cueillette venait pour confitures et gelés.
Derrière ses arbrisseaux, son jardin.
Plantes odorantes de thyms, lauriers et serpolets,
Des persils, basiliques et Ciboulettes.
Et ensuite les légumes et racines.
Poireaux pour les soupes et pots aux feu
Choux. Plein de choux bigarrés, pour les potées.
Les saints et nobles haricots colorés à effiler,
Les petits poids cachés à écosser.
Arrivé alors le Carottes et autres navets
Et puis le coin protégé des patates,
Les nouvelles, mangées une fois l’année
Et celles qu’on gardera pour l’hiver.

Une fois le panier du repas rempli
On reprenait le sentier de ses pas
Dans sa remontée.

Pépé ne vivrait plus que quelques semaines
Et Mémé, petit a petit vieillirait.
En haut, je me retournais,
Du haut de mes quatre années,
Je regardais la vallée.
Ses champs. Aucun carré ni même métrique.
Chacun entouré de chemins, sentiers, haies et fossés
Un foisonnement de vie et de joie.
Chaque voyage vers un champs avait son parcours.
Chaque champ était unique.

Et puis Pépé est mort.
Mémé s’est affaissée.
Et, il y a eu le remembrement.
Mémé est décédé.

Aujourd’hui, ce sont de grands champs carrés,
Des champs ayant perdu toute vie.
Le village est devenu petit bourg.
Et le monde sauvage a été chassé puis achevé.
Cela commencé en 1966.

Les feuilles mortes – Prévert Montant

Faut-il avoir, Colère et tristesse mêlées,
Et je ne ne pas entendre l’Esprit Saint,
Pour écouter Montant,
Penser à Prévert
Pour retrouver Franck Herbert
?

Parce que je ne sais plus où sont nos vérités humaines, après tant de mensonges…


Oh, je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n’ai pas oublié
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Les souvenirs et les regrets aussi

Et le vent du Nord les emporte
Dans la nuit froide de l’oubli
Tu vois, je n’ai pas oublié
La chanson que tu me chantais

C’est une chanson qui nous ressemble
Toi tu m’aimais, et je t’aimais
Nous vivions tous les deux ensemble
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis

La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis