la gravité par Steve Paxton

Citation

La naissance ne constitue pas tant un commencement qu’un changement abrupt, un bouleversement des conditions jusque-là offertes dans l’utérus, et il y a la gravité. Avec elle, une nouvelle négociation débute, dont les termes nous conditionnent pour le restant de nos jours. (p.3) Un jour, j’ai vu un cochon bondir très haut, faire un tour complet sur lui-même, atterrir de face, dans le même sens qu’au départ, puis gambader dans son enclos comme pris de folie. Instinct primitif de survie ou parade amoureuse (un ou une congénère observait la scène), je ne sais ce qui a provoqué ce comportement. Il sortait tellement de la norme du mouvement porcin qu’on aurait dit de l’improvisation. (p.25) Pour la plupart, nous déambulons dans un univers divisé, l’univers sensoriel où le soleil se lève et l’univers rationnel où la Terre tourne. Entre-temps, nous oublions que la lune se lève elle aussi. C’est un dilemme pour les sens, qui ne font pas la différence, et un succès pour l’esprit rationnel, qui sait la faire.

Expérience de lire la danse

Pour les Kendokas, ou tout autre pratiquantes et pratiquants d’arts martiaux, les danseuses et danseurs, les sportives et sportifs, circassiennes et circassiens, actrices et acteurs, cet essai est un levain pour tous ceux qui travaillent le corps maitrisant sa psyché (consciente, inconsciente et subconsciente) et tentant l’ouverture de la porte de l’esprit !

Il est difficile de trouver les mots pour dire la gravité.

Encore une fois, cette lecture n’est pas celle d’un thriller qui distrait mais bien d’un essai qui me pose 1000 et 1 questions, sur ma pratique du kendo, sur vivre chaque jour, pour avancer pas à pas vers la fin de cette cohérence de notre corps pris dans le champs gravitationnel de la terre et inventant son mouvement et son langage.

Je pense alors que dans un keiko de kendo, ou un combat, après avoir maitrisé la gravité qui est en bas, je suis confronté à l’autre, mon partenaire adversaire qui est en face. Alors je repense à la vie elle même :

  • Avant ?
  • Naitre à la gravité,
  • Vivre,
  • Mourir.
  • Et après ?

Tenterez vous le voyage aux Enfers ?

Y retrouverez vous Achille, Hector, Tantale, Anchise, Sisyphe, Ixion et beaucoup de nos grands ancêtres.
Pensez y en regardant.

Transfiguration est un voyage à la fois fascinant et terrifiant qui explore le désir inassouvi d’un sculpteur de donner vie à sa création. Dans un geste de désespoir, celui-ci entre dans sa matière pour devenir une créature mi-homme mi-sculpture et emmène le public à sa suite, à l’intérieur de sa psyché torturée.

Avec cette performance expressive et totale, Olivier de Sagazan, déplace les identités sur scène en mettant son corps au cœur de son travail. Tout en se distordant, il perce, efface et dénoue les couches d’argile qui recouvrent son visage dans une quête frénétique et décomplexée.
Se peindre et se sculpter devient une forme de rituel, entre danse et transe, où l’improvisation et le hasard sont le moteur de la création.


Cette performance peut heurter la sensibilité de certains spectateurs.