Oraison 7 octobre 2019

Je m’assieds au bord du monde
Et…
En premier…
Je vois le néant.
Pas le vide, non !
Le Néant.
Le Rien,
Aucun temps,
Aucune dimension,
Aucune matière,
Rien.
Ni matière, ni vie, ni repos.

Et puis…
Sur le bord du monde,
Je vois le cosmos.
L’univers et ses minéraux,
Le feu des étoiles et son agitation,
Son énergie dense et sa matière.
Son e = mc2 et bien plus.
Je vois la terre et sa vie,
Ses plantes et ses arbres,
Ses algues et son humus,
Sa composition et sa décomposition.
Ses insectes, poissons et autres animaux.
Et puis,
Nous,
Les personnes humaines…

Et au-delà de ma vue du bord du monde,
Quelque chose…
Quelque chose au-delà de la matière
Quelque chose qui inonde le rien
Alors ce quelque chose devient
Une création.
La création.
Agapé infini.

La vie s’y abandonne en confiance.
Et nous, les personnes humaines,
L’espèce en qui la vie pose sa confiance,
Expérimentons l’existence de cet Agapé.
Nous sentons Éros et son amour cupide,
Nous vivons notre attachement par Philia.
Mais co-naissons nous par Agapé ?

Nous marchons depuis 60 000 ans vers Elle,
Agapé.
La vie sur terre compte sur nous.

Nous lui avons donné bien des formes.
Nous l’avons sentie, ressentie, connue et,
Mise en savoir, comme on met au saloir.

Et puis voilà 2000 ans,
Une jeune fille de 15 ans,
Violée, Volée, Miraculée ?
Je ne sais.
Elle a sublimé sa gravidité.
Elle a dit OUI avec toute sa force.
Sa puissance, son e = mc2
Tout et bien plus.

Et sa mère, son père
Pour ne pas condamner ces vies
Lui trouvèrent le veuf Joseph.
Il a dit oui.

Et l’enfant d’Agapé est né !
Quelque chose nous était donné !
Quelque chose était déposé !
Un cadeau, une porte, un chemin possible.

Nous ressentons
Nous vivons et faisons l’expérience de la vie
Nous co-naissons en permanence
Et nous écrivons.
Sur la pierre des grottes,
Sur les animaux tannés,
Sur les papyrus tressés,
Sur le papier,
Dans le Crystal,
Avec des terres ocres
Des plumes encrées
Des doigts agiles sur le clavier.
Et né le Savoir,
Une co-naissance inscrite
Et le temps passe
Et le support faibli
Et l’encre se volatilise et disparait
Et le savoir meurt.

Mais de l’humus tout renait
C’est la bonne nouvelle,
Ne pas s’attacher à la loi,
Suive sa co-naissance
Et Réécrire.
Toujours.

Nous marchons depuis 60 000 ans vers Elle,
Agapé.
La vie sur terre compte sur nous.

Alors, est-ce que je sais si Agapé infini,
Infiniment Mère et
Infiniment Père
De l’univers
Existe ?
Non je ne sais pas !

J’en éprouve la co-naissance
J’en éprouve le ressenti
Avec le cœur.
La lumière est celle du cœur
Celle qui crée à partir de Rien !
Nous sommes une partie et le tout.
La vie sur terre compte sur nous.

1000

1000 hommes et femmes.

1000 intentions.

1000 buts dans les rames.

1000 réalisations dans la trame.

1000 inattendues dans le métro.

Elles sont belles et beaux,

Laides et laids,

Gros et grosses,

Maigres aussi,

Fins et fines,

Rousses et bruns,

Ils et elles sont 1000.

Mais aussi vivent des rats,

Des souris,

Des insectes dans la rame,

Des pigeons et des arbres,

Des plantes et des herbes,

Et le tout Vibre.

Mais a qui appartient tout cela ?

Dialogue avec une brouette

La brouette : — Est-ce que Dieu Existe ?
Moi : — Je ne sais pas.
— Mais vous dites croire en Dieu ?
— Oui, je crois en Dieu.
— Vous êtes donc certain de son existence !
— Non, la certitude je ne l’ai pas.
— Mais vous dites avoir la Foi.
— J’ai la foi, oui, absolument.
— Donc vous savez !
— Mais non je ne sais pas, j’ai un grand espoir venant du cœur.
— Mais vous possédez ce savoir.

— Le savoir provient de la raison, la foi nait du cœur. Peut-être alors une co-naissance ? Mais êtes-vous une brouette, pour ne pas m’entendre ?

— Je suis raisonnable !

— Ah oui, on ne parle pas à une brouette, on la pousse. Au revoir monsieur !

Le sens du temps

Jésus a tenu sa promesse
Par-delà du Christ la promesse
Tout est là, ici
Et divinement plus
Et, c’est, inattendu
Et, c’est, l’inattendu

Une seule énergie, l’amour.

Un seul outil, la joie.

Une seule source, Mari.
Une seule source, Marie de Magdalena.
Une seule source, Blandine
Une seule source, Jeanne.
Une seule source Thérèse.

La source est ma sœur
Ma tante
Ma mère
Ma compagne
Mon amie
L’inconnue d’en face

Immergé dans agape
Univers, cosmos, unique osmose

Sans ON, LUI aucune création
Aucune énergie
Aucun sens

Création permanente
Depuis…
Depuis ?
Depuis tout a existé, existe et existera.

Nous,
Nous, les vivants, y contribuons
Nous humains ouvrons la porte,
Faire franchir le vivant notre responsabilité.
Les animaux comptent sur nous.

Nous,
Que nous soyons œuf,
Que nous soyons corde
Qui frôle les œufs en caresse,
Sommes Libre
Libre de ce vrai choix.

Et je ne vous dirais pas,
Qui est œuf,
Qui est corde,
Notre mystère,
Notre sens.

En vérité

Rêve de 6h36

Je…
Je marche dans les rues avec toi.
Tu…
Nous croisons des personnes dans la ville-village
J’entends.
Des musiques.
J’entends des musiques autour des personnes humaines.
— J’entends des musiques autour des personnes humaines. J’entends leur foi, j’entends leur choix libre, j’entends leur joie sous forme de musique qui vibre à partir de leur corps.
Alors, tu les regardes.
Alors, tu me regardes.
Alors tu me pose les questions, « Et, elle ? », « Et, lui ? »
— Oui, elle joue la musique de la foi chrétienne.
— Non, il ne joue pas cette musique. Il est silence, il ne croit pas. Le silence de ne pas croire.
— Pourquoi ?
— Il a choisi, il est libre. Il pourrait jouer aussi, il a les instruments. Il reste silencieux par choix.
Puis viennent les questions que tu n’ose pas déposer.
— … et notre fils ?
— Il a fait un choix libre, il y a longtemps avant de venir au monde. Il a fait le choix de jouer la musique de Marie.
Ton visage s’éblouit, des larmes de joie perlent. Ta musique s’amplifie.
— … et notre fille ?
— Elle aussi a fait un choix bien avant de naitre. Elle a choisi de venir danser la musique que joue son frère, y ajoutant la musique du Christ.
Sanglot des profondeurs, les basses, contrebasses et bassons entonnent la joie du cœur.
— …
— ???
— … et moi ?
— Toi, tu joues une musique nouvelle. Une musique qui n’a jamais été joué, une musique pour plaire à Dieu et mettre en joie le maitre.
— Et toi ?
— Je ne sais pas. Il m’a été offert d’entendre la musique des autres, mais pas d’entendre la mienne. Je suis alors comme chacun, dans le doute, dans ce doute qui permet la foi.

Retour à Gignat

Traverser du village
Depuis le haut
Sans rendre visite à mon père.

Marcher à Saint Germain Lembron
Sur le bas coté en fossé
Glisser.
Dame Sieur suit.
Elle Conseille la route.

Croiser des autos.

Arriver à Saint Germain.
Ne plus rien reconnaitre.
Traverser le bourg.
Aller à la place des bals.
Envie de café
Refuser le gobelet en plastique
Starbucks !

Revenir dans la grand rue
Au tournant café ancien
S’asseoir à une table occupé.

Parle avec eux !

Petit monsieur chauve
Il parle des bulgares et des kenyans.
Passionnant !
Il cherche le mot
Celui qui désigne les gens malsains
Un « Absent » !

Temps de se quitter amicalement.
Un homme boiteux me présente aux autres.
Comme « Le gardien des conversations ».

Nous faisons un bout du chemin ensemble
Sur le pont nous prenons l’échelle
L’aider tant il boite.

Elle me demande si je la reconnais.
Je la reconnais.
Elle écrit de l’héroic fantasy

C’est donc une femme.
Elle rentre dans son immeuble
Elle prépare son émission de radio.
France Inter
« Je vous écouterais, ce soir »

Je reprends la route de Gignat
Ou personne n’attend.
Je me réveille…