Il n’y a plus rien – Léo Ferré

Note : 10 sur 10.

Écoute, écoute… Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l’heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

Immobile… L’immobilité, ça dérange le siècle. C’est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.
Les amants de la mer s’en vont en Bretagne ou à Tahiti…
C’est vraiment con, les amants.

IL n’y a plus rien

Camarade maudit, camarade misère…
Misère, c’était le nom de ma chienne qui n’avait que trois pattes.
L’autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu’elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
Camarade tranquille, camarade prospère,
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi ?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d’Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu’un qui dort dans ton lit,
Si tu y trouves quelqu’un qui dort
Alors va-t-en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas
Si c’est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs…
Tu pourras lui dire : »T’as pas honte de t’assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
Dis, t’as pas honte ? Alors qu’il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?
Espèce de conne !
Et barre-toi !
Divorce-la
Te marie pas !
Tu peux tout faire :
T’empaqueter dans le désordre, pour l’honneur, pour la conservation du titre…

Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir !

Il n’y a plus rien

Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu’il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu’on lui dise :  » Sale blanc ! »

A Marseille, la sardine qui bouche le Port
Etait bourrée d’héroïne
Et les hommes-grenouilles n’en sont pas revenus…
Libérez les sardines
Et y’aura plus de mareyeurs !

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen !

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux traficants d’armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d’alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots… toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, Citoyens ! A l’Amour, Citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !
Les préfectures sont des monuments en airain… un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas… C’est vous dire !

Nous ne sommes même plus des juifs allemands
Nous ne sommes plus rien

Il n’y a plus rien

Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes !
Des poitrines occupées
Des ventres vacants
Arrange-toi avec ça !

Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
C’est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d’être reconnu par ses admirateurs
Dieu est une idole, aussi !
Sous les pavés il n’y a plus la plage
Il y a l’enfer et la Sécurité
Notre vraie vie n’est pas ailleurs, elle est ici
Nous sommes au monde, on nous l’a assez dit
N’en déplaise à la littérature

Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l’encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà !

Il n’y a plus rien… plus, plus rien

Je suis un chien ?
Perhaps !
Je suis un rat
Rien
Léo Ferré – Il n’y a plus rien

Avec le coeur battant jusqu’à la dernière battue

Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens :
« Apprends donc à te coucher tout nu !
« Fous en l’air tes pantoufles !
« Renverse tes chaises !
« Mange debout !
 » Assois-toi sur des tonnes d’inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

Si jamais tu t’aperçois que ta révolte s’encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l’inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien

Il n’y a plus rien… plus, plus rien

Invente des formules de nuit: CLN… C’est la nuit !
Même au soleil, surtout au soleil, c’est la nuit
Tu peux crever… Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d’études et le cathéchisme ombilical.
C’est vraiment dégueulasse
Ils te tairont, les gens.
Les gens taisent l’autre, toujours.
Regarde, à table, quand ils mangent…
Ils s’engouffrent dans l’innomé
Ils se dépassent eux-mêmes et s’en vont vers l’ordure et le rot ponctuel !

La ponctuation de l’absurde, c’est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l’atterrissage : on rote
et on arrête le massacre.
Sur les pistes de l’inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l’organe, du repu.

Mes plus beaux souvenirs sont d’une autre planète
Où les bouchers vendaient de l’homme à la criée

Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes…
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons !
Côte à l’os pour deux personnes, tu connais ?

Heureusement il y a le lit : un parking !
Tu viens, mon amour ?
Et puis, c’est comme à la roulette : on mise, on mise…
Si la roulette n’avait qu’un trou, on nous ferait miser quand même
D’ailleurs, c’est ce qu’on fait !
Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre…
Et ils mettent, ils mettent…
Le drame, dans le couple, c’est qu’on est deux
Et qu’il n’y a qu’un trou dans la roulette…

Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t’es coincé
Léo Ferré – Il n’y a plus rien

Elle était belle comme la révolte
Nous l’avions dans les yeux,
dans les bras dans nos futals
Elle s’appelait l’imagination

Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l’enterra de mémoire

Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit !

Transbahutez vos idées comme de la drogue… Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches

Tout dans la tronche !

Vous n’avez rien à déclarer ?
Non.
Comment vous nommez-vous ?
Karl Marx.
Allez, passez !

Nous partîmes… Nous étions une poignée…
Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d’imagination dans le passé
Ecoutez-les… Ecoutez-les…
Ca rape comme le vin nouveau
Nous partîmes… Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs
La parlotte ça n’est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c’est bien, mais il faut bien fermer sa gueule…
Toutes des concierges !
Ecoutez-les…

Il n’y a plus rien

Si les morts se levaient ?
Hein ?

Nous étions combien ?
Ca ira !

La tristesse, toujours la tristesse…

Ils chantaient, ils chantaient…
Dans les rues…

Te marie pas
Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
Et ceux de Mexico
Bras dessus bras dessous
Bien accrochés au rêve

Ne vote pas
Léo Ferré – Il n’y a plus rien

0 DC8 des Pélicans
Cigognes qui partent à l’heure
Labrador Lèvres des bisons
J’invente en bas des rennes bleus
En habit rouge du couchant
Je vais à l’Ouest de ma mémoire
Vers la Clarté vers la Clarté

Je m’éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts
Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
J’imagine le téléphone dans une lande
Celle où nous nous voyons moi et moi
Dans cette brume obscène au crépuscule teint
Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes
Mes circuits déconnectent
Je ne suis qu’un binaire

Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l’étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ses fait à l’envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras autrepassé ta vision
Alors tu verras rien

Il n’y a plus rien

Que les pères et les mères
Que ceux qui t’ont fait
Que ceux qui ont fait tous les autres
Que les « monsieur »
Que les « madame »
Que les « assis » dans les velours glacés, soumis, mollasses
Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
Qui portent tout en devanture
Tous ceux-là à qui tu pourras dire :

Monsieur !
Madame !

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l’outrage et les bonnes mœurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses…
Et vous comptez vos sous ?
Pardon…. LEURS sous !

Ce qui vous déshonore
C’est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs…

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d’ennui dans l’eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître

tellement vous êtes beau

Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J’allais dire « en douce » comme ces aquilons avant-coureurs et qui
racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur
et nivellateur qui empêche toute identification…
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les
champions de l’anonymat.

Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer
Parce qu’elles vous servent,
Parce qu’elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de « l’histoire »,
Parce que les « histoires » ça vous amuse, avant de vous interesser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu’il s’en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d’inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d’exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c’est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d’un « désordre de la rue », comme vous dites,
à un « ordre nouveau » comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier,
Pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce-pas ?
Et les « vauriens » qui vous amusent, ces « vauriens » qui vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les « vôtres » dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu’on vous montre du doigt,
dans les corridors de l’ennui, et qu’on se dise : « Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper »
Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez
que dans la métaphore… Vous voulez bien vous allonger mais avec de l’allure,
Cette « allure » que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer
votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d’entêtement,
Tant d’adresse
Et tant d’indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.

Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd’hui, c’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien

Il n’y a plus rien

Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !

Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n’aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos réglements d’administration pénitenciaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes…
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

NOUS AURONS TOUT

DANS DIX MILLE ANS

A quoi ça sert l’amour ?

A quoi ça sert l’amour

Piaf, l’oiseau qui nous fait comprendre avant l’heure qu’il n’y a pas d’âge pour…

À QUOI ÇA SERT L’AMOUR

À quoi ça sert l’amour
On raconte toujours
Des histoir’s insensées
À quoi ça sert d’aimer ?

L’amour ne s’expliqu’ pas
C’est une chos’ comm’ ça
Qui vient on ne sait d’où
Et vous prend tout à coup.

Moi, j’ai entendu dire
Que l’amour fait souffrir
Que l’amour fait pleurer
À quoi ça sert d’aimer ?

L’amour ça sert à quoi ?
À nous donner d’la joie
Avec des larm’s aux yeux
C’est triste et merveilleux.

Pourtant on dit sou-vent:
L’amour c’est décevant
Qu’il y’en a un sur deux
Qui n’est jamais heureux

Mêm’ quand on l’a perdu
L’amour qu’on a connu
Vous laisse un goût de miel
L’amour c’est éternel !

Tout ça c’est très joli
Mais quand tout est fini
Qu’il ne vous reste rien
Qu’un immense chagrin…

Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant
Demain sera pour toi
Un souvenir de joie.

En somm’ si j’ai compris
Sans amour dans la vie,
Sans ses joies ses chagrins
On a vécu pour rien

Mais oui, regarde moi
À chaque fois j’y crois
Et j’y croirai toujours
Ça sert à ça l’amour.

Blog à suivre : Anice Lajnef

Son dernier article : La chute du capitalisme

La France traverse une période trouble. L’économie qui repose sur la dette infinie est malade. Le productivisme et le consumérisme détruisent l’humain et la planète, et les inégalités de richesse sont à leur paroxysme. Ajoutez à cette équation complexe une crise sanitaire et une crise identitaire, il ne manquait plus qu’un acte de barbarie se référant à l’Islam pour mettre le feu aux poudres !

Selon Freud, la religion a une triple fonction :
– elle éclaire sur l’origine et la formation de l’univers
– elle assure la protection divine et la promesse du paradis
– elle donne à ses adeptes un système de pensée et un code de conduite 

Selon Freud, la religion doit son influence à sa deuxième fonction, car « elle apaise les craintes et nourrit les espoirs d’un être confronté à sa finitude et de sa misère existentielle ».
Ainsi, selon lui, c’est sur ce rôle que la science ne peut pas rivaliser avec la religion. 

Après la Révolution française, à la suite de la décapitation du Roi de France, et à l’affaiblissement du rôle de l’Église catholique, deux mouvements vont se développer pour combler la place laissée par la religion. Ces deux mouvements ont façonné le monde dans lequel nous vivons. 

Le premier mouvement se développe grâce à la création de la Banque de France par des banquiers privés, et dont Napoléon et ses proches seront les principaux actionnaires. Le nom donné à cette institution est trompeur car la banque est privée, et ne sera nationalisée qu’en 1945 ! 

Le deuxième mouvement est celui de l’industrialisme, philosophie portée par Saint-Simon, et appuyée par Auguste Comte. Leurs réflexions sur le passage de l’âge théologique et féodal à l’âge positif et industriel, s’appuie sur la fameuse loi des 3 États énoncée par Auguste Comte.

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Selon ce courant, le mode de pensée qui repose sur la religion et la philosophie, qui remplissait son office de manière très utile avant la Révolution française, ne peut désormais plus maintenir l’unité de croyance entre les individus qui rend possible la cohésion sociale. 

Il fallait donc combler le vide laissé par la religion et la philosophie, en s’appuyant sur la science, censée améliorer nos conditions de vies matérielles, et approfondir nos connaissances sur les mystères de la vie, afin d’apporter bonheur et guidée au monde. 

Paradoxalement, les penseurs du début du XIXème siècle, en voulant libérer la société de la religion, vont lancer un mouvement quasi messianique : la science mettra fin à un ordre religieux considéré comme mauvais et instaurera un ordre nouveau dans la justice et le bonheur. 

Cette voie suivie par les penseurs et les scientifiques du XIXème siècle va accélérer les connaissances scientifiques, le progrès industriel, et fera rentrer l’homme dans une ère nouvelle, celle du matérialisme censé apporter le bonheur. 

Les conditions matérielles s’améliorent, la médecine fait des progrès considérables, et l’espérance de vie augmente de plus en plus. Mais qu’est-ce qu’une dizaine d’années de gagner face à l’éternité ? Pas beaucoup pour certains.

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C’est à ce moment que la finance, dont le développement a été accéléré par la création de la Banque de France, entre en jeu, en permettant à ceux qui accumulent l’argent de conjurer l’angoisse de la mort.

Non seulement les banques financent le développement scientifique et industriel, mais elles financent aussi les conquêtes coloniales dans un double but : un rôle messianique pour convertir les indigènes au « progrès », et au passage extraire et ramener au pays les matières premières. 

Mais la finance ne permet pas seulement l’expansion spatiale. Dans une illusion qui est au cœur de sa construction, la finance offre l’espoir d’une conquête temporelle, et pourquoi pas de la vie éternelle, selon l’équation qui lui est propre : « le temps, c’est de l’argent ». Extrait tiré de "Capitalisme et pulsion de mort",  De Bernard Maris, Gilles Dostaler Extrait tiré de « Capitalisme et pulsion de mort », De Bernard Maris, Gilles Dostaler

Selon l’économiste Bernard Maris : « En cherchant à accumuler de l’argent, les gens cherchent à accumuler du temps. La recherche de la croissance infinie, éternelle, est une recherche de la vie éternelle ».

Ainsi, pour combler le vide laissé par la religion à la suite de la Révolution, nos aïeux ont misé à la fois sur la science qui mène au progrès matériel censé apporter le bonheur, mais aussi sur la finance, qui nous permet de défier la mort en accumulant de l’argent, donc du temps. 

Et comme cela n’était pas assez, au XXème siècle, nous sommes entrés dans l’ère technologique. Celle de l’optimisation à grande échelle qui nous permet de gagner du temps dans la course à la vie. La technique en accélérant le rythme de nos vies, est aujourd’hui sacralisée. 

Selon le philosophe Ellul : « Le sacré autrefois était toujours dans la nature, maintenant la nature est tout à fait désacralisée, et c’est la technique qui apparait à l’homme moderne comme sacrée ». 

Ainsi, notre mode de vie moderne a été construit sur l’espoir de combler le vide laissé par l’Église, celui d’apaiser les craintes de l’homme face à sa finitude. Nous avons voulu donner à la science, au matérialisme, à l’argent, et à la technique un caractère sacré. 

Dans notre quête folle de sens, nous avons sacralisé le matériel et l’argent, tout en mettant en danger l’homme et la nature.
Le matérialisme couplé à l’amour de l’argent a fait de nous des hommes pressés de posséder, quitte à exploiter d’autres hommes ou à détruire la nature. 

Ce que nous appelons « capitalisme », à tort, n’est pas seulement les excès liés à la fructification du capital par l’exploitation des masses. C’est à mes yeux ce que je viens d’exposer : la substitution d’un sacré divin par un sacré matériel et financier. 

Le « capitalisme » vit une crise profonde, qui coïncide avec une recrudescence de la quête de sens. Cette quête peut prendre des formes différentes : un retour vers la religion pour certains ; d’autres cherchent des alternatives en pensant à des modes de vie détachés du matériel. 

Si la France vit encore plus intensément ce tournant historique, c’est sûrement parce qu’elle a initié ce mouvement messianique au XIXème siècle. Il est évident que l’idée des 3 états d’Auguste Comte est un échec cinglant. Nous sommes en train de vivre la fin d’un régime. 

En général, la fin d’un régime se passe dans le désordre et le chaos, pour la simple raison que les privilégiés du système n’ont aucun intérêt au changement. Les médias sont un outil puissant pour fabriquer les opinions publiques. 

Face à son échec évident, le régime va jouer sur les divisions en espérant un chaos qui l’absoudra de ses propres dérives : rien de mieux que fomenter des guerres fratricides destructrices humainement et matériellement, pour être en mesure de renaître de ses cendres. 

Le matérialisme financier a besoin de détruire pour reconstruire : le matériel est sa seule raison d’être. Lorsque le matériel est en abondance, rien de mieux qu’une crise et une guerre pour créer le manque, et ainsi se régénérer. 

C’est ce que certains appellent la réinitialisation. Elle est en cours.
Le virus est une aubaine qui permet d’accélérer ce « reset ».
Les flux migratoires conséquences du colonialisme messianique, amplifiés par les guerres du XXème siècle, transforment nos sociétés. 

Ironie du sort, alors que le virus et les flux migratoires sont directement liés à notre modèle capitaliste, ces deux phénomènes sont instrumentalisés par la finance et les médias pour donner une seconde vie à un système en mort cérébrale.

Nous ne gagnerons rien du désordre. Pour l’éviter, il faut d’abord être conscient de nos erreurs passées : la science et le matériel ne doivent pas être sacralisés.

Il faut laisser d’autres modes de pensées s’exprimer, en les encadrant, sans chercher à tout prix à les étouffer.

Il faut laisser une place à l’expression de la foi et à la métaphysique. La laïcité est le cadre idéal pour permettre à ceux qui le veulent, de trouver une alternative au matérialisme qui est en plus néfaste pour notre planète.

Ensuite, il faut mettre au pas la finance qui en voulant accélérer le temps, détruit l’homme et la nature. Pour cela, il faut que les sciences sociales et la philosophie participent activement à la pensée économique qui a été prise en otage par la logique mathématique.

Nous avons une opportunité historique unique : celle de pouvoir changer de régime grâce à la réflexion et l’unité, et d’éviter de passer par le chaos et le désordre. C’est possible, il suffit d’y croire, et d’y contribuer chacun à notre manière, pour ne pas vivre de regrets.

Anice Lajnef, Octobre 2020

https://blogs.mediapart.fr/anice-lajnef/blog/201020/la-chute-du-capitalisme

Libres d’obéir : Le management, du nazisme à aujourd’hui par Johann Chapoutot

Citations rencontrées

Dans le sillage de ces travaux, on a pu considérer que le management et la « gestion des « ressources humaines » avaient quelque chose de criminel en soi, comme le film La Question humaine l’a suggéré avec insistance et non sans talent. De l’objectification d’un être humain, ravalé au statut de « matériau », de « ressource ou de « facteur de production », à son exploitation, voire à sa destruction, la concaténation a sa logique, dont le lieu de destruction par le travail (à partir de 1939) et de production économique, est le lieu paradigmatique.

Le long texte de Stuckart, pour être touffu, n’en reste pas moins vague. Sans notes de bas de page, il n’est ni scientifique, ni démonstratif, mais purement prescriptif : c’est une accumulation d’assertions et d’injonctions à être
comme ceci, ou à faire comme cela. En l’espèce, Stuckart prône avec vigueur « l’élasticité, la joie au travail, la proximité à la vie et la vitalité », et en appelle à « l’initiative créatrice »…

Pour faciliter le travail des administrateurs, une « simplification » normative (Vereinfachung) est souhaitable, afin de lever les verrous, de libérer les énergies et de prévenir les entraves à l’action. Dans sa grande sagesse, le Führer a d’ailleurs pris, nous rappelle Walter Labs, un décret de simplification de l’administration le 28 août 1939. Tout est dit dans le titre de ce texte, ainsi que dans son article premier : J’attends de toutes les administrations une activité sans relâche ainsi que des décisions rapides, libérées de toutes les inhibitions bureaucratiques .

Néfaste et funeste, l’État l’est d’autant plus qu’il semble prendre un malin plaisir à entraver et étouffer les forces vives » par une réglementation tatillon ne, mise en œuvre par tous les ronds-de-cuir sans imagination et tous les eunuques serviles qui peuplent la fonction publique : ce caillot réglementaire, cette infection administrative coagulent le sang, les flux et
les dynamiques de la race germanique au lieu de les fluidifier et d’encourager leur circulation. Dans ces conditions, la thrombose est inévitable, et la mort est certaine si un tournant salutaire n’est pas pris. Les multiples appels à la « simplification » des règles et « esprit bureaucratique », la stigmatisation violente des fonctionnaires et des juges qui ont encore le mauvais esprit d’appliquer la loi – tout cela procède de l’héritage social-darwiniste et participe d’un idéal de libération de la germanité, encore trop entravée par des lois rédigées et promulguées par des Juifs.

La conversion de l’ancien SS aux principes d’individualisme et d’autonomie n’était cependant qu’apparente : entre ce que Höhn prône et écrit dans les années 1933-1945 et ce qu’il enseigne à partir de 1956, il n’y a aucune solution de continuité, mais bien une impressionnante suite dans les idées.
Pendant les douze ans de la domination nazie en Allemagne, un régime hostile à la liberté a prétendu être, par la voix de ses juristes et théoriciens, la réalisation de la liberté « germanique ». Un de ses intellectuels est devenu, après 1945, le penseur d’un management non autoritaire – paradoxe apparent pour un ancien SS, mais apparent seulement, pour celui qui voulait rompre avec l’État absolutiste, voire avec l’État tout court, et faire advenir la liberté d’initiative de l’agent et des agences.
Cette liberté était cependant une injonction contradictoire : dans le management imaginé par Höhn, on est libre d’obéir, libre de réaliser les objectifs imposés par la Führung. La seule liberté résidait dans le choix des moyens, jamais dans celui des fins. Höhn est en effet tout sauf un libertaire ou un anarchiste : les milliers d’entreprises (2 440 de 1956 à 1969) qui lui envoient leurs cadres en sont pleinement conscientes.

Les contradictions se cumulent ainsi aux paradoxes. Premier paradoxe apparent : un ancien SS imagine un modèle de management non autoritaire. Second paradoxe : l’injonction contradictoire de la liberté d’obéir. Cette accumulation de contradictions semble constitutive d’une perversion bien réelle, au sens le plus classique du terme : la méthode de Bad Harzburg, comme les méthodes de management par objectifs qui lui sont apparentées, repose sur un mensonge fondamental, et fait dévier l’employé, ou le subordonné, d’une liberté promise vers une aliénation certaine, pour le plus grand confort de la Führung, de cette « direction » qui ne porte plus elle seule la responsabilité de l’échec potentiel ou effectif.
La conséquence de ces contradictions et de cette perversion est tout sauf théorique : ne jamais penser les fins, être cantonné au seul calcul des moyens est constitutif d’une aliénation au travail dont on connaît les symptômes psychosociaux : anxiété, épuisement, « burn out » ainsi que cette forme de démission intérieure que l’on appelle désormais le « bore out », cette « démission intérieure ».

Des penseurs politiques, sensibles à cette évolution économique, ont répondu très tôt que le salut résidait dans le refus – refus de la hiérarchie, de l’autorité, refus de la contrainte et de la subordination – en somme l’anarchie, au sens le plus strict du terme (le refus du pouvoir de contrainte).
Leur réponse inaugurait une nouvelle société politique, sans sociétés économiques, sans, ou alors de taille très réduite. L’idéal, comme chez Rousseau déjà, se révélait être le travailleur indépendant – l’horloger ou le lapidaire jurassien, le producteur libre ou l’artiste, chantés par Proudhon, et chers à son compatriote Courbet, qui partageait ses idées.
Ces auteurs et ces idées n’ont cessé d’inspirer des pratiques alternatives, des coopératives égalitaires aux reconversions néorurales, en passant par les retrouvailles de cadres lassés par leur aliénation avec une activité artisanale enfin indépendante. Une Arcadie « an-archique », délivrée de la subordination et du management, qui n’est pas un paradis pour autant. La réalité du travail, de l’effort à fournir, d’une certaine anxiété face au résultat, demeure, mais sans l’aliénation. « Qu’il est doux de travailler pour soi », entend-on chez ceux qui sont heureux de réhabiliter une maison et d’en faire revivre le potager.
Solipsisme naïf et irresponsable ?
Peut-être pas, comme le montre le succès de l’économie sociale et solidaire – et le partage des légumes dudit potager : on peut travailler pour soi et être utile aux autres. On se situe ici aux antipodes des structures, des idéaux et du monde de Reinhard Höhn, auquel on peut préférer Hegel : le travail humain, c’est le travail non aliéné, qui permet a l’esprit de se réaliser et de se connaître par la production d’une chose (res) qui l’exprime et qui lui ressemble – pâtisserie ou bouture, livre ou objet manufacturé – et non cette activité qui réifie l’individu, le transforme en objet – « ressource humaine », « facteur travail », « masse salariale » voué au benchmarking, a l’entretien d’évaluation et à l’inévitable réunion Powerpoint.
Discipliner les femmes et les hommes en les considérant comme de simples facteurs de production et dévaster la Terre, conçue comme un simple objet, vont de pair. En poussant la destruction de la nature et l’exploitation de la « force vitale » jusqu’à des niveaux inédits, les nazis apparaissent comme l’image déformée et révélatrice d’une modernité devenue folle – servie par des illusions (la « victoire finale » ou la « reprise de la croissance ») et par des mensonges (« liberté », « autonomie ») dont des penseurs du management comme Reinhard Höhn ont été les habiles artisans.
Son destin personnel montre toutefois que ces idées n’ont qu’un temps et que leurs auteurs ont leur époque. Hõhn a pâti des révélations sur son passé et des critiques adressées à son modèle managérial – critiques internes, fourbies par d’autres modèles. Les temps peuvent également changer sous l’effet de circonstances plus générales et plus pressantes : notre regard sur nous-mêmes, sur autrui et sur le monde, pétri de « gestion », de « lutte » et de « management » par quelques décennies d’économie hautement productiviste et de divertissements bien orientés (de « l’industrie Walt Disney », du « maillon faible », aux jeux concurrentiels de télé-réalité) changera peut-être en raison du caractère parfaitement irréaliste de notre organisation économique et de nos « valeurs ».

L’expérience de lecture

AVERTISSEMENT : Macroniste s’abstenir !

Je suis en colère.

Cette colère est devenue rage. Et cette rage a commencé maintenant à s’attaquer à mon corps, à mes organes, à mon foie, mes poumons.

Et cette colère, puis cette rage trouve sa source dans le monde demi-divin (semi-jupitérien) macroniste, de ce monde LREM qui détruit tout ce qui reste de manifestation de Fraternité (ou Soro-Fraternité comme j’aimerais pouvoir l’écrire) de notre pays, le mot Liberté à perdu son sens et égalité deviens une sombre équité, ce « mérite » cher à Buchenwald. Et ces être humains élus sous l’étiquette LREM se revendique du management moderne

Et…

Et j’ai lu cet essaie. Et il m’a éclairé sur la source de ma rage. Comment des personnes humaines peuvent-être s’enténébrer ainsi ? Comment peuvent-elles ne pas voir l’appel au néant qu’elles émettent ? LREM est l’étiquette de « Manager le pays comme on Manage une multinationale capitaliste » (Manger le pays comme on mange les personnes humaines d’une industrie capitaliste).

Et j’ai compris pourquoi certain présentateurs radio ont voulu discréditer le travail de monsieur Chapoutot. Par aveuglement, pas l’aveuglement de l’obscurité créative des insomniaques, non, celle des ténèbres destructrice né de la peur de l’à venir.  Chapoutot nous dit d’où tous cela vient. Il nous expose la genèse du management totalitaire ultra-libérale. Le Nazisme est un totalitarisme comme le fut le stalinisme comme l’est l’ultra-libéralisme.

Maintenant, je peux regarder ma rage en face, puis ma colère, je pourrais regarder son cheminement et son effet et je sais qu’une fois qu’elle sera passé, je pourrais me retrouver et alors je serais libre à nouveau de désobéir en conscience et en amour. Ce cour essai fut pour moi une belle thérapie.

Macroniste s’abstenir au risque d’être déstabilisé !

Maurice Zundel, des citations glanées

Vous sentez très bien la différence immense qu’il y a entre un génie universel, et qui s’appelle universel parce que justement dans cette seule personne humaine il y a toute une superposition de grandeurs, comme en Michel-Ange qui est architecte, qui est sculpteur, qui est peintre, qui est poète, et encore beaucoup d’autres choses, on a un génie universel c’est-à-dire qu’en lui seul il y a une source immense qui peut apporter des éléments nourriciers à toutes les intelligences humaines !

Il y a aussi l’Union Postale universelle, vous entendez bien : universel, cela veut dire que c’est une organisation qui est étendue géographiquement sur toute la terre habitée, « universel » a un sens ici tout à fait différent indiquant la diffusion dans l’espace, tandis que dans le cas de Michel-Ange il s’agit au contraire d’une unité qui est si riche dans son essence qu’elle est capable de porter la lumière dans toutes les intelligences qui recevront d’ailleurs cette lumière en l’assimilant, en se transformant, en devenant source â leur tour.

Donc l’Universel, dans le Christ, se révèle concentré dans la personne, parce que l’universel de valeur, et il ne peut pas s’agir d’autre chose, l’universel de valeur, c’est un espace intérieur qui est suscité par le don de soi, c’est ce vide que l’on fait en soi qui creuse cet espace et qui permet à un être singulier d’être le centre du monde : davantage, non seulement à un être singulier est-il permis d’être le centre du monde, mais à tous les êtres humains, précisément parce que la pensée est créatrice d’origine, la personne humaine qui arrive à penser, qui arrive à peser le monde dans la balance de son esprit, et soi-même et toute l’histoire dont il est le répondant et le responsable, cette personne humaine porte en elle l’Univers non pas pour le confisquer, non pas pour le posséder, mais pour se donner à lui et l’enrichir de son amour.

Si je parle d’égalité, il y a donc un sens extraordinairement différent entre une égalité qui est une égalité de revendication : j’ai droit autant que vous, et je peux posséder autant que vous, et je veux jouir autant que vous, cette revendication des viscères n’a rien à voir avec une égalité de valeur où chacun a la possibilité, s’il y consent, d’ouvrir dans son cœur un espace à toute l’humanité et à tout l’Univers, et c’est donc cette égalité qui est en question, je veux dire : qui intéresse l’humanité en tant que l’humanité est un phénomène unique et incomparable, en tant que l’humanité se différencie ou se distingue de toutes les autres espèces justement par le fait que ce n’est pas l’espèce qui compte mais la personne.

PRIÈRE DE NE PAS DÉRANGER par Matthieu Aine

Quelques extraits

La prière n’est pas une technique qui réussit, avec un tuto trouvé sur internet ou un process à mettre en application. Les enfants ne commencent pas par étudier la grammaire quand ils apprennent
à parler, ils commencent par regarder, écouter et répéter ce que les parents disent. La prière est une relation. …
…Le temps peut paraître long sur ce chemin de l’apprentissage. Mais une parole de saint Augustin nous éclaire. « Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer1.»
La prière n’est pas un résultat.

Parcourir le chemin

Une très bonne approche pour comprendre « je veux voir Dieu » de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, et même pour ensuite aborder Sainte Thérése d’Avila, une des plus grandes mystiques de l’humanité.
La lecture apporte un très beau soutient à ceux et à celles qui désirent approcher et pratiquer l’oraison carmélite. (Méditation chrétienne)

Recommandé aux jeunes personnes humaines et à toutes celles et tous ceux qui souhaitent commencer doucement mais sûrement dans l’oraison !

Crépuscule par Juan Branco

Quelques citations

Préface de Denis Robert :
« Je suis entouré d’amis, journalistes, voisins, parents qui, pour la plupart, minimise le mouvement des gilets jaunes. Sur Facebook, l’incendie se propage, mais dans les média mainstream, on avance pépère, traitant les manifestants au mieux d’olibrius ou de beaufs (Jacques Julliard), au pire de racailles cagoulées (Pascal Bruckner), de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche qui viennent taper du policier (Luc Ferry) ou de hordes de minues, de pillards rongès par le ressentiment comme par les puces (F.-O. Giebsert). »

L’ambition est creuse, porteuse de néant et non d’exigence. L’excitation est vaniteuse, elle n’a plus que le goût de la trahison. Emmanuel Macron a été propulsé en urgence. La catastrophe politique touche tous les candidats du système. Il devait très rapidement constituer des réseaux de confiance pour donner l’impression d’être prêt. Et il lui faudra des mois – jusqu’en mars 2017 – pour qu’enfin émergent des propositions plus ou moins sérieuses. Ses conseillers se montrant tout aussi incapables d’imagination et de pensée que lui, il se voit obligé de mobiliser pour tenter de « Penser » conjoints et parents, dans l’indifférence et la bienveillance d’une presse trop excitée par une prise de pouvoir qui semble la dépasser, et en arrive – comble de la veulerie et de la compromission – à présenter comme une innovation l’absence de programme du candidat.

Unes qui auraient dû paraître dès le lendemain de la publication de « Mimi », sans jamais cesse ? Unes qui auraient dû, avec une immense violence, traquer les raisons de la suppression de l’ISF, jusqu’à ce que le doute ne soit plus permis, écrasant le pouvoir de ses velléités de compromission, lui exigeant de démontrer la source de ces fumeuses théories du ruissellement ? Ou, sans à aucun moment l’argumenter, lorsqu’il promulguait la loi scélérate sur le secret des affaires ? Où est donc passée cette absence de pudeur qui amène tout le monde à parler de la vie privée des puissants lorsque ces derniers en décident, et à se taire dès qu’elle pourrait les gêner ? Où sont ces photographies et ces papiers chargés de décortiquer non pas les yeux bleus du président, mais ses relations d’intérêt ?

S’appuyant sur la réserve de la gendarmerie, Alexandre Benalla avait ordre de faire entrer des civils au service de sécurité de l’Élysée. Il a eu la tutelle de gendarmes et de policiers mobilisés en cette maison d’où émanent les ordres qui font et défont les carrières de tous les fonctionnaires du pays. La chose est effarantes : par un stage de quelques semaines, si le système avait perduré, il aurait été possible d’intégrer au cœur de l’état un vigile sans qualification particulière, sans contrôle hiérarchique autre que celui décidé par le politique, pour le mettre au service d’un seul homme, et lui donner une autorité de facto sur l’ensemble des forces de l’ordre républicaines de ce pays.

Non d’un petit bonhomme

Tout d’abord, je ne souhaite pas m’étendre sur le style de Juan Branco, ce n’est pas mon propos : il s’agit d’un avocat donc quelqu’un qui a l’habitude de s’exprimer oralement avec une certaine éloquence, qui a certainement été formé pour cela. Il n’est pas écrivain, ne prétend pas l’être et ce livre n’est pas un roman.

Dans Crépuscule, il témoigne et présente avec sincérité ce qu’il a vécu et constaté en côtoyant l’entourage direct du président actuel. C’est ainsi qu’il nous fait sentir la dérive de notre république à simple coloration démocratique vers un pouvoir qui clairement ne relève plus de la chose publique (res publica)mais de la chose privée (et même très privée) d’un certain nombre d’oligarques dissimulés dans l’ombre et usant de la puissance conférée par le pouvoir symbolique de l’argent.

Il met en lumière la lâcheté des grands média et leur attitude de larbins face à la machinerie qui portera Macron au pouvoir. A ce propos il est édifiant de consulter le schéma du Monde Diplomatique : Médias français, qui possède quoi ? (https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1) Ce schéma aide à comprendre également comment les journalistes de base sont tenus par une presse qui est en dette envers l’argent des grandes fortunes qui l’ont sauvée. Derrière cet l’argent, la bourgeoisie journalistique n’ose plus rien et les jeunes journalistes restent enchainés à leur pige. Le détenant d’une de ces grandes fortunes qui possède la presse a d’ailleurs déclaré on ne peut plus clairement : « Je ne veux plus être emmerdé. »
Bernard Arnault, issu de la haute bourgeoisie catholique du Nord et d’Auvergne. 20 ans en 68.

Xavier Niel, petite bourgeoisie catholique de la région parisienne né en 67, ma génération, génération Punk, sexe et rock’n’ roll. A 17 ans, il fait ses armes dans le minitel rose des années 80.

Patrick Drahi, petite bourgeoisie intellectuelle franco-marocaine né en 1962. Homme de finance.

Ces trois personnes se sont acheté des journaux à forte influence bien avant l’arrivé de Macron.

Vous avez dit « 68 » ?
Oui, j’ai dit « 68 » !
« Il est interdit d’interdire », « Soyez réaliste demandez l’impossible » et tout ces grands slogans. Un mouvement conduit par des jeunes gens de 20 ans que nous retrouverons plus tard aux côtés de Macron comme un certain Cohn Bendit.

Maintenant, remontons une génération avant, c’est-à-dire en 1918 !

1918 : fin de la grande guerre où l’esprit de la nation fait faillite et a conduit à la grande boucherie qui a décimé tout une génération de jeunes hommes d’une vingtaine d’années.

1968 (une génération plus tard) : la liberté qui va se perdre dans le libéralisme, le néo-libéralisme, l’ultra libéralisme de ceux qui veulent Tout.

En France, c’est Mitterrand et, en 1983, Fabius qui vont permettre à un certain nombre d’oligarques, leurs amis issus des grandes écoles, de s’emparer des grandes entreprises privatisées. Servez-vous puisque je vous les donne ! Mais ces opérations sont parfaitement bien « vendues » à la population puisque même le populaire Yves Montand se laisse embarquer dans cette manipulation du « Vive la Crise » qui va imposer le néolibéralisme comme seule façon de penser. C’est le début en grande pompe de la Pensée Unique.

Que fait alors ma génération, celle qu’on appellera ensuite la « Bof Génération » ?

Rien !

Elle passe du Punk au Disco, elle prend de la drogue pour s’éclater pas pour explorer de nouvelles frontières.
Elle passe de Pierre Desproges aux Nuls !

Son slogan n’est presque « Plus rien ne vaut la peine de rien ! »

Et puis, à partir de 1993, arrive la génération Geek, Nerds, des jeunes de 20 ans qui portent entre autres l’idéologie du transhumanisme, de l’humain augmenté, concrétisée à l’écran par Matrix en 1998. Cette génération génère par là même un hyper narcissisme et un renfermement sur soi. Désormais on ne croit plus à 68, on n’y a jamais vraiment cru en voyant ce qu’est devenu la notion de Liberté c’est-à-dire la liberté pour le plus fort, la loi du plus fort, ce que depuis on nous demande d’accepter avec violence (restructuration sauvage dans les entreprises, destruction des services publics, répression policière…).

Rien ne vaut la peine de rien. Soit, je suis un winner, soit je suis un looser, pas d’alternative. A ce moment-là, on accepte cette vision des choses et on se perd dans une forme de désespoir de dandy.

Pendant ce temps, bien sûr, les affaires continuent et les grandes écoles (véritables nurseries d’oligarques) continuent de former en parallèle des gens comme Macron pour assurer la perpétuation du système.

Les personnes qui sont au pouvoir aujourd’hui sont donc les quarantenaires qui ont été formatés par l’esprit des grandes écoles des années 90. On voit maintenant plus clairement que jamais comment se sont constituées les différentes strates de la population, et comment on en est arrivés à la rupture évidente que l’on connait actuellement.

Où s’inscrit alors Juan Branco, l’auteur de Crépuscule ?

Formé exactement comme Macron et ses camarades, il fait plusieurs grandes écoles en France et aux Etats-Unis. Il est dans le système. Cependant, et je ne sais pas exactement pourquoi, il décide d’arrêter tout ça, de s’y opposer et de le dénoncer ouvertement. C’est ce qu’il fait dans ce livre et c’est pourquoi il est important de le lire.

Je tiens à ajouter que ce jeune homme n’est pas le seul à avoir cette prise de conscience. Autour de moi, je vois se multiplier les exemples de jeunes personnes, filles et garçons, qui ayant commencé par brillamment réussir dans des écoles comme HEC ou de prestigieuses écoles d’ingénieurs, ou même ayant commencé à travailler pour un haut salaire, décident de changer catégoriquement de voie et par exemple, se lancent dans une formation de tisserand ou de charpentier.

Je vois également certaines jeunes personnes, filles et garçons, qui sans pour l’instant changer de voie mais ne trouvant plus de sens à leur vie actuelle, entrent en thérapie, processus qui arrive généralement beaucoup plus tard dans une vie, c’est-à-dire à 50 ans.
Sur internet, fleurissent également de nombreux et brillants Youtubers produisant des émissions d’une clarté et d’une ouverture d’esprit incroyables.

Pour conclure, ce livre est non seulement une synthèse de notre histoire depuis 50 ans, mais aussi et surtout un appel au ralliement : cette nouvelle génération nous demande de la rejoindre pour tenter quelque chose non pas d’innovant, mais de réellement nouveau, une création, une recherche, une découverte, une invention.

Allons -nous écouter cette jeune génération que sont nos propres enfants et les suivre vers cette autre chose ?!

Alors lisons ce livre et suivons nos enfants ! Ils sont la flèche et nous sommes l’arc !

Le Roman de Jésus par Jean Mercier

Ce que le lire à provoqué

28 avril 2019

Je suis en vacances en Auvergne, vacances de corps, vacances de psyché et vacances d’esprit. J’ai emmené quatre livres : Les Enfants de Dune, Crépuscule, L’empereur Dieu de Dune et Le roman de Jésus.

Ce matin, j’apprends un point essentiel sur l’Énergie Noire : Hubble confirme une accélération de l’Univers qui défie la cosmologie. Il y a en effet un conflit entre la détermination de cette accélération déduite des observations de Hubble et celle déduite du rayonnement fossile étudié avec le satellite Planck. Une nouvelle physique est donc probablement à l’œuvre qui nécessitera de changer une partie du modèle cosmologique standard.

J’ai voulu un temps orienter ma vie vers la recherche en astrophysique à défaut de devenir astronaute ou prêtre. La vie en a décidé tout autrement. En tout cas ce que je retiens des dernières découvertes grâce à Hubble, c’est que nos connaissances sont un terreau meuble sur lequel pousse un vivant protéiforme. En définitive, nous avons du mal à connaitre la Vérité sur notre univers.

Quand je lis Crépuscule, dont je ferais un retour demain, j’ai du mal à savoir quel est la vérité sur notre démocratie, sur ce que me rapportent les médias reconnus, sur la parole de nos personnes politiques ou même sur la sincérité des généreux donateurs après la catastrophe (fin d’une histoire) qui toucha Notre Dame.

Cependant, que je lise le cycle de Dune pour la 12ème fois ou Le Roman de Jésus, je ressens au plus profond de moi que ces deux œuvres ont été écrites « En Vérité » (traduction de « Amen »). Leurs auteurs l’ont fait « en Vérité », au plus profond de ce qu’ils ressentaient, en toute sincérité, du fond d’eux mêmes.

Je suis « recommençant », c’est-à-dire chrétien baptisé catholique tout bébé et qui revient à l’église se ressourcer dans un rituel et un mémorial que j’avais abandonné pendant 40 ans. J’avais cependant toujours gardé la foi (la foi étant pour moi le contraire de la certitude et du pouvoir), mais par une sorte d’anesthésie due à certaines frayeurs que j’eus un temps, par paresse spirituelle et par orgueil, je m’étais éloigné de l’église. Et puis récemment ,des événements, des synchronicités, des « hasards », des sollicitations de mon épouse m’ont ramené dans l’église de la paroisse où je vis actuellement.

J’y ai retrouvé le sens d’une ouverture authentique : il n’y a pas de réponses toute faites, pas de certitudes politiques des gens éduqués, mais simplement des personnes humaines qui se rencontrent, qui « Partagent » (voilà pourquoi je sursaute toujours quand les cadres de la multinationale dans laquelle je travaille dévoient et se gargarisent de ces mots de « partage » et de« bienveillance ») des moments, des questions et des temps de prière. J’y ai rencontré des personnes formidables de tout horizon : femmes de ménage, ouvriers et ouvrières, psychologues et professeu.r.ses, institutrices, tous animés de cette même foi et de ce même questionnement sur qui furent et qui sont Jésus Christ, Marie, Marie Madeleine et Pierre, et sur ce que c’est que d’être chrétien.

Avec eux je ressens ces moments « d’en vérité ». Les ayant éprouvés dans l’église avec eux, je peux les retrouver dans ma vie quotidienne, dans ma pratique du kendo, avec ma famille, sur mon lieu de travail… Je ne suis pas parfait, loin s’en faut, mais comme beaucoup je suis en chemin, et je le suis en tant que chrétien catholique de gauche, (celle un peu à gauche des hypocrites socialistes). Mais encore une fois, je ne détiens pas La Vérité.

Au travail, nous sommes un groupe de collègues, compagnes et compagnons de repas composé de personnes humaines catholiques, protestantes, musulmanes, juives, animistes et athées. (Je tiens juste à préciser que la personne athée croit. Elle croit qu’il n’existe rien par delà la matière, mais elle est un peu comme Saint Thomas, ne croyant que ce qu’il voit). Il nous arrive parfois de parler de Dieu, de cet infiniment impuissant et inconnaissable infini d’amour que nous ressentons. Étrangement, nous n’avons pas honte d’avoir la foi. Et nous avons remarqué que, pendant les repas, les gens déjeunant aux tables alentours, se taisent et nous écoutent. Le plus merveilleux c’est que cela nous redonne à tous foi en nous -même en tant que personne humaine, et foi en notre vraie liberté d’ouvrir cette porte de la spiritualité sincère et « En Vérité », très loin des clichés et des spiritualités frelatées de type hyper-individualiste New-Age et autres « méditations en pleine conscience » qui ne sont que des relaxations habillées de vernis superficiel. Ces dernières correspondent à notre hyper-narcissisme, notre hyper-libéralisme qui nous veulent « tous contre tous » et qui affirment que nos désespoirs ne sont dus qu’à nous mêmes et pas à leur Mensonge, ce dernier provoquant la destruction de l’être « En Vérité ».

Voilà en gros ce que j’avais envie d’écrire après le lecture du Roman de Jésus. C’était cette illustration du « En Vérité », « Amen », qui m’a frappée.

Et si finalement l’accélération de l’expansion de l’univers trouvait sa source dans l’amour infini de Dieu faisant participer l’ensemble du vivant de l’univers à la création permanente de celui-ci contre le néant ?

C’est un rêve de berger, de petit berger qui garde ses moutons et dont les moutons aiment à rester autour de lui, parce que son rêve est beau.

Humilité par André Louf

Bien sur, il s’agit d’un essai écrit pour évoquer, suggérer une « vertu », « réalité » toute spirituelle. Comme toute notion qui est lié au spirituel, il est très difficile d’en avoir une connaissance ayant pour source la raison.

André Louf offre un mot, et ce n’est qu’un mot, et il le sait !

Le temps de montrer quelle réalité vibre au-delà de ce mot. « Humilité » ce n’est pas une connaissance à acquérir, ni même un niveau à atteindre, c’est en fait une expérience à vivre lorsqu’on a le cœur brisé.

Le livre s’adresse à ceux qui souhaite s’ouvrir a cette sorte de folie qui nous demande d’aller au-delà de l’égo.

Avant de monter vers les sommet je les regarde. Et ensuite je marche et je ne peux plus vivre que l’instant présent dans lequel s’inscrit un pied devant l’autre. Et là ne plus forcément regarder vers les sommet au risque d’être découragé. Mais parfois on s’arrête on regarde le chemin parcouru et ce qui reste à parcourir et on repart dans la marche présente.
Cela parle à ceux qui font de la marche en montagne.

Les autres ne font que l’imaginer !

dav

L’éveil Spirituel par José Le Roy

Citations

On trouve des études scientifiques sur les bienfaits de la méditation ; mais très peu de choses sur l’éveil. Je souhaiterais que ce livre attire enfin l’attention des psychologues, des philosophes et même du grand public sur l’éveil.

Le premier pas important est de découvrir la vacuité, la présence sans ego, l’écran impersonnel. Tel est l’éveil. C’est simple, direct et souvent soudain. Mais ce n’est encore qu’une étape. Car le Rien ainsi découvert doit reconnaître son identité avec le Tout. Dans le Soutra du Cœur, qui est un texte bouddhiste essentiel, on lit que : « Le vide c’est les formes et les formes sont le vide. »

La philosophie utilise un langage conceptuel ; elle cherche à connaître son objet par la raison et la logique Mais il existe un autre langage que celui de la philosophie, c’est celui des légendes, des mythes et des images, qui pointe vers l’éveil d’une autre façon que le concept.
C’est pourquoi les traditions utilisent souvent des paraboles (comme la quête du Graal), et des symboles pour donner à connaître ce qui se trouve au-delà des mots, au-delà du moi Car le pouvoir du symbole est souvent plus grand que celui du concept.
« Le symbole, dit Jung, est l’idée qui correspond à la plus haute réalité pressentie par la conscience »

Croquis-notes

Rien ne m’est venu réellement

Et alors ce que cela m’a évoqué…

Que dire de ce livre. Il part d’une bonne intention, celui de voir une forme d’universalité humaine dans l’éveil spirituel. Et pourtant je ressens une grande frustration finale. Ce livre ressemble à un catalogue des éveils possible a travers les différentes religions, spiritualité et philosophie. Le tout dans une sorte de refus inconscient de tout ce qui peut être religieux ou spirituel.

Le plus triste c’est que je ne sais pas à qui je conseillerais ce livre. Il est préférable d’aller aux sources de sa propre spiritualité au sein de son histoire, sa culture, sa religion pour trouver son propre éveil sans faire l’économie de l’amour de la vie. C’est ce qui manque a mon sens dans ce travail.