Rêve de 6h36

Je…
Je marche dans les rues avec toi.
Tu…
Nous croisons des personnes dans la ville-village
J’entends.
Des musiques.
J’entends des musiques autour des personnes humaines.
— J’entends des musiques autour des personnes humaines. J’entends leur foi, j’entends leur choix libre, j’entends leur joie sous forme de musique qui vibre à partir de leur corps.
Alors, tu les regardes.
Alors, tu me regardes.
Alors tu me pose les questions, « Et, elle ? », « Et, lui ? »
— Oui, elle joue la musique de la foi chrétienne.
— Non, il ne joue pas cette musique. Il est silence, il ne croit pas. Le silence de ne pas croire.
— Pourquoi ?
— Il a choisi, il est libre. Il pourrait jouer aussi, il a les instruments. Il reste silencieux par choix.
Puis viennent les questions que tu n’ose pas déposer.
— … et notre fils ?
— Il a fait un choix libre, il y a longtemps avant de venir au monde. Il a fait le choix de jouer la musique de Marie.
Ton visage s’éblouit, des larmes de joie perlent. Ta musique s’amplifie.
— … et notre fille ?
— Elle aussi a fait un choix bien avant de naitre. Elle a choisi de venir danser la musique que joue son frère, y ajoutant la musique du Christ.
Sanglot des profondeurs, les basses, contrebasses et bassons entonnent la joie du cœur.
— …
— ???
— … et moi ?
— Toi, tu joues une musique nouvelle. Une musique qui n’a jamais été joué, une musique pour plaire à Dieu et mettre en joie le maitre.
— Et toi ?
— Je ne sais pas. Il m’a été offert d’entendre la musique des autres, mais pas d’entendre la mienne. Je suis alors comme chacun, dans le doute, dans ce doute qui permet la foi.

Retour à Gignat

Traverser du village
Depuis le haut
Sans rendre visite à mon père.

Marcher à Saint Germain Lembron
Sur le bas coté en fossé
Glisser.
Dame Sieur suit.
Elle Conseille la route.

Croiser des autos.

Arriver à Saint Germain.
Ne plus rien reconnaitre.
Traverser le bourg.
Aller à la place des bals.
Envie de café
Refuser le gobelet en plastique
Starbucks !

Revenir dans la grand rue
Au tournant café ancien
S’asseoir à une table occupé.

Parle avec eux !

Petit monsieur chauve
Il parle des bulgares et des kenyans.
Passionnant !
Il cherche le mot
Celui qui désigne les gens malsains
Un « Absent » !

Temps de se quitter amicalement.
Un homme boiteux me présente aux autres.
Comme « Le gardien des conversations ».

Nous faisons un bout du chemin ensemble
Sur le pont nous prenons l’échelle
L’aider tant il boite.

Elle me demande si je la reconnais.
Je la reconnais.
Elle écrit de l’héroic fantasy

C’est donc une femme.
Elle rentre dans son immeuble
Elle prépare son émission de radio.
France Inter
« Je vous écouterais, ce soir »

Je reprends la route de Gignat
Ou personne n’attend.
Je me réveille…

Je suis neurone du cosmos

Je suis un

L’univers entier est un nuage

Il a 12 dimensions

Il possède un nombre de un

Qui s’écrit avec 300 millions de chiffres

Alpha du centaure est un neurone

Sol est un neurone

Je suis un neurone

Tu es un neurone

Mon chien est un neurone

Mon chêne est un neurone

Nous sommes tous reliés les uns aux autres

Un seule information circule

Elle vient de Dieu

Il-elle Est dehors

Cette information est :

Je T’AIME

Crépuscule par Juan Branco

Quelques citations

Préface de Denis Robert :
« Je suis entouré d’amis, journalistes, voisins, parents qui, pour la plupart, minimise le mouvement des gilets jaunes. Sur Facebook, l’incendie se propage, mais dans les média mainstream, on avance pépère, traitant les manifestants au mieux d’olibrius ou de beaufs (Jacques Julliard), au pire de racailles cagoulées (Pascal Bruckner), de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche qui viennent taper du policier (Luc Ferry) ou de hordes de minues, de pillards rongès par le ressentiment comme par les puces (F.-O. Giebsert). »

L’ambition est creuse, porteuse de néant et non d’exigence. L’excitation est vaniteuse, elle n’a plus que le goût de la trahison. Emmanuel Macron a été propulsé en urgence. La catastrophe politique touche tous les candidats du système. Il devait très rapidement constituer des réseaux de confiance pour donner l’impression d’être prêt. Et il lui faudra des mois – jusqu’en mars 2017 – pour qu’enfin émergent des propositions plus ou moins sérieuses. Ses conseillers se montrant tout aussi incapables d’imagination et de pensée que lui, il se voit obligé de mobiliser pour tenter de « Penser » conjoints et parents, dans l’indifférence et la bienveillance d’une presse trop excitée par une prise de pouvoir qui semble la dépasser, et en arrive – comble de la veulerie et de la compromission – à présenter comme une innovation l’absence de programme du candidat.

Unes qui auraient dû paraître dès le lendemain de la publication de « Mimi », sans jamais cesse ? Unes qui auraient dû, avec une immense violence, traquer les raisons de la suppression de l’ISF, jusqu’à ce que le doute ne soit plus permis, écrasant le pouvoir de ses velléités de compromission, lui exigeant de démontrer la source de ces fumeuses théories du ruissellement ? Ou, sans à aucun moment l’argumenter, lorsqu’il promulguait la loi scélérate sur le secret des affaires ? Où est donc passée cette absence de pudeur qui amène tout le monde à parler de la vie privée des puissants lorsque ces derniers en décident, et à se taire dès qu’elle pourrait les gêner ? Où sont ces photographies et ces papiers chargés de décortiquer non pas les yeux bleus du président, mais ses relations d’intérêt ?

S’appuyant sur la réserve de la gendarmerie, Alexandre Benalla avait ordre de faire entrer des civils au service de sécurité de l’Élysée. Il a eu la tutelle de gendarmes et de policiers mobilisés en cette maison d’où émanent les ordres qui font et défont les carrières de tous les fonctionnaires du pays. La chose est effarantes : par un stage de quelques semaines, si le système avait perduré, il aurait été possible d’intégrer au cœur de l’état un vigile sans qualification particulière, sans contrôle hiérarchique autre que celui décidé par le politique, pour le mettre au service d’un seul homme, et lui donner une autorité de facto sur l’ensemble des forces de l’ordre républicaines de ce pays.

Non d’un petit bonhomme

Tout d’abord, je ne souhaite pas m’étendre sur le style de Juan Branco, ce n’est pas mon propos : il s’agit d’un avocat donc quelqu’un qui a l’habitude de s’exprimer oralement avec une certaine éloquence, qui a certainement été formé pour cela. Il n’est pas écrivain, ne prétend pas l’être et ce livre n’est pas un roman.

Dans Crépuscule, il témoigne et présente avec sincérité ce qu’il a vécu et constaté en côtoyant l’entourage direct du président actuel. C’est ainsi qu’il nous fait sentir la dérive de notre république à simple coloration démocratique vers un pouvoir qui clairement ne relève plus de la chose publique (res publica)mais de la chose privée (et même très privée) d’un certain nombre d’oligarques dissimulés dans l’ombre et usant de la puissance conférée par le pouvoir symbolique de l’argent.

Il met en lumière la lâcheté des grands média et leur attitude de larbins face à la machinerie qui portera Macron au pouvoir. A ce propos il est édifiant de consulter le schéma du Monde Diplomatique : Médias français, qui possède quoi ? (https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1) Ce schéma aide à comprendre également comment les journalistes de base sont tenus par une presse qui est en dette envers l’argent des grandes fortunes qui l’ont sauvée. Derrière cet l’argent, la bourgeoisie journalistique n’ose plus rien et les jeunes journalistes restent enchainés à leur pige. Le détenant d’une de ces grandes fortunes qui possède la presse a d’ailleurs déclaré on ne peut plus clairement : « Je ne veux plus être emmerdé. »
Bernard Arnault, issu de la haute bourgeoisie catholique du Nord et d’Auvergne. 20 ans en 68.

Xavier Niel, petite bourgeoisie catholique de la région parisienne né en 67, ma génération, génération Punk, sexe et rock’n’ roll. A 17 ans, il fait ses armes dans le minitel rose des années 80.

Patrick Drahi, petite bourgeoisie intellectuelle franco-marocaine né en 1962. Homme de finance.

Ces trois personnes se sont acheté des journaux à forte influence bien avant l’arrivé de Macron.

Vous avez dit « 68 » ?
Oui, j’ai dit « 68 » !
« Il est interdit d’interdire », « Soyez réaliste demandez l’impossible » et tout ces grands slogans. Un mouvement conduit par des jeunes gens de 20 ans que nous retrouverons plus tard aux côtés de Macron comme un certain Cohn Bendit.

Maintenant, remontons une génération avant, c’est-à-dire en 1918 !

1918 : fin de la grande guerre où l’esprit de la nation fait faillite et a conduit à la grande boucherie qui a décimé tout une génération de jeunes hommes d’une vingtaine d’années.

1968 (une génération plus tard) : la liberté qui va se perdre dans le libéralisme, le néo-libéralisme, l’ultra libéralisme de ceux qui veulent Tout.

En France, c’est Mitterrand et, en 1983, Fabius qui vont permettre à un certain nombre d’oligarques, leurs amis issus des grandes écoles, de s’emparer des grandes entreprises privatisées. Servez-vous puisque je vous les donne ! Mais ces opérations sont parfaitement bien « vendues » à la population puisque même le populaire Yves Montand se laisse embarquer dans cette manipulation du « Vive la Crise » qui va imposer le néolibéralisme comme seule façon de penser. C’est le début en grande pompe de la Pensée Unique.

Que fait alors ma génération, celle qu’on appellera ensuite la « Bof Génération » ?

Rien !

Elle passe du Punk au Disco, elle prend de la drogue pour s’éclater pas pour explorer de nouvelles frontières.
Elle passe de Pierre Desproges aux Nuls !

Son slogan n’est presque « Plus rien ne vaut la peine de rien ! »

Et puis, à partir de 1993, arrive la génération Geek, Nerds, des jeunes de 20 ans qui portent entre autres l’idéologie du transhumanisme, de l’humain augmenté, concrétisée à l’écran par Matrix en 1998. Cette génération génère par là même un hyper narcissisme et un renfermement sur soi. Désormais on ne croit plus à 68, on n’y a jamais vraiment cru en voyant ce qu’est devenu la notion de Liberté c’est-à-dire la liberté pour le plus fort, la loi du plus fort, ce que depuis on nous demande d’accepter avec violence (restructuration sauvage dans les entreprises, destruction des services publics, répression policière…).

Rien ne vaut la peine de rien. Soit, je suis un winner, soit je suis un looser, pas d’alternative. A ce moment-là, on accepte cette vision des choses et on se perd dans une forme de désespoir de dandy.

Pendant ce temps, bien sûr, les affaires continuent et les grandes écoles (véritables nurseries d’oligarques) continuent de former en parallèle des gens comme Macron pour assurer la perpétuation du système.

Les personnes qui sont au pouvoir aujourd’hui sont donc les quarantenaires qui ont été formatés par l’esprit des grandes écoles des années 90. On voit maintenant plus clairement que jamais comment se sont constituées les différentes strates de la population, et comment on en est arrivés à la rupture évidente que l’on connait actuellement.

Où s’inscrit alors Juan Branco, l’auteur de Crépuscule ?

Formé exactement comme Macron et ses camarades, il fait plusieurs grandes écoles en France et aux Etats-Unis. Il est dans le système. Cependant, et je ne sais pas exactement pourquoi, il décide d’arrêter tout ça, de s’y opposer et de le dénoncer ouvertement. C’est ce qu’il fait dans ce livre et c’est pourquoi il est important de le lire.

Je tiens à ajouter que ce jeune homme n’est pas le seul à avoir cette prise de conscience. Autour de moi, je vois se multiplier les exemples de jeunes personnes, filles et garçons, qui ayant commencé par brillamment réussir dans des écoles comme HEC ou de prestigieuses écoles d’ingénieurs, ou même ayant commencé à travailler pour un haut salaire, décident de changer catégoriquement de voie et par exemple, se lancent dans une formation de tisserand ou de charpentier.

Je vois également certaines jeunes personnes, filles et garçons, qui sans pour l’instant changer de voie mais ne trouvant plus de sens à leur vie actuelle, entrent en thérapie, processus qui arrive généralement beaucoup plus tard dans une vie, c’est-à-dire à 50 ans.
Sur internet, fleurissent également de nombreux et brillants Youtubers produisant des émissions d’une clarté et d’une ouverture d’esprit incroyables.

Pour conclure, ce livre est non seulement une synthèse de notre histoire depuis 50 ans, mais aussi et surtout un appel au ralliement : cette nouvelle génération nous demande de la rejoindre pour tenter quelque chose non pas d’innovant, mais de réellement nouveau, une création, une recherche, une découverte, une invention.

Allons -nous écouter cette jeune génération que sont nos propres enfants et les suivre vers cette autre chose ?!

Alors lisons ce livre et suivons nos enfants ! Ils sont la flèche et nous sommes l’arc !

Le Roman de Jésus par Jean Mercier

Ce que le lire à provoqué

28 avril 2019

Je suis en vacances en Auvergne, vacances de corps, vacances de psyché et vacances d’esprit. J’ai emmené quatre livres : Les Enfants de Dune, Crépuscule, L’empereur Dieu de Dune et Le roman de Jésus.

Ce matin, j’apprends un point essentiel sur l’Énergie Noire : Hubble confirme une accélération de l’Univers qui défie la cosmologie. Il y a en effet un conflit entre la détermination de cette accélération déduite des observations de Hubble et celle déduite du rayonnement fossile étudié avec le satellite Planck. Une nouvelle physique est donc probablement à l’œuvre qui nécessitera de changer une partie du modèle cosmologique standard.

J’ai voulu un temps orienter ma vie vers la recherche en astrophysique à défaut de devenir astronaute ou prêtre. La vie en a décidé tout autrement. En tout cas ce que je retiens des dernières découvertes grâce à Hubble, c’est que nos connaissances sont un terreau meuble sur lequel pousse un vivant protéiforme. En définitive, nous avons du mal à connaitre la Vérité sur notre univers.

Quand je lis Crépuscule, dont je ferais un retour demain, j’ai du mal à savoir quel est la vérité sur notre démocratie, sur ce que me rapportent les médias reconnus, sur la parole de nos personnes politiques ou même sur la sincérité des généreux donateurs après la catastrophe (fin d’une histoire) qui toucha Notre Dame.

Cependant, que je lise le cycle de Dune pour la 12ème fois ou Le Roman de Jésus, je ressens au plus profond de moi que ces deux œuvres ont été écrites « En Vérité » (traduction de « Amen »). Leurs auteurs l’ont fait « en Vérité », au plus profond de ce qu’ils ressentaient, en toute sincérité, du fond d’eux mêmes.

Je suis « recommençant », c’est-à-dire chrétien baptisé catholique tout bébé et qui revient à l’église se ressourcer dans un rituel et un mémorial que j’avais abandonné pendant 40 ans. J’avais cependant toujours gardé la foi (la foi étant pour moi le contraire de la certitude et du pouvoir), mais par une sorte d’anesthésie due à certaines frayeurs que j’eus un temps, par paresse spirituelle et par orgueil, je m’étais éloigné de l’église. Et puis récemment ,des événements, des synchronicités, des « hasards », des sollicitations de mon épouse m’ont ramené dans l’église de la paroisse où je vis actuellement.

J’y ai retrouvé le sens d’une ouverture authentique : il n’y a pas de réponses toute faites, pas de certitudes politiques des gens éduqués, mais simplement des personnes humaines qui se rencontrent, qui « Partagent » (voilà pourquoi je sursaute toujours quand les cadres de la multinationale dans laquelle je travaille dévoient et se gargarisent de ces mots de « partage » et de« bienveillance ») des moments, des questions et des temps de prière. J’y ai rencontré des personnes formidables de tout horizon : femmes de ménage, ouvriers et ouvrières, psychologues et professeu.r.ses, institutrices, tous animés de cette même foi et de ce même questionnement sur qui furent et qui sont Jésus Christ, Marie, Marie Madeleine et Pierre, et sur ce que c’est que d’être chrétien.

Avec eux je ressens ces moments « d’en vérité ». Les ayant éprouvés dans l’église avec eux, je peux les retrouver dans ma vie quotidienne, dans ma pratique du kendo, avec ma famille, sur mon lieu de travail… Je ne suis pas parfait, loin s’en faut, mais comme beaucoup je suis en chemin, et je le suis en tant que chrétien catholique de gauche, (celle un peu à gauche des hypocrites socialistes). Mais encore une fois, je ne détiens pas La Vérité.

Au travail, nous sommes un groupe de collègues, compagnes et compagnons de repas composé de personnes humaines catholiques, protestantes, musulmanes, juives, animistes et athées. (Je tiens juste à préciser que la personne athée croit. Elle croit qu’il n’existe rien par delà la matière, mais elle est un peu comme Saint Thomas, ne croyant que ce qu’il voit). Il nous arrive parfois de parler de Dieu, de cet infiniment impuissant et inconnaissable infini d’amour que nous ressentons. Étrangement, nous n’avons pas honte d’avoir la foi. Et nous avons remarqué que, pendant les repas, les gens déjeunant aux tables alentours, se taisent et nous écoutent. Le plus merveilleux c’est que cela nous redonne à tous foi en nous -même en tant que personne humaine, et foi en notre vraie liberté d’ouvrir cette porte de la spiritualité sincère et « En Vérité », très loin des clichés et des spiritualités frelatées de type hyper-individualiste New-Age et autres « méditations en pleine conscience » qui ne sont que des relaxations habillées de vernis superficiel. Ces dernières correspondent à notre hyper-narcissisme, notre hyper-libéralisme qui nous veulent « tous contre tous » et qui affirment que nos désespoirs ne sont dus qu’à nous mêmes et pas à leur Mensonge, ce dernier provoquant la destruction de l’être « En Vérité ».

Voilà en gros ce que j’avais envie d’écrire après le lecture du Roman de Jésus. C’était cette illustration du « En Vérité », « Amen », qui m’a frappée.

Et si finalement l’accélération de l’expansion de l’univers trouvait sa source dans l’amour infini de Dieu faisant participer l’ensemble du vivant de l’univers à la création permanente de celui-ci contre le néant ?

C’est un rêve de berger, de petit berger qui garde ses moutons et dont les moutons aiment à rester autour de lui, parce que son rêve est beau.