Je suis neurone du cosmos

Je suis un

L’univers entier est un nuage

Il a 12 dimensions

Il possède un nombre de un

Qui s’écrit avec 300 millions de chiffres

Alpha du centaure est un neurone

Sol est un neurone

Je suis un neurone

Tu es un neurone

Mon chien est un neurone

Mon chêne est un neurone

Nous sommes tous reliés les uns aux autres

Un seule information circule

Elle vient de Dieu

Il-elle Est dehors

Cette information est :

Je T’AIME

Crépuscule par Juan Branco

Quelques citations

Préface de Denis Robert :
« Je suis entouré d’amis, journalistes, voisins, parents qui, pour la plupart, minimise le mouvement des gilets jaunes. Sur Facebook, l’incendie se propage, mais dans les média mainstream, on avance pépère, traitant les manifestants au mieux d’olibrius ou de beaufs (Jacques Julliard), au pire de racailles cagoulées (Pascal Bruckner), de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche qui viennent taper du policier (Luc Ferry) ou de hordes de minues, de pillards rongès par le ressentiment comme par les puces (F.-O. Giebsert). »

L’ambition est creuse, porteuse de néant et non d’exigence. L’excitation est vaniteuse, elle n’a plus que le goût de la trahison. Emmanuel Macron a été propulsé en urgence. La catastrophe politique touche tous les candidats du système. Il devait très rapidement constituer des réseaux de confiance pour donner l’impression d’être prêt. Et il lui faudra des mois – jusqu’en mars 2017 – pour qu’enfin émergent des propositions plus ou moins sérieuses. Ses conseillers se montrant tout aussi incapables d’imagination et de pensée que lui, il se voit obligé de mobiliser pour tenter de « Penser » conjoints et parents, dans l’indifférence et la bienveillance d’une presse trop excitée par une prise de pouvoir qui semble la dépasser, et en arrive – comble de la veulerie et de la compromission – à présenter comme une innovation l’absence de programme du candidat.

Unes qui auraient dû paraître dès le lendemain de la publication de « Mimi », sans jamais cesse ? Unes qui auraient dû, avec une immense violence, traquer les raisons de la suppression de l’ISF, jusqu’à ce que le doute ne soit plus permis, écrasant le pouvoir de ses velléités de compromission, lui exigeant de démontrer la source de ces fumeuses théories du ruissellement ? Ou, sans à aucun moment l’argumenter, lorsqu’il promulguait la loi scélérate sur le secret des affaires ? Où est donc passée cette absence de pudeur qui amène tout le monde à parler de la vie privée des puissants lorsque ces derniers en décident, et à se taire dès qu’elle pourrait les gêner ? Où sont ces photographies et ces papiers chargés de décortiquer non pas les yeux bleus du président, mais ses relations d’intérêt ?

S’appuyant sur la réserve de la gendarmerie, Alexandre Benalla avait ordre de faire entrer des civils au service de sécurité de l’Élysée. Il a eu la tutelle de gendarmes et de policiers mobilisés en cette maison d’où émanent les ordres qui font et défont les carrières de tous les fonctionnaires du pays. La chose est effarantes : par un stage de quelques semaines, si le système avait perduré, il aurait été possible d’intégrer au cœur de l’état un vigile sans qualification particulière, sans contrôle hiérarchique autre que celui décidé par le politique, pour le mettre au service d’un seul homme, et lui donner une autorité de facto sur l’ensemble des forces de l’ordre républicaines de ce pays.

Non d’un petit bonhomme

Tout d’abord, je ne souhaite pas m’étendre sur le style de Juan Branco, ce n’est pas mon propos : il s’agit d’un avocat donc quelqu’un qui a l’habitude de s’exprimer oralement avec une certaine éloquence, qui a certainement été formé pour cela. Il n’est pas écrivain, ne prétend pas l’être et ce livre n’est pas un roman.

Dans Crépuscule, il témoigne et présente avec sincérité ce qu’il a vécu et constaté en côtoyant l’entourage direct du président actuel. C’est ainsi qu’il nous fait sentir la dérive de notre république à simple coloration démocratique vers un pouvoir qui clairement ne relève plus de la chose publique (res publica)mais de la chose privée (et même très privée) d’un certain nombre d’oligarques dissimulés dans l’ombre et usant de la puissance conférée par le pouvoir symbolique de l’argent.

Il met en lumière la lâcheté des grands média et leur attitude de larbins face à la machinerie qui portera Macron au pouvoir. A ce propos il est édifiant de consulter le schéma du Monde Diplomatique : Médias français, qui possède quoi ? (https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1) Ce schéma aide à comprendre également comment les journalistes de base sont tenus par une presse qui est en dette envers l’argent des grandes fortunes qui l’ont sauvée. Derrière cet l’argent, la bourgeoisie journalistique n’ose plus rien et les jeunes journalistes restent enchainés à leur pige. Le détenant d’une de ces grandes fortunes qui possède la presse a d’ailleurs déclaré on ne peut plus clairement : « Je ne veux plus être emmerdé. »
Bernard Arnault, issu de la haute bourgeoisie catholique du Nord et d’Auvergne. 20 ans en 68.

Xavier Niel, petite bourgeoisie catholique de la région parisienne né en 67, ma génération, génération Punk, sexe et rock’n’ roll. A 17 ans, il fait ses armes dans le minitel rose des années 80.

Patrick Drahi, petite bourgeoisie intellectuelle franco-marocaine né en 1962. Homme de finance.

Ces trois personnes se sont acheté des journaux à forte influence bien avant l’arrivé de Macron.

Vous avez dit « 68 » ?
Oui, j’ai dit « 68 » !
« Il est interdit d’interdire », « Soyez réaliste demandez l’impossible » et tout ces grands slogans. Un mouvement conduit par des jeunes gens de 20 ans que nous retrouverons plus tard aux côtés de Macron comme un certain Cohn Bendit.

Maintenant, remontons une génération avant, c’est-à-dire en 1918 !

1918 : fin de la grande guerre où l’esprit de la nation fait faillite et a conduit à la grande boucherie qui a décimé tout une génération de jeunes hommes d’une vingtaine d’années.

1968 (une génération plus tard) : la liberté qui va se perdre dans le libéralisme, le néo-libéralisme, l’ultra libéralisme de ceux qui veulent Tout.

En France, c’est Mitterrand et, en 1983, Fabius qui vont permettre à un certain nombre d’oligarques, leurs amis issus des grandes écoles, de s’emparer des grandes entreprises privatisées. Servez-vous puisque je vous les donne ! Mais ces opérations sont parfaitement bien « vendues » à la population puisque même le populaire Yves Montand se laisse embarquer dans cette manipulation du « Vive la Crise » qui va imposer le néolibéralisme comme seule façon de penser. C’est le début en grande pompe de la Pensée Unique.

Que fait alors ma génération, celle qu’on appellera ensuite la « Bof Génération » ?

Rien !

Elle passe du Punk au Disco, elle prend de la drogue pour s’éclater pas pour explorer de nouvelles frontières.
Elle passe de Pierre Desproges aux Nuls !

Son slogan n’est presque « Plus rien ne vaut la peine de rien ! »

Et puis, à partir de 1993, arrive la génération Geek, Nerds, des jeunes de 20 ans qui portent entre autres l’idéologie du transhumanisme, de l’humain augmenté, concrétisée à l’écran par Matrix en 1998. Cette génération génère par là même un hyper narcissisme et un renfermement sur soi. Désormais on ne croit plus à 68, on n’y a jamais vraiment cru en voyant ce qu’est devenu la notion de Liberté c’est-à-dire la liberté pour le plus fort, la loi du plus fort, ce que depuis on nous demande d’accepter avec violence (restructuration sauvage dans les entreprises, destruction des services publics, répression policière…).

Rien ne vaut la peine de rien. Soit, je suis un winner, soit je suis un looser, pas d’alternative. A ce moment-là, on accepte cette vision des choses et on se perd dans une forme de désespoir de dandy.

Pendant ce temps, bien sûr, les affaires continuent et les grandes écoles (véritables nurseries d’oligarques) continuent de former en parallèle des gens comme Macron pour assurer la perpétuation du système.

Les personnes qui sont au pouvoir aujourd’hui sont donc les quarantenaires qui ont été formatés par l’esprit des grandes écoles des années 90. On voit maintenant plus clairement que jamais comment se sont constituées les différentes strates de la population, et comment on en est arrivés à la rupture évidente que l’on connait actuellement.

Où s’inscrit alors Juan Branco, l’auteur de Crépuscule ?

Formé exactement comme Macron et ses camarades, il fait plusieurs grandes écoles en France et aux Etats-Unis. Il est dans le système. Cependant, et je ne sais pas exactement pourquoi, il décide d’arrêter tout ça, de s’y opposer et de le dénoncer ouvertement. C’est ce qu’il fait dans ce livre et c’est pourquoi il est important de le lire.

Je tiens à ajouter que ce jeune homme n’est pas le seul à avoir cette prise de conscience. Autour de moi, je vois se multiplier les exemples de jeunes personnes, filles et garçons, qui ayant commencé par brillamment réussir dans des écoles comme HEC ou de prestigieuses écoles d’ingénieurs, ou même ayant commencé à travailler pour un haut salaire, décident de changer catégoriquement de voie et par exemple, se lancent dans une formation de tisserand ou de charpentier.

Je vois également certaines jeunes personnes, filles et garçons, qui sans pour l’instant changer de voie mais ne trouvant plus de sens à leur vie actuelle, entrent en thérapie, processus qui arrive généralement beaucoup plus tard dans une vie, c’est-à-dire à 50 ans.
Sur internet, fleurissent également de nombreux et brillants Youtubers produisant des émissions d’une clarté et d’une ouverture d’esprit incroyables.

Pour conclure, ce livre est non seulement une synthèse de notre histoire depuis 50 ans, mais aussi et surtout un appel au ralliement : cette nouvelle génération nous demande de la rejoindre pour tenter quelque chose non pas d’innovant, mais de réellement nouveau, une création, une recherche, une découverte, une invention.

Allons -nous écouter cette jeune génération que sont nos propres enfants et les suivre vers cette autre chose ?!

Alors lisons ce livre et suivons nos enfants ! Ils sont la flèche et nous sommes l’arc !

Le Roman de Jésus par Jean Mercier

Ce que le lire à provoqué

28 avril 2019

Je suis en vacances en Auvergne, vacances de corps, vacances de psyché et vacances d’esprit. J’ai emmené quatre livres : Les Enfants de Dune, Crépuscule, L’empereur Dieu de Dune et Le roman de Jésus.

Ce matin, j’apprends un point essentiel sur l’Énergie Noire : Hubble confirme une accélération de l’Univers qui défie la cosmologie. Il y a en effet un conflit entre la détermination de cette accélération déduite des observations de Hubble et celle déduite du rayonnement fossile étudié avec le satellite Planck. Une nouvelle physique est donc probablement à l’œuvre qui nécessitera de changer une partie du modèle cosmologique standard.

J’ai voulu un temps orienter ma vie vers la recherche en astrophysique à défaut de devenir astronaute ou prêtre. La vie en a décidé tout autrement. En tout cas ce que je retiens des dernières découvertes grâce à Hubble, c’est que nos connaissances sont un terreau meuble sur lequel pousse un vivant protéiforme. En définitive, nous avons du mal à connaitre la Vérité sur notre univers.

Quand je lis Crépuscule, dont je ferais un retour demain, j’ai du mal à savoir quel est la vérité sur notre démocratie, sur ce que me rapportent les médias reconnus, sur la parole de nos personnes politiques ou même sur la sincérité des généreux donateurs après la catastrophe (fin d’une histoire) qui toucha Notre Dame.

Cependant, que je lise le cycle de Dune pour la 12ème fois ou Le Roman de Jésus, je ressens au plus profond de moi que ces deux œuvres ont été écrites « En Vérité » (traduction de « Amen »). Leurs auteurs l’ont fait « en Vérité », au plus profond de ce qu’ils ressentaient, en toute sincérité, du fond d’eux mêmes.

Je suis « recommençant », c’est-à-dire chrétien baptisé catholique tout bébé et qui revient à l’église se ressourcer dans un rituel et un mémorial que j’avais abandonné pendant 40 ans. J’avais cependant toujours gardé la foi (la foi étant pour moi le contraire de la certitude et du pouvoir), mais par une sorte d’anesthésie due à certaines frayeurs que j’eus un temps, par paresse spirituelle et par orgueil, je m’étais éloigné de l’église. Et puis récemment ,des événements, des synchronicités, des « hasards », des sollicitations de mon épouse m’ont ramené dans l’église de la paroisse où je vis actuellement.

J’y ai retrouvé le sens d’une ouverture authentique : il n’y a pas de réponses toute faites, pas de certitudes politiques des gens éduqués, mais simplement des personnes humaines qui se rencontrent, qui « Partagent » (voilà pourquoi je sursaute toujours quand les cadres de la multinationale dans laquelle je travaille dévoient et se gargarisent de ces mots de « partage » et de« bienveillance ») des moments, des questions et des temps de prière. J’y ai rencontré des personnes formidables de tout horizon : femmes de ménage, ouvriers et ouvrières, psychologues et professeu.r.ses, institutrices, tous animés de cette même foi et de ce même questionnement sur qui furent et qui sont Jésus Christ, Marie, Marie Madeleine et Pierre, et sur ce que c’est que d’être chrétien.

Avec eux je ressens ces moments « d’en vérité ». Les ayant éprouvés dans l’église avec eux, je peux les retrouver dans ma vie quotidienne, dans ma pratique du kendo, avec ma famille, sur mon lieu de travail… Je ne suis pas parfait, loin s’en faut, mais comme beaucoup je suis en chemin, et je le suis en tant que chrétien catholique de gauche, (celle un peu à gauche des hypocrites socialistes). Mais encore une fois, je ne détiens pas La Vérité.

Au travail, nous sommes un groupe de collègues, compagnes et compagnons de repas composé de personnes humaines catholiques, protestantes, musulmanes, juives, animistes et athées. (Je tiens juste à préciser que la personne athée croit. Elle croit qu’il n’existe rien par delà la matière, mais elle est un peu comme Saint Thomas, ne croyant que ce qu’il voit). Il nous arrive parfois de parler de Dieu, de cet infiniment impuissant et inconnaissable infini d’amour que nous ressentons. Étrangement, nous n’avons pas honte d’avoir la foi. Et nous avons remarqué que, pendant les repas, les gens déjeunant aux tables alentours, se taisent et nous écoutent. Le plus merveilleux c’est que cela nous redonne à tous foi en nous -même en tant que personne humaine, et foi en notre vraie liberté d’ouvrir cette porte de la spiritualité sincère et « En Vérité », très loin des clichés et des spiritualités frelatées de type hyper-individualiste New-Age et autres « méditations en pleine conscience » qui ne sont que des relaxations habillées de vernis superficiel. Ces dernières correspondent à notre hyper-narcissisme, notre hyper-libéralisme qui nous veulent « tous contre tous » et qui affirment que nos désespoirs ne sont dus qu’à nous mêmes et pas à leur Mensonge, ce dernier provoquant la destruction de l’être « En Vérité ».

Voilà en gros ce que j’avais envie d’écrire après le lecture du Roman de Jésus. C’était cette illustration du « En Vérité », « Amen », qui m’a frappée.

Et si finalement l’accélération de l’expansion de l’univers trouvait sa source dans l’amour infini de Dieu faisant participer l’ensemble du vivant de l’univers à la création permanente de celui-ci contre le néant ?

C’est un rêve de berger, de petit berger qui garde ses moutons et dont les moutons aiment à rester autour de lui, parce que son rêve est beau.

Humilité par André Louf

Bien sur, il s’agit d’un essai écrit pour évoquer, suggérer une « vertu », « réalité » toute spirituelle. Comme toute notion qui est lié au spirituel, il est très difficile d’en avoir une connaissance ayant pour source la raison.

André Louf offre un mot, et ce n’est qu’un mot, et il le sait !

Le temps de montrer quelle réalité vibre au-delà de ce mot. « Humilité » ce n’est pas une connaissance à acquérir, ni même un niveau à atteindre, c’est en fait une expérience à vivre lorsqu’on a le cœur brisé.

Le livre s’adresse à ceux qui souhaite s’ouvrir a cette sorte de folie qui nous demande d’aller au-delà de l’égo.

Avant de monter vers les sommet je les regarde. Et ensuite je marche et je ne peux plus vivre que l’instant présent dans lequel s’inscrit un pied devant l’autre. Et là ne plus forcément regarder vers les sommet au risque d’être découragé. Mais parfois on s’arrête on regarde le chemin parcouru et ce qui reste à parcourir et on repart dans la marche présente.
Cela parle à ceux qui font de la marche en montagne.

Les autres ne font que l’imaginer !

dav

L’éveil Spirituel par José Le Roy

Citations

On trouve des études scientifiques sur les bienfaits de la méditation ; mais très peu de choses sur l’éveil. Je souhaiterais que ce livre attire enfin l’attention des psychologues, des philosophes et même du grand public sur l’éveil.

Le premier pas important est de découvrir la vacuité, la présence sans ego, l’écran impersonnel. Tel est l’éveil. C’est simple, direct et souvent soudain. Mais ce n’est encore qu’une étape. Car le Rien ainsi découvert doit reconnaître son identité avec le Tout. Dans le Soutra du Cœur, qui est un texte bouddhiste essentiel, on lit que : « Le vide c’est les formes et les formes sont le vide. »

La philosophie utilise un langage conceptuel ; elle cherche à connaître son objet par la raison et la logique Mais il existe un autre langage que celui de la philosophie, c’est celui des légendes, des mythes et des images, qui pointe vers l’éveil d’une autre façon que le concept.
C’est pourquoi les traditions utilisent souvent des paraboles (comme la quête du Graal), et des symboles pour donner à connaître ce qui se trouve au-delà des mots, au-delà du moi Car le pouvoir du symbole est souvent plus grand que celui du concept.
« Le symbole, dit Jung, est l’idée qui correspond à la plus haute réalité pressentie par la conscience »

Croquis-notes

Rien ne m’est venu réellement

Et alors ce que cela m’a évoqué…

Que dire de ce livre. Il part d’une bonne intention, celui de voir une forme d’universalité humaine dans l’éveil spirituel. Et pourtant je ressens une grande frustration finale. Ce livre ressemble à un catalogue des éveils possible a travers les différentes religions, spiritualité et philosophie. Le tout dans une sorte de refus inconscient de tout ce qui peut être religieux ou spirituel.

Le plus triste c’est que je ne sais pas à qui je conseillerais ce livre. Il est préférable d’aller aux sources de sa propre spiritualité au sein de son histoire, sa culture, sa religion pour trouver son propre éveil sans faire l’économie de l’amour de la vie. C’est ce qui manque a mon sens dans ce travail.

Un histoire populaire de la France par Gérard Noiriel

Croquis notes

Citations

A Versailles, Louis XIV appliqua systématiquement sa devise « Diviser pour Régner en maintenant l’équilibre entre les deux grandes forces dont il se méfier : l’aristocratie (noblesse de sang) et la grande bourgeoisie (noblesse de robe). Le Mot « civilisation » s’imposa alors dans notre langue pour désigner la culture classique fabriquée à Versailles, sûre de sa supériorité et qui reposait sur le modèle de la conversation.

A Versailles s’élaborèrent en effet les normes de comportement et de bon goût qui se diffusèrent au cours des siècles suivants dans toutes les couches de la société française.

Les aristocrates ayant connu le déclassement social cautionnaient ce point de vue parce qu’ils avaient gardé un fort ressentiment à l’égard d’une paysannerie qui avait acquis une partie de « leurs » terres depuis la Révolution. C’est ce regard péjoratif qu’Honoré de Balzac mit en forme littéraire dans son roman Les Paysans, écrit en 1844 (mais publié après sa mort). Il apparaît également dans le livre célèbre du comte Arthur de Gobineau, Essai sur l’inégalité des races humaines (1853). Cet ouvrage, souvent présenté comme le texte fondateur du racisme moderne, contient effectivement de nombreux développements sur l’infériorité des races « primitives » et sur le danger des métissages. Cependant, son raisonnement s’applique aussi aux paysans de France. Sur trente-six millions d’habitants, écrit-il, il y en a dix qui agissent « dans notre sphère de sociabilité » et vingt-six qui restent en dehors. « Il en va de ces masses comme de certains sauvages : au premier abord on les juge irréfléchissantes et à demi brutes parce que l’extérieur est humble et effacé », puis on constate que cette antipathie est volontaire. Ils ne sont pas méchants, mais « ils se regardent comme d’une autre espèce ».

Au lieu d’alimenter à mon tour les jugements de valeur au nom desquels se sont affrontés les partisans et les adversaires de Robespierre, je voudrais insister sur le fait que son raisonnement s’inscrivait dans le prolongement d’une réflexion déjà ancienne sur la place qu’il convenait d’accorder au droit de vote dans l’exercice de la citoyenneté. Comme l’a souligné Bernard Manin, le processus électoral n’était pas un acquis de la Révolution, puisqu’il était déjà pratiqué sous l’Ancien Régime. Le fait qu’il ait été élargi à plusieurs millions de Français apparut néanmoins comme un progrès tellement extraordinaire dans la marche vers l’égalité que le droit de vote fut très vite perçu comme un synonyme de la démocratie. Les polémiques se focalisèrent sur les discriminations établies entre les citoyens « actifs » et les autres, ce qui occulta un problème plus important, dont la philosophie des Lumières avait débattu des deux côtés de l’Atlantique bien avant la Révolution française. La procédure élective était une délégation de pouvoir qui allait à l’encontre du principe d’égalité. Elle comportait, en effet, une dimension aristocratique puisqu’elle avait pour but de choisir les « meilleurs » candidats (aristoï en grec). Aux yeux de ces philosophes, seul le tirage au sort aurait permis de respecter pleinement le principe d’égalité entre les citoyens.

Les femmes, qui avaient été elles aussi réduites au rang de « citoyens passifs », se firent également entendre en privilégiant l’action directe. À l’époque, la plupart d’entre elles n’avaient pas encore de place autonome. Elles existaient dans le cadre familial, vouées à l’entretien du ménage. Elles passaient leur journée à coudre, servir, instruire, soigner. C’est pourquoi, pendant la Révolution, elles furent surtout présentes dans les mouvements dénonçant les « accapareurs » et exigeant du pain pour le peuple. En octobre 1789, plusieurs milliers d’entre elles participèrent à la marche de Versailles pour ramener le roi à Paris. Elles manifestèrent au nom d’un « nous citoyennes » qui était déjà une manière de dénoncer la domination masculine. Le 27 février 1792, trois cents « citoyennes de Paris » déposèrent une adresse à l’Assemblée nationale pour exiger le droit de porter les armes dans les bataillons féminins. Le 6 mai 1792, à la tête d’une députation citoyenne, Pauline Léon lut à l’Assemblée législative une pétition signée par 319 femmes qui demandaient le droit d’organiser une garde nationale féminine. En mai 1793, elles créèrent une Société des citoyennes républicaines révolutionnaires. Les femmes jouèrent aussi un rôle actif dans les sociétés populaires. À Paris, une tribune fut installée dans la quasi-totalité des quarante-huit sections de la ville pour leur permettre de suivre les assemblées générales. Elles y intervenaient fréquemment pour présenter leurs doléances. Cette intégration au sein du mouvement social favorisa grandement la fusion des points de vue. Ces femmes partageaient les valeurs et la culture des sans-culottes qu’elles avaient contribuées à forger; leur égalitarisme partageux, leur attachement à la notion de souveraineté populaire, leur volonté de contrôle des élus et des fonctionnaires publics.
Toutefois, les femmes ne pouvaient pas adhérer complète-ment au discours des sans-culottes quand ceux-ci exaltaient la virilité comme l’une des composantes centrales de la citoyenneté.

Alfred Mézières, professeur à la faculté des lettres de Paris, publia ces lignes quelques mois avant la Commune de Paris, la plus puissante révolution populaire que la France ait connue depuis 1789. Preuve que les intellectuels, malgré leurs ambitions, sont bien incapables de prédire l’avenir, ce que le vingtième siècle confirmera, hélas, à de multiples reprises.
C’était la troisième fois, depuis 1830, qu’une révolution éclatait à Paris, en prenant les élites par surprise. Les dirigeants républicains, à peine revenus au pouvoir, se chargèrent de réprimer dans le sang ce soulèvement populaire, comme leurs prédécesseurs l’avaient fait en juin 1848.

Un clivage très net se produisit alors entre les syndicalistes réformistes, qui dirigeaient la CGT attachée à l’Union sacrée, et les révolutionnaires. Ces derniers étaient particulièrement nombreux dans les nouvelles usines de la banlieue parisienne. Malgré leur isolement, ils jouèrent un rôle essentiel dans les grèves qui culminèrent en mai 1920. Le mouvement fut un échec car il fut à nouveau écrasé par un homme de gauche passé à droite. Alexandre Millerand, devenu chef du gouvernement, décréta la réquisition des chemins de fer et fit appel à l’armée ainsi qu’aux élèves des grandes écoles et aux « citoyens de bonne volonté » pour remplacer les grévistes. Les patrons des compagnies de chemin de fer participèrent avec enthousiasme à cette mobilisation citoyenne en révoquant quinze mille cheminots. Le 22 mai 1920, la CGT fut contrainte de demander à ses troupes de reprendre le travail. Le mouvement syndical ne se remit pas de cet échec. Ses effectifs chutèrent de deux millions à six cent mille adhérents.

Dans le Nord et dans l’Est, la substitution d’une classe ouvrière à une autre eut pour effet d’anéantir les traditions et la mémoire populaires. L’écrivain Georges Navel, issu du monde des ouvriers-paysans lorrains qui composaient la plus grande partie de l’effectif de l’usine sidérurgique de Pont-à-Mousson, a raconté que, jusqu’en 1914, tout le monde dans son village se souvenait des puissantes grèves de 1905, car elles avaient secoué toute la société des « hommes du fer », comme les a appelés Serge Bonnet. La solidarité de la communauté locale s’exerçait encore vis-à-vis de ceux qui avaient perdu leur place à l’usine pour avoir osé défier le pouvoir des maîtres de forges. Mais le village fut détruit dès le début de la guerre et les habitants durent fuir vers d’autres régions de France. Beaucoup d’entre eux ne revinrent jamais dans leur Lorraine natale. La paix revenue, les maîtres de forges profitèrent des possibilités offertes par la reconstruction pour engager un puissant mouvement de mécanisation du travail qui décupla la production des tuyaux.

Comme l’a montré Christophe Charle, la IIIe République fut incapable de créer un moule social et éducatif commun aux différentes élites, creuset qui fit la force de l’establishment conservateur britannique, ce qui facilita les compromis entre ses différentes composantes. Les gouvernants, issus pour la plupart des grandes écoles, bloquèrent les velléités de réformes pour ne pas perdre le monopole de la formation des élites. Ce raidissement fut un facteur important dans les bouleversements politiques qui se produisirent en France au cours des années 1930.

Néanmoins, comme cela avait déjà été le cas avec le POF de Jules Guesde un demi-siècle plus tôt, l’irruption d’un parti marxiste dans le champ politique français provoqua une nette démocratisation de la représentation nationale. La nouvelle Chambre des députés comptait en effet cinquante-six ouvriers, trente-trois instituteurs, trente-trois employés, seize petits fonctionnaires, douze cadres et trente-deux commerçants. L’année précédente, 22 % des maires élus dans les grandes villes étaient ouvriers ou employés.

Bernard-Henri Lévy, Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Maurice Clavel, André Glucksmann, engagés à des degrés divers dans le mouvement post-soixante-huitard, maoïstes pour les trois derniers, oublièrent très vite le prolétariat et la contestation se transforma en apologie du libéralisme. Ils incarnèrent dès lors un nouveau type d’intellectuels, consacrés par les médias avant d’avoir fait leurs preuves dans le monde savant. Le triomphe de la droite libérale, incarnée par Valéry Giscard d’Estaing, et la formidable campagne de promotion de L’Archipel du goulag, le livre-témoignage d’Alexandre Soljenitsyne sur ses passées dans les camps staliniens, furent les deux événements qui préparèrent la consécration médiatique des « philosophes ».
Dans sa Lettre ouverte d ceux qui sont passés du nouveaux col Mao au Rotary, parue en 1986, Guy Hocquenghem dénonça cette nouvelle « trahison des clercs » qui posait toute une partie de l’élite gauchiste à rejoindre les cercles du pouvoir (qu’il soit de droite ou de gauche). Serge Halimi dans Les Nouveaux Chiens de garde et Daniel Lindenberg ont montré le rôle essentiel que ces intellectuels avaient joué, au cours des décennies suivantes, dans la réhabilitation de la pensée conservatrice en France.

L ‘ « économie de l’enrichissement » a été impulsée par la gauche au début des années 1980, comme un ultime écho des aspirations de Mai 68. Elle a été relayée par les collectivités locales et grâce à des dispositifs associant des acteurs en charge des questions urbaines, sociales, environnementales, etc. Les associations culturelles ont joué un rôle essentiel dans cette dynamique qui a permis la valorisation des produits régionaux, du patrimoine local, des vieilles demeures et des vieilles coutumes. Quand les perspectives de profit se sont concrétisées, les initiatives qu’avaient développées les « gens d’en bas » ont été appropriées par les « gens d’en haut », notamment grâce à la multiplication des partenariats public-privé.

Outre la progression fulgurante de l’intérim le chantage à l’emploi a permis de durcir les conditions d’embauche. La notion d’« inemployabilité » s’est imposée pour écarter les candidats qui semblaient les moins dociles ou les moins performants : les travailleurs âgés et les jeunes issus de l’immigration ont été les principales victimes de ces discriminations. Ceux qui ont eu « la chance » d’être embauchés font aujourd’hui l’objet d’un suivi constant. Chaque salarié a un dossier où sont consignées les observations de ses supérieurs hiérarchiques. Il doit subir un entretien annuel d’évaluation et s’il n’atteint pas les objectifs qui lui ont été fixés, il risque le licenciement. Ces techniques d’embauche et d’évaluation sont ressenties, surtout par les jeunes, comme des relations de pouvoir particulièrement humiliantes, contre lesquelles ils ne peuvent rien.

L’ethnicisation du discours social fut illustrée par l’irruption du mot « beur » (arabe en « verlan »). Présenté comme un terme appartenant au vocabulaire des jeunes de banlieue, ce mot fut en réalité, inventé, et popularisé par le quotidien Libération, comme un équivalent de « black », dans sa rubrique culturelle.

Sans pouvoir reprendre ici des analyses que j’ai développées dans d’autres ouvrages, je rappellerai simplement que, dès le milieu des années 1980, c’est sur ce terrain des origines que s’affrontèrent la droite et la gauche. Les socialistes mobilisèrent les milieux culturels pour promouvoir une image positive du « beur ». Ce fut l’une des missions confiées à Canal +, la première chaîne de télévision privée, lancée le 4 novembre 1984. La mode, le théâtre, la littérature, la radio, le cinéma, conjuguèrent leurs efforts pour rendre ce nouveau personnage sympathique. La marche pour l’égalité, organisée à la fin de l’année 1983 par des jeunes désireux de combattre les discriminations dont ils étaient victimes, fut rebaptisée « Marche des Beurs ». Dans le même temps, les socialistes tentèrent d’exploiter la fait-diversion du racisme en créant le mouvement SOS-Racisme incarné par Harlem Désir.
La droite nationale-sécuritaire répondit à cette offensive en établissant la connexion entre le péril islamiste et « les jeunes immigrés maghrébins » des banlieues. Yvan Gastaut a décrit en détail, dans sa thèse, les étapes successives qui ont permis à la droite d’imposer son hégémonie dans cette lutte identitaire. Dès le mois de septembre 1983, Le Figaro commença à affirmer que l’assimilation des nouveaux immigrants ne se ferait pas comme celle des Italiens et des Polonais, parce que leur « origine culturelle » n’était pas la même. Au même moment (juillet 1983), Minute, un journal d’extrême droite, publia une caricature présentant Marianne en tchador, explicitant ainsi ce que la droite républicaine n’osait pas encore affirmer publiquement quand elle évoquait les « origines culturelles » des enfants d’immigrés.

En 1990-1991, l’intervention des forces occidentales en Irak fut l’occasion de réactiver le vieux discours suspectant la loyauté des immigrés issus des pays « ennemis ». Sauf que désormais ce n’était plus la nationalité qui était privilégiée pour mettre en cause le « sentiment d’appartenance », mais la religion musulmane. Comme la question de l’Islam fut constamment mise au centre de l’actualité, les socialistes ne cessèrent de reculer sur ce terrain. Après les débuts de « l’affaire du voile », l’attentat de juillet 1995 à la station RER de Saint-Michel, perpétré par un jeune d’origine algérienne, contraignit la gauche à abandonner la promotion des « beurs » pour poursuivre le combat identitaire en se repliant sur le terrain jugé plus consensuel de la laïcité.

Voilà ce que j’ai lu, un Indispensable

Parcourir l’histoire du XIIIème siècle jusqu’à aujourd’hui sans attribuer la marche de l’histoire aux Grands Hommes mais seulement en portant le projecteur sur les classes populaires, était un pari très Risqué.

Et c’est une réussite totale.

Je me suis donc retrouvé à parcourir ces 7 siècles d’histoire de la France, a travers les petites gens, les gens de peu, les « rien ». On en ressort, grandis, fortifié, plus intelligent, plus ouvert et plus noble.

Nous ne venons pas de nulle part et nos vies ont du sens. Nos relations se sont enrichies de milles détails, de milles faon de vivre et il existe un lien ténu entre le croquant du 18ème siècle et les ouvriers promouvant le théâtre de Jean Villars.

A la lecture de cette belle somme on comprend les gilets jaunes et les peurs, les frayeurs de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie. On peut également à travers cette lecture entrevoir des possibilités de rédemption, qui ne viendra d’aucun Grand Homme mais de nous, humains (femmes et hommes) vivant en notre temps et léguant un horizon à ceux qui viennent après nous.

Lecture INDISPENSABLE !

Amen

La mystique sauvage par Michel Hulin

Citations

D’abord, il y a la joie brute, massive, suffocante, indicible. Pendant un bref instant, l’intellect est mis hors circuit, très vite sans doute, se manifeste le besoin de « respirer », de prendre un peu de distance par rapport à l’événement, de comprendre ce qui vous arrive. C’est alors que le sujet renoue avec son monde familier, retrouve son bagage culturel, ses croyances, ses catégories et qu’il tente, avec « les mots de la tribu », d’y intégrer ce qu’il vient de vivre.

Ce qu’il y a de diabolique dans la drogue, c’est sa capacité à mimer le résultat d’une ascèse. L’homme abusé par la drogue est semblable à un acteur qui jouerait sur la scène le rôle d’un saint et s’identifierait à son rôle au point d’oublier, le temps de la représentation, la médiocrité de sa vraie personnalité et de se sentir l’âme d’un saint. La drogue laisse entrevoir à l’homme ce qu’il « pourrait » devenir, mais elle le fait toujours sur un mode hallucinatoire, en escamotant à ses yeux l’immense distance qui le sépare encore de cette possible version glorieuse de lui-même. S’abandonner à la drogue, c’est donc en un certain sens, vivre à crédit. C’est goûter dans l’immédiat des jouissances aux-quelles on n’a pas droit, qu’on n’a pas « méritées ». Mais tout se paie.

Les croquis-note de lecture

Tout ça pour cela

Michel Hulin veut explorer l’expérience Mystique en le déconnectant de la psychanalyse Freudienne et de l’influence des religions (Bouddhisme, Hindouisme, Chrétiens). Pour cela il utilise un certain nombre de témoignages déconnecté du fait religieux et des causes psychanalytiques.
Ce n’est pas inintéressant, quelques réflexions sont même tout à fait pertinentes, mais je trouve que par moment, cela jargonne et dans ces moments je fus perdu.
Je comprends qu’une personne athée et ne voulant pas faire entrer du divin ou du sacré, ait un désir de spiritualité et d’éveil mystique.
Mais cela se termine par le constat que ces expériences sont associées par cette sortie du temps à quatre éléments fondamentaux :
L’amour
La Joie spirituel
L’émerveillement
La paix
Et que l’on doit se débarrasser de son égo qui est un fardeau.

J’ai trouvé également pertinent la réflexion sur le loisir (otium) ce temps de retrait du monde pour s’adonner à la méditation. Ainsi transformer ses expériences de vie dans le temps en maturité hors du temps et au-delà du « Moi », notre fardeau. (Ne pas confondre le « Moi » et le « Je »).
Le loisir n’est pas du divertissement

La tentation de l’innocence de Pascal Bruckner

Des citations

La consommation est une religion dégradée, la croyance dans la résurrection infinie des choses dont le supermarché forme l’Église et la publicité les Évangiles. Tout passe sauf le passage qui lui ne cesse jamais. Et c’est bien la fonction de la mode que de parodier la modernité : rupture et innovation. Mais la rupture est douce et l’innovation minuscule : C’est presque la même chose qui revient sous des masques divers. Il nous faut du neuf qui ressemble à l’ancien et nous étonne sans nous surprendre.

Alors que la possession suppose la permanence, nos objets n’ont que la séduction de l’éphémère, des séries courte, ils se démodent vite immédiatement supplantés par de nouveaux qui scintillement un instant avant d’être emporté à leur tour. Nous ne les achetons que pour les user et en racheter d’autres.

La dépréciation doit être rapide, générale car notre richesse est liée à la dilapidation, non à la conservation.Dans la fauche sauvage des casseurs, lors des émeutes urbaines, dans leur plaisir à piller les magasins, à incendier les voitures, ne faut-il pas lire une profonde conformité à la logique du système ?

Le saccage est un hommage involontaire rendu à notre société puisque les marchandises sont destinées à être supprimées et remplacées.

Il est une difficulté minimale inhérente à notre condition, une dose de danger et de dureté incompressibles sans lesquels une existence ne peut s’épanouir.
Refuser ces risques-là, c’est se souhaiter du berceau à la tombe la sécurité du rentier.

Mes croquis notes

Ce que vit l’essai

Infantilisation et Victimisation

Infantilisation et Victimisation, le prisme de lecture du monde en 1995
C’est un essai de 1995, ce qui veut dire écrit entre 1993 et 1994. Maturée peut-être pendant les décennies 80 et 90.
Je ne vais pas résumer, je vais seulement poser la question de la pérennité d’un essai.
Il y a dans cet essai de très bon aphorisme :
« La consommation est une religion dégradée, la croyance dans la résurrection infinie des choses dont le supermarché forme l’Église et la publicité les Évangiles. Tout passe sauf le passage qui lui ne cesse jamais. Et c’est bien la fonction de la mode que de parodier la modernité : rupture et innovation. Mais la rupture est douce et l’innovation minuscule : C’est presque la même chose qui revient sous des masques divers. Il nous faut du neuf qui ressemble à l’ancien et nous étonne sans nous surprendre. »

Mais il y a aussi beaucoup de bavardage. Et ce bavardage m’a alors évoqué l’époque. De cette époque où nait le narcissisme et l’hyper narcissisme avant même le smartphone et le selfie. Les Beigbeder, les Auster et autre super-narcisses exhibitionniste qui sont dans le culte de soi. Et cela n’est pas forcement preuve d’une créativité au service de tous. Tous les écrivains ne peuvent pas écrire, « la recherche du temps perdu » ou « Mort à crédit ».
J’ai les souvenir de ces écrivaillons des année 90 qui pullulaient dans leur exhibition de leur soi le plus triviaux. Je finissais par trouver plus d’inventivité et de réflexion sur l’humanité et la personne humaine dans la SF et dans le polar (pas le thriller).
Cet essai s’inscrit donc dans cette époque et me l’évoque. En fait je ressens que les personnes humaines ayant perdu tout sens du sacrée veulent se déifier eux-mêmes. Je travaillais dans les salles de marché à cette époque ne tant qu’informaticien, et je voyais la démesure totale chez les traders, des demi-dieux auto-proclamés pour qui rien n’existait autre que leur égo surdimensionné à satisfaire. L’athéisme nihiliste et persiffleur était la posture pour sembler appartenir à la classe supérieure des élus de l’intelligence détaché de tout.
Rire en meute des effets en Afrique francophone de la dévaluation brutale du franc CFA dans ces années. Là.
En fait la lecture de cet essai m’a rappelé tout ce qui m’a fait souffrir au plus profond de moi, mon désir de Sacré et de vraie bienveillance, d’amour agape. Éros et thanatos été les deux seules forces agissantes là ou il y avait quête sans frein d’argent et de pouvoir. Ils avaient réussi à croire qu’il n’y avait que le sexe dans l’amour et le meurtre dans la mort. L’expression « Tue-le » se disait sans précaution pour dire « vainc-le ! ».

Est-ce que cet essai possède une valeur philosophique ?
Je ne le ressens pas, cependant il a eu une valeur historique dans sa capacité à évoquer l’époque. Il est donc à lire avec ce regard.
Il y a sur le site des croquis note qui me sont venu en lisant et quelque citations rassemblées.

Sorcières de Mona Chollet

Croquis notes venus

Sorcière 1
Sorcière 2
Sorcière 3

Des citations

Près de la moitié des femmes (47%) se concentre toujours dans une dizaine de métiers comme infirmière (87,7% de femmes), aide à domicile ou assistante maternelle (97,7%), agent d’entretien, secrétaire ou enseignante.
Or, au Moyen-âge, les Européennes avaient accès comme les hommes à de nombreux métiers, souligne Silvia Fédéreci :  » Dans les villes médiévales, les femmes travaillaient comme forgeronnes, bouchères, boulangères, chandelières, chapelières, brasseuses, cardeuses de laine et détaillantes. » En Angleterre « soixante-douze des quatre-vingt-cinq corporations comptaient des femmes dans leur rangs3 et dans certaines d’entre elles, elles étaient dominantes. »

Il m’a fallu du temps pour comprendre que l’intelligence n’est pas une qualité absolue, mais qu’elle peut connaitre des variations spectaculaires en fonction des contextes dans lesquels nous nous trouvons et des personnes que nous avons en face de nous.

Ce que provoqua en moi

Sorcières !
Sorcières, mes sœurs.
Des larmes inondent mes yeux, pour ce que l’on vous a fait en cette renaissance magnifié par notre mâle conduite. Pour ce que l’on continue de faire à vos petites filles, par notre mâle lâcheté et nos angoisses de petits garçons à quéquette apeuré.

Merci Mona.
Merci d’absoudre le moyen-âge. Mais il est vrai que c’est bien au 13ème siècle que commença de balbutiement de la prise de pouvoir des mâles bourgeois.
Merci de ne pas surchargé l’église en restituant, que ce sont bien en majorité des tribunaux laïque, qui condamnèrent les sorcières aux buchers.
Merci de déconstruire tous les maux qui pèsent sur les femmes de nos sociétés : Choisir sa contribution à la fécondité, vieillir. Merci pour « ma » fille, « mon » épouse, de me faire comprendre ce que vécu « ma » mère, mes grands-mères.

Une invitation, aussi, pour quelque le « croyant » à une méditation sur qui fut Marie, qui fut Marie de Magdala et les femmes de Jérusalem.

Oui, la lecture de cet essai est indispensable, pour les humains, les personnes humaines. La réflexion illustrée de cet essai, je l’ai trouvé sans forcément le comprendre dans « Parties Communes » de l’autrice Anne Vassivière, mais aussi dans « la maison des mères » du cycle de dune de F. Herbert.

Je ne peux plus dire « l’Homme » pour parler du genre humain, c’est pourquoi j’utilise de référence à la personne humaine ou à l’humanité.
Le langage lui aussi, par sa réduction et la perte du genre neutre au 13ème siècle nous enferme dans une vision phallocrate et misogyne.

Mona Chollet nous invite sur cet essai à revoir nos relations, à les réinventer et en tant que personne humaine à personne humaine. Nous aurons besoin des 100% de l’humanité pour affronter les conséquences des 700 ans de bourgeoisie mâle qui a construit le monde dans lequel nous vivons.

Sorcières, mes sœurs.
Sorcières !
Transmettez-nous votre sagesse assassinée.

Le Monde An 2035 vu par la CIA par le NIC

Le schéma des anthropologies qui s’affrontent

Quelques Citations

« A l’inverse, les états unis présentent une forte aptitude à la résilience, grâce à une gouvernance décentralisée, une économie diversifiée, une société ouverte, une masse territoriale importante, des écosystèmes variés, des ressources d’énergies stables ainsi que des alliances et la capacité d’intervenir militairement partout dans le monde. »

« Tensions sociales. La polarisation et les conflits sociaux (souvent liés à la religion, aux traditions culturelles et au refus de l’uniformisation entrainée par la mondialisation) s’aggraveront du fait des progrès de communication.

Les éléments de langage

Voici les éléments de langage que je trouve en abondance et sans donner réellement de définition, encours moins un regard critique dans cette production collective :

  • Résilience
  • Économie (sous entendu économie néo-libérale de marché ou la seule dimension humaine induite est le Production / Consommation générant du profit)
  • Élites (elles sont bien mais ne savent plus communiquer)
  • Libertés individuelles (renvoie à l’individu et non pas à la personne – voir schéma)
  • Changements (c’est bien mais les peuples y sont réfractaires)
  • Innovant (c’est la martingale)
  • Défis (C’est le Bien pour les super-héros innovant et entrepreneurs)
  • Opportunité (Ce que sait capter un héros)
  • Gouvernance (Une façon d’organiser le pouvoir entre les super-héros)
  • Productivité (Nécessaire pour rendre content le peuple)
  • Mondialisation (globalisation du mode de vie américain)
  • Transformation (Un peu plus fort que changement)
  • Évolution (grâce aux innovations)
  • Progrès (se réduit au progrès technologique et financiers, pas de progrès pour la personne humaines ou spirituel et philosophique, juste des produits et services pour l’individu)

Des scénarios bien choisis

Ce rapport se construit une anthropologie binaire, voir même simpliste (voir le schéma sur mon site des visions anthropologies qui s’affrontent)

La vision du NIC (Conseil National du Renseignement) est une vision en trois scenarii possibles pour les 20 ans qui viennent, mais ils sont tous avec une évaluation suivant le mode de vie américain et induit qu’il reste le détenteur du bien, le meilleur système.

Les trois scénarios reste basé sur le schéma que les peuples n’ont plus confiance en leurs élites (mais en aucun cas, il ne remet en cause la valeur de ces élites, elles communiquent mal).

Scénario Iles

C’est un renfermement du monde au local. Mais des entrepreneurs et inventeurs relancera la croissance avec l’adaptation aux nouvelles technologies et à innover et entreprendre au niveau local, on continue dans sa Foi en l’expert est le super-héros local.

Scénario Orbites

Tension entre les états qui développent leurs sphères d’influence – Russie, Chine …etc… – ouverture de front de guerres. Peut être sauver par une collaboration entre les grandes puissances pour éviter les catastrophes de guerre et du réchauffement climatique, les élites gouvernementales retrouvent la confiance de leurs électeurs comme aux USA.

Scénario Communautés

Multiplication des acteurs par les nouvelles technologies. Implication des entreprises dans la vie privée s de leurs employés allant de l’éducation à la santé et au logement. Les états qui sauront bien s’adapter à ce nouveau mode de gouvernance seront ceux qui augmenteront leur Résilience (Résilience ??? une nouvelle valeur), C’est la fin des régimes autoritaires.

Constat d’un monde instable dans les années a venir mais on en sortira par des nouveaux moyen de production de bien et de services. Aucune remise en cause du régime capitaliste financier.

Conclusion

Je lis toujours des romans, de la poésie et la bible en même temps que des essais. Actuellement je lisais « deux jours avec lui » de Chabarni, Tolkien des lais de Beleriand, Berserk et la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens.
Là, ou j’ai trouvé le plus de manichéisme de fermeture de la pensée et de manipulation c’est bien dans ce rapport « Le monde en 2035 ».

C’est un rapport à lire avec des pincettes, dans les mains et sur le nez. Il faut y exercer son esprit critique et ne pas laisser entamer sa joie de vivre.

Ce n’est pas une lecture que je conseille sans ces conditions.