Pécher

Jour non encore levé,
Assis,
Je descends voir Jésus,
Hors du temps, nous remontons ce jour.
Sur cette rivière d’heures, j’installe mes lignes
Et, lui, venu de demain, me souris,
Et me tiens par la main.
Et, de retour, je vis ma journée.
Le soir à venu, contemplant le Christ
Je le « mercie » pour les poissons de ma vie.

Oraison et Adoration,
Belles heures chrétiennes.

Marie et joseph retienne la porte pour demain
Pour un nouveau jour non encore levé.

Maurice Zundel, des citations glanées

Vous sentez très bien la différence immense qu’il y a entre un génie universel, et qui s’appelle universel parce que justement dans cette seule personne humaine il y a toute une superposition de grandeurs, comme en Michel-Ange qui est architecte, qui est sculpteur, qui est peintre, qui est poète, et encore beaucoup d’autres choses, on a un génie universel c’est-à-dire qu’en lui seul il y a une source immense qui peut apporter des éléments nourriciers à toutes les intelligences humaines !

Il y a aussi l’Union Postale universelle, vous entendez bien : universel, cela veut dire que c’est une organisation qui est étendue géographiquement sur toute la terre habitée, « universel » a un sens ici tout à fait différent indiquant la diffusion dans l’espace, tandis que dans le cas de Michel-Ange il s’agit au contraire d’une unité qui est si riche dans son essence qu’elle est capable de porter la lumière dans toutes les intelligences qui recevront d’ailleurs cette lumière en l’assimilant, en se transformant, en devenant source â leur tour.

Donc l’Universel, dans le Christ, se révèle concentré dans la personne, parce que l’universel de valeur, et il ne peut pas s’agir d’autre chose, l’universel de valeur, c’est un espace intérieur qui est suscité par le don de soi, c’est ce vide que l’on fait en soi qui creuse cet espace et qui permet à un être singulier d’être le centre du monde : davantage, non seulement à un être singulier est-il permis d’être le centre du monde, mais à tous les êtres humains, précisément parce que la pensée est créatrice d’origine, la personne humaine qui arrive à penser, qui arrive à peser le monde dans la balance de son esprit, et soi-même et toute l’histoire dont il est le répondant et le responsable, cette personne humaine porte en elle l’Univers non pas pour le confisquer, non pas pour le posséder, mais pour se donner à lui et l’enrichir de son amour.

Si je parle d’égalité, il y a donc un sens extraordinairement différent entre une égalité qui est une égalité de revendication : j’ai droit autant que vous, et je peux posséder autant que vous, et je veux jouir autant que vous, cette revendication des viscères n’a rien à voir avec une égalité de valeur où chacun a la possibilité, s’il y consent, d’ouvrir dans son cœur un espace à toute l’humanité et à tout l’Univers, et c’est donc cette égalité qui est en question, je veux dire : qui intéresse l’humanité en tant que l’humanité est un phénomène unique et incomparable, en tant que l’humanité se différencie ou se distingue de toutes les autres espèces justement par le fait que ce n’est pas l’espèce qui compte mais la personne.

Oraison 11 novembre 2019

La jouissance
Explosion et vide après ces efforts de possession
Amour d’éros satisfait

Le bonheur
La bonne heure
Une onde après avoir jeter un cailloux dans le lac
Puis le lac redevient calme

La joie
Ouvrir la porte
Derrière le soleil brille
Il inonde
La porte fermé
Le soleil continue de briller
Il existe mille portes différentes
La mienne est celle du Christ

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Le 21ème siècle est !
On y est au cœur !
Et d’ouverture vers l’esprit,
Vers L’amour
(Des trois amours Éros, Phillia Agape) ?
Point !

Des corps asphyxiés cherchant une jouissance avortée !
Qu’avons-nous perdu en chemin ?
Nous, l’humanité !
Que voit le vivant de nous ?
Des chasseurs !

La Recomposition des mondes par Alessandro Pignocchi

Plagiat

Nos amours d’humains

Sont nuits sur branches d’aubépine,

Soumis à la pluie et au gel,

Et au matin, le soleil se répand

Dans leurs feuilles vertes.

La nostr’amor vai enaissi
com la brancha de l’albespi
qu’esta sobre l’arbre en treman
la noit a la ploia ez al gel
tro l’endeman que•lh sols s’espan
per las folhas vertz al ramel.

Guilhem de Peiteus
(1071-1126)

Oraison 29 octobre: Graine de moutarde

La graine de moutarde possède en elle toutes ses possibilités, tous ses futurs, elle porte toutes les ramifications encore à venir. Elle soutiens le souvenir de sa propre création.

Elle est insignifiante et pourtant, elle sera la plus haute plante du jardin discret du jardinier. Elle se ramifiera et se ramifiera, offrira son blanc ou son jaune et son odeur légère.

L’univers entier est une graine de moutarde qui pour être et devenir s’arrose à l’Amour AGAPE, « quoi que tu deviennes, je t’aimerais ».

« Chacun de tes choix, je les aimais, je les aime et je les aimerais, et même s’il t’éloigne de Moi. Et Moi, c’est déjà Toi et c’est Nous et nous nourrissons d’autres graines de moutardes qui a leur tour pousseront et fleurirons dans d’autre formes, d’autres couleurs, d’autres senteurs et qui se nourriront d’amour et qui offriront leur amour agape. »

J’aime à lire.
J’aime à écrire.
J’aime à faire silence…
…Sans y parvenir toujours.

Et d’une oraison, d’un moment de désir d’intimité avec le Christ dans le silence du cœur, tous ces mots viennent en vrac s’installer dans la pensée. Je les chasse. Il en vient d’autres. Je pressens le christ sourire. Ce sourire alors pose un instant de silence.

Je suis une personne humains. Dans le présent je ne connais pas ma frontière, je pense a toi et la frontière devient flou entre toi et moi. Je pense à Alpha du centaure de même, elle se présente a ma pensée dans sa lumière solaire. Et j’imagine le cosmos. Vertige. Retour au silence. Qui est Je ? Qui est Tu ?

A l’instant ou je choisis, j’étaye dans l’arbre des possibles que je suis. Et la branche coupée continue d’exister comme un membre amputé. Je choisis de grimper vers un sommet de cet arbre de vie que je suis. Et certaines branches sont déjà à toi, ou encore à cet autre toi, ou peut-être même à Dieu.

Et je pense à Marie, cette jeune fille de mosaïque, celle que l’on peut voire dans la basilique du bas à Lourdes.
Cette jeune fille qui me regarde de ses 16 ans et me dit :  » Mais vas-y, fonce, avance je t’aiderais. Suis-le ce chemin de foi. « 

Silence et Sourire…

Une oraison ce matin.

Oraison 7 octobre 2019

Je m’assieds au bord du monde
Et…
En premier…
Je vois le néant.
Pas le vide, non !
Le Néant.
Le Rien,
Aucun temps,
Aucune dimension,
Aucune matière,
Rien.
Ni matière, ni vie, ni repos.

Et puis…
Sur le bord du monde,
Je vois le cosmos.
L’univers et ses minéraux,
Le feu des étoiles et son agitation,
Son énergie dense et sa matière.
Son e = mc2 et bien plus.
Je vois la terre et sa vie,
Ses plantes et ses arbres,
Ses algues et son humus,
Sa composition et sa décomposition.
Ses insectes, poissons et autres animaux.
Et puis,
Nous,
Les personnes humaines…

Et au-delà de ma vue du bord du monde,
Quelque chose…
Quelque chose au-delà de la matière
Quelque chose qui inonde le rien
Alors ce quelque chose devient
Une création.
La création.
Agapé infini.

La vie s’y abandonne en confiance.
Et nous, les personnes humaines,
L’espèce en qui la vie pose sa confiance,
Expérimentons l’existence de cet Agapé.
Nous sentons Éros et son amour cupide,
Nous vivons notre attachement par Philia.
Mais co-naissons nous par Agapé ?

Nous marchons depuis 60 000 ans vers Elle,
Agapé.
La vie sur terre compte sur nous.

Nous lui avons donné bien des formes.
Nous l’avons sentie, ressentie, connue et,
Mise en savoir, comme on met au saloir.

Et puis voilà 2000 ans,
Une jeune fille de 15 ans,
Violée, Volée, Miraculée ?
Je ne sais.
Elle a sublimé sa gravidité.
Elle a dit OUI avec toute sa force.
Sa puissance, son e = mc2
Tout et bien plus.

Et sa mère, son père
Pour ne pas condamner ces vies
Lui trouvèrent le veuf Joseph.
Il a dit oui.

Et l’enfant d’Agapé est né !
Quelque chose nous était donné !
Quelque chose était déposé !
Un cadeau, une porte, un chemin possible.

Nous ressentons
Nous vivons et faisons l’expérience de la vie
Nous co-naissons en permanence
Et nous écrivons.
Sur la pierre des grottes,
Sur les animaux tannés,
Sur les papyrus tressés,
Sur le papier,
Dans le Crystal,
Avec des terres ocres
Des plumes encrées
Des doigts agiles sur le clavier.
Et né le Savoir,
Une co-naissance inscrite
Et le temps passe
Et le support faibli
Et l’encre se volatilise et disparait
Et le savoir meurt.

Mais de l’humus tout renait
C’est la bonne nouvelle,
Ne pas s’attacher à la loi,
Suive sa co-naissance
Et Réécrire.
Toujours.

Nous marchons depuis 60 000 ans vers Elle,
Agapé.
La vie sur terre compte sur nous.

Alors, est-ce que je sais si Agapé infini,
Infiniment Mère et
Infiniment Père
De l’univers
Existe ?
Non je ne sais pas !

J’en éprouve la co-naissance
J’en éprouve le ressenti
Avec le cœur.
La lumière est celle du cœur
Celle qui crée à partir de Rien !
Nous sommes une partie et le tout.
La vie sur terre compte sur nous.