Ma boulangère

Le boulanger et la boulangère.
Ma boulangère n’est pas la femme du boulanger.

Elle a appris son métier dans une boulangerie.
Elle connait son minotier.
Elle connait les paysans et paysannes de son minotier.
Elle a vécu l’année de leurs blé.
Elle sait quand le minotier passe ces blés au moulin.
Elle accueille la farine chaque semaine.
Elle l’entrepose et connait la vie dans son entrepôt.

Elle se lève et connait le temps qu’il fait.
Elle devine ses patients, qui, demain, viendront.
Elle choisit, le mesures d’eau de farine et de levain.
Elle décide l’heure le nombre et les temps de pétrin.
Elle décide l’intensité de ses bras au pétrin.
Elle décide de mouler ses pains long et court,
Long ou court.
Elle enfourne et a déjà décidé des températures.
Ma boulangère.

Elle sait de ses patients les cuit les bine cuits et les pas trop cuit.
Quand le lendemain dans la chaleur, l’odeur et le bruit du feu enfariné
Ses patients viennent, elle leur offre son pain.
Et eux, sourire gourmand lui offrent la possibilité de continuer.
Son pain est la prière de ma boulangère.

« Il prit le pain et le rompis et de donna… »
C’était le pain de ma boulangère.
Chaque jour il était différent, il était vivant.

Maintenant, tout est calculé par des computeurs,
Maintenant des process s’activent et un pain standard sort.
Chaque jour le même,
Un pain mort.
Je ne mange plus de pain.
Le métier de boulangère n’existe plus.
Mais après le confinement, il reviendra,
Les patients reviendront
Et ma boulangère exercera de nouveau son métier.
Il reprendra le pain et le re-rompra et le redonnera…

Demande

Es-tu venu sauver les hommes mais pas les femmes ?

La boulangère et le boulanger,
La boulangère n’est pas la femme du boulanger
Elle est la personne humaine qui prépare et pétri
Qui moule et enfourne le pain,
Et qui le sort avec sa planche lorsque la cuisson est accomplie.

La boulangère et le boulanger,
Le maçon et la maçonne,
La cordonnière et le cordonnier,
Le paysan et la paysanne,
La médecinne et le médecin,
Le forgeron et la forgeronne,
La professeuse et le professeur,
L’acteur et l’actrice,
L’autrice et l’auteur,
Le coiffeur et la coiffeuse,
La poétesse et le poète,
Le guerrier et la guerrière,
La sculptrice et le sculpteur,
Le chirurgien et la chirurgienne,
La diaconnesse et le diacre,
Le prêtre et la prêtresse,
La peintresse et le peintre,
L’éboueur et l’éboueuse,
La philosophesse et le philosophe,
Le sage-homme et la sage-femme,
La boutiquière et le boutiquier,
L’apothicaire et l’apothicairesse,
L’aviatrice et l’aviateur,
Et tant et tant de métier,
Es-tu venu sauver les hommes mais pas les femmes ?

Je suis,
Je suis venu,
Je suis venu sauver la personne humaine,
Je suis venu sauver l’humanité,
Je suis venu sauver la vie ici et ailleurs,
Je suis venu sauver le végétal et le minéral
Par la seule loi qui m’anime.
Aimez-vous.
Aimez-vous de cet amour infini qui bat au cœur de vous,
Au milieu de vous.
Au centre de vous.

Jouissez de vos corps et de vos sexes,
Accueillez les bonnes heures offertes par le lien et l’attachement,
Appréciez vos raisons et intelligences,
Et vos rêves et vos cauchemars,
Mais surtout tenez toujours ouverte la porte de l’esprit
L’esprit de l’infini qui brule sans se consumer.
Recevez les objets des unes et des autres, des uns et des autres
Recevez, jouissez-en, mais ne les consommaient pas,
Recevez les car venant d’elle ou de lui, il est sacré.
Et l’accueil en respect vous l’ouvrer et lui offrez cet amour infini.

Seul Mammon vous tentera et vous détournera de cela,
Seul Mammon vous renverra à la consommation qui détruit en brulant.

Les seins de Marie

Les seins de Marie,
L’enfant humain se nourrit,
Dieu est en joie,
Marie aime.

2000 ans après,
L’homme :
Mais je nourris aussi,
Aussi bien,
Avec le biberon.

Le sein sait,
Marie ressent,
Le lait change,
Marie aime.
Le petit d’humain grandi,
Dieu en lui se réjouit.

2000 ans plus loin,
L’homme :
Moi, je sais quel âge de lait donné
J’ai la science,
J’ai la raison, j’ai le plaisir.

Les seins de Marie savent.
Ils arrêtent le lait.
Le jeune enfant se détache
Il grandit
Marie l’aime,
Dieu aime sa mère.

2000 ans ,
L’homme :
Oui mais, je sais.
J’ai le commerce.
De l’amour ?

2000 ans
Dieu :
Laissez les seins de Marie savoir,
Et laissez Marie aimer.

Oraison du 15 avril 2020

La mère et l’enfant

Une femme,
La mère.

Deux cellules en rencontre,
Un petit d’humain
A l’instant du rendez-vous, le combat commence.
Le petit parcours trois milliard huit cents million d’années,
En neuf mois,
Pour être.

Le combat titanesque
Le Combat.
Sa mère par son centre l’aide et se bat avec lui aussi.
Tous deux,
Concrètement,
Ils iront jusqu’à sa naissance à lui.
Enfin il verra le jour après avoir traversé toutes les ères
Elle verra son jour.

Peut-être ne l’aimera-t-elle pas,
Peut-être ne le gardera-t-elle pas,
Peut-être aura-t-elle seulement loué son ventre,
Mais tous deux auront parcouru les milliards d’années
Et cela, jamais, ne pourra être enlevé :
Au petit d’humain,
A la mère !

Et le Père ?
Abstrait,
Il est aux cieux,
Il s’émerveille.

Révolte par Clara Dupont-Monod

Quelques belles citations

Mon époque ménage les mots. elle les respecte trop pour en abreuver les foules, les utiliser à tort et à travers. Viendra bien un jour où l’on parlera tellement qu’on ne dira plus rien.

Le Plantagenêt l’avait violée. Voilà pourquoi Richard refusait de l’épouser.
Je n’ai pas été surprise. ainsi sont ceux qui pensent qu’un désir est un droit.

Mes textes à moi sont assez hors la loi pour ne pas vouloir imposer la leur.

J’appelle à la guerre contre les enfants gâtés, les tyrans assez bêtes pour contempler le ciel comme on regarde un miroir.

Personne ne connait si bien un lieu qu’un intrus. Le natif, lui, ne mesure pas sa chance. Il se comporte en propriétaire. Il se plaint. Tout lui parait être un droit, et non une chance.

La folie ne nait jamais d’un texte, mais de celui qui le lit. Or Saladin et ses hommes savent lire. que se passera-t-il avec les autres ?

L’expérience vécu à lire

à Venir
Et à venue

Finalement, c’est un exercice très particulier que d’écrire sur un livre qu’on vient de terminer. Beaucoup de chose que l’on ressent à la lecture du livre dépends de ce que l’on vie dans le même temps de la lecture. Vacances, Attente du résultat d’un examen, attente du résultat d’un examen médicale, brouille avec son conjoint, ses enfants, dégouts politique, écœurement autour d’un événement. Tout cela influe la lecture et ce que l’on va en dire.

Et quand on écrit sur cette expérience, que souhaite t’on exprimer ? Donner une envie à d’autre de lire ce même livre, sachant qu’ils ne vivront pas la même expérience, dégouter les autre de le lire, car cela a été pour soi un sentiment de perte de temps ?

En tout cas à la sortie de « La révolte » je me pose ces questions. Si vous me lisez vous saurez que le cycle de Dune de Franck Herbert est un indépassable pour moi, un livre univers et plus encore, un livre inspiré, il parle de l’humanité, il parle de la personne humaine, il parle des relations, il parle du pouvoir, il parle de l’amour, de la responsabilité, dêtre homme ou femme en plus d’être humain.

Alors pourquoi cette envie de parler du cycle de Dune après avoir lu « La révolte » de Clara Dupont-Monod. Et bine peut-être qu’à travers Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, les Rois de France, le Plantagenet, La Fratrie, les épouse, les promises, les concubines, je retrouve une forme de magie, en plus condensé, en plus historique de ce qui m’avait percuté dans Dune.

J’ai aimé lire ce roman, quand j’attendais des résultats d’analyse médicale, quand mes enfants entré dans un nouveau cycle de création, ainsi que mon épouse, quand je demandais : « Et maintenant ? ».
Alors je vous invite à parcourir ce 12ème siècle diablement et divinement humain !

Sorcières de Mona Chollet

Croquis notes venus

Sorcière 1
Sorcière 2
Sorcière 3

Des citations

Près de la moitié des femmes (47%) se concentre toujours dans une dizaine de métiers comme infirmière (87,7% de femmes), aide à domicile ou assistante maternelle (97,7%), agent d’entretien, secrétaire ou enseignante.
Or, au Moyen-âge, les Européennes avaient accès comme les hommes à de nombreux métiers, souligne Silvia Fédéreci :  » Dans les villes médiévales, les femmes travaillaient comme forgeronnes, bouchères, boulangères, chandelières, chapelières, brasseuses, cardeuses de laine et détaillantes. » En Angleterre « soixante-douze des quatre-vingt-cinq corporations comptaient des femmes dans leur rangs3 et dans certaines d’entre elles, elles étaient dominantes. »

Il m’a fallu du temps pour comprendre que l’intelligence n’est pas une qualité absolue, mais qu’elle peut connaitre des variations spectaculaires en fonction des contextes dans lesquels nous nous trouvons et des personnes que nous avons en face de nous.

Ce que provoqua en moi

Sorcières !
Sorcières, mes sœurs.
Des larmes inondent mes yeux, pour ce que l’on vous a fait en cette renaissance magnifié par notre mâle conduite. Pour ce que l’on continue de faire à vos petites filles, par notre mâle lâcheté et nos angoisses de petits garçons à quéquette apeuré.

Merci Mona.
Merci d’absoudre le moyen-âge. Mais il est vrai que c’est bien au 13ème siècle que commença de balbutiement de la prise de pouvoir des mâles bourgeois.
Merci de ne pas surchargé l’église en restituant, que ce sont bien en majorité des tribunaux laïque, qui condamnèrent les sorcières aux buchers.
Merci de déconstruire tous les maux qui pèsent sur les femmes de nos sociétés : Choisir sa contribution à la fécondité, vieillir. Merci pour « ma » fille, « mon » épouse, de me faire comprendre ce que vécu « ma » mère, mes grands-mères.

Une invitation, aussi, pour quelque le « croyant » à une méditation sur qui fut Marie, qui fut Marie de Magdala et les femmes de Jérusalem.

Oui, la lecture de cet essai est indispensable, pour les humains, les personnes humaines. La réflexion illustrée de cet essai, je l’ai trouvé sans forcément le comprendre dans « Parties Communes » de l’autrice Anne Vassivière, mais aussi dans « la maison des mères » du cycle de dune de F. Herbert.

Je ne peux plus dire « l’Homme » pour parler du genre humain, c’est pourquoi j’utilise de référence à la personne humaine ou à l’humanité.
Le langage lui aussi, par sa réduction et la perte du genre neutre au 13ème siècle nous enferme dans une vision phallocrate et misogyne.

Mona Chollet nous invite sur cet essai à revoir nos relations, à les réinventer et en tant que personne humaine à personne humaine. Nous aurons besoin des 100% de l’humanité pour affronter les conséquences des 700 ans de bourgeoisie mâle qui a construit le monde dans lequel nous vivons.

Sorcières, mes sœurs.
Sorcières !
Transmettez-nous votre sagesse assassinée.

Anne Vassivière : Parties Communes

Le plan de l’immeuble

Mon voyage dans le roman

Un roman intense, un rythme qui rappel les boléros en musique classique tout en crescendo.

Oui « Partie Communes » est de la littérature classé dans le genre  pornographique Parce qu’édité par la Musardine !

Mais est-ce réellement de la pornographie ? Un roman qui a travers des personnages parle de notre condition humaine. Nous sommes conviés à nous poser la question sur ce que l’on projette sur l’autre, sur nous même, sur nos désirs, nos envies, nos pulsions, nos phantasmes. Le roman nous invite à nous poser la question de l’autre.
Qu’est ce que l’amour ? (Éros – Cupidon, Philia – Amor, Agape – Caritas)
Qu’est ce qu’aimer ?

L’amour Éros devient Cupide, mais peut aussi le corps sublimer en plaisir atteint le bonheur et conduit à la joie.

Dans un style percutant, ou peu de mot suffisent à nous plonger dans la scène, on ressort de cette lecture ébouriffé et haletant !

Après chaque scène, se dessine l’intériorité des personnages, leurs profondeurs, leurs faiblesses, leurs grandeurs ! Je fus bluffé !

Une écriture à 16 voix.

16 voix intérieures donnent la vie a un immeuble haussmannien. Une histoire qui avance par les pensées de ceux qui la vivent !

À lire pour voyager au cœur de nous même ! Et à nous de comprendre tout les non dits

Dans ma lecture, très rapidement, je pensais à Patrice Chéreau lorsqu’il voulait qu’une scène de sexe face avancer l’histoire et ne soit pas là comme passage obligé, une récréation, un moment de divertissement !

Je pensais a ce qu’il avait voulu faire dans son film « Intimity ».

Je pensais que le sexe n’est pas la récompense du héros ou une opposante fouetteuse. Alors oui ce roman est un vrai travail littéraire.

Roman a lire en contrechamps de Vénus Erotica d’Anaïs Nin ! Ou en est-on 60 ans après !

King-Kong Théorie par Virginie Despente

Pourquoi est-ce indispensable de lire Despente ?
Parce qu’elle représente un jalon dans notre quête du « JE » comme sujet. Du sujet qui est une Personne Humaine !
Être Femme ou être Homme ne sont que des qualités que nous pouvons faire jouer pour réveiller nos désirs, nos envie, et même nos peurs. Elle ne sont pas notre identité profonde et « autre » (Rimbaud : Je est un autre ») comme l’a imposé la bourgeoisie capitaliste du XIXème siècle, c’est tellement plus simple.

Virginie Despente est en quête de la libération de la Personne Humaine ! Pour nous libérer, nous devons libéré la partie la plus sous domination, la femme !