Nouvelles méditations du pape François

Presque 183 homélies. J’ai commencé la lecture le 10 juillet 2020 et je termine le 16 mars 2021. Chaque matin, avant l’oraison méditative, je lisais l’homélie suivante. Le pape François m’a donc accompagné pendant 249 jours (effectivement je ne le lisais pas tous les jours).

J’en retiens, une relation d’amitié avec une personne humaine avec laquelle j’ai conversé pendant presque un an, presque tous les jours. Et cette personne humaine m’a éclairé sur la compréhension que nous, les humains, avons une bénédiction qui peut-être une malédiction : nous sommes ouverts sur l’infini et que rien de matériel, qu’aucun pouvoir sur l’autre, qu’aucun désir, qu’aucune durée, qu’aucun plaisir ne pourra jamais le combler. Alors il ne faudra faire appelle à la joie. On peut aussi se perdre dans des perversions de toute sorte pour tenter de combler cette ouverture sur l’infini.

J’ai appris aussi à nommer Dieu, non pas par « IL », ni « ELLE » mais « IEL », les hongrois possède le mot « Ô » pour ce même IEL. J’ai compris que les cieux ne sont pas extérieurs à nous, mais intérieur à chacun, d’autant plus que récemment j’ai appris par un blogueur qu’en hébreux le mot qui correspond à « LES CIEUX » désigne en même temps ce qui est au-dessus de nos têtes et ce qui est on dedans de nous.

J’ai appris que ce qui compte c’est, dans notre singularité (élément unique d’une ensemble riche), nous apprenons alors en entrer en relation, avec les autres dans chacune de nos singularités et que parfois nous nous trompons ou manquons notre cible (étymologie du péché qui n’est rien d’autre que cela). Nous sommes limités mais ouvert sur l’infini.

D’Homélie en homélie quelque chose se mettait en mouvement au-dedans (dans mes cieux).
Bien sur, tant de choses, on était écrites et déjà écrites depuis que nous, les personnes humaines formant l’humanité, avons construit l’écriture, mais a chaque génération, a chaque moment nous la renouvelons, nous l’appauvrissons par moment et l’enrichissons à d’autre. Je me questionne, mais je garde ma confiance en l vie, le cosmos et l’univers et je peux puiser alors à cette joie éternelle (hors du temps) et pas immortel (durée dans le temps).

Merci au pape François et merci à toutes les personnes humaines que je croise et avec lesquelles nous pouvons nous offrir, du plaisir par Éros, du bonheur par Philia et de la joie par Agape.

Quelque citation glanée de ci de là

Les temps changent
« regarder les paysans, les simples : eux, dans leur simplicité, savent comprendre quand arrive la pluie, comment pousse l’herbe ; ils savent distinguer le bon grain de l’ivraie. Cette simplicité, si elle est accompagnée du silence, de la réflexion et de la prière, nous fera comprendre les signes des temps. Car les temps changent et nous chrétiens devons changer continuellement… »

Jésus rencontre des gens qui ont peur de se mettre en chemin et qui construisent une sorte de caricature de Dieu. Ces personnes se sont créé une fausse identité en faisant taire l’inquiétude dans leur cœur : ils dépeignent Dieu par les commandements, et en agissant de la sorte, ils oublient Dieu pour n’observer que la tradition des hommes. Et lorsqu’ils ont un sentiment d’insécurité, ils inventent un autre commandement. Jésus dit aux scribes et aux pharisiens qui accumulent ainsi les commandements : « Ainsi vous annulez la Parole de Dieu avec la tradition que vous avez transmise vous-mêmes, et des choses de ce genre, vous en faites beaucoup.
C’est cela la fausse carte d’identité, celle que nous pouvons avoir sans nous mettre en chemin, sans l’inquiétude du cœur.

Même si une mère oubliait son enfant, moi, je ne l’oublierai pas !” Dieu tient chacun de nous dans son sein, de même que l’enfant est dans le sein de sa mère. » Cette vérité est si grande et belle, elle nous dépasse tant, qu’on peut être tenté de vouloir l’éviter. En effet, a poursuivi François, « on ne peut comprendre seulement avec la tête ou même uniquement avec le cœur ». Pour faire nôtre cette vérité et la vivre, « nous devons entrer dans le mystère de Jésus Christ ». C’est la troisième attitude fondamentale du chrétien, après la prière de louange et savoir faire mémoire. « Le chrétien est appelé à entrer dans le mystère, a conclu le Pape, surtout quand nous célébrons : c’est le mystère !

Pour le pape François, le prêcheur est une mère, il doit utiliser un langage « maternel c’est-à-dire empreint de la « langue maternelle », simple, capable de recourir à des images concrètes. Le dialogue du Seigneur avec son peuple se développe dans un « cadre maternel ».

Alejandro Jodorowsky : « Maintenant que nous sommes menacés de mort, quelle merveille ! »

J’ai découvert cet homme dans les années 80 après ma première lecture du Cycle de Dune, et je continue de le suivre et de l’aimer. Très belle intervention de cette personne humaine sur France Culture le 21 janvier 2012

Affaire en cours par Marie Sorbier

Puisque les institutions culturelles n’ont pas su se rendre essentielles, comment envisager le futur de la Culture?

Le cinéaste, auteur, dessinateur de bande dessinée et taromancien Alejandro Jodorowsky explore au micro de Marie Sorbier la situation de l’art et de la culture dans un monde criblé de crises, revendiquant des redéfinitions nécessaires, et peut-être salvatrices. En effet, si dans ces temps de confinements et reconfinements, nos institutions culturelles n’ont su se rendre « essentielles », la crise sanitaire constitue peut-être l’occasion, rêvée ou forcée, de repenser ces mêmes institutions.
Parlons d’art

Qu’est-ce que la culture ? Savoir beaucoup de choses ? Ou bien est-ce l’art ? Il faut avant tout faire la différence entre art et culture.
Alejandro Jodorowsky

Aux yeux du cinéaste et écrivain, nous vivons un moment critique pour l’art. Prisonnier, l’art a perdu son ancienne signification. Alejandro Jodorowsky affirme néanmoins que cette perte de sens s’est enclenchée bien avant la pandémie.

Art résolument populaire, le cinéma semble pour le réalisateur de films comme El Topo (1970) et La Montagne sacrée (1973) constituer une bonne mesure de la situation générale du monde artistique actuel.

Tout dans l’art est devenu une affaire. Il faut distinguer les arts : par exemple, le cinéma est l’art le plus populaire. C’est la plus prostituée des manifestations culturelles. On l’appelle même une industrie. Une industrie qui sert à nous amuser, pour passer le temps, pour rester tels que nous sommes, au même degré culturel confortable.
Alejandro Jodorowsky

La valeur artistique du cinéma s’est-elle effacée au profit de son industrialisation ? La prolifération de séries télévisées et films de super-héros donne au fondateur du cinéma psycho-magique le sentiment d’une industrie infantile. Une industrie dépourvue de conscience, ou plutôt, une industrie dont la conscience véritable est masquée et tient bien plus à des enjeux publicitaires et politiques qu’artistiques.

La quantité a tué la qualité. N’importe qui peut dire son opinion et définir ce qu’est l’art, ainsi que ce que l’art ne peut pas dire ou faire. C’est une catastrophe culturelle qui nous renvoie au Moyen-Âge, où l’on châtiait et brûlait une personne pour ce qu’elle pensait. C’est lamentable.
Alejandro Jodorowsky

Maintenant que nous sommes tous menacés de mort, quelle merveille ! Le monde n’a pas changé. C’est plutôt que nous ne savions pas qu’il était comme cela, avant la diffusion des moyens de communication.
Alejandro Jodorowsky

Pour Alejandro Jodorowsky, notre ère ultra-informée serait donc celle où nous prenons conscience d’être réduit à un esclavage absolu par les impératifs économiques.

Nous devenons des imbéciles qui choisissent des présidents qui sont des clowns, des poupées de ventriloque. Trump a été reproduit dans presque tous les pays, c’est la décadence absolue de la politique et de la religion. La politique est la plus grande escroquerie de l’histoire de l’humanité, et maintenant, nous passons à la santé.
Alejandro Jodorowsky

Des horizons meilleurs

Face à un constat particulièrement accablant de l’humanité contemporaine, que peut-on envisager comme perspectives de sortie de cette crise ?

Les gens vont sortir de cette crise par la peur qu’ils en ont. Ils ont perdu le sens de la vie, et n’ont aucune consolation, ni politique, ni religieuse, ni philosophique. Nous sommes dans une nudité totale, où notre unique espoir, la science, fait peur. L’intelligence artificielle et la physique quantique changent notre perception du monde : nous ne savons plus où nous sommes nés.
Alejandro Jodorowsky

C’est dans une telle situation que doit intervenir l’art, et que la culture recouvre son importance, revendique Alejandro Jodorowsky. Définissant la culture comme le fait d’être ce que nous sommes, et non pas ce que les autres veulent que nous soyons, le réalisateur y voit la possibilité de découvrir la véritable essence de l’humanité. Telle a toujours été la mission de l’art.

L’art a toujours cherché à dépasser les limites. Mais aujourd’hui, nous ne nous exprimons pas. Esclaves absolus d’une économie qui nous assassine en ce qu’elle détruit la planète, nous sommes au bord d’une catastrophe climatique et de la perte absolue des valeurs humaines.
Alejandro Jodorowsky

Dans son documentaire de 2019, Psychomagie, un art pour guérir, le cinéaste défend l’art comme guérisseur des consciences. Il prône non pas des rituels collectifs, mais le développement d’approche plus épurées comme la méditation afin de développer la conscience humaine.

Le but de l’art actuel est le développement de la conscience et de la liberté. Être libre c’est connaître réellement et en finir avec les préjugés quels qu’ils soient. Nous nous sommes trompés : la politique, la religion, l’économie se sont trompées. Il nous faut être courageux et faire face à la catastrophe culturelle.
Alejandro Jodorowsky

La vulgarité a gagné et la démocratie est en ruines, pourquoi ? Parce que le grand nombre a choisi des monstres, et s’en plaint après. Mais c’est nous qui avons choisi cette catastrophe en donnant la parole à des immatures qui ne travaillent pas sur eux-mêmes.
Alejandro Jodorowsky

L’art doit se proposer de guérir l’humanité, et pas seulement de s’amuser. Et puis, on s’amuse toujours plus en faisant ce qu’on est réellement.
Alejandro Jodorowksy

Ichthus JDR à campagnes, campagnes à intrigues

Des campagnes sur le pourquoi les gens s’aiment ou pourquoi ils ne s’aiment pas, ou ne s’aiment-ils plus ? Et, comment retrouver le chemin de l’amour quand on pense avoir été trahi.

Et aussi comment comprendre le message laissé par quelqu’un qui a impressionné des personnes humaines qui en furent les premiers témoins ?

L’intrigue avance avec les joueurs, qui ne sont finalement que les témoins des premiers témoins et à partir de là tissent leurs propres relations.

Attention, Ce sont bien les joueurs qui doivent faire avancer l’intrigue, l’histoire. Le but étant d’explorer ce que veut dire devenir chrétien dans ce monde romain encore en expansion du premier et deuxième siècle. Explorer ces temps des premiers chrétiens.

Je dois beaucoup à Maurice Zundel pour penser le cadre et la théologie de ce jeu de rôle. Il disait de Jésus :
« Jésus, en nous révélant la Trinité, nous a délivrés de Dieu ! Il nous a délivrés de ce Dieu cauchemar, extérieur à nous, qui est une limite et une menace pour nous : il nous a délivrés de ce Dieu-là ! Il nous a délivrés de nous-mêmes qui étions nécessairement, et sourdement, même si nous n’osions l’avouer, en révolte contre ce Dieu-là. »

Deux paraboles m’inspirent pour approfondir ce que je voudrais obtenir avec Ichthus La première est personnelle et c’est celle-ci :

Une personne aime, et elle s’approche de celle qu’elle aime, l’autre, et la nourrie par un sincère et profond
« Je t’aime ! »
Alors dans le ventre de l’autre personne s’allume un feu. Ce feu remonte le long de ses viscères vers son cœur qui s’embrase à son tour, et par le sang transporte cette chaleur nourricière vers son visage, ses yeux, sa tête et ses membres. Ainsi le sourire nait, les bras se tendent, le corps s’avance et elle répond dans un même brasier dans une même alliance :
« Je t’aime ! » Quelque chose de plus est né a été créé dans l’univers, l’amour s’est multiplié.

Mais, parce que l’autre est libre, il peut arriver une autre situation.
L’autre personne entend bien, le « Je t’aime » mais un filtre de néant s’est installé, il entre alors dans la voie (la voix) du doute, alors elle laisse librement se poser des questions naissant du doute, des, « que me veut-il ? » « Qu’attend-elle de moi ? » « Que veut-elle prendre en moi. » Alors pris de peur, la personne refuse cet amour, s’en éloigne et refuse le fruit pour lui en préférer un autre, empoisonné. Alors il en ressent une lourde frustration.
A partir de ce moment là, la personne ayant refuser se justifie en ne voulant plus croire possible l’amour offert, l’amour gratuit. Et, pour retrouver des certitudes qui s’opposeront à ses doutes, ses peurs et ses frustrations, elle construit des lois, des interdictions, des condamnations. Et, ces lois donnent du pouvoir à celui qui en être le maitre.
Un roi (David) peut envoyer un de ses capitaines combattre en première ligne afin qu’il meure et pour enfin posséder cette épouse qu’il voulait posséder. Le chaos s’installe et l’Amour, Aimer, ne devient plus qu’un vague souvenir, comme un rêve inaccessible, le néant avance et brule la création. L’amour premier est oublié.
Pourtant quand celui qui a aimé voit son amour refusé, il ne sait répondre que par encore plus d’amour.

La deuxième parabole est le début de Marc 12 (1-12) :
La parabole des vignerons infidèle. Une personne prépare une terre, y plante une vigne fait en sorte qu’un jour elle puisse donner du fruit. Et cette personne en joie, pense que d’autre doivent profiter aussi de cette joie. Elle invite des vignerons à s’en occuper pour l’année qui vient, l’entretenir et récolté pour enfin partager ensemble cette joie du fruit et du vin qui vient avec.
Au moment du partage, les vignerons veulent tout garder pour eux. Et ils finissent par tuer l’enfant envoyé pour inviter encore à ce partage. Alors la question que faut-il faire fasse à cela.
Nous sommes fasse à l’injustice. Se venger, punir, châtier ?
Le Scandale de l’Amour gratuit c’est qu’il ne sait répondre que par encore plus d’Amour.
La réponse est que la mort du fils pose un acte d’une telle injustice que l’Amour gratuit redevient visible. Il ne faut rien faire mais laisser naitre cette conscience.

C’est le contrât sociale de ce jeu. Vivre l’expérience a travers le quotidien de personne du premier ou deuxième siècle de ce que veut dire vouloir prendre la voie du Christ, transporté sa voix. Témoigner. Parfois le personnage fera fausse route, se trompera de cible, manquera sa cible, mais c’est la conscience de cela qui fera approcher de la réalité de ce que furent les choix, interrogations, peurs et joie des premiers chrétiens.

La difficulté que j’éprouve sont vis-à-vis des règles du jeu, Comme je le rappelle sont issue de D&D 5 et surtout de la version Joan of Arc, ou j’en reprend les aspirations et alignements. C’est donc sur cela que je travaille en relisant les évangiles et des livres ou articles d’historiens traitant de cette époque et surtout en essayant de comprendre ce qu’est « Aimer ! » dans toutes ses dimensions du Corps, de la psyché (l’âme des anciens) et de l’Esprit (comme porte sur l’infini).

La personne humaine est condamnée a avoir cette porte ouverte sur l’infini que rien ne saurait combler, si ce n’est l’infini lui-même.