La nuit juste avant les forêts de Bernard Koltès

Parce que cette pièce écrite en 1977 est toujours vivante et vibrante.
Le texte m’avait retourné lorsque je l’avais vu joué par Denis Lavant en novembre 2000 aux abbesses. elle reste ancrée et encrée en moi.
Elle se rappelle a moi, chaque fois ou je croise un SDF perdu dans sa misère et dans sa lumière.

On ne peut que écouter et ré-écouter ce texte qui transcende tout les plans séquences. La condition humaine dans toute sa splendeur.

Le théâtre ou il ne reste plus que le chœur d’un cœur !

Le film n’est visible que jusqu’au samedi 11 novembre 2020.

Ma boulangère

Le boulanger et la boulangère.
Ma boulangère n’est pas la femme du boulanger.

Elle a appris son métier dans une boulangerie.
Elle connait son minotier.
Elle connait les paysans et paysannes de son minotier.
Elle a vécu l’année de leurs blé.
Elle sait quand le minotier passe ces blés au moulin.
Elle accueille la farine chaque semaine.
Elle l’entrepose et connait la vie dans son entrepôt.

Elle se lève et connait le temps qu’il fait.
Elle devine ses patients, qui, demain, viendront.
Elle choisit, le mesures d’eau de farine et de levain.
Elle décide l’heure le nombre et les temps de pétrin.
Elle décide l’intensité de ses bras au pétrin.
Elle décide de mouler ses pains long et court,
Long ou court.
Elle enfourne et a déjà décidé des températures.
Ma boulangère.

Elle sait de ses patients les cuit les bine cuits et les pas trop cuit.
Quand le lendemain dans la chaleur, l’odeur et le bruit du feu enfariné
Ses patients viennent, elle leur offre son pain.
Et eux, sourire gourmand lui offrent la possibilité de continuer.
Son pain est la prière de ma boulangère.

« Il prit le pain et le rompis et de donna… »
C’était le pain de ma boulangère.
Chaque jour il était différent, il était vivant.

Maintenant, tout est calculé par des computeurs,
Maintenant des process s’activent et un pain standard sort.
Chaque jour le même,
Un pain mort.
Je ne mange plus de pain.
Le métier de boulangère n’existe plus.
Mais après le confinement, il reviendra,
Les patients reviendront
Et ma boulangère exercera de nouveau son métier.
Il reprendra le pain et le re-rompra et le redonnera…

Demande

Es-tu venu sauver les hommes mais pas les femmes ?

La boulangère et le boulanger,
La boulangère n’est pas la femme du boulanger
Elle est la personne humaine qui prépare et pétri
Qui moule et enfourne le pain,
Et qui le sort avec sa planche lorsque la cuisson est accomplie.

La boulangère et le boulanger,
Le maçon et la maçonne,
La cordonnière et le cordonnier,
Le paysan et la paysanne,
La médecinne et le médecin,
Le forgeron et la forgeronne,
La professeuse et le professeur,
L’acteur et l’actrice,
L’autrice et l’auteur,
Le coiffeur et la coiffeuse,
La poétesse et le poète,
Le guerrier et la guerrière,
La sculptrice et le sculpteur,
Le chirurgien et la chirurgienne,
La diaconnesse et le diacre,
Le prêtre et la prêtresse,
La peintresse et le peintre,
L’éboueur et l’éboueuse,
La philosophesse et le philosophe,
Le sage-homme et la sage-femme,
La boutiquière et le boutiquier,
L’apothicaire et l’apothicairesse,
L’aviatrice et l’aviateur,
Et tant et tant de métier,
Es-tu venu sauver les hommes mais pas les femmes ?

Je suis,
Je suis venu,
Je suis venu sauver la personne humaine,
Je suis venu sauver l’humanité,
Je suis venu sauver la vie ici et ailleurs,
Je suis venu sauver le végétal et le minéral
Par la seule loi qui m’anime.
Aimez-vous.
Aimez-vous de cet amour infini qui bat au cœur de vous,
Au milieu de vous.
Au centre de vous.

Jouissez de vos corps et de vos sexes,
Accueillez les bonnes heures offertes par le lien et l’attachement,
Appréciez vos raisons et intelligences,
Et vos rêves et vos cauchemars,
Mais surtout tenez toujours ouverte la porte de l’esprit
L’esprit de l’infini qui brule sans se consumer.
Recevez les objets des unes et des autres, des uns et des autres
Recevez, jouissez-en, mais ne les consommaient pas,
Recevez les car venant d’elle ou de lui, il est sacré.
Et l’accueil en respect vous l’ouvrer et lui offrez cet amour infini.

Seul Mammon vous tentera et vous détournera de cela,
Seul Mammon vous renverra à la consommation qui détruit en brulant.

Prête-moi tes sabots

Quand avons-nous commencé l’aventure ?
Il y a 60 mille ans à cette heure ?
Nous étions humbles et apeurés.
Nous connaissions la valeur de tes sabots.

Quand les avons-nous égarés ?
Avec l’agriculture ?
Avec L’écriture ?
Avec le feu et les métaux ?
Avec le feu et sa machine à vapeur ?

Alors tu as remis tes sabots,
Et lu l’as vu, Elle,
Une lumière non électrique,
Une lueur venu nous avertir,
Et tu étais droite et belle dans tes sabots.
Et tu nous l’as dit.
Et nous avons continué, foncé.
Elle nous a averti, Encore
En brulant sa chevelure.

Et au jour d’Hui
Jour d’ici,
Bien avant celui d’au-delà,
Celui à venir,
Je pense à toi Bernadette,
S’il te plait, Prête-moi tes sabots.

Libres d’obéir : Le management, du nazisme à aujourd’hui par Johann Chapoutot

Citations rencontrées

Dans le sillage de ces travaux, on a pu considérer que le management et la « gestion des « ressources humaines » avaient quelque chose de criminel en soi, comme le film La Question humaine l’a suggéré avec insistance et non sans talent. De l’objectification d’un être humain, ravalé au statut de « matériau », de « ressource ou de « facteur de production », à son exploitation, voire à sa destruction, la concaténation a sa logique, dont le lieu de destruction par le travail (à partir de 1939) et de production économique, est le lieu paradigmatique.

Le long texte de Stuckart, pour être touffu, n’en reste pas moins vague. Sans notes de bas de page, il n’est ni scientifique, ni démonstratif, mais purement prescriptif : c’est une accumulation d’assertions et d’injonctions à être
comme ceci, ou à faire comme cela. En l’espèce, Stuckart prône avec vigueur « l’élasticité, la joie au travail, la proximité à la vie et la vitalité », et en appelle à « l’initiative créatrice »…

Pour faciliter le travail des administrateurs, une « simplification » normative (Vereinfachung) est souhaitable, afin de lever les verrous, de libérer les énergies et de prévenir les entraves à l’action. Dans sa grande sagesse, le Führer a d’ailleurs pris, nous rappelle Walter Labs, un décret de simplification de l’administration le 28 août 1939. Tout est dit dans le titre de ce texte, ainsi que dans son article premier : J’attends de toutes les administrations une activité sans relâche ainsi que des décisions rapides, libérées de toutes les inhibitions bureaucratiques .

Néfaste et funeste, l’État l’est d’autant plus qu’il semble prendre un malin plaisir à entraver et étouffer les forces vives » par une réglementation tatillon ne, mise en œuvre par tous les ronds-de-cuir sans imagination et tous les eunuques serviles qui peuplent la fonction publique : ce caillot réglementaire, cette infection administrative coagulent le sang, les flux et
les dynamiques de la race germanique au lieu de les fluidifier et d’encourager leur circulation. Dans ces conditions, la thrombose est inévitable, et la mort est certaine si un tournant salutaire n’est pas pris. Les multiples appels à la « simplification » des règles et « esprit bureaucratique », la stigmatisation violente des fonctionnaires et des juges qui ont encore le mauvais esprit d’appliquer la loi – tout cela procède de l’héritage social-darwiniste et participe d’un idéal de libération de la germanité, encore trop entravée par des lois rédigées et promulguées par des Juifs.

La conversion de l’ancien SS aux principes d’individualisme et d’autonomie n’était cependant qu’apparente : entre ce que Höhn prône et écrit dans les années 1933-1945 et ce qu’il enseigne à partir de 1956, il n’y a aucune solution de continuité, mais bien une impressionnante suite dans les idées.
Pendant les douze ans de la domination nazie en Allemagne, un régime hostile à la liberté a prétendu être, par la voix de ses juristes et théoriciens, la réalisation de la liberté « germanique ». Un de ses intellectuels est devenu, après 1945, le penseur d’un management non autoritaire – paradoxe apparent pour un ancien SS, mais apparent seulement, pour celui qui voulait rompre avec l’État absolutiste, voire avec l’État tout court, et faire advenir la liberté d’initiative de l’agent et des agences.
Cette liberté était cependant une injonction contradictoire : dans le management imaginé par Höhn, on est libre d’obéir, libre de réaliser les objectifs imposés par la Führung. La seule liberté résidait dans le choix des moyens, jamais dans celui des fins. Höhn est en effet tout sauf un libertaire ou un anarchiste : les milliers d’entreprises (2 440 de 1956 à 1969) qui lui envoient leurs cadres en sont pleinement conscientes.

Les contradictions se cumulent ainsi aux paradoxes. Premier paradoxe apparent : un ancien SS imagine un modèle de management non autoritaire. Second paradoxe : l’injonction contradictoire de la liberté d’obéir. Cette accumulation de contradictions semble constitutive d’une perversion bien réelle, au sens le plus classique du terme : la méthode de Bad Harzburg, comme les méthodes de management par objectifs qui lui sont apparentées, repose sur un mensonge fondamental, et fait dévier l’employé, ou le subordonné, d’une liberté promise vers une aliénation certaine, pour le plus grand confort de la Führung, de cette « direction » qui ne porte plus elle seule la responsabilité de l’échec potentiel ou effectif.
La conséquence de ces contradictions et de cette perversion est tout sauf théorique : ne jamais penser les fins, être cantonné au seul calcul des moyens est constitutif d’une aliénation au travail dont on connaît les symptômes psychosociaux : anxiété, épuisement, « burn out » ainsi que cette forme de démission intérieure que l’on appelle désormais le « bore out », cette « démission intérieure ».

Des penseurs politiques, sensibles à cette évolution économique, ont répondu très tôt que le salut résidait dans le refus – refus de la hiérarchie, de l’autorité, refus de la contrainte et de la subordination – en somme l’anarchie, au sens le plus strict du terme (le refus du pouvoir de contrainte).
Leur réponse inaugurait une nouvelle société politique, sans sociétés économiques, sans, ou alors de taille très réduite. L’idéal, comme chez Rousseau déjà, se révélait être le travailleur indépendant – l’horloger ou le lapidaire jurassien, le producteur libre ou l’artiste, chantés par Proudhon, et chers à son compatriote Courbet, qui partageait ses idées.
Ces auteurs et ces idées n’ont cessé d’inspirer des pratiques alternatives, des coopératives égalitaires aux reconversions néorurales, en passant par les retrouvailles de cadres lassés par leur aliénation avec une activité artisanale enfin indépendante. Une Arcadie « an-archique », délivrée de la subordination et du management, qui n’est pas un paradis pour autant. La réalité du travail, de l’effort à fournir, d’une certaine anxiété face au résultat, demeure, mais sans l’aliénation. « Qu’il est doux de travailler pour soi », entend-on chez ceux qui sont heureux de réhabiliter une maison et d’en faire revivre le potager.
Solipsisme naïf et irresponsable ?
Peut-être pas, comme le montre le succès de l’économie sociale et solidaire – et le partage des légumes dudit potager : on peut travailler pour soi et être utile aux autres. On se situe ici aux antipodes des structures, des idéaux et du monde de Reinhard Höhn, auquel on peut préférer Hegel : le travail humain, c’est le travail non aliéné, qui permet a l’esprit de se réaliser et de se connaître par la production d’une chose (res) qui l’exprime et qui lui ressemble – pâtisserie ou bouture, livre ou objet manufacturé – et non cette activité qui réifie l’individu, le transforme en objet – « ressource humaine », « facteur travail », « masse salariale » voué au benchmarking, a l’entretien d’évaluation et à l’inévitable réunion Powerpoint.
Discipliner les femmes et les hommes en les considérant comme de simples facteurs de production et dévaster la Terre, conçue comme un simple objet, vont de pair. En poussant la destruction de la nature et l’exploitation de la « force vitale » jusqu’à des niveaux inédits, les nazis apparaissent comme l’image déformée et révélatrice d’une modernité devenue folle – servie par des illusions (la « victoire finale » ou la « reprise de la croissance ») et par des mensonges (« liberté », « autonomie ») dont des penseurs du management comme Reinhard Höhn ont été les habiles artisans.
Son destin personnel montre toutefois que ces idées n’ont qu’un temps et que leurs auteurs ont leur époque. Hõhn a pâti des révélations sur son passé et des critiques adressées à son modèle managérial – critiques internes, fourbies par d’autres modèles. Les temps peuvent également changer sous l’effet de circonstances plus générales et plus pressantes : notre regard sur nous-mêmes, sur autrui et sur le monde, pétri de « gestion », de « lutte » et de « management » par quelques décennies d’économie hautement productiviste et de divertissements bien orientés (de « l’industrie Walt Disney », du « maillon faible », aux jeux concurrentiels de télé-réalité) changera peut-être en raison du caractère parfaitement irréaliste de notre organisation économique et de nos « valeurs ».

L’expérience de lecture

AVERTISSEMENT : Macroniste s’abstenir !

Je suis en colère.

Cette colère est devenue rage. Et cette rage a commencé maintenant à s’attaquer à mon corps, à mes organes, à mon foie, mes poumons.

Et cette colère, puis cette rage trouve sa source dans le monde demi-divin (semi-jupitérien) macroniste, de ce monde LREM qui détruit tout ce qui reste de manifestation de Fraternité (ou Soro-Fraternité comme j’aimerais pouvoir l’écrire) de notre pays, le mot Liberté à perdu son sens et égalité deviens une sombre équité, ce « mérite » cher à Buchenwald. Et ces être humains élus sous l’étiquette LREM se revendique du management moderne

Et…

Et j’ai lu cet essaie. Et il m’a éclairé sur la source de ma rage. Comment des personnes humaines peuvent-être s’enténébrer ainsi ? Comment peuvent-elles ne pas voir l’appel au néant qu’elles émettent ? LREM est l’étiquette de « Manager le pays comme on Manage une multinationale capitaliste » (Manger le pays comme on mange les personnes humaines d’une industrie capitaliste).

Et j’ai compris pourquoi certain présentateurs radio ont voulu discréditer le travail de monsieur Chapoutot. Par aveuglement, pas l’aveuglement de l’obscurité créative des insomniaques, non, celle des ténèbres destructrice né de la peur de l’à venir.  Chapoutot nous dit d’où tous cela vient. Il nous expose la genèse du management totalitaire ultra-libérale. Le Nazisme est un totalitarisme comme le fut le stalinisme comme l’est l’ultra-libéralisme.

Maintenant, je peux regarder ma rage en face, puis ma colère, je pourrais regarder son cheminement et son effet et je sais qu’une fois qu’elle sera passé, je pourrais me retrouver et alors je serais libre à nouveau de désobéir en conscience et en amour. Ce cour essai fut pour moi une belle thérapie.

Macroniste s’abstenir au risque d’être déstabilisé !

En marchant – et deambulatio

Ce matin lundi 16 décembre 2019, je marchais vers mon lieu de travail en sortant de notre RER. – Je remercie ceux qui font grève, je n’ai pas ce courage (Cœur de faire ce qui est juste pour le bien de tous) de la faire avec leur détermination. –

Je repensais à nos louanges et à nos corps emprunté et maladroits, à nos voix tiède et à notre tristesse de ne pas monter comme ces personnes humaines riche de leur Afrique noire.

Nous ne savons pas louer sans rester en grégorien !

Et une pensée, une idée, une grâce a flotté à coté de moi.

Nous, humanité, personnes humaines d’occident avons transformé tout ce qui est sacré en divertissement. Danse. Peinture. Dessin. Chant. Rythme. Musique. Regard sur l’autre. Nature. Tout est devenu divertissement.

Alors nous ne savons plus louer, car nous avons perdu ce sens du sacré et quand nous voulons, danser, chanter, rythmer notre louange, nous exprimons en nous cette gène du divertissement.

Nous vivons des temps où il est plus facile de ne pas avoir la foi, plutôt que de l’avoir. Tout nous diverti de celà.

Heureusement que des personnes explorent encore le sacré par la danse, l’écriture, la peinture. Ce qu’ils cherchent c’est se relier à tout ce qu’il y a de plus sacré, l’amour infini, cet amour donner sans limites et qui fait qu’il existe « Quelque chose » plutôt que « Rien » ! Grand Esprit, Dieu, Jéhovah, Tao, Allah, la première source, ce que vous voulez, tout cela nous fait sentir que nous vivons dans un cosmos mystérieux, en création permanente, et par angoisse nous nous divertissons et nous abimons tout ce qui nous était offert pour nous élever !

Les animaux, les plantes, la vie sous toutes ses formes et peut-être même la pierre comptait sur nous pour ouvrir la porte de l’esprit.

Il ne nous reste plus qu’à reprendre notre place, humble, de cet humus sur lequel poussera quelque chose de lumineux !

Pensée ou don ?

A 4h00 du matin, qui était encore 5h00 l’avant-veille, je me suis réveillé en hiatus, bousculé de pensées. Elles me submergeaient. Elles concernaient le travail d’Oraison Carmélite et son château intérieur avec ses sept demeures, le travail de kendo et ses passages de grade, sept aussi (en fait huit, mais le huitième est inaccessible pour quelqu’un qui n’a pas commencé dès son plus jeune âge) et mon travail sur Ichthus avec sa transposition dans les règles de Donjon & Dragon 5, faire un jeu de rôle qui explore le temps des premiers chrétiens.

Je songeais aussi au couple que nous formons avec mon épouse depuis 1983, avec ses épreuves, ses croisement et ses pattes d’oies, sa spirale, ses enfants et cette énergie folle à avancer et d’explorer une vie à deux, à un ; a trois et de nouveau à deux, à quatre, et retrouvé à deux et peut-être à un de nouveau vers la toute fin, l’un ou l’autre ou pas. Nous avons là aussi franchi de degrés, des dan, des demeures dans nos château intérieurs qui se sont mêlé par amour sous ses trois formes Éros, Phillia et Agape, ce dernier étant le plus total.

Je pensais à tout cela ce matin et aucune poésie ne venait, aucune poésie en trois vers uniquement.

Je m’émerveille d’être vivant, de vivre la foi comme une expérience sans cesse renouvelé et toujours remise en question. Je m’émerveille de ne plus savoir qui est JE, NOUS, TU et même EUX.

Finalement à 4 heure du matin, qui l’avant-veille était 5 heure, je ne pensais pas à Macron.

Et maintenant j’ai envie de transposé les campagnes Tsuvadra dans les règles de D&D 5.

La Recomposition des mondes par Alessandro Pignocchi

Je vis à Paris, quartier Belleville. Un quartier qui glisse petit à petit vers l’épidémie « Bobo » et certainement à cause de personne comme moi. Je suis informaticien, je suis catholique de foi et par le cœur et profondément de gauche, une gauche non marxiste, trop teinté pour moi de certitude sur l’absolu sens de l’histoire. Non un gauche qui serait peut-être celle de Proudhon. Ma vie professionnel à commencé avant l’informatique dans une société de transport urbain et interurbain en SCOP (Société coopérative ouvrière de production). Et ensuite j’ai repris des étude sen informatique. Je me suis toujours méfié de la logique, c’est mon paradoxe. Ma vie s’inscrit dans ce monde consumériste et capitaliste obsédé par le dieu Argent. Un monde ou nous avons perdu le contact avec le cœur, privilégiant toujours la Raison, le cerveau ! Avec la logique et avec la raison, on peut aussi nous faire commettre les actes les plus irrationnels qu’il soit. Et comme chacun est seul, chacun se dit, oui mais les autre ne font rien. On se laisse alors pénétrer de désespoir par paresse spirituel (le 7ème péché capital) ! Et on pourra toujours se dire, il n’y avait rien à faire de toute façon.

J’ai entendu parler depuis le début de notre Dame Des Landes, j’ai même eu l’honneur par ma fille de 20 ans de rencontré un jeune homme, y vivant. J’ai ressenti dans mon cœur de 57 ans, un bouffé d’espoir en ces gens. Et puis tout les média ont contribuer à éteindre cet espoir pour me renvoyer à ma paresse spirituelle.

Et puis mon médecin (étiomedecine), me parle de cette BD qu’il vient de lire. Je fonce chez mon libraire de quartier et lui prend son dernier volume.

Je l’ai lu

Et j’ai revu en face ma paresse.

Il y a des gens qui se battent avec force et générosité pour créer un nouveau mythe fondateur dans lequel le vivant de la terre pourrait rapprendre l’harmonie. Ils tentent la mise en pratique de « Laudato Si », sortir de l’idée de propriété privé pour se penser comme des vivants qui au mieux seront intendant ! Un ethnologue nous les présente ! Alors merci à lui et grâce soit rendu à ces gens qui inventent.

Les trois visages de l’amour par Michel Fromaget

Mes croquis notes

Que faire de tout cela ?

Dieu est toute impuissance !

La grande question posée à chacun d’entre nous est :

Qu’est qu’une personne humaine, l’humanité ?

Et chacun d’entre nous peut intérioriser cette question,avant même de répondre au fameux « Qui suis-je ? ». Le « Qui suis-je ? » est une question qui s’inscrit dans le temps de la personne humaine. Celle de l’enfance n’est pas la même que celle de l’adolescent,qui n’est plus le même pour l’adulte et prend une nouvelle coloration pour la personne âgée.

Fromaget nous propose de déambuler dans la question anthropologique des anciens. Cette anthropologie chrétienne et non chrétienne.Cette anthropologie qui parle du corps, de l’âme (ce qui anime le corps, la psyché)et l’esprit (la porte ouverte de la spiritualité de nos désir).

Qu’est-ce que la liberté. Comment Dieu peut-il nous laisser, nous donner la liberté s’il est tout puissant, s’il est un Dieu Pharaon ?

Il ne le peut pas !

En fait la seule source dont il dispose à l’infini dans une vibration qui dépasse toute compréhension est l’amour (Agapé) Et oui nous butons sur un mot unique « amour » pour tenter de décrire plusieurs réalités, éros qui veut posséder, Philia qui est l’attachement et agapè l’amour inconditionnelle qui donne sans attente de recevoir en retour. C’est cette amour là que les nihilistes et les transhumanistes nient.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

– La rationalité du siècle des lumières qui est associé aussi à la plus grande tuerie de femme comme sorcières, Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Cholet que je commence. Ce siècle des lumières qui tua des femmes par millier pour permettre l’émergence du Médecin mâle. Et que l’on préfère rejeter dans le sombre moyen-âge.

– La possession et la volonté de contrôle de notre terre, Descartes et les animaux comme machine, nous conduisant aux portes du néant.

– La volonté de puissance, que nous avions attribué à un Dieu Pharaon et que l’on souhaite s’approprier avec cette volonté de domination des êtres humains en leur enlevant toute dignité et en se croyant des Jupiter en Puissance.

Oui la question se pose que voulons nous être comme personne humaine ?

Anne Vassivière dans « Parties Communes » pose en mot, en dialogue intérieur, en pensée et en esprit nos malentendus (C’est pour ce roman que je m’étais inscrit sur Babelio, tant sous l’apparence d’un roman léger érotique, je l’avais trouvé profond. La question est posée sur l’amour : Lequel ?

Et rien dans Télérama, Le Monde, Les Inrocks… etc… il fallait une entrée dans Babelio, un « nous » qui lisent tout en dehors de la finance)

Herbert, dans les années 60 nous invitait aussi à réfléchir également sur ce qu’est être une personne humaine, un humain, à travers la Jihad Bulterienne du cycle de Dune ? La SF a-t-elle échoué ?

Alors Oui Fromaget, repose la question en tant qu’anthropologue et cela vaut le coup de se la poser :

« Qui voulons nous être en tant qu’humanité ? »

Réponse de Maurice Zundel à Albert Camus par Michel Fromaget

La lettre de Camus à Zundel

Mon révérend père,

Je dois au Père Moos, à qui je confie ce mot, d’avoir lu le texte devotre exposé sur le message de « La Peste ». J’aurais aimé pouvoir endiscuter avec vous, mais le problème du mal, car c’est de lui qu’ils’agit, est sans doute inépuisable avant l’option. Je voudrais m’enexpliquer un jour, rigoureusement, et je trouverais alors une aide dansvotre exposé. Dans tous les cas, l’esprit de sympathie avec lequel vousavez considéré mes efforts, m’a touché plus que je ne saurais le dire.

Voulez-vous croire à ma sincère gratitude et à mes sentiments déférents ?

Albert Camus

Des extraits

L’homme est une fusée à trois étages : physiologique, psychologique, et personnel. Les deux premiers sont préfabriqués. Le troisième est une simple possibilité, une exigence, une aimantation, une polarité, une vocation. C’est à cet étage (le troisième) que se situent tout l’humain et tout le divin. Si on les cherche ailleurs on est sûr de ne pas les trouver.

La foi, contrairement aux croyances, rend libre. Elle libère notamment de l’obligation de penser l’immortalité comme naturelle, imposée, et sans échappatoire. Zundel est un homme libre infiniment. A propos de l’immortalité, il écrit encore, en 1960, dans un ouvrage qui s’appelle justement La liberté de la foi

Que ferons nous de notre lyrisme et de toutes nos émotions esthétiques devant la splendeur du monde, en découvrant ses soubassements comme un immense charnier ?

Mes croquis-note en lecture

C’est quoi le mal

C’est la rencontre de 3 personnes : un anthropologue (Michel Fromager) fait se rencontrer un philosophe athée (?) (Camus) et un mystique catholique (Zundel). Tout semble opposer ces deux derniers.

On a l’impression que Fromager ne fait que les présenter mais on se rend vite compte qu’il s’agit d’un effet en cascade : on rencontre Camus et Zundel, on rencontre Fromager.  Et on se rencontre soi-même.

Je suis au tournant de la présentation de mon 6ème Dan de Kendo et à la lecture de cet ouvrage, j’y retrouve la même expérience de ce qui ne peut plus être réellement décrit avec des mots.

Et je pense qu’à notre époque de Selfies et d’égo auto sur-gonflé, c’est une bonne lecture si on a envie de s’abandonner à l’esprit et de s’alléger l’égo.