Oraison 20 mai 2020 petits cailloux et coupes

Avant de naitre, elle a déposé ses cailloux.
Et, la personne humaine est née.
Quand elle se retourne, elle voit.
Elle voit foisonner ses chemins en un arbre scintillant.
Ils scintillent des petits cailloux brillants déposés.
Et au troisième jour de vie, la personne
Fille ou garçon, oubli tout et ne voit plus.
Il ne lui reste que la première coupe de sa naissance,
Agape, elle est a tenir sous la lumière.
Et celle-ci donnera quand elle débordera.

La nouvelle personne humaine suivra l’un des chemins.
Dès les premiers jours, Elle recevra deux autres coupes,
De ses parents, Éros et Phillia.
Jouissance et bonheur lorsqu’elle déborde.

Mais au dernier jour,
Fille ou garçon,
Jeune ou vieux
Elle repartira seulement avec la première coupe.
Sera-t-elle pleine et encore débordante ?

J’écris « personne humaine », pas « homme ». La personne humaine est au féminin, ainsi il retrouve le son universel et autorise à voir garçons et filles, garçon ou fille. C’est dans ces mots que nos coupes se remplissent et débordent.
Nous devons d’abord recevoir en se plaçant avec sa coupe sous la cascade, alors elle débordera et donnera d’elle-même. Seul compte comment je tiens mes trois coupes. La seule qui restera sera celle de l’amour Agapé.

Liberté, Vérité, Charité*
*Charitas = Agape l’amour qui donne, l’amour qui déborde et donne la joie.

L’éternité n’est pas de trop par François Cheng

de l’Académie Française

Je suis surpris moi-même. Est-ce l’effet du confinement ? Est-ce parce qu’en ce moment je n’ai pas le cœur à lire ? Est-ce parce que je me pose beaucoup de question sur l’instant dans l’univers qu’est notre vie ? Est-ce parce que j’ai 58 ans en 2020 ? Qu’on est au mois de Mai ?

Je ne sais pas ?

Mais ce roman m’a laisser de marbre, froid, aucune empathie avec les personnages ? Est-ce parce que cela me semble être l’élite de ceux qui ont tout compris ?

C’est superbement écrit. C’est d’une belle fluidité, c’est très évocateur comme un dépliant touristique de Venise écrit par Thomas Mann ? Virtuose par moment.

Mais je n’en retire aucune citation, aucune profondeur qui me corresponde. Je suis resté sur le pas de la porte. J’ai peur qu’avec les mois j’oublie même l’histoire, et peut-être même que je l’ai lu. Peut-être qu’un jour j’y reviendrais, mais ce n’est pas le moment pour moi. Je retourne aux dialogues avec l’ange et je commence L’effort d’être spectateur de Pierre Notte.

Je suis surpris moi-même.

Au départ un gazouillis

Au départ, un simple gazouillis,
La foi est un rêve jamais atteint.

Et la foi est une confiance sans fin.
Je t’aime et je te fais confiance,
Et je ne sais pas pourquoi,
Et j’en éprouve un grande joie.

Alors voici la rencontre d’un ami.
Voilà longtemps que nous ne nous étions vus.
Et il était dans le doute,
La foi est un don de Dieu,
Mais comme Dieu n’existe pas
Il n’a pu en faire grâce à quiconque.
Donc les croyants sont sans foi !

Rendons à César ce qui est à César…

Il fait grand jour, parlons de César.
César aujourd’hui a pris visage des démocraties bourgeoises.
Elles s’organisent pour que l’argent rapporte de l’argent !
Et donne l’illusion que la mort s’éloigne dans le futur.
Mais point d’à venir, juste une projection d’un présent inchangé.
Nos malheurs sont là, dans le choix de nos Césars.

Et la nuit tombe. Et nous marchons un peu.
Et nous arrivons sur le porche d’une église oubliée.
Nous sommes assis, et nous trinquons,
Nous choquons nos bières puis nos verres de vin rouge.

…Et à Dieu ce qui est à Dieu.
Le ciel s’illumine de sa nuit d’été.
Les étoiles filent,
Les lucioles « balètent »,
Et nous trinquons de la beauté
De notre amitié.
La confiance entre nous renait.
Nous renaissons à nous même,
Et éprouvons cette joie des nuits d’étés chargées d’amitié.
La bière du nord en prend un autre goût,
Et le vin rouge de Chinon en possède une autre saveur !

Ses doutes s’étaient envolés.
Il reprenait sa lutte contre César,
Avec la confiance en un ami, retrouvée.

J’étais seul dans l’église abandonnée.
Confiné.
Et j’étais l’ami qui doutait.
Qui était « tu » ? Qui était « Je » ?

Oraison 21 avril 2020

Oraison 11 avril 2020

Le silence.
Oh non, le silence n’est pas le vide,
Le silence n’est pas le néant.
Le silence sont les bruits qui ont fait la paix les uns avec les autres.
En Nous.

Les bruits se donnent la paix en nous,
Alors, beaucoup plus est possible.
La paix peut se faire entre les bruits de nos haines,
Entre les bruits de nos colères,
Entre les bruits de nos désespoirs,
Entre les bruits de nos peurs.

Le silence sont les bruits qui ont fait la paix les uns avec les autres.
En Nous.

Et dans le silence de cette paix retrouvée, rayonne une lueur.
Une lueur qui par sa brillance silencieuse dit :
Je t’aime.

Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich d’Anne Teresa De Keersmaeker

L’univers semble se dissoudre par l’entropie, mais à cela s’oppose la néguentropie du vivant. Le vivant créer là ou le néant dissout. Et tout cela nous dépasse. Nous, pauvres personnes humaines, humble, humus permanent du renouveau, qui en une belle nuit de clarté contemplent le firmament et de son œil nue et constatent l’incalculable, l’incommensurable, le vertige du dépassement et malgré tout de la joie d’être vivant.

Quelque chose me dépasse et pourtant je suis en joie, j’ai envie de crier « Merci pour la vie ».

Et je sais que je suis mortel, qu’inexorablement je vais mourir. Ma vision physique et psychique de cette mort est celle du néant froid et sans joie de ce basculement du retour au non-temps, à la non-matière, à la non-existence, au non être.

Et pourtant.

Et pourtant, je suis en joie car subsiste une espérance, un espoir, une confiance, une foi en un champs d’amour existant, un chant d’amour dont je ne peux vivre l’existence que lors d’expérience non-verbale, non psychique, non physique mais spirituel.

Nous y voici.

Nous voici dans cette salle près d’un Élysée si mal occupé, dans une salle de spectacle ou le théâtre de la ville s’est réfugié durant sa transformation interne. La lumière décline jusqu’à l’obscurité et le silence s’installe.

Deux danseuses ! Commence alors ce vertige, cette joie qui nous invite à regarder ce qui nous dépasse, nous submerge, nous ébloui ! La danse est revenue totalement à sa première fonction qui est celle de marché sur une terre sacrée en toute conscience, en toute confiance. Nous allons tellement loin, vers le centre de notre univers que le temps va au-delà du temps accordé aux danseuses. Trois semaines après elle sont encore présente avec leur offrande.

Merci à ces deux danseuses, merci à ceux qui ont permis que cela nous soit donner à ressentir, merci à Anne Teresa De Keersmaeker, humblement et magnifiquement humaine.

L’héritage Spirituel Amérindien par Languirand et Proulx

Quelques citation qui éclaire

Quoi qu’il en soit de toutes ces appellations, il s’agit toujours d’une profonde alliance, et même d’une véritable inséparabilité, entre le Divin et le cosmique. L’univers émane constamment du Dieu créateur et c’est Dieu créateur qui agit en lui et par lui. S’il n’y a pas de monde sans Dieu, il n’y a pas de Dieu sans monde. Cette partie invisible, par laquelle tout être réside en Dieu, est en même temps le lieu intérieur et mystérieux en lequel Dieu réside. Dieu est la spiritualité qui traverse toute la matière de ce monde et qui la rend translucide. C’est le Grand Être universel ou encore le Grand Mystère cosmique.

Le cosmos, comme chacun des êtres qui l’habite, porte en lui-même le Grand Mystère de son origine, de son fondement et de sa destinée. Il permet donc, à celui qui le contemple du plus profond de son esprit, l’entrée dans la zone invisible, le passage vers l’Autre Monde mystérieusement caché en celui-ci. Il arrive que, dans un silence mystique au sommet d’une montagne, on communie avec l’esprit de la montagne; que, dans l’observation attentive d’une nuit étoilée, on se perde infiniment en l’esprit du ciel nocturne ; que, dans un sublime acte de compassion, on se transforme en l’esprit même de la consolation liée à la souffrance. À la venue d’un enfant, ne réapprend-on pas aussi à respirer en l’esprit de tout ce qui naît en ce monde ?
Ces esprits avec lesquels on communie à travers les expériences significatives de sa propre vie, nous l’avons rappelé, sont des puissances spirituelles, des formes pures et, en définitive, des voix (et des voies) du Grand Mystère.

La danse compte autant que la parole pour s’adresser aux esprits. Elle est l’une des formes favorites d’expression religieuse. La musique amplifie la prière.
PHILIPPE JACQUIN
La Terre des Peaux-Rouges

On pense ici à la célèbre formule de saint Augustin:« du monde extérieur vers le monde intérieur et du monde intérieur vers le monde supérieur» (Ab extra, ad intra; ab intra, ad supra). N’est-ce point là la démarche spirituelle de toute vraie quête de vision ?
Chaque humain possède en lui une vision sacrée, c’est-à-dire un pouvoir unique qu’il doit découvrir au cours de sa vie, dans le but d’actualiser la vision du Grand Esprit dont il est une expression.
GEORGES E. SIOUL

« Les Amérindiens essaient de suivre le Chemin rouge qui court dans la nature. Nous sommes liés de la même façon à toutes les choses de la Création. Toutefois, nous sommes conscients qu’à côté du Chemin rouge il y a le noir, qui va à contresens. Le Chemin rouge est positif, le Chemin noir négatif… Les sociétés technologiques s’égarent souvent dans les Chemins noirs, mais nous n’aurons plus le choix de retourner dans le Chemin rouge quand l’équilibre fragile du monde sera rompu.
DON RUTLEDGE et RITA ROBINSON,
Le Chant de la terre
La spiritualité des Amérindiens

Les gardiens de la Terre
La voie spirituelle amérindienne inclut une médecine pour la guérison de Terre-Mère. A l’heure d’un désastre écologique appréhendé, elle nous convie à assumer cette responsabilité spirituelle et éthique, qui a toujours été l’une des dimensions essentielles de son héritage: être les gardiens de la Terre. Cette tâche est aussi urgente qu’exigeante. Mais on peut s’y attaquer si l’on réussit à harmoniser les moyens dont dispose aujourd’hui la modernité avec des principes d’action semblables à ceux dont témoigne la spiritualité amérindienne. Quels sont donc ces sentiers dans lesquels les gardiens de la Terre nous suggèrent de cheminer, afin d’éviter le désastre écologique ?
La crise écologique
L’alliance entre l’homme et la nature est brisée. Au lieu de se situer en lien organique avec elle, l’homme se place en face d’elle et comme à son opposé. Dans ce contexte l’air, l’eau et le sol se sont dégradés. Des animales et végétales disparaissent. Les climats changent et des ressources non renouvelables s’épuisent. Triste est l’état de la planète et sombre son avenir. Terre-Mère est blessée et la blessure est grave. Tous les tissus de l’organisme terrestre sont meurtris. La nature résiste et crie souffrance, victime des fruits de la démesure humaine. L’homme la dépouillée de son mystère et de sa dimension spirituelle. L’ayant alors conçue comme un simple objet manipulable et comme une machine fonctionnelle, il a entrepris de la dominer, coûte que coûte.
Cette crise de la domination de l’homme sur la nature porte avec elle une crise des valeurs. Cette crise du monde moderne est donc foncièrement éthique et spirituelle. Elle appelle une médecine du même ordre, qui puisse l’éloigner de « la route sombre » dont parlent sages amérindiens, ce chemin de destruction et de mort qui atteint ici la planète. Cette crise a besoin d’un vent qui nettoiera la terre entière autant que l’esprit de l’homme. En définitive, elle requiert une spiritualité de la création. C’est à ce point qu’apparaît la pertinence d’un regard sur la voie spirituelle amérindienne et son éthique écologique.
Nous sommes sortis de la Terre-Mère et nous y retournons. Nous ne pouvons pas posséder la Terre. Nous sommes seulement de passage ici-bas. Nous Sommes les hôtes du Créateur. Il nous a accueillis chez lui pour un temps, et regardez ce que nous avons fait de sa maison! Nous l’avons empoisonnée, nous l’avons saccagée de fond en comble… Je travaille pour la Création. Je refuse de prendre part à sa destruction. >
Propos de LEON SHENANDOAH (Confédération iroquoise des Six Nations) dans HARVEY ARDEN et STEVE WALL, Les Gardiens de la sagesse Rencontres avec des sages Indiens d’Amérique du Nord

Ce que j’ai lu

A quelques jours de la folie des humains qui organise cette mascarade monstrueuse qu’est le black-Friday, le vendredi noir, noir de ténèbres, de nihilismes et de néant, je termine l‘héritage spirituel amérindien.

Ce livre a eu pour vertu de me remémorer, les livres de mes 20 ans. Pieds nues sur la terre sacrée, les livres de Carlos Castaneda (pas celui footballeur), l’herbe du diable et la petite fumée, voire, …etc… Je me suis longtemps imprégnée de cette culture spirituelle amérindienne, lorsque celle dans laquelle je suis né me décevais. Je n’avais pas encore sur aller au-delà de ma déception, pour connaitre la déception de la déception et rouvrir les portes.

Je redécouvre à travers ce petit livre de présentation en quoi finalement toutes nos spiritualité, nos assemblée, ce qui nous relie est merveilleux. Finalement, nous les humains, nous les personne humaines avons autour de cette terre des approches similaires qui ne devrait pas nous opposée mais nous rassembler afin de se réinscrire dans le cycle de la vie. Bruler la terre, consumer par la consommation sans fin est ce qu’il y a de plus morbide, et tout cela pour accumuler une objet appelé argent pour générer un profit qui ne porte aucune dignité juste de la « valeur » en termes de chiffre, de nombre qui ne sont que de piètre création.

Bien sur ce livre est écrit par des personnes humaines « blanches », issues du consumérisme de notre époque et tout emprunt de nos croyances très « new-âge » d’une spiritualité individuelle (sans religion) qui ne doivent rien aux autres, au collectif, et à toutes nos relations, mais on perçoit quand même le chemin qu’ils doivent faire.

Alors je vous en prie, Vendredi, ignorée les ténèbres et gouter le plaisir de la conversation avec vos frères et sœur, de la nature, humains, pierre, eau et cosmos et ayez une pensée sous forme de question sur le « Grand Esprit »

Si c’est un homme par Primo Levi

Primo Levi, ce nom sonne comme le premier levain passé, ce levain primordial qui permet la levée du premier pain de nos fournées présentes et futures.
Nous sommes dans l’enfance de l’humanité, et peut-être sa période la plus trouble, celle de ses 5 ans, capricieuse, coléreuse et elle reste petite, apeurée, jalouse, en quête de sécurité et de jouets qui flattent.

La frustration nous met dans les mêmes états de colère que l’injustice, et, si la colère ne trouve pas vite une cible, elle conduit au mépris, à la dépression ou à la haine.

Nous sommes enfant car pétrit de cette peur sur laquelle le pouvoir pourra toujours jouer, lancer ses maux et les voir rebondir les uns contre les autres dans ceux qui sont à sa merci.

Admirable Primo Levi qui personne humaine mature observa du cœur de l’enfer tout ces évènements, leurs conséquence et leurs enchevêtrements. Et puis, humblement comme un humus bienfaisant, il nous restitua, à nous, ses héritiers, tout cela dans son livre « Si c’est un homme ».

L’humanité est dans son enfance. 6000 ans d’enfance, alors qu’il en faudra 15000 pour arriver à la maturité, c’est terrible pour des personnes humaines qui ont déjà atteint cette maturité, ils n’ont plus alors que le loisir de témoigner, afin que nous apprenions et que nous soit révéler ce que désir notre cœur profond.

Le purgatoire (en comparaison de l’enfer des camps de concentration) avec ses organisations de multinationales s’achemine vers cette enfermement des gens, des personnes humaines dans un modèle où des managers deviennent des kapos contre lesquelles nous ne nous allierons pas. Ces managers nous supprimerons nos espaces au point de les réduire à une petite boite de 80 x 80 x 60 cm et c’est à nous de trouver une place de travail dans un espace construit pour suivre un progrès (non humains) dans un temps moderne (sans respect de la dignité des anciens) et une sorte d’idéal digital qui favorisera l’Idéisme (la fabrication d’idée « innovante », mot qui ne veut en fait rien dire).
Et là, chaque personne pris dans sa peur du pouvoir en place s’affronte contre ceux qui pourrait être ses alliés.

Et j’ai repensé à Primo Levi.

Je pensais que si ceux qui prétendent avoir un pouvoir légitime, l’avaient lu, au moins avoir lu « si c’est un homme », et je ne parle pas de lire Hannah Arendt, il serait alors attentif au mal collatéral qu’ils provoquent et qui fait naitre un égrégore dans leurs prises de certaines décisions sans conscience, nourrissant ainsi la tour de Sauron.

Tout se mêle alors. Nous sommes dans l’enfance de l’humanité, dans ses 5 ans. Atteindra-t-elle sa maturité ?

Merci Primo, de nous aider quand même.

Soif par Amélie Nothomb

Des aphorismes

L’énigme du mal n’est rien comparée à celle de la médiocrité. Pendant leur témoignage, je sentais leur plaisir. Ils jouissaient de se conduire comme des misérables devant moi.

J »ai la conviction infalsifiable d’être le plus incarné des humains. Quand je m’allonge pour dormir, ce simple abandon me procure un plaisir si grand que je dois m’empêcher de Gémir.

S’il avait déboulé dans la rue par hasard et s’il m’avait vu tituber sous la croix, il aurait eu, je pense, la même réaction, il aurait couru me secourir. Il y a des gens comme ça. Ils ignorent leur propre rareté. Si on demandait à Simon de Cyrène pourquoi il se conduit de cette manière, il ne comprendrait pas la question : il ne sait pas qu’on peut agir autrement.

Cette comédie atroce n’était-elle donc que l’œuvre du diable ?
Oh, j’en ai assez de celui-là. dès que ça foire, on l’invoque. C’est facile. Là où je suis, je m’autorise tous les blasphèmes : je ne crois pas au diable. Croire en lui, c’est inutile. Il y a bien assez de mal sur terre sans en rajouter une couche.

Maman, quel privilège d’être ton fils ! Une mère qui a le talent de faire sentir à son enfant combien elle l’aime, c’est la grâce absolue. Je reçois cette ivresse qui est moins universelle qu’on le pense. Je suis pâmé de plaisir.

Cela n’empêche et n’empêchera pas une importante proportion des gens d’affirmer qu’il n’y a rien après la mort. C’est une conviction qui ne me choque pas, si ce n’est par son aspect péremptoire et surtout par l’intelligence supérieure dont se targuent ses tenants. comment s’en étonner ? Se sentir plus intelligent qu’autrui est toujours le signe d’une déficience.

Expérience de lecture

Madame la baronne Amélie Nothomb est une autrice, une écrivaine qui par 27 fois a affrontée les affres de la solitude pour écrire 27 romans depuis 1992. Il n’est aps possible de contester ce travail et ce que cela engendre. J’ai lu un certain nombre de ses romans et bine souvent avec un réel plaisir, un coin des lèvre prêt au sourire. Le plaisir de lire était presque physique.
Solitude et plaisir physique sont exposé aussi dans Soif !

J’aime les Loukoums, mais les Loukoums ne me surprennent plus. J’ai un réel plaisir à manger un Loukoum, mais je n’en ai plus le désir, parce que cela ne surprend plus, et que je ne me dis pas que je vais vivre une nouvelle expérience. Je désir encore le Saint Nectaire Fermier, parce que quelquefois il me déçoit et parfois il me ravie. J’ai encore envie de vivre l’expérience du Saint Nectaire Fermier.

Et bien, il fut un moment ou les romans d’Amélie Nothomb me firent l’effet Loukoum. Si je le lisais, j’éprouvais ce plaisir attendu, mais plus de désir.

Et puis mon épouse entend parler de Soif sur France Culture. En cette rentrée littéraire on entend beaucoup parlé de Soif et d’Amélie Nothomb dans les média qui font l’opinion. Comme chaque année ces média ne présenteront que 20 romans sur les 350 qui sortent. Et se seront encore des romans exposant les problèmes LGBT, la Shoah, le nazisme et avec un peu de chance un problème sociale comme égalité homme-femme, le meurtre des femmes, le réchauffement climatique et la nature ou les inégalités qui s’accentuent. Aucun roman offrant des portes de sorties, imaginant une nouvelle voix, apportant des possibilités nouvelles de vivre. OK c’est comme ça.

Bref, voici Soif, un roman ou le Christ s’exprime à la première personne du singulier : « JE ».

D’accord, je suis surpris, un désir né. Je descends chez mon libraire de quartier et je l’achète.

J’ai éprouvé un réel plaisir physique à le lire. Il y a de vrai beau passage. Simon de Cyrène et Véronique sur le chemin de croix sont magiques et véritablement inspiré. La mère de Jésus, Marie est une très belle figure et elle garde son aura sacrée. Mais…

…Mais, Madeleine… Madeleine ??? La relation de J2sus et « Madeleine » est d’une trivialité confondante, j’ai presque eu l’impression de lire du Barbara Cartland (RIP Madame). Et là j’ai retrouvé le ton détaché et désinvolte de madame la Baronne. Je perdais la profondeur du sujet. J’ai aussi parfois pensé à l’aventure de Madame Muir (le film de Mankiewicz). Non cela n’allait pas.

Réduire l’amour a ses sensations physiques est très réducteur, Mais cela reste dans l’aire du temps ou amour = Sexe = Plaisir ! Les grecs anciens avaient trois mots pour désigner l’amour : Éros, Philia, Agape. A perdre la vision ternaire on perd beaucoup. J’espérais qu’elle la réintroduisait, que son sujet serait aussi Corps, Âme (Psyché), Esprit.

Bon aller, je finis par quelques points positif, Juda est vraiment bien, ainsi que l’évocation de Pierre et Jean.

Bon, il y a un point théologique avec lequel je suis en désaccord avec Amélie Nothomb, c’est le passage concernant le diable. Le diable existe, il n’est pas le Mal, il est l’Alternative. Il ne peut y avoir de liberté s’il n’y a pas d’alternative. Le diable est celui qui nous susurre à l’oreille l’alternative possible, mais c’est nous qui faisons le choix.

Dune 4 l’Empereur Dieu de Dune par F. Herbert

Les citations

Les questions sont mes ennemies. Car mes questions explosent ! Les réponses bondissent comme un troupeau apeuré, noircissant le ciel de mes inéluctables souvenirs. Une seule réponse, une seule ne suffit pas.

Le visage de Moneo s’illumina
– Mon seigneur, je m’efforce d’en saisir les principes directeurs.
– Les principes, à l’usage, s’avèrent éphémères, Moneo. La créativité régie par des lois, cela n’existe pas.

Idaho se pencha vers lui.
Expliquez-moi donc, Atréïdes, en quoi les femmes font de meilleurs soldats que les hommes ?
– Elles ont plus de facilité à mûrir.
Déconcerté, Idaho secoua la tête.
– Elles ont une manière purement physique de passer de l’adolescence à la maturité, explique Moneo. comme dit le Seigneur Leto, porter un bébé neuf mois dans son ventre, cela vous transforme.

La religion, au début, était un monopole réservé aux femmes, qui ne leur fut arraché que lorsque le pouvoir social en jeu devint trop important. Les femmes ont été les premières à faire de la recherche et à pratiquer la médecine. Il n’y a jamais eu d’équilibre marqué entes les sexes, car le pouvoir va avec certains rôles de même qu’il va toujours avec la connaissance.
Les mémoires volés

Mais Leto n’avait pas profité des circonstances. Il n’usait que modestement des ressources de la technologie ixienne : Une machine par-ci, un appareil par là. Il n’avait qu’à décrire le service dont il avait besoin, et peu de temps après le jouet lui était livré.

Vous voulez vous moquez de moi, Mon Seigneur ?
-Entendre c’est Entendre. Une chose qui existe ne peut être transformée en elle-même car elle existe déjà. Être c’est être.
-Ces mots étranges…
-Ne sont rien d’autre que des mots. Je les ai prononcés. Ils se sont envolés. Personne ne les a entendus, par conséquent ils n’existent plus. Et s’ils n’existent plus, peut-être pourrait-on les faire exister à nouveau, de sorte que quelqu’un ait une chance de les entendre.
-Pourquoi me lancez vous des vannes, mon seigneur ?
-Je ne te lance que des mots. Et je le fais sans crainte de t’offenser, car j’ai appris que tu n’as pas d’oreilles.
-Je ne vous comprends pas, Mon Seigneur.
-C’est le début de la sagesse. Découvrir l’existence de quelque chose que l’on ne comprend pas.

Les gens qui m’ennuient le plus sont les tartuffes libéraux. Je me méfie des extrêmes. Grattez sous la surface d’un conservateur et vous découvrirez quelqu’un qui préfère le passé à n’importe quel avenir. Grattez sous celle d’un libéral et vous trouverez un aristocrate en col blanc. C’est ainsi ! Les gouvernements libéraux dégénèrent toujours en aristocraties.
Les Mémoires Volés

La connaissance des drogues fut à l’origine un domaine presque exclusivement masculin dans la mesure où les hommes ont davantage le goût du risque, prolongement de l’agressivité du mâle. Tu as lu la Bible Catholique Orange; par conséquent tu connais l’histoire d’Eve et de la pomme. Il y a un fait très intéressant à propos de cette histoire : Ce n’est pas Eve qui a cueilli la pomme et qui à gouté la première. C’est Adam. et à cette occasion, il a appris à rejeter la faute sur Eve.

Leto plissa les paupières en songeant : Moi, pour ma part, je considère que les mots sont surtout utiles quand ils dégagent des perspectives attrayantes et nouvelles. Mais l’usage des mots est tellement mal compris par nos civilisations, qui croient encore aveuglement à un univers mécanique uniquement régi par des relations de cause à effet, idéalement réductibles à une grande Cause Première et à un Effet Génésique absolu.

Vous en avez de bonnes ! Vous le prenez de haut avec la sexualité… La souffrance… et vous croyez que Hwi Noree et vous…
– Laissez-là en dehors de ça !
– Oh, oui ! Laissons-là ! Ne parlons pas de cette souffrance-là ! Vous faites le partage de l’acte sexuel, mais pour quelle séparation ? Vous n’y pensez même pas ! En quoi donnez-vous de vous-même dans ces conditions, pauvre crétin ?

Le présent est une distraction, l’avenir un rêve. Seul le souvenir à le pouvoir de libérer la signification de la vie. » Ces mots ne sont-ils pas merveilleux, Malky ?
– Tout à fait exquis, sacré vieux ver.
Moneo porta la main à sa bouche.
– Mais en réalité, reprit Leto, ils étaient stupides et fallacieux. Même à l’époque, je le savais, mais j’étais fasciné par leur beauté. En fait, le souvenir ne libère rien du tout. Sans l’angoisse spirituelle, qui est une expression non verbale, il ne peut y avoir de signification nulle part.

Alors cette 12ème lecture ?

« En fait, le souvenir ne libère rien du tout. Sans l’angoisse spirituelle, qui est une expression non verbale, il ne peut y avoir de signification nulle part. »

L’Empereur Dieu de Dune est un chef d’œuvre ! Un chef d’œuvre littéraire. Herbert nous convie à un voyage dans une histoire écrite avec des mots, et qui, sublime paradoxe, illustre la pauvreté des mots pour décrire le réel.

Décrire le réel ?

Décrire le réel, avec des mots ? Avec tous les mots de toutes les langues de notre histoire humaine ? Cela reste-t-il une supercherie ?

Le RÉEL de l’univers, du Cosmos et même au-delà (ce qui n’est ni « ici », ni « là ») refuse de se laisser enfermer dans des mots et dans leur significations réduite, local en temps et en espace. Et pourtant, humains que nous sommes nous cherchons un Sens !

« Dieu » est un mot !

Mais Non-Dieu est également un mot !

Lire le cycle de Dune, et parvenir au cœur de celui-ci, au plus profond, avant de remonter vers sa reconstruction, c’est vivre une expérience. Vivre un Mystère.

Il n’y a pas de secret dans l’empereur Dieu de Dune. Un secret est une information qui est caché qui sous-entend qu’il y a une vérité à découvrir !

Non, il n’y a pas de secret !

Il n’y a pas de problème à résoudre dans l’univers, car il n’y a pas de solution ultime de l’ingénieur qui puisse nous sauver.

Il y a un mystère ! Oui, il y a un mystère. Et c’est un mystère porté par des mots est une expérience non verbale qui est à vivre.

Nous sommes tous à chercher le sens. Le sens de la flèche du temps qui va quelque part. Leto, Enfant et Dieu fait le don d’aimer au-delà de tout et de garder le souvenir de tous les choix que nous n’avons pas fait afin de nous offrir alors le sens que nous cherchons temps, une cible à notre flèche. Car à chaque instant nous vivons l’expérience de vivre avec un corps animé par un psyché qui tente d’ouvrir la porte de l’esprit !

Nous vivons en 2019, 40 ans après l’écriture de l’Empereur Dieu de Dune, nous vivons un temps ou les universitaires en science humaine et sociale nous ânonnent à l’unisson de Nietzsche « Dieu est mort » ! Et Nietzsche devint Fou !

Et nous le voyons ce monde, nous le voyons sombrer dans l’hédonisme le plus crasse, le plus trivial. Un monde où nous en venons à confondre Cupidité (cupidon) et Amour, Intelligence (capacité à relier la matière et l’esprit) et Calcul (Combien cela me rapporte t’il ?) Divertissement et quo-naissance.

Un monde, où nous finissons par nous laisser nous même calculer par tout les algorithmes de nos frères ingénieurs, à la capacité de calcul importante mais à l’esprit totalement muré. Le Jihad Butlérien risque un jour de nous devenir une nécessité, si nous voulons avoir un « à venir » !

Même en votant, en ces temps d’élection Européenne, on ne fait que vouloir résoudre un problème de calcul, on ne vit pas l’expérience de l’esprit qui passe par le cœur !

L’empereur n’autoriserait pas le mensonge de la démocratie. Voter ne sera possible que lorsque nous aurions atteint la maturité de ne plus être calculable, par aucun algorithme et aucun Scientiste.

Vivre n’est pas un divertissement !

Lire le cycle de Dune de Herbert n’est pas un divertissement !

Herbert n’est pas Asimov.

Non dieu n’est pas mort, il nous attend depuis toujours et pour l’éternité avec seulement son Amour (Agapè, ni éros, ni Philia) !

Ne lisez pas l’Empereur Dieu de Dune : Relisez-le !