Adoration : la Source invisible

(pour l’athée en quête)

Haïku intérieur

Cercle de silence,
mon cœur s’ouvre sans un mot,
la lumière respire.

Tanka

Devant le cercle pâle,
mon cœur se déplie lentement.
Rien ne parle, pourtant
une clarté me traverse
et réchauffe mes lieux gelés.

Psaume

Toi qui n’as pas de nom,
ouvre en nous
le lieu où le silence respire.

Ouvre en nous
le lieu du silence.

Et que le silence
nous ouvre.

Devant moi repose
un simple cercle de matière,
pâle dans la lumière.

Rien ne proclame le sacré.
Rien ne promet le miracle.

Et pourtant,
quelque chose en moi s’ouvre,

comme si le réel
devenait passage.

Tu es l’espace qui appelle,
même lorsque je ne crois pas.

Ce cercle est comme un miroir
qui ne renvoie aucun visage.

Comme un œuf fermé
sur un monde inconnu.

Comme un petit globe
où demeure une énigme.

Je ne sais pas
ce que je regarde.

Mais ce que je regarde
semble me regarder.

Regard sans visage,
rends-moi à moi-même.

Lorsque je m’approche,
je ne sens aucune puissance.

Une douceur seule
traverse mes défenses.

Une clarté sans parole
demeure devant moi.

Je ne touche rien.

Et pourtant
quelque chose me touche.

Présence sans preuve,
tu fais trembler le cœur.

Le temps se déplie.

Les pensées se taisent.

Je demeure là,
sans demande,
sans réponse,

dans un présent
qui ne réclame rien

et qui semble
tout offrir.

Silence qui ouvre,
fais de nous un espace.

Parfois je m’endors.

Je ne donne aucun nom
à ce qui demeure.

Mais lorsque ma conscience se retire,
quelque chose travaille en moi.

Une réparation sans main.

Une guérison sans nom.

Nuit qui répare,
relève ce qui était courbé.

Un jour,
une lumière intérieure
devint plus claire.

Elle ne jugeait pas.

Elle révélait.

Elle montra
les lieux gelés de mon être,

les peurs,
les blessures,
les terres mortes.

Et sans parole,
elle les réchauffa.

Feu sans dogme,
rends vivants
les lieux morts.

Les jours qui suivirent
portèrent une paix étrange.

Le monde semblait
plus vaste.

La beauté trouvait
un passage.

Je ne sais pas
ce que j’ai rencontré.

Je sais seulement
que cela m’a ouvert.

Source sans nom,
nous marchons vers toi
sans savoir qui tu es.

Et pourtant
nous marchons.

Venez,
vous qui cherchez l’invisible.

Vous qui ne croyez pas.

Vous qui doutez.

Vous qui espérez
sans savoir encore quoi espérer.

Tenez-vous
devant le mystère.

Tenez-vous
devant la matière devenue seuil.

Ne réclamez pas
la certitude.

Ne forcez pas
le nom.

Recevez seulement
ce qui s’ouvre.

Un appel demeure.

Une ouverture demeure.

Un consentement demeure.

Et dans le silence,
nous avançons.

Vers la Source invisible.

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