18 janvier 2021 – premier

Iel est devant toi, libre.
« Je t’aime »
L’amour viens à toi,
Il t’illumine,
Allume tous tes organes,
Réveille ta vie.
Ton sourire monte,
En retour, tu l’abandonnes dans ses yeux.
« Je t’aime ».

Le gros mot !

A la lisière du néant
Une voix de flute fausse, perçante, acide simplificatrice,
Crée le doute
« Iel veut ton corps
Iel veut ta vie
Iel veut tout reprendre »
Tu fermes ta porte à l’amour
Tu souffres, ici
C’est la faute des autres, là
Si l’amour est perdu
Tu jettes ta haine
Tu te trompes de cible.
Le néant avance.

Enfin le sourire revient.
Et ils t’offrent le don,
Le don entre, par delà le don
L’amour refleurit.
Le néant ne peut gagner,
L’amour blessé
Ne sait qu’aimer encore plus.

Le néant ne peut pas gagner.

12 janvier 2021 – premier

Après avoir…

La brume en hiver
Au petit matin lumière
Les détails du monde.

Je me souviens :
Je me souviens de Viviane,
Nous avions six ans,
Assis sur les marches de son balcon,
Qui pour nous était escalier ambassadeur,
Aujourd’hui, ne sont que quelques dix marches de pierre.
Nous avions parlé tout l’après midi.
Assis là.
Jésus était sa meilleure copine d’alors.
Jésus était mon meilleur copain d’alors.
Nous avions parlé en ami,
En amour de six ans.
Elle est morte le jeudi suivant.
Sa mère l’avait noyé,
Avec sa sœur,
Et elle s’était à son tour noyé.
Les langues venimeuses du village avait fait leur œuvre.
Je revois les trois cercueils dans l’église,
Voisine de notre escalier.
Je revois, le père et époux qui pleure,
Un sanglot qui me traversait et me retournait.
J’entends encore ces pleures, ténèbre en caverne profonde.

Jésus était mon copain.
Je connaissais sa maison,
Je connaissais son père,
Je connaissais sa mère,
Je connaissais le sentier derrière l’enclot
Où je courais pour le rejoindre.
Et j’ai oublié.
Jésus à grandi.
Il questionnait.
Ses questions enveloppés nos questions,
Elles étaient vérités, en vérité.
Nos questions agglutinées, amalgamées, sculptées, gênés.
Alors, ceux gênés, l’ont tué.
Nous avons accepté leurs réponses.
Et oublié nos questions.
Oublié mon copain Jésus
Oublié Viviane et que Jésus était aussi sa copine.
Et j’ai suivis la route bitumé,
La voie rapide toute faite de nos technologies,
De leurs réponses.

Et, le sentier s’était enveloppé dans les brumes de l’hiver.
Un petit matin, je l’ai retrouvé.
C’est un chemin, une passe, baigné de brouillard et de lumière,
Où tout y surgit comme inattendu.
Un chemin de lumière où n’existe que les détails.
Le détail dans toute sa beauté.
Aucune vue d’ensemble.
Aucune voie rapide.
Viviane, son souvenir, m’est revenu.
Jésus, mon copain et sa copine, a surgit, inattendu.
Et j’avance en joie dans cette brume.

Qui, la prochaine fois ?

… Être ?

11 janvier 2021 – premier

Après Avoir…

Chaque jour, excepté le dimanche
Et ceux manqués,
Après le réveil,
Après la pluie d’eau de la douche,
Après le sifflement de l’eau bouillant,
Après le feu des 4 bougies,
Après une lecture,
Après le signe sur le corps,
Après avoir prié Marie
Après avoir prié Joseph,
Lui avoir confié ceux qui traversent la tourmente,
Par leur nom,
Après avoir prie la spirale des 5 saintes
Bernadette de Lourdes à l’Eau,
Thérèse d’Avila aux livres,
Thérèse de Lisieux aux fleurs,
Jeanne de Domrémy à l’épée,
Marie de Magdalena à l’anneau,
Après les lectures du jour,
24 minutes et 12 secondes,
Je viens vers Toi.

Les premiers temps,
Tu me parlais.
J’entendais ta voix au fond de moi.
Et puis le temps,
Tu es descendu plus profond.
Pour t’entendre j’ai dû,
Retrouver mon père,
Sa bergerie,
Les temps de bois,
Les temps de blé,
Les temps de tabac.
Se fut aisé.

J’ai dû,
Retrouver ma mère,
Sa vie bousculée,
Meurtrie par la vie,
Elle qui aimait écrire,
Elle qui aimait l’aventure,
Abimé par les électrochocs,
Retrouver sa foi folle,
Lui demander pardon.
Se fut douloureux.

J’ai dû,
Réapprendre ma sœur.
Se fut avec joie.

J’ai dû,
Retrouver Viviane
Mon amie noyée avec sa sœur et sa mère.
Nous avions six ans.
Ce fut, et c’est encore un chemin de peine.

J’ai dû,
Descendre plus profond en moi,
Rendre présent, ce que je pensais passé.
Non tout est là,
Pour réentendre ta voix.
Et tu descends encore plus profond
Sur ce chemin se sècheresse.
Sur cette voie au désert.
L’eau ne suffit pas,
Il faut le feu.
Ce feu qui chauffe la terre
Qui embrase l’air
Qui inonde la mer.
Ce feu qui nous demande de tisser.
Ce feu qui me demande de tisser la création permanente.
Tu es au plus profond.
Participé au travail d’IEL.

… Être.