19 avril 2021 – premier

Première Gymnopédie

L’amour est la pierre qui tombe
L’amour est vibration de cette chute répétée
L’amour est l’onde qui se propage
L’amour est l’éclat de la goutte
Particule de joie qui contamine alentour
Alors

MATIERE
TEMPS

Tu la croises
Le don de l’aimer t’est donné
Tu es contaminé par l’éclat doré
L’onde se propage de cœur en cœur
Et tous aiment
Le don se multiplie
Tu l’aimes
L’amour est

Tu l’aimes, elle est ton enfant
Tu l’aimes, elle est ton amante
Tu l’aimes, elle est ton épouse
Tu l’aimes, elle est ta sœur
Tu l’aimes, elle est ta parente
Tu l’aimes, elle est ton amie

Tu vis mystère d’aimer
Sans IEL ?

RIEN
NÉANT

Et quand tu te lasses
Rien s’infiltre
Néant absorbe les éclats
L’onde meurt
Disparait la vibration

Mais le Don est redonné
Il est sans fin
Éternel
Il est.
Soit

PS :
— Ton poème est mystique, Pff !
— Tu sais, j’aime mes enfants. J’aime celle avec qui je vis, j’aime ma sœur. J’aime mes parents, j’aime mes amies et mes amantes, et mes moutons et les pierres d’ici et les cieux étoilés, et Paris ou Gignat et aussi ailleurs, d’ailleurs. Ce n’est pas du « Mystique à toi, pff », c’est juste une expérience de vie du mystère d’aimer.
— …
— Et n’oublie pas, maintenant, le féminin l’emporte sur le masculin, les vieux barbons blancs ne veulent pas de l’inclusive. Et le neutre est féminin. Bonne journée. IEL est de retour.

Le silence est le lieu de l’écoute

Conversation avec mon etiomédecin :
— Tu te mets en retranchement
Tu uses d’une énergie inutile pour t’écarter du mal
Il n’y a que le silence qui le puisse
Ce silence qui ouvre sur l’écoute
Percevoir les synchronicités possibles
Nous vivons notre époque
Et en notre époque le mal sont l’assourdissante peur et la bêtise

Alors j’ai pensé à Notre Dame de Paris et ce que disait Mgr Aupetit :

Avons-nous honte de la foi de nos cathédrale est un lieu de culte. Avons-nous honte du Christ ? Oui, cette cathédrale est un lieu de culte, c’est sa finalité propre et unique. Il n’y a pas de touristes à Notre-Dame, car ce terme est souvent péjoratif et ne fait pas droit à ce mystère qui pousse l’humanité à venir chercher un au-delà de soi. Ce bien cultuel, cette richesse spirituelle, ne peuvent être réduits à un bien patrimonial. Cette cathédrale, œuvre commune au service de tous, n’est que le reflet des pierres vivantes que sont tous ceux qui y pénètrent. Peut-on vraiment par ignorance ou par idéologie séparer la culture et le culte ? L’étymologie elle-même montre le lien fort qui existe entre les deux. Je le dis avec force: une culture sans culte devient une inculture. Il n’est qu’à voir l’ignorance religieuse abyssale de nos contemporains, en raison de l’exclusion de la notion divine et du Nom même de Dieu dans la un sphère publique en invoquant une laïcité qui exclut toute dimension spirituelle visible.

Mgr Aupetit, Archevêque de Paris

Dans le bruit tonitruant ambiant de notre époque, nous ne pouvons plus, nous ne voulons pas, entendre les paroles discrètes et légères de la confiance (foi) que nous pourrions avoir en la vie. Nous sommes vivants et c’est déjà un miracle, une merveille. Et quoi que nous fassions, où que nous tentions de fuir, nous rencontrerons notre mort. Mais au-delà de cela, s’ouvre alors le hors du temps, l’éternité, et pas cette immortalité désiré par les peureux qui ont perdu toute confiance en la vie.
Un petit virus et c’est la panique…
Il y a ceux qui ont voulu faire de la « Qulture » une nouvelle religion « LAÏC » et en la croyance de l’inexistence d’IEL, de Dieu, et elle ressemble en cela au fourvoiement stupide des religions avec le pouvoir que l’autre.

Je n’ai pas honte de ma foi, de ma confiance en Dieu, et du chemin pris par Jésus, l’enfant de Marie. Mais parfois, je voudrait me mettre en retrait du bruit, alors qu’il suffit de trouver le silence des cieux, dont le mot hébreux désigne aussi ce qui est au dedans.

31 mars 2021 – premier

Tu étais venu comme à un appel
Au bord du canyon profond.
Tu étais esseulé au singulier
Le firmament offrait sa voie lactée
Chanté de sa voix en miscellanées
Mais le fond était sombre
Tu étais pris des vertiges
Ivresse du cosmos
Frisson des profondeurs.
Tu te voyais petit au creux des géants
Et élargi de tes sens

De l’autre coté
Une lumière,
Sa lumière.
Iel s’est approché du bord
Vis-à-vis
T’invitant.
Les cieux et le fond du canyon
S’éclairait
Brillait
Autour d’iel
Sa mère en lumière
Son père charpenté en éclat
Et les saintes
Toutes les saintes
Marie de Magdalena
Jeanne d’Arc
Thérèse la grande et Thérèse la petite
Jean et Pierre
Blandine et Paul
Et toutes les autres
Renvoyant et rayonnant sa lumière.

Tu pouvais les rejoindre.
Tu pouvais traverser au dessus du vide.
Avais-tu confiance ?
Avais-tu suffisamment de foi ?

Tu étais venu au bord…


Et ensuite….

Ensuite, après l’oraison, je pensais à ce et ceux que j’aimais. Je serais obligé d’écrire avec des possessifs, mais pourtant la seule chose qui m’appartienne c’est l’amour que j’ai pour eux. Et cet amour comment m’est-il donné ? Comment est-il né, d’où vient-il ? Par quel grâce m’a t’il été offert ? Mes enfants, mon épouse, mes amies, les personnes humaines qui ne sont pas personne, l’humanité, les moutons de mon enfance, Sheila, la chienne berger qui aux chaumes m’accompagnait. Elle surveillait pendant que je rêvais. Les moutons reste autour des rêveuses.

Et j’aime aussi la danse, les danseuses qui rayonnent dans la nuit en dansant au bord du canyon. J’aime mes amies kendoka. J’aimais ces moments de combat, ou le seul combat était contre soi même, aidé par l’aïté, l’autre, le partenaire vivant ce même combat singulier contre lui même et où je l’aidais. Pas de compétition, pas de compétences (même étymologie) de cette pensée néolibéral qui veut des gagnants et des perdants, des winers et des losers, non, juste l’amour de l’autre et la recherche de ses propres failles.

Et finalement j’aime aussi le jeu de rôle, ces aventures à vivre à plusieurs, une histoire qui nous accompagne et se fabrique collectivement. La même émulation le même amour que le kendo ou la danse. Regardait en face ses propres failles, ses propres faiblesses et découvrir au plus profond sa lumière. Cette lumière qui brille, qui nous est donné et que nous avons la liberté d’accueillir en marchant en confiance au dessus du vide du grand Canyon.

Hier au soir nous avons vue et revue Le Temps de l’aventure avec les actrices Emmanuelle Devos et Gabriel Byrne de Jérôme Bonnell. Une merveille qui m’a évoqué, Ulysse de Joyce, Élisabeth, la mère de Saint Jean-Baptiste, Certain passage de la fête de la musique m’ont rappelé Félini. Et aussi sur la route de Madison d’Eastwood. Un film fait de silence et de regard ou brille l’amour….

Art de la danse
Art martial
Art narratif
Aucun art qui se vend sur le marché
Des arts qui nous rapprochent de la lumière de la vie
De l’éternité
Sans nous infliger l’immortalité

Voilà ce que sont l’oraison de Sainte Thérèse, et voilà ce qui se passe après celle-ci.