Dérangé

En prière, aux jardins de nos silences,
les futurs établis par Big-Data ont déferlés.

Assis en oraison,
Le courant d’air glaciale transhumaniste, me pose question.
Dans ce verger pollué
D’égos en errance,
De mort des avenirs,
J’ai le sentiment inquiétant de voir surgir
Une bande,
Une clique,
Plus encore, une camarilla,
D’adolescents complexés et desséché,
Mais dont l’âge réel est bien avancé.
Ils portent dans leurs regards évidés leur échec spirituel intégral.
S’habillent de leur narcissisme exacerbé vacant,
Injustifié,
Ils se laissent penser que le monde, notre monde, notre terre,
Voudrait les garder immortel pour l’éternité.

C’est à la fois vertigineux, effrayant et abyssalement pathétique.
Et en ce jardin emparé,
Puis abimé,
Macron est leur fer de Lance.

Mais nous avons les poétesses, les artistes, les rêveuses et les joueuses
En toute Adelphité, iels inventent des mots nouveaux,
Des grammaires nouvelles,
Des inventions n’ayant encore jamais poussées,
Le jardin s’habille alors d’une beauté neuve.
Pas innovante, pas renouvelé. Non, naissante.
Le jardin où ne peut entrer le vieux monde.

Iels me disent à l’oreille,
N’importe où sur terre, tu es au bord du monde
N’importe où dans l’univers, tu es au bord de Cosmos.
Et de l’autre coté brillent d’une lumière sans pareil
La beauté et l’amour.

La crue

Je suis né Jésus
Je suis venu par ma mère Marie
Joseph et elle m’ont aidé à grandir
Devenir jeune homme
Charpentier et doux villageois
Joseph a fini sa vie terrestre
J’ai repris l’atelier
Et repris les chantiers
Devoir du fils envers sa mère.
Mais, elle savait.
Et à Cana, elle a tout déclenché.
Sur moi, Jésus le charpentier
A déferlé mon Père.
L’arroyo que j’étais
Est devenu ruisseau
Puis rivière
Puis fleuve
Un Jourdain d’amour en crue.
Un amour d’une telle quantité
D’une telle puissance
Qu’elle a débordé en crue
Recouvrant toute la terre de cet amour brut.
Le fleuve ne pouvait s’arrêter
Il fallait fermer la source et se sacrifier
Alors j’ai tout donné
J’ai donné ma mère, mon amour, mes amis, mon corps, mon âme et un instant même mon esprit.
Et tout s’arrêta,
la crue brute s’infiltra
Je revins par la porte de lumière, la porte de l’esprit.
Je me suis révélé à quelques unes et puis quelques uns.
La Terre a séché
Je me suis enfin soustrait à leurs regards.
Avais je été un rêve ?
Avais je été une illusion ?
Toute la Terre avait été fertilisé par la crue.

Et mes sœurs, et mes frères en humanité
Poursuivent le chemin de la vraie liberté
Celle de la créature devenue créatrice.

Marie le savait depuis le premier jour de ses 16 ans.
Et l’autre Marie l’avait compris quand elle me vit à Cana.
La liberté de la Vérité.


C’est le débordement des fleuves qui toujours nourrissent et renouvelle la Terre.
La Révolution française a débordé jusqu’à Moscou, mais quand elle se retira en Louis XVIII toute l’Europe avait était fertilisé. Et au printemps naissaient le renouveau.

Rien ne peut plus être comme avant, une fois que Jésus fut mort sur la Croix et qu’il fut ressuscité.

Que dire de ce qui viens de se passer en France à Gauche.
Est-ce une nouvelle crue ?
L’aubépine se joindra-t-elle au Muguet en ce premier mai ?

La Croix

En Croix
Chairs déchirées et clouées
Le cœur pur, flamboyant et mourant
Immobilisé
Si pure
Si lumineux
Il attire
Comme égrégore
Toutes les horreurs
Les veuleries
Les mensonges
Les haines et mépris
Les crimes
Les meurtres
Les trahisons et abandons
Toute cette puanteur s’agrège
À ce cœur d’Amour infini
A cette lumière sans fin
Pour l’assombrir
Et cet amas putride alourdi ce cœur
L’alourdi
La plongée
Jusqu’au point de la damnation
Il est alors l’être le plus damnable
Le plus damné
Alors il tombe dans la mort
Il tombe dans l’enfer.
Il tombe alourdis comme le plomb alourdis le scaphandrier
Il plonge au plus profond de l’enfer
Là où est la géhenne
Le lieu où est le néant
Qui dévore, dissout, annihile tout.

Il ne reste plus que ce cœur pur
Il s’allège
Il remonte
Remonte de plus en plus vite
Par delà la vitesse des lumières
La remontée
Sa remontée traverse et inonde tous les temps
Passé, présent et futur
Et hors des temps où rayonne l’AMOUR
Tout en est purifié.

Il est alors devant Marie Madeleine
Elle a vu le néant dans le tombeau
Elle s’est retournée
Il s’est fait reconnaitre
Elle peut en témoigner
Il est ressuscité
Il est vraiment ressuscité
Et en nous tout est sauvé
A nous alors de regarder nos défaillances
Et d’alléger sa souffrance
Pour franchir la marche du hors temps
De l’Éternité
Des Univers en création permanente
Hier, aujourd’hui, demain et hors des temps
En vérité

Francisco de Zurbaran (1598–1664), Le Christ en Croix (huile sur toile, 1627), Institut d’art de Chicago, États-Unis.