11 janvier 2021 – premier

Après Avoir…

Chaque jour, excepté le dimanche
Et ceux manqués,
Après le réveil,
Après la pluie d’eau de la douche,
Après le sifflement de l’eau bouillant,
Après le feu des 4 bougies,
Après une lecture,
Après le signe sur le corps,
Après avoir prié Marie
Après avoir prié Joseph,
Lui avoir confié ceux qui traversent la tourmente,
Par leur nom,
Après avoir prie la spirale des 5 saintes
Bernadette de Lourdes à l’Eau,
Thérèse d’Avila aux livres,
Thérèse de Lisieux aux fleurs,
Jeanne de Domrémy à l’épée,
Marie de Magdalena à l’anneau,
Après les lectures du jour,
24 minutes et 12 secondes,
Je viens vers Toi.

Les premiers temps,
Tu me parlais.
J’entendais ta voix au fond de moi.
Et puis le temps,
Tu es descendu plus profond.
Pour t’entendre j’ai dû,
Retrouver mon père,
Sa bergerie,
Les temps de bois,
Les temps de blé,
Les temps de tabac.
Se fut aisé.

J’ai dû,
Retrouver ma mère,
Sa vie bousculée,
Meurtrie par la vie,
Elle qui aimait écrire,
Elle qui aimait l’aventure,
Abimé par les électrochocs,
Retrouver sa foi folle,
Lui demander pardon.
Se fut douloureux.

J’ai dû,
Réapprendre ma sœur.
Se fut avec joie.

J’ai dû,
Retrouver Viviane
Mon amie noyée avec sa sœur et sa mère.
Nous avions six ans.
Ce fut, et c’est encore un chemin de peine.

J’ai dû,
Descendre plus profond en moi,
Rendre présent, ce que je pensais passé.
Non tout est là,
Pour réentendre ta voix.
Et tu descends encore plus profond
Sur ce chemin se sècheresse.
Sur cette voie au désert.
L’eau ne suffit pas,
Il faut le feu.
Ce feu qui chauffe la terre
Qui embrase l’air
Qui inonde la mer.
Ce feu qui nous demande de tisser.
Ce feu qui me demande de tisser la création permanente.
Tu es au plus profond.
Participé au travail d’IEL.

… Être.

7 janvier 2021 – premier

Typhon entre création et néant,
Il est là présent, au présent,
Il est là devant nos yeux d’esprit.
Se tisse l’avenir dans le présent,
L’avenir inattendu,
Chaque instant renouvelé.
Devant nous, Christ,
Crucifié de douleur, iel brule par le néant.
Il montre comment tisser.
Comment tisser,
Encore plus loin au cœur du typhon, Christ,
Comme un phare, ascension.
Héritage.

Apprendre à tisser l’avenir inattendue.
Il nous est donné l’esprit et un métier.
La boulangère tisse par son pain,
Le forgeron par sa charrue,
La maçonne par la maison,
Le cordonnier par les chaussures,
L’ingénieuse tisse par ses plans,
La paysanne par sa culture,
La patronne par son modèle,
Le compagnon par son partage.
Les métiers, les métiers.
Et chaque jour nous tissons.

Et le néant vomis la peur.
Et nous voulons un futur certain.
Et nous voulons calculer, prévoir, investir, épargner…
Mais l’ange de la mort inattendu vient.
Il vient malgré nos futurs tout bien pliés.
Virus en couronne.
Mais nous n’étions pas près.
Gloutonnant, amassant, avariçant, épargnant notre propre temps.
Dévorant notre propre matière.

Détruire ce futur de néant
Et ré-ouvrir la porte de l’avenir,
Renaitre à l’inattendu,
Renaitre à nous même.
En vérité.
Iel nous l’a montré.

Aujourd’hui

30 décembre 2020 – premier

J’ai égaré le chemin doré.

Je sais toujours, la maison.
La maison de Marie et de Joseph.
Au fond de la vallée, au bas du col,
Qui est la voie d’or.
Je sais encore humblement entrer.
Je vois toujours Marie à droite,
A la fenêtre,
Elle observe la rue,
Pour courir aider les enfants qui tombent.
Joseph, à gauche dans son atelier,
A fabriquer des charpentes
Dans le silence,
Pour ceux sans toit.
Je sais leur sourire
Et je sais leur salut.
Je sais le couloir du fond
Qui s’ouvre sur l’enclot.
L’enclot au centre de basse cours et bergerie.

Et je savais la sortie de l’enclot qui montait au col de lumière.
Mais là, plus de chemin.
Juste un brouillard noir et gris.
Un néant.
A la barrière, Lucifer est là debout
Toujours à donner ses conseils
Ses mauvais choix proposés
Qui nous font libre.
Il est là,
Effrayé par le néant du brouillard.

Le chemin doré n’est plus.
Alors sans espoir,
Sans certitudes,
La peur déplacée derrière moi,
Et comme seule force, la foi,
Je m’élance.
Mes propres pieds se perdent au brouillard
Je monte mes mains pour les voir.
Je ne vois plus de chemin.
Le souvenir seul m’aide.

Et j’entends ta voix.
Une toute petite voix,
Somme un souffle imaginaire, imperceptible.

« Le chemin n’est plus de lumière.
Mon enseignement qui vous offrait les questions
S’est perdu.
Les questions, votre seul moteur.
Vous pouviez créer la montagne de questions,
Pour monter,
Elle s’appelait Science.
Vous avez préféré les grises technosciences.
Vous avez préféré des certitudes,
Des réponses sans chemin,
La voie du néant.
Vous n’avez plus de questions inattendues,
Juste des réponses sans rien.
Un futur calculé vers le néant.
Même l’ange déchu est effrayé.
Pour retrouver le sentier
Il est bon d’entendre le murmure de ma voix
Et laisser vos pas en joies vous porter. »

J’ai égaré le chemin doré.
Mais j’ai retrouvé la voie par sa voix.