Variation sur Hemingway

Aller =====================

OLDMAN
— Comme on n’a rien pris par tes erreurs, ce soir, Petite, nous partons pêcher au large. Plus loin que je ne suis jamais aller. Là-bas, le gros poisson nous attend, je sens que la chance est avec nous.
PETITE
— C’est une connerie, Oldman. Votre chance ne vous souris pas, elle vous fait un clin d’œil d’allumeuse pour vous attirer vers le naufrage, c’est de la pure drague de pervers.
OLDMAN
— Incroyable ! Votre génération a perdu le gout de l’aventure, Petite. Même le goût de la séduction de l’autre, cette attirance pour le véritable autre a été perdu. Vous êtes enfermé dans la non-pèche de Narcisse. Vous voulez tout arrêter.
PETITE
— Mais, c’est vous qui avez, tout détruit ! A nous, il ne nous reste rien. Rien qu’une pauvre vie, près de rivages sans aventure possible, sans désir. Elle-même est piloter par des puissants que vous avez mis en place et dont on peut même plus se débarrasser. Ah, pour le coup vous avez bien profité. Vous péchiez le gros poisson, hein ? Près des côtes, et maintenant, il faut aller au large, pour le trouver l’espadon ? Et vous voulez en plus nous faire mourir dans votre naufrage ?
OLDMAN
— Bien sur que j’irais au large. Et, avec toi. Et je te prouverais que je peux encore pécher l’espadon et mettre en fuite le requin.
PETITE
— Alors on perdra trop tout pauvre vieux fou ! Nous sommes trop irréconciliables Oldman.

===================== et retour

PETITE
— On n’a rien pris, à cause de vous, Oldman. Allez, on tente trop la grosse aventure du grand large. La chance est avec nous ce soir.
OLDMAN
— Non, pas ce soir, petite, ce que tu prends pour de la chance n’est qu’une méchante œillade de séducteur pervers qui veut nous attirer dans ses pièges retors et mortel.
PETITE
— Trop lâche ! Vraiment, votre génération n’est faite que de tièdes et de marcheurs dans des rails toute faites. C’est ça le pouvoir des vieux ? Le pouvoir des mâles ? Et ça se croit tombeur ? Vous vous êtes arrêtez sur le bord, et, vous n’avez vraiment aucun courage ! Maintenant, Oldman, il faut le tenter, le grand large.
OLDMAN
— Mais que crois-tu, Petite, petite idiote ? Que votre génération est mieux que les autres ? Elle, comme les autres. Elle veut tout changer, tout casser, tout abandonner, rejeter les anciens. Elle veut nous faire tous disparaitre dans un naufrage en croyant nous amener au grand large. Elle croit aller plus loin que nous. Ah, vous le voulez le gros espadon ! Et vous voulez nous le démontrez que vous êtes les plus forts. Et, surtout vous, les filles, vous voulez montrer que ces vous, les puissantes.
PETITE
— Bien sur que nous irons vers ce grand large, et trop que oui, nous le pécherons ce gros espadon, et même, nous les vaincrons ces foutus requins.
OLDMAN
— Alors nous perdrons tout, stupide gamine ! Décidément, nous sommes donc irréconciliables, Petite.

Quelques Matins du monde

Eye of the Tiger

Nous avions des voix d’adolescents qui cherchaient à se caler sur des marches militaires détestées. Nous haïssions l’armée, nous haïssions la guerre. Pourtant nous rêvions de violences et de courir ensemble dans un même rythme. Nous lisions Dune et nous embarquions pour Arakis, marcher avec les Fremens, marcher dans leur pas de guerriers libérateurs sans rythme. Nous étions jeunes et nous vivions nos contradictions comme de grands paradoxes spirituels. Nous étions des garçons qui voulions gardés nos jeux d’enfants avec la certitude que cela faisait de nous des adultes, des hommes.
Et elles sont arrivées. Elles avaient durant le temps de l’adolescence pris tant d’avance sur nous que nous fumes mitraillés dès le premier regard, dès le premier mot d’amour. Elles étaient des femmes avant même que nous soyons des hommes. La musique enfantine s’était arrêtée.

Singe au sourire triste

C’est au détour dune rue que je suis tombé sur lui ce soir d’hiver 1993. Il était là, en plein milieu du carrefour. Il arrêtait les voitures pour sauver le jeune chat affolé. L’homme n’avait plus que la peau sur le os, et des guenilles lui servant d’oripeaux. Il bouger tel un épouvantail battu par les vents mauvais de l’hiver. Et il criait : « mais faites attention au chat, automobiliste du diable. Il a le droit de vivre le chat. » et dans un geste inattendu, il s’empara prestement du chat qui allait passer sous la roue avant gauche du 4×4. Alors apaisé, le chat dans les bras, il revient vers le trottoir, sa maison, et il arborait ce sourire qui depuis me hante, celui d’un singe triste. Même quand on n’a plus rien, il y a toujours un jeune chat maigre à qui donner son amour.

Odeur de Citron

Hélène sur ses longues jambes maigres marchait dans la ville avec nous, arborant son Levis 501. Elle portait toujours son sac de cuire en bandoulière comme Zapata portait ses cartouchières pour faire la révolution. Hélène était brune, fine le regard bleu acier et le sourire cristallin. Un sourire qui se brisait soudain sous la voix de l’homme qui se comportait en propriétaire. Quand elle était avec nous, elle était garçon, quand elle retombait sous son influence, elle redevenait petite fille. Elle était notre copain, et elle demeurait sa chose. Si nous lui disions qu’il abusait d’elle, il se dégagé d’elle une telle fureur qu’elle nous acidifié le cœur. Encore aujourd’hui je me demande ce qu’est devenue Hélène. Qu’est devenu mon copain des villes ?

Miroir

Un matin d’oraison, un son, une image, un mot. Et me voilà partant derrière le miroir. La moitié de Roire.

Le chêne blanc qui était le symbole de la puissance et de la force. La moitié de ce Robur le conquérant. Sa moitié, son épouse perdue, son âme en miroir, voilà ce qu’elle lui adressait par delà le néant. Oh Nemo, tu as tellement cherché cette époque perdue que tu as perdu la porte qui te conduisait vers elle. La porte de la confiance, mais, tu ne savais que voir le néant. Il te fallait pour la retrouver t’y jeter en ayant une confiance absolue, la Foi.
Ce matin encore, dans mon matin d’oraison carmélite, je me demande si je ne suis pas un miroir de ce Robur de Jules ?

Mes Voyages de Jim à Jules.

Genèse

Au commencement était le désir. Il n’avait ni forme, ni mots. Il était seulement là déjà présent endormi et en appelle.
Il y eu un 1er janvier 1985, Une invitation pas comme les autres à passer ce passage ensemble. Il y eu alors le premier pas du désir sous la forme d’une murder party pour cette nuit là. Abraham était assassiné par un des personnages importants de la bible. Il y eu alors un matin et une parole :
C’était super, est ce que tu connais le jeu de rôle ? Achète Donjons et Dragons boite rouge cela devrait te plaire. Et c’est ainsi qu’un 3 janvier 1985 l’aventure en « aventurie » commençait.

Mon premier joueur, aujourd’hui on dirait ma première joueuse, de test Phil, son personnage Mac Clure. Et puis rapidement s’ajoutèrent Marc (Maitre d’Ocre, un elfe) et Jeanne Paul (Fordaine une voleuse petite gens). Du même temps une autre équipe se constituait et commençait avec Lise (Dédhés la guerrière), Christine (Claire des Marteaux) auquel s’ajouteraient Claude, Philippe et parfois Olivier.

Mais c’était le premier groupe qui continuerait le plus loin et longtemps. Marc venait d’acheter Rêve de dragons et je découvrais alors de nouvelles règles de nouvelle façon de jouer. J’acquérais au cours des années de nouveaux jeux comme Chill, Pendragon, Hurlement ou l’appelle du Cthulhu qui me convertissait un temps au D100 avec un système maison. Entre temps je partais pour Lilles pour suivre une formation d’ingénieur en informatique avec Marc et en 1988 se constituais l’équipe qui allait donner naissance à Ultereith. Marc (REPMF) reprenait son personnage de maitre d’Ocre qui devenait un ancipiel, Gilles créer son mage époustouflant Gurdwyn, auquel j’avoue en tant que maitre du jeu en ce temps je mis énormément d’entrave, Alain (REPMF) créer son barbare tragique Odric, Éric créer un voleur et alors il parcourait la campagne édifiée pas à pas les années précédentes, et prenait le nom des 3 orchidées. Quand elle fut finie, après avoir joué quelque temps à un Star Wars uchronique, je commençais à la suite des 3 orchidées, mais 1900 après, les premiers scénarii de Retour de Pendule, un cyberpunk avec quelques zones sauvages et abimés en post-apo auquel. Alain était parti à 29 ans des suites de son cancer, nous pensions souvent à lui. Ce fut une période de grand jeu ou l’on se retrouvait une fois par mois à Lille pour des parties de 12 heures. C’est alors qu’apparu le personnage Gama, de Gilles, ce Gama qui allait donner le nom des portes d’ouverture dans la galaxie pour vers le bruit, mais en même temps nous évoquions souvent la période du grand hiver entre les trois orchidées et retour de pendule. C’est donc la campagne « Les Mangeurs de Pierres » qui fut écrite en premier pour faire vivre cette période SteamPunk glacé. En 1999, en pleine campagne des mangeurs de Pierre, nos enfants qui avaient 7 ans nous demandèrent de les faire jouer aussi. C’est ainsi qu’est né Marmo. Donc nous jouions la nuit et le lendemain après midi nous faisions jouer nos enfants !

Et puis j’ai commencé à m’intéresser à l’antiquité d’Ultereith et naissait en moi le désir d’une campagne antépisode péplum aux trois orchidées qui se serait passé avant le noir chemin. Cet évènement est le jalon du calendrier des trois orchidées qui se déroule en l’an 1000 après le noir chemin.

Mais je lisais la compagnie noire et le coté sombre m’avait donné l’idée d’une petite campagne noire et dure pour les joueurs (joueuses ? non pas encore à cette époque.) et les personnages se déroulant dans le nord 100 ans avant les 3 orchidées, « Pour quelques knotz ». C’est à cette occasion, ne pouvant nous voir qu’une fois par mois, nous avons mis au point avec Gilles, Marc, Le frère de Gilles Daniel et Pierre une méthode de jeu, une partie par correspondance et une partie ensemble. En l’an 2000 environ. La partie en correspondance qu’on appelait alors du « Rôle Writing ».

A paris, des collègues de bureau voulait s’initier au jeux de rôle alors j’ai entamer l’écriture d’une campagne autour de hurlement, devenu hurlement de chimère et convertis dans les règles du dK. Avec, nous parcourions l’histoire de France de 1066 jusqu’à la révolution française. Emma, Olivier, Olivier, Thomas et Ludo me feraient vivre cette belle histoire durant 3 ans, 9 fois par ans qui se construisait au fur et à mesure jusqu’à rejoindre Marmo et Ultereith dans une chronologie étonnante.

Encore quelques années, les enfants grandissaient et les espacements pour Lille s’agrandissait jusqu’à un jour s’arrêter. Marc partait aussi suite à son cancer. après Marmo, mes enfants terminé la campagne commençait avec ce jeu. Je découvrais le DK et je convertissais tout dans ce système. Les campagnes recommençaient de nouveau avec mes enfants et leurs amis. Tout était plus mature pour moi. L’ensemble des campagnes fut joué de 2008 jusqu’en 2016, date à laquelle ma fille partie pour Istres pour la danse et que mon fils entamait son master en STAPS, pour devenir thérapeute par le sport. Les parties s’éloignaient de plus en plus, un peu de Hellywood, un peu de Tenga, un peu de D&D 5.
Je décidais de relire encore une fois mes campagnes et de les convertir à nouveaux vers D&D version 5, en gardant des apports du dK2 système qui m’avait beaucoup plus. Et puis un matin le désir m’as pris d’écrire un jeu de rôle pour explorer les questionnement et difficultés des premiers Chrétiens. C’est ma dernière création avec le système qui me semblait le plus adapté, celui d’Hellywood. Ce jeu n’a été ni testé ni joué. Cela se fera peut-être quand je m’en donnerais les moyens.

Une vie de jeu de rôle de 1984 à 2021, et cela continue son bonhomme de chemin. J’achète encore des jeux de rôle comme « Dune » en pré-commande ou « Clefs des nuages ». et maintenant j’appelle un joueur, une joueuse et je renomme le maitre du jeu, la maitresse du verbe.

Et je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de parler ainsi de mon parcours en jeu de rôle. Un autre jour je parlerais du Kendo et un autre jour de la poésie.
Mystère.