À la ligne : Feuillets d’usine par Joseph Ponthus

25 juillet 2020 je referme le livre, j’en ai terminé la lecture. Je suis abasourdi. Qu’est ce que je viens de lire. C’est mon épouse, qui m’avait invité à le lire.
Pourquoi cette impression d’avoir parcouru plusieurs millénaires. Pourquoi cette impression de profondeur.
Et puis je comprends, je viens de lire l’Odyssée. L’histoire racontée en vers du voyage de retour d’un Odysseus, d’un Ulysse moderne qui tente de rejoindre son épouse depuis le plus profond des enfers. L’enfer des poissonnerie et l’enfer des abattoir ou la Mort industrielle règne en maitresse absolue. Et Cette mort se nourris des bêtes, se nourrit de l’énergie vitale de ces prolétaires, de ces guerriers qui doivent donner la mort, dépecer l’animal, quelques heures avant encore vivant et le découper pour que la forme finale soit acceptable comme un bon produit consommable dans nos maisons tranquilles, polies et quiète du bourg. La mort est tenue éloigné de nous. Nous ne savons plus que nous mangeons des êtres vivants, tuer pour quelques deniers par d’autres êtres survivants.

Et cet Ulysse devenu Homère pour l’occasion me raconte, en vers pour être sûr que je ne les oublie jamais. Le vers étaient le moyen de cette antique antiquité pour se souvenir des histoires importantes, pour nous enseigner en ces temps ou l’on ne pouvait faire totalement confiance à la chose écrite.

Joseph Ponthus devenu Odysseus, était le porte drapeau de ces prolétaires que la bourgeoisie ne veut pas voir, ne veut pas entendre, ne veut pas payer. Ils font parti de ce que Macron et ces gens de l’indigne et ignoble (sans noblesse) rassemblement LREM qualifie des « riens ». Il devait enfin retrouver son épouse et son chien.

Mais Joseph, Baptiste a rejoint Odysseus dans la mort et il peut enfin accéder à l’éternel intemporel. Loin de nos aveuglements volontaires et simple.
J’ai la Foi et j’ai confiance pour Baptiste, son saut dans le néant sera rattrapé par Dieu IEL même. Il rejoint la création, de créature il devient créateur.

Joseph Ponthus nous restera, à nous les vivants comme le témoin du combat qu’il nous reste à mener.

Et moi en juillet 2020, j’avais préparé mon retour de lecture et je l’avais oublié. Elle viens de revenir à la surface. Je souhaite que nous rendions tous hommage a ce grand guerrier mythique et antique venu nous aider a comprendre ou nous en sommes, individuellement et collectivement.

Germinal par Zola

La bourgeoisie.
La bourgeoise des ces hommes et de ces femmes qui vivent dans le bourg. Ils y vivent, ils y dorment et ils s’y nourrissent. Dehors, hors le bourg et hors les mur, il existe aussi une humanité qui y pèche en combattant la mer, une humanité qui fait pousser en combattant les saisons, qui y creuse sous terre pour en extraire fer et charbon en combattant le feu.

Toutes ces personnes humaines quand elle voit un danger, elle le cris violemment, s’emporte promptement et aime tout aussi promptement, car tout est danger et la vie peut y être abrégé rapidement, on n’y prend pas le temps de la politesse, de la forme distrayante. Mais celui du bourg n’aime pas cela, il le qualifie de vulgaire, de grossier, car lui dans le bourg, il a le temps de la politesse et de la distraction, il a l’argent pour payer ce que ceux de la mer de la terre ou de sous la terre ont péché, fait poussé ou exhumé.

Le bourgeois politise, organise, ordonne et se sert. Dans le bourg, pas de loup, pas de danger si ce n’est celui des humains eux même.

Alors Zola fut !

Zola et ses Rougon-Macquart. Zola et son tome 13, comme on dirait le tome 13 de Berserker. Un tome 13 qui vient nous raconter une histoire chthonienne comme ces nouvelle du père Lovecraft. Un titre comme un mois révolutionnaire, un mois nommé par une bourgeoisie jetant au sol, seigneur et leur monde rurale. Germinal n’est pas printemps. Le mois de Germinal, un mois sans saison. Les mois de la raison ou sort ce qui fut semé en vendémiaire. Mais en Bourgeoisie-Land il n’y a plus de place a la terre, au printemps, au fées et aux lutins, au petit peuples et aux monstres, il n’y a que des mots qui deviennent le divertissement. Et de ce Germinal aller naitre ce codex qui nous raconterais le parcours de ceux qui défouissent le charbon.

De toute la série des Rougon-Macquart c’est, lui, ce tome 13, ce Germinal, qui m’a le plus rapproché de mes ancêtres du XIXème siècle. C’est peut-être parce que mon prénom est Étienne.

Avec de tel monument, il est difficile de proposer une critique singulière, sur le style, les personnages, l’époque, les descriptions tout a été dit.

Je crois que j’aimerais retrouver l’œil et l’innocence des premiers lecteurs de ce roman, ceux qui le lisèrent quelques jours après sa première publication. C’était, en des temps ou le cinéma n’existait pas et que les mots devaient provoquer l’image. Et que les paysages, les mines, les corons et les chemins boueux devait se construire dans l’imaginaire avec des mots.

Les mots…

Les maux

Est-ce qu’en ces temps d’étrange « Pandémie », des mots nouveaux vont naitre qui ne soit plus des distractions.

Des phrases

Fichez-moi donc la paix, avec votre évolution ! Allumez le feu aux quatre coins des villes, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être en repoussera-t-il un meilleur.

Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d’être des bourgeois à leur place.

Rien n’est jamais fini, il suffit d’un peu de bonheur pour que tout recommence.

Souffle la chandelle, je n’ai pas besoin de voir la couleur de mes idées.

En juin, les blés étaient grands déjà, d’un vert bleu qui tranchait sur le vert noir des betteraves.Les peupliers du canal s’empanachaient de feuilles.Des herbes envahissaient le terril, toute une vie germait, jaillissait de cette terre, pendant qu’il geignait sous elle, là-bas, de misère et de fatigue.

Alexander Vantournhout au Centquatre Paris

Se réveiller au matin d’une première sortie en salle de spectacle, au centquatre Paris, en 7 mois, recevoir autant et éprouver admiration et colère sans limite. Alexander Vantournhout est un danseur contemporain Belge. Un danseur qui dans son solo, un de ses premiers après sa sortie de PARTS, nous interroge sur le corps.
Il est nu, mais de cette nudité qui nous entraine dans la fragilité du corps. Alexander possède la virtuosité d’un Paganini, d’un Mozart, mais il reste près de nous pour nous offrir la profondeur d’un Bach. Il ne sous emmène pas vers une admiration de son égo, mais il nous invite à nous poser des questions sur notre propre nudité, et nos propres fragilités. Et puis par moment, il revient vers nous, tous l’univers se réduisant à ce corps et nous souris, debout, nu, nous rappelant que tout cela n’est pas à prendre trop au sérieux. La danse (comme les arts martiaux) est un humanisme. La danse (comme les arts martiaux) est une spiritualité. La danse (comme les arts martiaux) nous relie.

Et ma colère.
Après le spectacle, les personnes présentent ne partaient pas. Nous n’avions pas envie de partir. Nous restions là, assis et savourer, la salle, l’ensemble, les regard masqués à 2 mètres les uns des autres. Le Désir de nous jeter dans les bras les uns des autres. Mais c’est interdit.
La loi, ce gouvernement d’humains desséchés, de cœur et d’esprit nous l’ont interdit, ces engeances du Rien, du Néant.
La crise n’est pas sanitaire. La crise qui tue tout ces gens du spectacle est celle du néolibéralisme. Et pour éviter la catastrophe (étymologiquement fin d’une histoire avant le commencement d’une nouvelle), il nous dirige vers un désastre (la perte des astres, de ce qui empêche la possibilité de créer une nouvelle histoire).
Et tout cela en utilisant l’abject ingénierie sociale (pour nous pousser à consentir en signant nous même nos autorisations de sortir), à avoir peur de la Mort, sachant que nous humains si nous possédons encore un peu d’esprit, nous accédons à l’éternité (pas à l’immortalité des trans-humains et leur technologie), à la belle fragilité de l’éternité de l’être.
Ce soir là en allant avec mon épouse « rencontrer » Alexander Vantournhout, nous avions l’impression de traverser Paris avec une valise remplie de charcuterie en 1942. Nous avions l’impression de transporter des documents pour la résistance. Voilà ma colère, laquelle des deux.
Et nous avons besoin de pouvoir tous déposer nos questions sur cette montagne commune, afin que de cette montagne de questions surgissent un jour de plus, un jour à venir, un avenir, certes incertain mais par nos peurs dans le dos, un jour inattendu, improbable, miraculeux. Sortir de ce futur morbide calculer par le big data néolibéral et les humains desséchés trans-humains de tous ces LREM, MODEM RN et autres contaminés PS et EELV en mal de pouvoir.

Merci à Alexander Vantournhout, de m’avoir offert ses propres questions et m’avoir permis de trouver aussi les miennes. Voilà pourquoi la danse me parle et voilà aussi pourquoi le kendo me manque.