Civilizations par Laurent Binet

Pas de citations

Je n’ai trouvé aucune phrase qui me donne envie de les prendre comme citation.

Mon expérience de lecture

C’est ainsi…

Je me suis ennuyé comme trois points de suspensions en attente …

Et pourtant c’est une forme que je trouve toujours riche
L’Uchronie.
Mais là rien…

Je me suis ennuyé comme trois points de suspensions en attente …

Où sont les maitre du haut château, complot contre l’Amérique, la part de l’autre, la séparation, rêves de gloire, rêves de fer, à perte de temps … etc…
Mais là Rien …
Juste l’ennui …

Ce n’était pas pour moi, finalement.

A 4158

Avec Fragonard, dans des draps d'aube fine par Sophie Chauveau

Les belles phrases

L’insomnie est un des plus grands moments de solitude entre soi et le lit, où se pose, cruciale, la question de la fiabilité du lit et de l’absence de Dieu, Chargé symboliquement du pouvoir de Léthé, du grand besoin d’oubli, il prend l’importance vitale « d’un répit dans l’inquiétude ». Cioran qui s’y connaissait à déclaré l’insomnie seule forme d’héroïsme au lit !

Naguère, elle le gardait dans sa couche le temps des relevailles… Là aussi, finies les riches relevailles de jadis qui s’achevaient en cérémonie d’action de grâces, le jour où la neuve accouchée retournait à l’église pour la première fois.

Sa jeunesse libertine, italienne et partageuse, ne lui a rien celé des mille et un plaisirs que glorifie le siècle, auxquels il sacrifie. Avec allégresse. C’est exactement cette joie radieuse qui caractérise l’amour et le libertinage au XVIII® siècle. Et Frago est le représentant le plus emblématique de cet éros solaire qui culmine avant l’échafaud.

les draps du gigantesque lit d’hôtel est resté dans mon souvenir. Le fougueux amoureux qui immaculé m’y avait attendu toute la nuit ? Pfuitt ! Évaporé. Son prénom, son visage, son sourire, le grain de sa peau, le goût de sa bouche ? Envolés. La somptuosité du lieu a tout remplacé. C’était une étreinte trop onéreuse pour moi, trop prétentieuse. Elle n’a pas su laisser d’autre trace que son adresse. Ostentatoirement dépensière, trop chic pour être honnête.

Alors, à la lire ?

… c’est à venir, je suis encore en cours.. Et cela en valait la peine

« C’est exactement cette joie radieuse qui caractérise l’amour et le libertinage au XVIIIème siècle. Et Frago est le représentant le plus emblématique de cet éros solaire qui culmine avant l’échafaud. »

Cette phrase, en fin de page 39 et début de page 40, a provoqué ma relecture immédiate depuis le début. Et cette fois avec, en tête, l’époque ! Le moment ou la société basculera du libertinage aristocratique vers l’austérité bourgeoise et bien-pensante, monnayable, bankable dirait-on aujourd’hui. Entrevoir et penser Fragonard évoque d’autres époques en synchronie à la sienne. Et Sophie Chauveau a su me restituer les merveilles de cela par son regard sur un seul tableau, un dessin de cette homme de ce siècle.

D’un coté Éros et de l’autre Thanatos, quand on oublie les autres dieux le monde devient manichéen et violent. Éros ne peut que perdre. Le lit, à la fin, c’est la mort qui gagne, mais « Bordel ! » qu’est-ce que ce fut bon et que de joie au-delà de la jouissance, une joie qui transcende le bonheur. Ce lit finalement devient une des portes de l’esprit (pas le bon esprit mental, l’esprit qui relève de la spiritualité) et j’en remercie cet autrice, qui avec pudeur ce dévoile, nous offrant aussi un part intime d’elle-même.

Devant le Christ de Velasquez par Miguel de Unamuno

Extraits

D’un bras à l’autre s’ouvre sans traîtrise
ta poitrine entière, pâture d’amour ;
au creuset de ton agonie, terrible,
tu embrasses l’infini dans les bornes
du chemin du soleil qui ne se couche
ni jamais ne se lève…

Chevelure…

Libres à l’air libre ils recueillaient les perles
de la rosée de l’aube sur lesquelles
le soleil a fait briller des éclats
de l’arc céleste de promission.
Ils te furent oreiller sur les chemins
quand sur la terre dure tu posais
ta tête ; les renards ont des tanières,
les oiseaux ont des nids, mais nul abri
tu n’as eu pour Toi, divin mendiant.

Expérience de lecture

à venir…
… et à venu

Une personne humaine, il y a 2000 ans réenchante la spiritualité d’un temps devenant calculateur. Il meurt et provoque l’apparition d’un lumière que l’on n’a pas finis d’explorer.

Une personne humaine, au 17ème siècle peint l’instant ou la première personne humaine délivre sa lumière. Cette représentation invente une nouvelle lumière un nouveau regard sur le premier.

Une personne humaine en Espagne, au 20ème siècle, un homme regarde ce tableau et plonge dans les mots pour nous l’offrir en poème. Et nous avons toutes les dimensions et reviennent toutes les questions.

Nous, personnes humaines qui recevons, nous faisons nos choix et là question nous est posée : Qu’avez-vous fait de toute cette lumière ?

Nous sommes alors bien loin de la fade littérature proposé en 2019 sur le Christ. Quelque chose nous est offert, libre a nous de l’accepter !

Notre Dame de Midi par Paul Claudel

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme,
L’Éden de l’ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,

Parce qu’il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

Rimbaud le fils par Pierre Michon

Citations

Ce refus d’un maître visible, on l’appelle chez Rimbaud révolte, juvénile révolte, mais c’est très vieux, comme le vieux serpent dans le vieux pommier, comme la langue qu’on parle. C’est dans la langue qui dit je, quand elle passe par- dessus la tête des créatures visibles et ne daigne s’adresser qu’à Dieu.

Comme l’eau dans la roue, on voit bien que ça exulte; on ne peut décider si cela met fin à l’Occident ou une fois de plus le relance; mais à tort ou à raison on s’accorde à penser que c’est miracle d’écrire, à dix-neuf ans, dans un grenier des Ardennes, cette poignée de feuillets hermétiques comme Jean, abrupts comme Matthieu, métèques comme Marc, policé comme Luc; et, comme Paul de Tarse, agressivement modernes, c’est-à-dire dressés contre le Livre, rivaux du Livre.

Expérience de lecture

Pierre Michon a relu une saison en Enfer d’Arthur Rimbaud. Alors il se décide d’en écrire sa critique Babelio. Elle est trop longue, elle déborde, et va au-delà du nombre de mots autorisés. Il se laisse emporter, il est transporté, il nous parle de Rimbaud de son Rimbaud, comme un Proust pourrait nous en parler, comme une Régine Deforges pourrait nous l’offrir. Il nous donne sa propre littérature, une littérature de peintre, de photographe, de poète. Oh, le gros mot est lâché, de Poète.

Le rôle de la poésie est d’entrouvrir une porte, une porte immatérielle, et, qui, suivant son inclinaison donne sur l’enfer du néant ou la création permanente du jardin d’Eden.
Nous avons le choix, nous sommes libres, libre à chaque instant comme un Arthur Rimbaud , comme un Pierre Michon, libre de choisir sur quel vision ouvre cette porte personnelle.
Rimbaud est le dernier des pères de la poésie, père qui n’a pas de fils, Père sans Fils. Père parce qu’abstrait, (suivant son étymologie latine « séparé de »), une mère c’est trop concret pour Arthur Rimbaud, trop charnel, trop présent, trop aimant de manière concrète et possessive.

Pierre Michon nous offre la genèse d’un père qui n’aura pas de fils, il ne peut s’offrir que lui-même et disparaitre, nous laissant à notre tour libre. Libre de suivre Proust, Deforges, Michon ou de retourner explorer Céline.

C’était ma première entrée en lecture de Pierre Michon.
Et je dis, oui, je vous suis.

L'apocalypse selon Dürer par Alberto Manguel

Citations

On raconte que Robespierre, avant de décréter chaque nouvelle atrocité, demandait « Au nom de quoi ? » Mais tout être humain sait, de conviction intime, que nul acte de terreur ne peut être justifié. Devant la constante cruauté du monde (et aussi, malgré tout, ses miracles quotidiens de beauté, de bienveillance et de compassion) nous chagrin et se rassurer un peu sur sommes stupéfaits car elle et ils surgissent sans justification, de même que le miracle de la pluie, ainsi que Dieu l’explique à Job, tombe là « où il ». Le caractère primordial n’y a point d’hommes de l’univers semble être la gratuité.

Dans ces domaines-ci, ainsi que le savait Dürer, l’échec réside, implicite, dans les plus grandes réussites, puisqu’il désigne l’état d’incomplétude de toute grande œuvre d’art et de toute découverte scientifique importante. L’artiste crée une œuvre qui doit être complétée par son public et est, par conséquence, nécessairement imparfaite : c’est par les vides de l’œuvre que le lecteur y insuffle la vie. Le scientifique procède par questionnements, puisque toute réponse définitive fermerait la voie et empêcherait d’avancer. Mallarmé parlait de « la Muse de l’impuissance qui inspire à chaque entreprise artistique un certain degré d’échec lui permettant de survivre.

Mon expérience de lecture

Ce fut un réel plaisir de lire ce petit essai sur une œuvre pictural qui m’interroge au plus haut point, comme m’interroge ce livre du nouveau testament qu’est l’apocalypse de Saint Jean.
J’en viens à penser que tout artiste, chorégraphe, peintresse et peintre, poétesse et poète, romancière et romancier, essayiste, musicienne et musicien doit se confronter à un moment de son parcourt à deux œuvre :
L’odyssée d’Homère
L’apocalypse de saint Jean.

Les cendres de Babylone par James S.A. Corey

The Expanse, j’aime ce cycle car il respecte les conséquences des choix fait par les personnages. Il n’y a pas de Deus Ex Machina, même si parfois on peut trouver quelques Diabolicus ex machina, respectant en cela le principe, « si le pire peut arriver, le pire arrivera ».

J’aime beaucoup la conclusion de ce volume, par deux problèmes toujours existant en fin d’histoire mais l’un devient la solution de l’autre. C’est une belle conclusion.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ces romans, alors que les cycles (excepté celui de Dune Père) bien souvent m’ennuient. Toutefois Je ne pense pas que je lirais les suivants, j’ai peur d’une dilution des personnages, et là où j’en sui cela me laisse une belle aventure en hard science fiction.

Comme un bal de Fantômes par Eric Poindron

Haïku trouvés à l’intérieur

C’est un peu de moi-même dans ces terrains vagues
Où se déploient lentement
Les souvenirs de celui que je fus

Le vent d’été
est une chanson ancienne
et confidentielle

Je me souviens il y avait un cirque dans tes yeux
Des fauves et du feu
Des trapèzes volants aussi

Mon voyage au sein de ses vers

Je me suis promené dans certains mondes ruraux que je connais bien. Lui l’homme de la champagne, fils de viticulteur, moi enfant d’Auvergne fils d’éleveur de brebis de laine et cultivateur de tabac. Et puis la ville nous a happé tout deux. La ville, les villes l’ont transformée en un dandy libertaire s’appropriant une grande culture et c’est, là, que sa poésie perd alors un peu de son caractère sacré. Elle devient « rigolote » et « divertissante ». Toutefois on sent malgré tout, qu’au fond de lui brille encore une lumière inspirée qui continue de percer.

Ce bal de Fantômes est un recueil de poésie ou éclate la sincérité d’une personne humaine qui reste humble (l’humus de quelque chose de brillant) et conscient de ses failles et faiblesse. Une poésie qui nous invite à un regard aussi sincère sur nous même.

Merci Éric !

Voyage au bout de la nuit par Louis-Ferdinand Céline

Évidemment Céline !

Une écriture en coups de poings dans la gueule par lesquelles les cicatrisations font naître un nouveau visage, un nouveau regard.

Le voyage est une plongée dans l’humaine condition d’un temps, de tous les temps. Un voyage au cœur des injustice et de la noirceur de l’âme humaine, une âme vieille et noircie depuis 60 000 ans ! Céline n’aborde pas la lumière ! Mais comme disait Léonard de Vinci pour faire ressortir la lumière je travaille l’ombre.

Céline m’a permis de comprendre et de prendre garde à mes colères qu’elles ne doivent jamais se transformer en haine.

Si l’injustice reste, il vaut mieux prendre les habits de la tristesse et de la mélancolie pour la diluer que ceux de la haine ou du bourgeois mépris !

Une amie m’a peint un jour un portrait de lui à l’huile sur bois ! Ce tableau est toujours à ma gauche pour me rappeler que le génie n’est excuse pour Rien !

La peste par Albert Camus

Et voici un roman, une œuvre littéraire et philosophique qui me fut donné de lire jeune, (en 1980). J’ai en souvenir la question de notre professeur de français sur ce roman : Qu’elle est la question posée ? Et cette question posé par Camus raisonne encore et reste toujours d’actualité. La réponse est-elle à la hauteur : Collaborer ? Résister ? Choisir de faire, aimer, sauver, libérer ? Ou ne rien faire ? Dans notre monde ou Nietzche à voulu tuer « Dieu, le grand Esprit, Allah, Yahvé, Agapé » avec pour seul autre Dieu en substitution : Mammon, l’Argent et comme retour de bâton comme un don l’absurdité la plus crasse de notre monde, l’humanisme n’y suffira pas !

Alors la réponse de Camus à ce monde d’alors et d’aujourd’hui, c’est la Question posée. C’est agir en donnant et en demandant !

Les questions posées à ce monde cynique sont la Réponse, elles nous permettent de choisir malgré son absurdité d’agir pour ne pas sombrer dans ce rire diabolique qui laisse à penser que le cynisme est une forme d’intelligence.

La Peste me hante encore aujourd’hui !

Ce roman me hante !

Hanté mais confiant, non pas en l’Ego hyper-narcissique et consumériste mais en un Soi qui aime, qui aime soi et l’autre, les autres !