Si c’est un homme par Primo Levi

Primo Levi, ce nom sonne comme le premier levain passé, ce levain primordial qui permet la levée du premier pain de nos fournées présentes et futures.
Nous sommes dans l’enfance de l’humanité, et peut-être sa période la plus trouble, celle de ses 5 ans, capricieuse, coléreuse et elle reste petite, apeurée, jalouse, en quête de sécurité et de jouets qui flattent.

La frustration nous met dans les mêmes états de colère que l’injustice, et, si la colère ne trouve pas vite une cible, elle conduit au mépris, à la dépression ou à la haine.

Nous sommes enfant car pétrit de cette peur sur laquelle le pouvoir pourra toujours jouer, lancer ses maux et les voir rebondir les uns contre les autres dans ceux qui sont à sa merci.

Admirable Primo Levi qui personne humaine mature observa du cœur de l’enfer tout ces évènements, leurs conséquence et leurs enchevêtrements. Et puis, humblement comme un humus bienfaisant, il nous restitua, à nous, ses héritiers, tout cela dans son livre « Si c’est un homme ».

L’humanité est dans son enfance. 6000 ans d’enfance, alors qu’il en faudra 15000 pour arriver à la maturité, c’est terrible pour des personnes humaines qui ont déjà atteint cette maturité, ils n’ont plus alors que le loisir de témoigner, afin que nous apprenions et que nous soit révéler ce que désir notre cœur profond.

Le purgatoire (en comparaison de l’enfer des camps de concentration) avec ses organisations de multinationales s’achemine vers cette enfermement des gens, des personnes humaines dans un modèle où des managers deviennent des kapos contre lesquelles nous ne nous allierons pas. Ces managers nous supprimerons nos espaces au point de les réduire à une petite boite de 80 x 80 x 60 cm et c’est à nous de trouver une place de travail dans un espace construit pour suivre un progrès (non humains) dans un temps moderne (sans respect de la dignité des anciens) et une sorte d’idéal digital qui favorisera l’Idéisme (la fabrication d’idée « innovante », mot qui ne veut en fait rien dire).
Et là, chaque personne pris dans sa peur du pouvoir en place s’affronte contre ceux qui pourrait être ses alliés.

Et j’ai repensé à Primo Levi.

Je pensais que si ceux qui prétendent avoir un pouvoir légitime, l’avaient lu, au moins avoir lu « si c’est un homme », et je ne parle pas de lire Hannah Arendt, il serait alors attentif au mal collatéral qu’ils provoquent et qui fait naitre un égrégore dans leurs prises de certaines décisions sans conscience, nourrissant ainsi la tour de Sauron.

Tout se mêle alors. Nous sommes dans l’enfance de l’humanité, dans ses 5 ans. Atteindra-t-elle sa maturité ?

Merci Primo, de nous aider quand même.

Finalement je suis revenu à l’église

C’est un article de 2014 dans la revue Aleteia, que j’ai lu récemment qui m’a fait comprendre pourquoi j’ai éprouvé cette nécessité de revenir à l’Église.
Je le reproduit ici pour en garder une trace.

« Je ne suis pas vraiment intéressé par la religion. Je crois que l’énergie spirituelle transcende la religion. C’est en tout cas ce que j’ai essayé d’intégrer dans ma musique. » Alors que lisais cette confession du chanteur folk Noah Gundersen, quelque chose m’est revenue : j’avais déjà entendu cette phrase auparavant. Presque au mot près. Mais où ?

C’est alors que j’ai compris : j’entendais ce témoignage de spiritualité et d’ouverture d’esprit partout autour de moi.  Le mouvement « spirituel mais pas religieux » était devenu à la mode en insistant sur l’amour, l’émotion et la croyance en une puissance supranaturelle. Cette dernière dépasserait les églises, les dogmes et mêmes les conceptions religieuses traditionnelles de Dieu.

Pour vous en rendre compte, lisez ces citations des grands noms de la musique américaine actuelle :

Lady Gaga :

« Je suis une personne spirituelle… Il n’y a vraiment aucune religion qui ne condamne ni ne rejette personne, et je crois vraiment en l’amour et au pardon pour tous ».

Justin Timberlake :

« Je pense que pour me définir, le terme serait plus spirituel que religieux”.

Beyonce :

« Je suis plus en faveur de la foi et de la spiritualité que de la religion en elle-même. Je pense qu’il faut faire le bien autour de soi et ne pas juger les autres ».

Jay Z :

« Si je devais définir mes convictions religieuses, je dirais que je crois en un seul Dieu. Mais que je ne crois pas en la religion ».

Katy Perry :

« J’ai été éduquée de façon si stricte et rigide que maintenant ma vie est beaucoup plus relâchée… J’adhère à beaucoup de spiritualités, notamment tout ce qui tourne autour du New Age que j’ai intégré à mon quotidien. »

Pink :

« Je suis très axé sur la spiritualité. C’est ce qui me protège dans la vie. Mais je ne crois pas en une religion organisée. Comment un groupe d’individus pourrait avoir raison et tous les autres avoir tort ? »

Cela vous lasse déjà ?

Il faut aller prendre un peu l’air avant de réécouter les défenseurs de l’existentialisme athée.  On vous épargnera les phrases du style « je ne suis pas vraiment une personne religieuse, mais je pense que Dieu et le libre arbitre sont des leurres. Nous avons été jetés dans cet univers où règnent l’horreur et la mort ».

Les artistes « spirituels mais pas religieux » semblent de plus en plus devoir tenir ce genre de discours. Ils évitent ainsi le dogmatisme actuellement prédominant, tout en se dissociant du matérialisme ambiant. Ils ne peuvent pas dire ce qui est vrai exactement, mais, pour autant, ils ne vont pas entièrement adhérer à la question de la transcendance (qu’un être supranaturel soit à l’origine de notre présence ici-bas). En bref, ce discours à la mode serait la « voie médiane » entre le nouvel athéisme et la religion d’antan.

Apparemment, les jeunes de la Génération Y sont plutôt d’accord avec leurs stars préférées. L’art ne ferait alors que refléter la société. 72% de la Génération Y s’identifiait comme « plus spirituelle que religieuse », et la proportion de personnes ne s’identifiant à aucune religion particulière (mais ne se disant ni athées, ni agnostiques) montait en flèche aux Etats-Unis.

Dans son livre, Bad Religion, le chroniqueur Ross Douthat fait valoir de façon tout à fait convaincante que la spiritualité qu’il nomme « Oprah-Chopra », celle du « Dieu auto-construit », n’est rien de plus qu’une hérésie quasi-gnostique. Il continue en affirmant « La religion du « Dieu auto-construit » apparaît comme parasitaire pour les formes de croyances plus dogmatiques (…). », « Elle peut d’ailleurs montrer une certaine superficialité puisque les vraies conversions spirituelles vont généralement de paire avec un recentrage vers une spiritualité commune ».

D’autres auteurs du monde de la culture, et ayant des profils différents, ont fait des observations similaires. Lillian Daniel, du Huffington Post, qualifie par exemple de barbants les « spirituels mais pas religieux ». Il soutient en effet que pour mûrir, la spiritualité a besoin d’une communauté.

Alan Miller, un laïc, va plus loin. Pour lui, la mode du « spirituel mais pas religieux » est la pire des choses car elle offre la possibilité de se « défiler ». Il ajoute que « cette nouvelle tendance pour la spiritualité offre très peu possibilités à la transformation personnelle. Il n’y a rien qui concernerait un projet pouvant nous inspirer ou nous transformer. »

Le rabbin David Wolpe va aussi dans ce sens : « la spiritualité est une émotion ; la religion est une obligation. La spiritualité apaise ; la religion mobilise. »

Ainsi, le nœud des critiques réside dans le fait que le « spirituel mais pas religieux » n’est finalement qu’une philosophie autorégulée. Elle manque du contrôle et de l’équilibre donnés par la communauté et la tradition. Comme le Père James Martin l’a déclaré « la religion peut me recadrer face à la tendance que j’ai à penser que je suis le centre de l’univers, que j’ai toutes les réponses, que je connais Dieu mieux que tout le monde, et que je suis celui à qui Il parle le plus clairement ».

Bien entendu, rien ici ne dit que la religion n’a pas besoin de la spiritualité, de recherche personnelle et parfois de doute. Comme l’a noté le Père Martin « sans la spiritualité, la religion devient une liste de dogmes sans saveur, sans lien avec l’esprit de la foi. C’est ce contre quoi Jésus nous a mis en garde. Et, sans religion, la spiritualité peut vite devenir de l’autocomplaisance, bien loin des bienfaits que peut apportés une communauté ».

En d’autres termes, la religion et la spiritualité sont intimement liées et ne sont pas viables l’une sans l’autre.

Mais indépendamment de si oui ou non la « spiritualité sans religion » est tenable, une chose semble être en tout cas claire. En effet, si la tendance actuelle persiste et que les témoignages de nos faiseurs de mode continuent de s’éloigner des formes traditionnelles de la foi, le « spirituel mais pas religieux » va rapidement devenir, ou peut-être l’est-il déjà, la norme de pensée.

Quant aux jeunes qui sont un peu plus rebelles, une religion deux fois millénaire pourrait bien être pour eux la voie à suivre.

Deux hommes de bien par Arturo Pérez-Reverte

Quelques phrases en chemin

…avec pour principal instrument de sape révolutionnaire les doctrines des philosophes et leur culte acharné de la raison qui empoisonne l’ordre naturel et insulte le divin : le cynique Voltaire, l’hypocrite Rousseau, tergiversateur Montesquieu, les impies Diderot et D’Alambert, et tant d’autres dont l’infâme pensée a forgé cette Enciclopedia…

– L’orgueil, don Hermès, quand un peu d’intelligence l’assaisonne, peut être une vertu aussi utile qu’une autre.

En réalité, ajouta-t-il peu après, ce sont les Bringas et leur rancune sociale qui ont précipité la Révolution en France. Les Lumières auraient pu rester une affaire de salons, d’entretiens entre aristocrates, de cafés élégants fréquentés par les théoriciens de la philosophie nouvelle. C’est le désespoir des pauvres diables aigris qui, en retentissant dans les couches sociales les plus basses, a fini par enflammer le peuple. En fait, plus que tous les encyclopédistes réunis ce sont les fanatiques rancuniers comme notre abbé fou de frustration et de haine qui ont jeté les gens dans la rue.

— Eh bien… Elle a eu de la chance.

Chantal fait une grimace de doute et regarde de nouveau ses mains couvertes de taches de son.

— ça dépend de comment on voit les choses, dit-elle au bout d’un moment. Pauvre et malade, Margarite Dancenis s’est suicidée trois ans plus tard en avalant cinquante grains d’opium dans un la place Maubert. Elle s’est éteinte – comme tout ce monde brillant naguère élevé si haut et alors immigré, dispersé ou disparu dans les brouillards de Londres, sur les rives du Rhin, ou sous la lame de la guillotine – dans le regret, je suppose, des jours passés rue Saint-Honoré, où philosophes et littérateurs, mêlés aux perruquiers et aux libertins, discutaient la régénération du monde une coupe de champagne à la main, adossés au manteau d’une cheminée.

— Ne croyez-vous pas que n’importe quel être humain peut être éduqué à la manière douce? En définitive, la culture est source de bonheur, puisqu’elle développe la Lucidité du peuple.
— Je ne crois pas. Du moins dans la première phase. Parce que la populace n’est pas faite pour penser.
Le rire serein, doux et aimable de l’Amiral se fait entendre.
— Je vois que vous baissez un peu la garde, monsieur l’abbé. Vous vous contredisez. Ce propos sur la populace, c’est Voltaire qui l’a tenu, et vous ne le tenez pas en haute estime.
— Sur certains chapitres, cet opportuniste attaché au luxe et aux rois a vu juste, répond Bringas prestement. En fait, l’être humain, cet infortuné accoutumé aux grossiers, n’est éduqué que par la raison et la peur…

Je ne suis pas le seul a ne pas apprécier Voltaire, finalement !

Et alors ce roman ?

« Deux hommes de bien » est un aller-retour de Madrid à Paris, ou deux hommes vont se rencontrer et nous offrir leur propre rencontre, deux hommes accompagnés par une ombre en souffrance.

L’auteur nous invite à cette promenade dans une époque, une autre belle époque, une « avant la révolution française » , comme un « 1912 » avant sa grande tuerie de « 14-18 » . Les personnes humaines croisées sont touchantes, attachantes, et éloignées de toutes caricatures.
En commençant la lecture, je croyais que j’aurais des réticences par rapport aux commentaires de l’auteur. Mais ce n’est pas comme ces auteurs insupportables et narcissiques des années 90-2000, c’est juste un auteur qui parcourt lui-même sa propre création et ses propres difficultés pour nous rendre cette époque au plus juste.
Très très beau roman d’Arturo Pérez-Reverte !

Durant les 10 jours de lectures, je me suis promené aussi dans notre automne nouvelle, notre automne de 2019. Une automne si différentes des 57 autres que j’ai connu, une automne qui m’évoque que quelque chose d’inattendu est en train de surgir dans l’horizon. En écho avec ce roman.

Dune 4 l’Empereur Dieu de Dune par F. Herbert

Les citations

Les questions sont mes ennemies. Car mes questions explosent ! Les réponses bondissent comme un troupeau apeuré, noircissant le ciel de mes inéluctables souvenirs. Une seule réponse, une seule ne suffit pas.

Le visage de Moneo s’illumina
– Mon seigneur, je m’efforce d’en saisir les principes directeurs.
– Les principes, à l’usage, s’avèrent éphémères, Moneo. La créativité régie par des lois, cela n’existe pas.

Idaho se pencha vers lui.
Expliquez-moi donc, Atréïdes, en quoi les femmes font de meilleurs soldats que les hommes ?
– Elles ont plus de facilité à mûrir.
Déconcerté, Idaho secoua la tête.
– Elles ont une manière purement physique de passer de l’adolescence à la maturité, explique Moneo. comme dit le Seigneur Leto, porter un bébé neuf mois dans son ventre, cela vous transforme.

La religion, au début, était un monopole réservé aux femmes, qui ne leur fut arraché que lorsque le pouvoir social en jeu devint trop important. Les femmes ont été les premières à faire de la recherche et à pratiquer la médecine. Il n’y a jamais eu d’équilibre marqué entes les sexes, car le pouvoir va avec certains rôles de même qu’il va toujours avec la connaissance.
Les mémoires volés

Mais Leto n’avait pas profité des circonstances. Il n’usait que modestement des ressources de la technologie ixienne : Une machine par-ci, un appareil par là. Il n’avait qu’à décrire le service dont il avait besoin, et peu de temps après le jouet lui était livré.

Vous voulez vous moquez de moi, Mon Seigneur ?
-Entendre c’est Entendre. Une chose qui existe ne peut être transformée en elle-même car elle existe déjà. Être c’est être.
-Ces mots étranges…
-Ne sont rien d’autre que des mots. Je les ai prononcés. Ils se sont envolés. Personne ne les a entendus, par conséquent ils n’existent plus. Et s’ils n’existent plus, peut-être pourrait-on les faire exister à nouveau, de sorte que quelqu’un ait une chance de les entendre.
-Pourquoi me lancez vous des vannes, mon seigneur ?
-Je ne te lance que des mots. Et je le fais sans crainte de t’offenser, car j’ai appris que tu n’as pas d’oreilles.
-Je ne vous comprends pas, Mon Seigneur.
-C’est le début de la sagesse. Découvrir l’existence de quelque chose que l’on ne comprend pas.

Les gens qui m’ennuient le plus sont les tartuffes libéraux. Je me méfie des extrêmes. Grattez sous la surface d’un conservateur et vous découvrirez quelqu’un qui préfère le passé à n’importe quel avenir. Grattez sous celle d’un libéral et vous trouverez un aristocrate en col blanc. C’est ainsi ! Les gouvernements libéraux dégénèrent toujours en aristocraties.
Les Mémoires Volés

La connaissance des drogues fut à l’origine un domaine presque exclusivement masculin dans la mesure où les hommes ont davantage le goût du risque, prolongement de l’agressivité du mâle. Tu as lu la Bible Catholique Orange; par conséquent tu connais l’histoire d’Eve et de la pomme. Il y a un fait très intéressant à propos de cette histoire : Ce n’est pas Eve qui a cueilli la pomme et qui à gouté la première. C’est Adam. et à cette occasion, il a appris à rejeter la faute sur Eve.

Leto plissa les paupières en songeant : Moi, pour ma part, je considère que les mots sont surtout utiles quand ils dégagent des perspectives attrayantes et nouvelles. Mais l’usage des mots est tellement mal compris par nos civilisations, qui croient encore aveuglement à un univers mécanique uniquement régi par des relations de cause à effet, idéalement réductibles à une grande Cause Première et à un Effet Génésique absolu.

Vous en avez de bonnes ! Vous le prenez de haut avec la sexualité… La souffrance… et vous croyez que Hwi Noree et vous…
– Laissez-là en dehors de ça !
– Oh, oui ! Laissons-là ! Ne parlons pas de cette souffrance-là ! Vous faites le partage de l’acte sexuel, mais pour quelle séparation ? Vous n’y pensez même pas ! En quoi donnez-vous de vous-même dans ces conditions, pauvre crétin ?

Le présent est une distraction, l’avenir un rêve. Seul le souvenir à le pouvoir de libérer la signification de la vie. » Ces mots ne sont-ils pas merveilleux, Malky ?
– Tout à fait exquis, sacré vieux ver.
Moneo porta la main à sa bouche.
– Mais en réalité, reprit Leto, ils étaient stupides et fallacieux. Même à l’époque, je le savais, mais j’étais fasciné par leur beauté. En fait, le souvenir ne libère rien du tout. Sans l’angoisse spirituelle, qui est une expression non verbale, il ne peut y avoir de signification nulle part.

Alors cette 12ème lecture ?

« En fait, le souvenir ne libère rien du tout. Sans l’angoisse spirituelle, qui est une expression non verbale, il ne peut y avoir de signification nulle part. »

L’Empereur Dieu de Dune est un chef d’œuvre ! Un chef d’œuvre littéraire. Herbert nous convie à un voyage dans une histoire écrite avec des mots, et qui, sublime paradoxe, illustre la pauvreté des mots pour décrire le réel.

Décrire le réel ?

Décrire le réel, avec des mots ? Avec tous les mots de toutes les langues de notre histoire humaine ? Cela reste-t-il une supercherie ?

Le RÉEL de l’univers, du Cosmos et même au-delà (ce qui n’est ni « ici », ni « là ») refuse de se laisser enfermer dans des mots et dans leur significations réduite, local en temps et en espace. Et pourtant, humains que nous sommes nous cherchons un Sens !

« Dieu » est un mot !

Mais Non-Dieu est également un mot !

Lire le cycle de Dune, et parvenir au cœur de celui-ci, au plus profond, avant de remonter vers sa reconstruction, c’est vivre une expérience. Vivre un Mystère.

Il n’y a pas de secret dans l’empereur Dieu de Dune. Un secret est une information qui est caché qui sous-entend qu’il y a une vérité à découvrir !

Non, il n’y a pas de secret !

Il n’y a pas de problème à résoudre dans l’univers, car il n’y a pas de solution ultime de l’ingénieur qui puisse nous sauver.

Il y a un mystère ! Oui, il y a un mystère. Et c’est un mystère porté par des mots est une expérience non verbale qui est à vivre.

Nous sommes tous à chercher le sens. Le sens de la flèche du temps qui va quelque part. Leto, Enfant et Dieu fait le don d’aimer au-delà de tout et de garder le souvenir de tous les choix que nous n’avons pas fait afin de nous offrir alors le sens que nous cherchons temps, une cible à notre flèche. Car à chaque instant nous vivons l’expérience de vivre avec un corps animé par un psyché qui tente d’ouvrir la porte de l’esprit !

Nous vivons en 2019, 40 ans après l’écriture de l’Empereur Dieu de Dune, nous vivons un temps ou les universitaires en science humaine et sociale nous ânonnent à l’unisson de Nietzsche « Dieu est mort » ! Et Nietzsche devint Fou !

Et nous le voyons ce monde, nous le voyons sombrer dans l’hédonisme le plus crasse, le plus trivial. Un monde où nous en venons à confondre Cupidité (cupidon) et Amour, Intelligence (capacité à relier la matière et l’esprit) et Calcul (Combien cela me rapporte t’il ?) Divertissement et quo-naissance.

Un monde, où nous finissons par nous laisser nous même calculer par tout les algorithmes de nos frères ingénieurs, à la capacité de calcul importante mais à l’esprit totalement muré. Le Jihad Butlérien risque un jour de nous devenir une nécessité, si nous voulons avoir un « à venir » !

Même en votant, en ces temps d’élection Européenne, on ne fait que vouloir résoudre un problème de calcul, on ne vit pas l’expérience de l’esprit qui passe par le cœur !

L’empereur n’autoriserait pas le mensonge de la démocratie. Voter ne sera possible que lorsque nous aurions atteint la maturité de ne plus être calculable, par aucun algorithme et aucun Scientiste.

Vivre n’est pas un divertissement !

Lire le cycle de Dune de Herbert n’est pas un divertissement !

Herbert n’est pas Asimov.

Non dieu n’est pas mort, il nous attend depuis toujours et pour l’éternité avec seulement son Amour (Agapè, ni éros, ni Philia) !

Ne lisez pas l’Empereur Dieu de Dune : Relisez-le !

Dune 2 Le Messie de Dune par Franck Herbert

Citations

Chaque civilisation doit affronter une force inconsciente susceptible d’annuler, de dévier ou de contrarier presque toute intention consciente de la collectivité.
Théorème tleilaxu (non vérifié)

Dois-je comprendre que ce Hayt est chargé d’empoisonner l’esprit de Paul ? » demanda la princesse.
« En quelque sorte », dis Scytale.
« Et qu’en est-il de la Qizarate ? »
« Pour transformer l’envie en inimitié, il suffit de la plus intime des suggestions, du plus léger glissement d’émotion. »
« Et la C H O M ? »
« Il se rangeront du coté du profit. »
« Que faites-vous des autres puissances ? »
« Il suffira d’invoquer le rôle du gouvernement, dit Scytale. Nous annexerons les moins puissants au nom de la morale et du progrès. Ceux qui s’opposent à nous périront de leurs propres contradictions.

Chani, mon aimée, murmura-t-il, si tu savais combien je donnerais pour mettre fin au Jihad, pour ne plus être confondu avec cette divinité que les forces de la Qizarate ont fait de moi. »
Elle trembla tout contre lui. « il te suffit d’ordonner. »
« Oh, non… Même si je mourrais maintenant, mon nom les guiderait encore. quand je pense que le nom des Atréïdes est désormais lié à cette boucherie religieuse… »
« Mais tu es l’Empereur ! Tu peux… »
« Je suis une figure de proue. Lorsque l’on fait de vous une divinité, il n’est plus possible au soi-disant dieu de refuser la divinité. »

Ainsi il y a des limites à vos pouvoirs ? A ce que vous pouvez voir ou faire ? »
Avant que Paul ait pu répondre, Alia intervint : « Ma chère Irulan, la prescience ne connait pas de limites. Est-elle inconsistance ? La consistance n’est pas un aspect nécessaire de l’univers. »
« Mais il vient de dire… »
« Comment mon frère pourrait-il vous donner des informations explicites sur les limites d’une chose qui n’en a pas ? Les frontières échappent à l’intellect. »

Paul regarda la ghola. La présent du Bene Tleilax.
« Duncan, Duncan, murmura-t-il, que t’ont-ils fait ? »
« Ils m’ont donné la vie, mon Seigneur », dit Hayt.
« Mais dans quel but t’ont-ils formé et offert ? »
« Afin que je vous détruise. »

Mais la vision demeurait en Paul. Le but terrible ne lui laissait aucun choix.
La chair s’abandonne, pensa-t-il. L’éternité se retire. Les eaux circulent brièvement dans nos corps. Brièvement nous sommes intoxiqués par l’amour de la vie, brièvement, nous nous fixons sur d’étranges idées avant de nous soumettre aux instruments du Temps. Que pouvons-nous en dire ? Je suis advenu. Je ne suis pas, je suis advenu…

Oh, les lois… dit-il. Il s’approcha de la fenêtre et écarta les rideaux. qu’est-ce donc que la loi ? Un contrôle ? La loi filtre le chaos et laisse passer… quoi ? La sérénité ? La loi, notre idéal le plus élevé et notre premier fondement. Ne te penche pas trop sur la loi. Si tu le fais, tu découvriras les interprétations rationalisées, la casuistique légale, les précédents commodes. Et tu trouveras la sérénité, qui n’est jamais qu’un autre mot pour mort. »

Les mots et lire

Et cette douzième lecture ?

Autant Dune est la genèse organique de l’accomplissement d’un destin prédéterminé par des circonstances inexorables qui fabrique Paul, pour en faire un nouvel empereur d’un nouvel Empire, autant le Messie de Dune est le combat de cette même personne humaine pris dans le piège de ce qu’il est devenu et des conséquences de ce qu’il devint.

La tragédie est à son point ultime (Nous sommes au moment ou Phèdre croit que Thésée est mort et qu’elle va pouvoir aimer Hippolyte sans se cacher).

En cette 12ème lecture du Messie de Dune, je prends conscience a quel point l’écriture est un enfantement, portant en elle tout son mystère.

Le messie de Dune est à quatre niveau de lecture.

La première est celle des sensations, celle du corps. Nous accompagnons presque physiquement ce qui arrive à des personnes humaines.

Le deuxième est psychique. Nous sommes emmener par nos Émotions, et nos réflexions sur la politique, sur le pouvoir et ses formes inconsciente ou secrète, à travers les trames invisibles.

Le troisième est spirituel. Ou en suis-je ? le « JE » lecteur la vision de ma propre place dans cette univers provoque un vertige abyssale. « Essence », « existence » provoqué avec des mots écrits sur des pages, des mots issus du monde psychique de la pensée, mais aussi physique du livre que j’ai dans les mains et m’empire à travers une nouvelle expérience de l’esprit.

Le quatrième enfin est de l’ordre de l’inconnaissable. Il y a quelque chose qui nous est inaccessible, un mystère que l’on sent consister dans un intervalle inférieur à 9 * 10^(-42) seconde (la constante de Planck).

Est-ce vrai de toute création ? Voilà en tout cas une histoire qui même à une douzième lecture ouvrant de nouvelles portes.

En mode douzième lecture, Pourquoi le cycle de Dune est-il à Lire ?

Il nous interroge sur le pouvoir, et sur celui ou ceux qui détiennent ce pouvoir ou s’en nourrissent ! Que voulons nous ?

Nous vivons un temps et un questionnement proprement « Dunien » !

A venu…

Dune par Frank Herbert

Je commence aujourd’hui 4 mars 2019 ma douzième lecture du cycle de Dune !

Citations

C’est à l’heure du commencement qu’il faut particulièrement veiller à ce que les équilibres soient précis.

Il contempla sa main qui avait traversé la souffrance, regarda la Révérende mère. Il venait de déceler dans sa voix quelque chose d’inconnu. C’était comme si les mots avaient été scintillants, pleinement détachés, définis. et il savait que chaque question qu’il pourrait désormais poser amènerait une réponse qui l’élèverait hors de son monde de chaire vers quelque chose de plus grand.

Vous n’êtes pas infaillibles « , dit Jessica, et elle défiait le regard des yeux anciens.
 » Ce qui est fait est fait « , dit la Révérende Mère.
 » Je jure que jamais je ne regretterai ma décision « , dit Jessica.

En politique, le tripode est le plus instable des toutes les structures. et je compte sans ce système commercial qui est demeuré au stade féodal, tournant le dos à toute science et qui complique toute chose.

Des débris d’épaves emportés par le flot… comme le Duc Leto, son fils et …

On a bien souvent évoqué la rapidité avec laquelle Muad’Dib apprit les nécessités d’Arrakis. Les Bene Gesserit, bien sûr, en connaissent la raison. A l’intention des autres, nous pouvons dire que Muad’Dib apprit aussi rapidement parce que le premier enseignement qu’il eût reçu était de savoir apprendre. Et la leçon première de cet enseignement était la certitude qu’il pouvait apprendre. Il est troublant de découvrir combine de gens pensent qu’ils ne peuvent pas apprendre et combien plus encore croient que c’est la chose difficile. Muad’Dib savait que chaque expérience porte en elle sa leçon.

Nous ne pouvons nous permettre d’en manquer. autrement, comment pourrions-nous inonder villes et villages de nos informations ? Il fait que le peuple sache que je gouverne bien. Et comment le saurait-il si nous ne lui disions pas ?

Paul ! »
Sa mère était près de lui, elle lui avait pris les mains. Son visage était une tâche grise dans l’ombre.
« Paul, qu’y a t’il ? »
« Vous ! »
« Je suis là, Paul. Tout va bien. »
« Que m’avez-vous fait ? » demanda-t-il.
En un éclaire de compréhension, elle devina les racines lointaines de la question : « Je t’ai mis au monde », dit-elle.

Plusieurs hommes et un médic des contrebandiers étaient penchés sur ‘lune des litières. Comme Halleck s’approchait, un homme se mit à chanter, prenant immédiatement le rythme avec l’aisance d’une longue habitude.
« Douce à sa fenêtre,
Dans le couchant rouge et doré.
Lignes souples sur le verre,
Ma femme se penche, les bras repliés…
Viens à moi,
Viens à moi, douce adorée,
Pour moi, pour moi, douce adorée. »

Le chanteur s’interrompit, tendit un bras pansé et ferma les paupières de l’homme sur la litière.
Halleck tira un dernier accord de la balisette et pensa : Maintenant, nous ne sommes plus que soixante-treize.

Connais-tu si peu mon fils ? murmura Jessica. Vois donc cette princesse, là-bas, si hautaine, si confiante. On dit qu’elle a des prétentions littéraires. Espérons que cela remplit son existence car elle n’aura que peu de choses en dehors. (Un rire amer lui échappa.) Pense à cela, Chani, pense à cette princesse qui portera le nom mais qui sera moins qu’une concubine, qui ne connaitra jamais un instant de tendresse avec l’homme auquel elle est liée. Alors que nous, Chani, nous que l’on nomme concubines… l’Histoire nous appellera : épouses. »

Mon douzième voyage

28 pages de lu ce matin, et pour la première je comprend qui est Paul !

Douzième lecture de Dune.

Douzième fois que je franchis la porte de cette puissante réflexion sur le pouvoir, Le pouvoir de l’homme, le mâle, le pouvoir de l’argent, le pouvoir de l’autorité ayant la capacité à détruire l’autre, les Sardaukar et en face les Fremen. L’utilisation de la religion comme moyen aussi de pouvoir.
Et puis suivre des personnes qui doivent prendre des décisions pour sauver leur vie et retrouver un statut perdu et se poser des questions sur les conséquences. Comment parvient-on à prendre nos décisions. Qu’est-ce que l’intelligence ? Celle d’un mentat, celle d’une Bene Gesserit, celle d’un chef de tribu, d’un visionnaire écologiste ?
Et ceux qui sont aux ordres, qui sont-ils ? pourquoi sont-ils aux ordre dans une maison ultra-financière comme les Harkonnen et aimant choquer, ou obsédée par l’honneur et la parole donnée chez les Atréïdes.
Pourquoi les machine pensantes ont-elles était abandonnés ? Ces machines qui sont Glorifier, louées par Isaac Assimov.
Herbert nous invite à voyager dans l’incertitude du monde, pas de Psychohistoire, pas de robot, pas le calcul mathématique comme seule science valable. Nous somme ici dans un roman qui invite à une réflexion sur qu’est-ce quête humain et comment s’inscrit t’on dans l’univers, individuellement et collectivement !
J’ai déjà hâte de le relier, dans 3 ou 4 ans une quatrième fois.

Aller je passe au tome 2, le Messie de Dune !

La mystique sauvage par Michel Hulin

Citations

D’abord, il y a la joie brute, massive, suffocante, indicible. Pendant un bref instant, l’intellect est mis hors circuit, très vite sans doute, se manifeste le besoin de « respirer », de prendre un peu de distance par rapport à l’événement, de comprendre ce qui vous arrive. C’est alors que le sujet renoue avec son monde familier, retrouve son bagage culturel, ses croyances, ses catégories et qu’il tente, avec « les mots de la tribu », d’y intégrer ce qu’il vient de vivre.

Ce qu’il y a de diabolique dans la drogue, c’est sa capacité à mimer le résultat d’une ascèse. L’homme abusé par la drogue est semblable à un acteur qui jouerait sur la scène le rôle d’un saint et s’identifierait à son rôle au point d’oublier, le temps de la représentation, la médiocrité de sa vraie personnalité et de se sentir l’âme d’un saint. La drogue laisse entrevoir à l’homme ce qu’il « pourrait » devenir, mais elle le fait toujours sur un mode hallucinatoire, en escamotant à ses yeux l’immense distance qui le sépare encore de cette possible version glorieuse de lui-même. S’abandonner à la drogue, c’est donc en un certain sens, vivre à crédit. C’est goûter dans l’immédiat des jouissances aux-quelles on n’a pas droit, qu’on n’a pas « méritées ». Mais tout se paie.

Les croquis-note de lecture

Tout ça pour cela

Michel Hulin veut explorer l’expérience Mystique en le déconnectant de la psychanalyse Freudienne et de l’influence des religions (Bouddhisme, Hindouisme, Chrétiens). Pour cela il utilise un certain nombre de témoignages déconnecté du fait religieux et des causes psychanalytiques.
Ce n’est pas inintéressant, quelques réflexions sont même tout à fait pertinentes, mais je trouve que par moment, cela jargonne et dans ces moments je fus perdu.
Je comprends qu’une personne athée et ne voulant pas faire entrer du divin ou du sacré, ait un désir de spiritualité et d’éveil mystique.
Mais cela se termine par le constat que ces expériences sont associées par cette sortie du temps à quatre éléments fondamentaux :
L’amour
La Joie spirituel
L’émerveillement
La paix
Et que l’on doit se débarrasser de son égo qui est un fardeau.

J’ai trouvé également pertinent la réflexion sur le loisir (otium) ce temps de retrait du monde pour s’adonner à la méditation. Ainsi transformer ses expériences de vie dans le temps en maturité hors du temps et au-delà du « Moi », notre fardeau. (Ne pas confondre le « Moi » et le « Je »).
Le loisir n’est pas du divertissement

La tentation de l’innocence de Pascal Bruckner

Des citations

La consommation est une religion dégradée, la croyance dans la résurrection infinie des choses dont le supermarché forme l’Église et la publicité les Évangiles. Tout passe sauf le passage qui lui ne cesse jamais. Et c’est bien la fonction de la mode que de parodier la modernité : rupture et innovation. Mais la rupture est douce et l’innovation minuscule : C’est presque la même chose qui revient sous des masques divers. Il nous faut du neuf qui ressemble à l’ancien et nous étonne sans nous surprendre.

Alors que la possession suppose la permanence, nos objets n’ont que la séduction de l’éphémère, des séries courte, ils se démodent vite immédiatement supplantés par de nouveaux qui scintillement un instant avant d’être emporté à leur tour. Nous ne les achetons que pour les user et en racheter d’autres.

La dépréciation doit être rapide, générale car notre richesse est liée à la dilapidation, non à la conservation.Dans la fauche sauvage des casseurs, lors des émeutes urbaines, dans leur plaisir à piller les magasins, à incendier les voitures, ne faut-il pas lire une profonde conformité à la logique du système ?

Le saccage est un hommage involontaire rendu à notre société puisque les marchandises sont destinées à être supprimées et remplacées.

Il est une difficulté minimale inhérente à notre condition, une dose de danger et de dureté incompressibles sans lesquels une existence ne peut s’épanouir.
Refuser ces risques-là, c’est se souhaiter du berceau à la tombe la sécurité du rentier.

Mes croquis notes

Ce que vit l’essai

Infantilisation et Victimisation

Infantilisation et Victimisation, le prisme de lecture du monde en 1995
C’est un essai de 1995, ce qui veut dire écrit entre 1993 et 1994. Maturée peut-être pendant les décennies 80 et 90.
Je ne vais pas résumer, je vais seulement poser la question de la pérennité d’un essai.
Il y a dans cet essai de très bon aphorisme :
« La consommation est une religion dégradée, la croyance dans la résurrection infinie des choses dont le supermarché forme l’Église et la publicité les Évangiles. Tout passe sauf le passage qui lui ne cesse jamais. Et c’est bien la fonction de la mode que de parodier la modernité : rupture et innovation. Mais la rupture est douce et l’innovation minuscule : C’est presque la même chose qui revient sous des masques divers. Il nous faut du neuf qui ressemble à l’ancien et nous étonne sans nous surprendre. »

Mais il y a aussi beaucoup de bavardage. Et ce bavardage m’a alors évoqué l’époque. De cette époque où nait le narcissisme et l’hyper narcissisme avant même le smartphone et le selfie. Les Beigbeder, les Auster et autre super-narcisses exhibitionniste qui sont dans le culte de soi. Et cela n’est pas forcement preuve d’une créativité au service de tous. Tous les écrivains ne peuvent pas écrire, « la recherche du temps perdu » ou « Mort à crédit ».
J’ai les souvenir de ces écrivaillons des année 90 qui pullulaient dans leur exhibition de leur soi le plus triviaux. Je finissais par trouver plus d’inventivité et de réflexion sur l’humanité et la personne humaine dans la SF et dans le polar (pas le thriller).
Cet essai s’inscrit donc dans cette époque et me l’évoque. En fait je ressens que les personnes humaines ayant perdu tout sens du sacrée veulent se déifier eux-mêmes. Je travaillais dans les salles de marché à cette époque ne tant qu’informaticien, et je voyais la démesure totale chez les traders, des demi-dieux auto-proclamés pour qui rien n’existait autre que leur égo surdimensionné à satisfaire. L’athéisme nihiliste et persiffleur était la posture pour sembler appartenir à la classe supérieure des élus de l’intelligence détaché de tout.
Rire en meute des effets en Afrique francophone de la dévaluation brutale du franc CFA dans ces années. Là.
En fait la lecture de cet essai m’a rappelé tout ce qui m’a fait souffrir au plus profond de moi, mon désir de Sacré et de vraie bienveillance, d’amour agape. Éros et thanatos été les deux seules forces agissantes là ou il y avait quête sans frein d’argent et de pouvoir. Ils avaient réussi à croire qu’il n’y avait que le sexe dans l’amour et le meurtre dans la mort. L’expression « Tue-le » se disait sans précaution pour dire « vainc-le ! ».

Est-ce que cet essai possède une valeur philosophique ?
Je ne le ressens pas, cependant il a eu une valeur historique dans sa capacité à évoquer l’époque. Il est donc à lire avec ce regard.
Il y a sur le site des croquis note qui me sont venu en lisant et quelque citations rassemblées.

Présentation de la philosophie par André Comte-Sponville

André Comte-Sponville est une personne humaine qui aime sincèrement la philosophie. Cela se sent dans ce petit livre d’entrée en matière. Il est vraiment dédié à des lycéen qui aimerait avoir une vision panoramique des grandes questions philosophique.
Il peut être complété ensuite avec l’anti-manuel de philosophie de Michel Onfray (bien que le bonhomme m’a beaucoup déçu depuis quelques années).

Ces deux livres sont donc deux livres abordables pour avoir une première approche ou aussi pour des profanes qui voudrait revenir et rapprocher la philosophie.

La philosophie n’est pas un métier, c’est une discipline de la raison désirant trouver une vérité contingente par l’art de se poser des questions sincèrement. Les questions ont souvent plus d’importance que les réponses.