Dialogue avec la gravité par Ushio Amagatsu

J’aime !

La douleur physique ou le corps lui-même ne peuvent être partagés entre plusieurs, mais l’esprit, lui, peut entrer en résonance, « vibrer avec », jeter des ponts. De la même façon que
art et âme résonnent et vibrent autour les mots de cette voyelle a que toutes les langues du monde ont en commun.

Je suis là, en tant qu’individu, parce que j’ai des parents, qui ont eux aussi des parents, et, de proche en proche, j’arrive à cette idée que je suis né après avoir refait, dans le ventre de ma mère, une aventure de plusieurs centaines de millions d’années

Pourquoi j’aime ?

« La Graine de kumquat au fond de moi provoque La danse et son corps. Douceur, précision. Corps et virtualité, le lieu, juste avant la danse..

Immobilité et mouvement, absence ou présence du son, ténèbres et lumière : incessantes variations, perpétuelles oscillations du temps et de l’espace que l’on reçoit dans la frontalité. Entre les deux côtés, entre le regardant et le regardé, quelque chose doit advenir, vers quoi tend le corps dans son dialogue avec la gravité ; et c’est parce qu’il n’affronte là qu’une absence, que le corps est là, comme ce qui rend présent le monde. »

Les danseuses et danseurs rendent présent, présent d’être ici et présent d’être maintenant. La danse dans son essence est relation, elle est le langage du sacré. Et l’étymologie du mot sacré « à initié le mettre ensemble », lier et plus libre encore relier.
Étrange que relier laisse un plus profond sens de liberté que lier. La loi nous lie, le sacré nous relie.

Vous voulez entrer dehors dans l’infini du cosmos ? Lisez ce tout petit livre et allez voir de la danse.

L’Effort d’être spectateur par Pierre Notte

Citations

La télévision le rend tel quel, le réel, c’est-à-dire qu’elle le crache, le recrache, parfois le vomit. Elle va le chercher dans les poubelles, ou elle le reproduit dans ses studios, comme il est dans la vie vraie. Cela fait de moi, la plupart du temps, un consommateur, un gros mangeur de choses réelles (je n’évoque pas ici les génies qui tentent de réorganiser ces états de fait du monde représenté, qui remettent tout en cause).
Au cinéma, je lève la tête vers des choses grandes, qu’elle me donne à voir j’assiste à des imitations du vrai, je consomme des reproductions de la réalité. Devant la télévision, je baisse la tête devant une petite chose, dans laquelle tout est plus petit, je deviens un bouffeur du vrai d’une vérité devenue obscène, énorme, en gros plan et le plus souvent sans aucun artifice.
Au théâtre, le réel est plus rare, la vérité apparaît dans la complicité du mensonge admis, et elle n’est jamais entière. Le réel se laisse transfigurer, faute de moyens. Et je deviens un être qui pense, qui cherche, qui imagine, qui transcende ce qui est donné, et qui agit de surcroît sur la représentation en cours, puisque je suis là et que je réagis. Financièrement, physiquement, intellectuellement, je suis sollicité, et activement, je ne suis pas un consommateur plus ou moins manipulé.

Commentaire personnel : En nous volant le théâtre et les salles de danses le coronavirus nous volent notre humanité

Réception personnel

Je n’ai pas lu beaucoup du mois de mars 2020 à juillet 2020. Je n’avais pas la psyché et l’esprit à lire. Je sais maintenant que tout roman que je lirais aura été écrit avant mars 2020 ou après 2020. Comme il y avait eu un avant 11 septembre 2001 et un après, comme il y avait eu un avant 13 novembre 2015 et un après. Mais je pense que cette année 2020 dépassera de loin toutes les autres.

Les grandes questions ont été posé.

Pourtant les spectacles continueront. Les acteurs se donnerons de la peine pour avec l’impulsion et vision de metteurs en scènes, la créativité d’écrivains, des pièce de théâtre seront présenté et il y aura des spectateurs.
Je serais spectateurs et je vivrais cette aventure du spectacle vivant. Être tous là, et assister à la genèse d’une soirée ou un monde né, vit et meurt sur scène. Une allégorie, une parabole, un symbole de nos propre vie en court. L’Effort d’être spectateur de Pierre Notte est une vraie réflexion sur cela. La place du spectateur qu’il voit m’a touché au plus profond.

Je vous invite à le lire.

Et plus je vous invite à aller le voir sur scène avec ce texte, c’est prodigieux d’intelligence.

Et je retournerais vite réécouter et revoir du théâtre, de la danse contemporaine et du spectacle vivant. Tous ces gens de l’intermittence ont souffert au plus haut point, mais ils nous sont indispensables comme les soignantes soignants, les éboueurs et les ramasseurs de légumes. Ils sont le dernier lieu ou nous pouvons réapprendre l’esprit critique.

Soyons des spectateurs et acceptons d’être subversif !