Mes amours : En ce jour le kendo

Il me manque en nos temps*

* En ces temps ou nous cachons la mort de l’idéologie totalitaire néolibérale dissimulé par une soi-disante crise sanitaire.

L’aïté me manque
L’aïté qui est l’autre
Qui est adversaire
Qui est mon ma partenaire
Sur le même chemin
La même voie, le do
Dans le même espace univers
Dont nous sommes l’esprit
L’esprit du Shiaï-jo
Ces instant ou Tous les 6
Arbitres, Kendoka et shiaï-jo, nous faisons Cosmos

Kazuo Furukawa Sensei de 25 ans contre Hironori Yamada !

Cette vidéo nous ramène dans un voyage dans le temps et dans l’espace vers les championnats du Japon Kendo 1979, où un « vieux » de 25 ans, 5ème Dan, Furukawa Senseï (blanc) s’affronte avec un « vieux » de 31 ans, 7ème Dan, Yamada Senseï (rouge).

Oui on dit s’affronte, car en Kendo et même dans un shiaï (combat de compétition dans une ère de combat défini le shiaï-jo) chaque partenaire-adversaire s’affronte surtout soi-même pour vaincre son impatience et sa propre peur.

Il va falloir marqué 2 ippon dans une durée de 5 minutes dans l’espace donné. Il n’y a que 4 coupes possible : Men, Koté, Do, Tsuki
Et beaucoup de danse, et beaucoup de poésie. Vous laisserez-vous un instant captiver par ce voyage proposer dans l’espace et le temps pour une pratique, de vous, peut-être, inconnue.


Premier ippon (point) à 1 minute 48 seconde. Yamada Senseï (rouge) frappe Koté (coupe au poignet) Les arbitre 2 à 4 seconde plus tard lève donc le drapeau rouge
Égalisation à 3 minutes 14, Furukawa Senseï (blanc) lance un splendide Men (coupe à la tête). Les arbitres lève le drapeau blanc quand la coupe est fini
Ippon Vainqueur sur Men pour Furukawa Senseï (blanc)

Guerre et Paix par Tolstoï

La conception de Guerre et Paix (1863-1869) coïncide avec le cinquantenaire de la victoire contre Napoléon. Les guerres napoléoniennes sont une simple toile de fond de la première partie du roman, mais la guerre de 1812 devient en troisième partie le sujet véritable et centrale, transformant le roman en une épopée, en un traité historique et philosophique.

Tolstoï introduit dans l’action les personnes historiques de Napoléon, d’Alexandre Ier, du maréchal Koutouzov, et conteste les interprétations des historiens.

Pour lui, la Grande Armée, dans sa victoire à Borodino en en fait été frappée à mort : elle ne trouvera à Moscou, qu’un piège qu’elle devra fuir en toute hâte ; les paysans qui ont fait le désert devant elle vont la harceler dans sa fuite.

L’inaction de Koutouzov provient d’une intuition très sûre de la réalité, tandis que Napoléon, comédien odieux et pitoyable, victime de son propre jeu, croit diriger les événements alors qu’il n’en est que l’instrument.

Ainsi se trouve démonté de manière brutale le mythe du « grand homme » et la conception que l’histoire est faite par ces grands hommes. Tolstoï voit dans les instincts sombres de la masse humaine le ressort ultime et impénétrable de l’histoire et qui attribue par conséquent au peuple, fidèle à ses instincts, et non à la noblesse, trop consciente pour être efficace, un rôle déterminant dans le processus historique et en particulier dans la victoire russe contre Napoléon.

Tolstoï se projette à mon sens,  dans deux personnages du roman : le prince André, homme d’action énergique et ambitieux qui, blessé à Austerlitz, lit dans le grand ciel bleu qui domine le champ de bataille la vanité de la gloire terrestre et la petitesse de Napoléon, et le rêveur Pierre, faible tourmenté, insipide qui, cherche dans la franc-maçonnerie une réponse à ses inquiétudes spirituelles, et finis par la trouve auprès d’un camarade de captivité, un paysan, qui lui enseigne l’acceptation de la vie, l’amour d’autrui et la non-résistance au mal.

Ses personnages ne sont ni décrits ni analysés, mais représentés dans des scènes concrètes, où les situations, à travers les attitudes, les gestes, les intonations que perçoivent leurs interlocuteurs, les révèlent par-delà les masques sociaux, dans leur plus intime vérité.

Et à la fin, on saisit qu’on ne peut pas réduire la vie à la raison uniquement. La vie possède une force qui est plus que nos simples petits calcule de rentiers bourgeois qui rêve d’amasser encore plus d’avoir, encore plus de loisir, encore plus de distraction, encore plus de voyage.

Bon que dire d’un chef d’œuvre de cet acabit ! On ne put que le lire, le relire et le re-relire ! Il y a tant a trouver, méditer et lustrer son âme avec, qu’il est impossible d’en sortir sans transformation !

J’aime cette vision que les peuples avancent en créant par leur force inconsciente leur propre tyran, ou leur propre sauveur. Napoléon vs Koutousov !

Je retrouve ce sens de l’épopée dans le cycle de Dune de Franck Herbert.

Quelques citation

On a exécuté Louis XVI parce qu’ILS disaient qu’il était un criminel, (…) et ils avaient raison de leur point de vue, comme avaient raison aussi ceux qui subissaient pour lui le martyre et le mettaient au nombre des saints. Puis on a exécuté Robespierre parce que c’était un tyran. Qui avait raison ? Qui avait tort ? Personne. Tu es vivant, eh bien vis ! Demain tu mourras, comme j’aurais pu mourir il y a une heure. Est-ce la peine de te torturer, alors que ce qu’il te reste à vivre n’est qu’une seconde en face de l’éternité ?

Oui, l’amour (…). Mais pas cet amour qui aime pour quelque chose ou à cause de quelque chose (…). Aimer ses proches, aimer ses ennemis. Aimer tout. (…) Un être qui vous est cher, on peut l’aimer. On peut aimer d’un amour humain un être qui vous est cher, mais aimer son ennemi, c’est aimer uniquement d’un amour divin. (…) Lorsqu’on aime d’un amour humain on peut passer de l’amour à la haine ; l’amour divin, lui, ne peut changer. Rien, la mort même, rien ne peut le détruire. Il est l’essence même de l’âme.

Oui, tout est vanité, tout est mensonge en dehors de ce ciel sans limites. Il n’y a rien, absolument rien d’autre que cela… Peut-être même est-ce un leurre, peut-être n’y a-t-il rien, à part le silence, le repos.

Tout se tut. Comme si elles savaient que maintenant personne ne les regardaient plus, les étoiles reprirent leurs jeux au fond du ciel sombre. Tantôt éclatantes, tantôt s’éteignant, tantôt scintillant, elles semblaient se chuchoter entre elles quelque chose de joyeux et de mystérieux.

Il baisa sa main et lui dit « vous, Sonia ». Mais leurs yeux se croisèrent et se dirent « tu », et échangèrent un tendre baiser. Le regard de Sonia lui demandait pardon d’avoir osé lui rappeler par l’entremise de Natacha sa promesse et le remerciait de l’aimer. Le regard de Nicolas la remerciait de lui avoir offert la liberté et disait que, quelles que fussent les circonstances, il ne cesserait jamais de l’aimer car il était impossible de ne pas l’aimer.