Je veux voir Dieu

Regarder vers les étoiles
Voir au-delà des années-lumière ?
Ou commencer l’exploration intérieure ?

Commencer par ses réussites
Ses fiertés partagées
Ses honneurs offerts
Ses invitations glorieuses
Descendre un peu
Dans ses souvenirs
Remonter le temps
Y trouver quelque blessure
Quelques frustrations
Quelques caprices
Quelques exaspérations.
Descendre encore,
Y trouver ses colères
Sa frénésie
Ses paresses
Ses mauvaises histoires
Ses désirs peu reluisants.
Plus bas, plus profond,
Les mensonges cachant la lâcheté
Ses frayeurs
Ses monstres
Les monstres qu’on a cachés
Les meurtres oubliés
Les tortures qu’on a infligées
Les désirs tordus
Se voir dans ses bassesses.
Et plus au fond encore,
La porte gardée
Par celui qui ne peut mentir
Le porteur de lumière
Lucifer
Nous invitant à remonter
À prendre le chemin du retour
Qu’au-delà la porte, il n’y a rien
Plus rien.
Franchir cette porte
Et tomber
Tomber dans des ténèbres plus sombres que le néant.
Être arrêté par un sol sans souvenir
Là,
Plus rien,
Il n’a pas menti…

Frotter ce sol,
Une légère pâleur
Frotter encore
De la lumière
Révéler un voile
Si léger
Qu’une poussée à peine
L’ouvre.
Alors ici
Au fond de tout
La lumière blanche la plus total
Au fond de moi
Il est là
Percée ce voile
Et tout
Toute la création s’en retrouve éclairé.
Est-ce encore Moi
Ou n’est pas déjà lui ?
Ainsi priait,
Santa Thérèsa d’Avila.