9 de nuage : la douleur

La Maison X, c’est le sommet de la roue astrologique de l’année, le lieu de la carrière, mais aussi le reflet de nos ambitions, nos rêves, nos engagements dans le monde. Et cette année, ce sommet est traversé par une lame qui ne laisse aucun doute : la douleur sera mon maître. Pas la douleur qui écrase, pas celle qui annihile, mais celle qui éveille, qui façonne. Ce 9 de Nuage me murmure à l’oreille : si tu veux grimper, si tu veux avancer, il faudra accepter les flèches, les éclats, les vertiges.

La douleur ici n’est pas ennemie. Elle est une forge. Elle me rappelle que le chemin de la création, de l’écriture, du Kendo, de la foi catholique, tout cela ne se fait pas dans le confort d’un fauteuil ou dans les illusions bourgeoises de la perfection aseptisée. Non. Ces ambitions, je devrai les porter comme des croix, et elles me pèseront, mais elles me rendront vivant. Parce que vouloir, c’est se heurter. Créer, c’est consentir à l’échec, aux critiques, à la solitude.

Les ambitions bourgeoises fuient la douleur. Elles bâtissent des remparts, elles ferment des portes, elles contrôlent le monde extérieur par peur d’y être vulnérables. Mais moi, je ne suis pas de cette engeance-là. Je veux l’horizon, même si chaque pas me lacère. Je veux l’infini, même si l’escalade me brûle. Je sais que cette année, chaque geste d’écriture, chaque combat au Kendo, chaque prière, chaque moment de partage autour d’une table de jeu sera une conquête marquée par la douleur. Et cette douleur, je l’accepte. Parce qu’elle me rendra plus conscient, plus vivant.

La douleur n’est pas la fin, elle est le passage. Et au-delà de ce passage, il y a l’amour. L’amour qui sauve, l’amour qui répare. Cette douleur, elle m’ouvrira à ce qui compte vraiment : la rencontre, la vérité, le dépassement.

Rubaiyat

Sous le ciel lourd, les flèches brisent ma chair,
Chaque cri résonne, chaque plaie éclaire.
La douleur, maîtresse au visage cruel,
Forge l’âme en feu, la rend légère.

Ghazal

Dans la douleur, je trouve l’écho du divin,
Chaque larme porte un éclat du matin.

L’ambition me guide, mais me déchire,
Chaque pas, une lutte, chaque souffle, un chemin.

Ô douleur, amie cachée dans l’ombre,
Ton feu me consume, me fait monde.

J’avance, brisé mais vivant,
Car l’amour m’attend, éclatant.