Je marche en moi-même,
Comme on traverse un jardin avant la pluie.
Les choses ne parlent pas,
Mais elles se tiennent,
Dans une patience qui m’ouvre.
Un arrosoir, une chaise,
La ligne d’ombre sur le mur :
Tout cela m’accueille
Comme si j’étais attendu.
Alors je m’arrête.
Je laisse venir ce qui veut naître,
Sans nom, sans forme,
Juste une clarté qui se dépose.
Et dans ce silence,
Je sens que quelque chose me porte,
Une présence ténue,
Presque une gratitude.