La Maison IX de ma roue astrologique annuelle, celle des grands espaces, de l’infini qui se déploie, du souffle qui vient du dehors et nous appelle à l’intérieur. Ici, la spiritualité se révèle comme une invitation au voyage immobile. Mais ce n’est pas un voyage de conquête, ce n’est pas l’élan brutal d’un Sagittaire fougueux. Non, c’est un chemin où chaque pas compte, où chaque instant exige que l’on se tienne debout, en silence, et que l’on attende.
Le 7 d’Arc-en-Ciel, c’est une fleur qui sait attendre l’aube. Une graine qui sent en elle-même l’appel du printemps mais refuse de forcer la terre pour en sortir trop tôt. C’est l’opposé de l’impatience moderne, ce souffle mauvais de la bourgeoisie qui exige tout, tout de suite, qui mesure le monde en rendement, en vitesse, en résultats.
Non, ici, il s’agit de respirer avec la lenteur de l’arbre qui laisse ses feuilles tomber en automne, qui ne pleure pas sa nudité mais accepte son dépouillement. Car il sait que le printemps viendra. Et toi, dans cette maison, il ne t’est pas demandé de faire, mais d’être. De laisser les fruits mûrir sur leurs branches.
Dans cette attente, je trouve ma foi. C’est un état de confiance et d’abandon, que je redécouvre dans les gestes simples : m’agenouiller en seiza(1) au Kendo, sentir le silence du mokuso(2). M’asseoir dans l’église, entouré de mes frères et sœurs, mes froeurs. M’abandonner à la danse des corps qui m’entourent, cette énergie qui me traverse et me transforme.
C’est une maison d’élargissement, mais cet élargissement ne passe pas par l’action : il passe par l’ouverture, par l’accueil de l’autre, du cosmos, de l’invisible. Par l’idée que la spiritualité n’est pas une escalade, mais une descente, une plongée dans le silence intérieur. Une patience infinie qui finit par faire éclore des mondes.
Rubaiyat
Sous le ciel lent, la graine attend l’aube douce,
Chaque saison passe, et le vent glisse en frousse.
Patience, murmure l’arbre à ses racines,
Le fruit mûrit sans hâte, dans l’ombre rousse.
Ghazal
Dans l’attente je trouve l’écho du silence,
Chaque souffle porte un goût d’éternelle absence.
La graine sait son heure, l’arbre son cycle,
Et moi, j’écoute le chant de l’espérance.
Mokuso dans l’ombre, mes pensées s’effacent,
Le temps n’existe pas, tout espace s’efface.
La patience est un feu, doux et profond,
Une étoile qui brille dans l’ombre, efface.
(1) SEIZA : Position agenouillée, les fesses sur les talons
(2) MOKUSO : Méditation assise. Début de la méditation.