Psaume 99 (100)
Le seigneur est bon
Éternel est son amour
Sa fidélité demeure d’âge en âge
Il se peut que je laisse ces mots descendre en moi…
sans les précipiter, sans les analyser trop vite.
Le Seigneur est bon…
Est-ce que je crois vraiment cela ?
Pas seulement en théorie, pas comme une idée acquise…
mais dans ma vie concrète, aujourd’hui.
Dieu est bon.
Cela veut dire qu’il n’y a en lui aucune dureté cachée,
aucune volonté de me contraindre,
aucun regard qui m’écrase.
Alors pourquoi ai-je parfois peur de lui ?
Pourquoi est-ce que je l’imagine exigeant, distant, sévère ?
Il faut que je laisse tomber ces images.
Dieu n’est que bonté.
Et pourtant, même cela ne suffit pas à dire qui il est.
Éternel est son amour…
Son amour ne dépend pas de moi.
Il ne commence pas quand je suis à la hauteur,
il ne s’arrête pas quand je tombe.
Il est là… avant moi.
Il est là… pendant moi.
Il sera là… après moi.
Même quand je me ferme,
même quand j’oublie,
je suis encore porté par cet amour.
C’est comme un amour de mère…
un amour qui enveloppe, qui veille, qui tient dans le silence.
Mais non… ce n’est pas encore suffisant.
Car Dieu n’aime pas comme une mère ou comme un père.
C’est leur amour à eux qui vient de lui.
Son amour est sans mesure,
sans fatigue,
sans retour sur lui-même.
Sa fidélité demeure d’âge en âge…
Il ne se reprend pas.
Il ne change pas d’avis sur moi.
Même quand moi je suis instable,
même quand je promets et que je ne tiens pas,
lui demeure.
Sa fidélité ne dépend pas de ma fidélité.
Alors, pourquoi est-ce que je doute encore ?
Pourquoi est-ce que je vis comme si tout reposait sur moi ?
Peut-être parce que je voudrais un Dieu puissant à ma manière,
un Dieu qui s’impose, qui intervient, qui prouve.
Mais Dieu choisit autre chose.
Il m’aime sans me forcer.
Il se tient à la porte… et il attend.
C’est vertigineux.
Un père pourrait imposer.
Une mère pourrait retenir.
Mais Dieu respecte tellement ma liberté
qu’il accepte de ne pas s’imposer à moi.
Et pourtant, il est là.
Il est là dans ce qui, en moi, cherche le bien.
Il est là dans ce désir d’être vrai.
Il est là dans chaque élan d’amour, même fragile.
Il est plus intime à moi que moi-même.
Alors, au fond, la vraie question n’est pas :
« Est-ce que Dieu est bon ? »
« Est-ce que son amour est éternel ? »
« Est-ce qu’il est fidèle ? »
Tout cela est déjà vrai*.
La vraie question, c’est :
Est-ce que je vais lui faire de la place ?
Faire de la place à sa bonté…
en renonçant à ma dureté,
à mes jugements,
à mes fermetures.
Faire de la place à son amour…
en acceptant d’être aimé
sans mérite, sans défense.
Faire de la place à sa fidélité…
en cessant d’avoir peur de l’avenir,
en croyant que tout peut recommencer.
Si je fais cela, même un peu,
alors quelque chose va changer.
Dieu ne sera plus une idée extérieure.
Il deviendra une présence intérieure.
Sa bonté passera par moi.
Son amour respirera en moi.
Sa fidélité me portera.
Et peut-être, sans que je m’en rende compte,
quelqu’un rencontrera en moi
quelque chose de cette bonté.
Pas moi.
Mais lui, vivant en moi.
Alors je peux simplement rester là, un instant, en silence…
et redire doucement :
Tu es bon…
Ton amour est éternel…
Tu es fidèle…
Et me laisser habiter par cela.
Haïku
Silence en mon cœur ;
ta bonté me respire,
amour sans rivage.
Tanka
Tu es bon pour moi,
avant même que je voie,
tu m’enveloppes.
Et ta fidèle présence
demeure quand je vacille.
Louange
Seigneur,
dans le secret de mon cœur,
je redécouvre ton nom :
Tu es bonté.
Et ma peur se fissure,
et mes images tombent,
et je comprends enfin
que tu ne viens pas pour juger,
mais pour faire vivre.
Tu es amour,
et ton amour ne passe pas.
Il ne dépend pas de mes réponses,
ni de mes élans,
ni de mes chutes.
Quand je me ferme, tu demeures.
Quand j’oublie, tu te souviens.
Quand je fuis, tu attends.
Tu es fidélité,
et rien en toi ne se rétracte.
Tu ne reprends pas ce que tu donnes.
Tu ne changes pas de regard sur moi.
Tu ne te lasses pas de me chercher.
Alors même que je suis dispersé,
toi, tu es stable en moi.
Mais Seigneur,
ce que je découvre me déplace :
tu ne t’imposes pas.
Tu es là…
et tu attends que je m’ouvre.
Tu respectes ma liberté
jusqu’au silence.
Tu me laisses exister
jusqu’au risque de t’oublier.
Et pourtant,
dans ce silence même,
tu es plus présent que moi à moi-même.
Tu es ce qui en moi cherche la lumière.
Tu es ce qui en moi veut aimer.
Tu es ce qui en moi espère encore.
Apprends-moi alors
à te faire place.
À laisser tomber ma dureté,
à accueillir sans me défendre,
à me reposer dans ton amour
qui n’exige rien.
Que ta bonté devienne ma douceur,
que ton amour devienne mon souffle,
que ta fidélité devienne ma demeure.
Et que ma vie, sans bruit,
devienne un lieu
où l’on puisse deviner
ta présence.
Amen
* pour un chrétien, donc quelqu’un sans certitude qui pose un acte de confiance, un acte de foi. Et Croire et la foi suffisent pour donner une autre dimension à sa vie sans enlever le reste.
😍🥰🙏🕊️🙏♥️ magnifique ! Et même lorsqu’on a l’impression d’être mis à l’épreuve ce n’est même pas cela c’est plus doux et bienveillant et on ne le comprend pas toujours ou plus tard. Ce n’est jamais une épreuve c’est une aide à aller vers la Vérité par un acte d’amour.