Une Assemblée Constituante : Vers une Constitution de Fraternité

La convocation de cette Assemblée Constituante ne relève pas d’un simple exercice technique ou d’une refonte partielle du droit. Elle incarne une volonté : celle d’engendrer une nouvelle Constitution qui soit le socle vivant d’une société véritablement démocratique, juste et solidaire.

1- La Fraternité comme fondement

En tête de cette refondation : la Fraternité. Non pas comme un mot figé dans la devise républicaine, mais comme une force agissante, concrète, enracinée dans le tissu social. Elle signifie que nul ne sera abandonné. Elle exige que chaque membre du peuple soit reconnu dans sa dignité, non seulement en droit, mais en fait. Elle commande que les plus faibles soient protégés, que les différences soient accueillies, et que les conflits soient traversés dans la recherche du bien commun.

2- L’Égalité comme structure

Ensuite vient l’Égalité, non pas uniforme, mais équitable. Elle ne se contente pas de proclamer l’égalité des droits : elle vise l’égalité des conditions d’accès à l’instruction, à la santé, à la parole publique, à la justice. L’Égalité structure les institutions, répartit les moyens, limite les concentrations de pouvoirs et garantit que nul ne soit au-dessus des lois.

3- La Liberté comme fruit

Enfin la Liberté n’est pas un préalable mais un fruit. Elle ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à vouloir ce que l’on fait, dans l’horizon du juste et du commun. Une liberté responsable, éclairée, partagée. Une liberté qui naît quand la Fraternité a tissé la confiance, et quand l’Égalité a assuré les fondations.

Le Mandat des Constituants

Les 600 membres de l’Assemblée — 400 élus et 200 tirés au sort — sont appelés à réfléchir, rédiger, et équilibrer une nouvelle architecture démocratique. Une architecture dans laquelle les six pouvoirs fondamentaux seront :

• définis avec précision,
• limités dans leurs prérogatives,
• articulés dans leurs interactions.

Ces six pouvoirs — Exécutif, Législatif, Judiciaire, Médiatique, Révocatif (qui peux révoquer tout ou chacun des élus) et Religieux (intégrant toutes les convictions, y compris l’athéisme et définir la place des religions dans notre pays) — doivent être reconnus comme des fonctions vitales de la société, et non comme des dominations.

Chaque pouvoir devra posséder sa légitimité propre, ses modalités de contrôle, sa responsabilité devant le peuple, et sa capacité à interagir sans empiéter sur les autres. Des mécanismes clairs de dialogue, de recours, de révision seront définis, afin de prévenir toute dérive autoritaire, tout monopole idéologique, toute confiscation de la parole.

Une Démocratie Authentique et Laïque

La démocratie véritable que cette Constituante vise à instituer ne sera pas la somme des intérêts particuliers, mais une volonté collective articulée autour d’une boussole : Fraternité, Égalité, Liberté.

Elle sera laïque, au sens fort du terme : chaque être humain y aura droit à sa conscience, à sa foi ou à son non-croyance, sans que l’État n’impose ni ne méprise aucune spiritualité. Le pouvoir religieux ne gouvernera pas, mais il aura droit de cité. Le spirituel n’exercera pas la contrainte, mais il inspirera peut-être le soin, le pardon, la mémoire.

Ainsi, cette Assemblée Constituante ne rédige pas seulement un texte de loi. Elle trace un chemin. Elle ouvre une ère. Elle répond à un appel profond de notre siècle : celui de réconcilier le peuple avec lui-même, la politique avec le vivant, la loi avec la justice.

Une réflexion sur “Une Assemblée Constituante : Vers une Constitution de Fraternité

  1. La richesse du Peuple est une vérité encore manifeste et l’on a tort de le sous-estimer, de l’amputer de son Être. Le véritable dialogue est possible avec les gens du Peuple, cette force intelligente qui vit le discernement et l’auto-vigilance. Merci pour cette proposition.

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