Il faut une révolution politique, poétique et philosophique Aurélien Barrau

J’en ai importuné, des ami·e·s, des collègues, des âmes bienveillantes ou pas, pour qu’ils daignent lire ce petit fascicule — comme, plus tard, je leur achèterais et leur imposerais la lecture de la BD Champs de Bataille. Une modeste plongée dans les abysses de la responsabilité humaine, avec, peut-être, une lueur d’issue au bout du tunnel. Certains se sont vengé en m’imposant la lecture de « La Meute », les plus macronistes d’entre eux.
Certain·e·s ont fini par céder, las de ma question lancinante : « Alors, tu l’as lu ? »
Voici donc ce que j’ai ressenti — dans mon style grandiloquent, un brin désuet, mais sincère.

Quel soulagement d’entendre une voix, claire et forte, une voix qui refuse l’ornière, du convenu, du prudent, une voix qui ne quémande rien aux puissances de la technologie ou du technophilisme politique, mais qui, debout, s’adresse à nous comme on secoue une dormeuse — et c’est tout notre siècle qui tremble en moi, Et c’est toute notre mémoire qui se ranime en moi.

Aurélien Barrau, ce nom sonne, claque, fend le silence dans lequel mon desespsoir me faisait sombrer. Il ne vient pas du camp des crieurs publics ni des bavards d’écran. Il vient du camp des veilleureuses, de celleux qui entendent le feu sous la glace, la tempête sous les formules, la vie battante sous les chiffres morts et les bilans sanglants.

Il parle en astrophysicien, mais surtout en humaine personne. Il pense avec le ciel mystique des « sans Roi », mais son cœur est enraciné dans la glaise fertile de la vie. Il ne propose pas un plan, une méthode, une réforme. Il appelle. Il appelle à l’insoumission poétique. Il appelle à la délicatesse révolutionnaire. Il appelle à l’élégance de la radicalité. Il nous dit : Asseyez-vous. Pensez. Aimez. Désobéissez.

Il nous rappelle, avec d’autre evidement, que l’ordre n’est pas la paix, que le progrès n’est pas la vie, que l’économie n’est pas l’horizon, mais que la poésie peut devenir le centre. Poésie, non comme ornement, mais comme ferment. Poésie, non comme luxe, mais comme nécessité. Poésie, non comme distraction, mais comme désobéissance première.

Et dans cet appel — je reconnais la voix d’um prophétesse, non um de celleux des dogmes, mais celleux des commencements, des recommencements. Celleux qui arrachent les masques pour rendre aux visages leur vérité nue, leur tremblement de vivre.

Et je suis d’accord avec lui, de toute mon âme d’écolier de Dieuxe : Il faut lever le pied du prosaïque, Et appuyer, appuyer, appuyer sur l’accélérateur du poétique.

Haïku

Le monde s’effondre.
Barrau murmure : « Poésie. »
Et la nuit recule.

Tanka

Trois mots pour rêver :
Révolution de l’âme,
Poésie en feu.
Dans le cri des équations,
L’étoile d’un cœur s’allume.

Sonnet

Il faut, dit-il, rallumer la parole,
La vraie, la lente, la juste, la brûlante,
Celle qu’on ne vend pas, celle qui s’affole
Quand le monde meurt d’être trop prudente.

Il faut, dit-il, remettre au cœur des choses
Ce chant ancien que nul ne peut dompter,
Celui des feuillées, des corps, des névroses,
Des mains qui sèment, des peuples révoltés.

Il faut, dit-il, non plus croire aux machines,
Mais retrouver, dans les voix qui dessinent
L’horizon d’un monde, la soif d’être ensemble.

Et je dis oui, et je marche avec celleux,
Avec les poète·sse·x, les fou·lle·x, les amoureu·se·x —
Car c’est par la beauté que le réel tremble.

Merci à Camille Etienne

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