J’ai rêvé de Guy Roland.
Oui, dans ce dortoir gris, où les âmes s’habillent de silence.
Il n’est pas venu pour me consoler, ni même pour me juger.
Il est venu, point.
Comme on entre dans un dojo en attente de l’asa geiko, pour y redresser le sabre au mur.
Et moi, couché là, perdu dans mes guerres stériles,
il m’a regardé avec cette droiture sans indulgence,
et m’a dit, « Tu n’as pas changé. »
Pas une louange.
Un coup de shinai sec sur l’âme.
Puis réveillé, j’ai tiré la carte :
Le 6 de Feu – Le Succès.
Succès de quoi ?
Du monde qui brûle pendant qu’on célèbre les fausses victoires ?
Du cœur qui bat seul, debout, au bord du gouffre des lâchetés politiques ?
Car dehors, le monde s’effondre dans sa propre fange.
Israël, cette fascisto-démocratie infame, exécute un peuple affamé sous les hourras de l’Occident.
Les enfants meurent, et les chancelleries détournent les yeux pour mieux signer les chèques.
Et en France, un premier ministre – ah ! ce visage de cire, cette bouche de travers et ce regard vide – ce pantin désarticulé par le pouvoir, qui a caché des crimes et reste pourtant, juché comme le roi du bal des morts-vivants.
Ils ne gouvernent plus, ils administrent la terreur et maquillent l’effroi.
Fachos en costumes, fascistes en jogging de chaîne privée, racailles ministérielles maquillées en sauveurs de la nation.
On ne dit plus la vérité, on la bâillonne.
Mais alors, et moi, et le succès ?
Moi je respire encore, non pas par grâce politique, mais parce que j’ai le Kendo, le Jeu de rôle, l’église, mon église de quartier et l’amour des gens, les trois piliers de mon Succès à moi.
Mon vrai.
Pas celui qu’on applaudit — celui qui me tient en vie, quand tout le reste veut me voir ramper de désespoir.
Rubaiyat
Je n’ai ni drapeau ni trône en or massif,
Ma gloire ? Un sabre, un cri, un récit fictif.
Tandis qu’ils tuent des peuples pour des rentes,
Je rêve à Guy, et je vis sans tarif.
Ghazal
Dans ce monde où l’enfant gît sous les bombes,
Mon cœur cherche le dôjô, hors des tombes.
Ils mentent, ils trahissent, ils signent des lois —
Mais l’épée du juste tranche les lombes.
Guy m’a dit « Tu n’as pas changé » —
Même si le monde tourne dans l’ombre.
Le vrai succès, ce n’est pas qu’on m’acclame,
C’est qu’en moi l’amour brûle, sans encombre.
Haïku
Tandis qu’ils massacrent,
mon shinai luit en silence.
Je reste vivant.
Et je le redis :
Que ceux qui tuent des peuples au nom de la paix crèvent dans leur mensonge.
Que ceux qui couvrent des crimes soient jugés pour ce qu’ils sont : des criminels.
Moi, j’ai Guy dans mes rêves, le Kendo dans mes os, l’amour des êtres vivant et Jésus dans ma chair.
Et c’est suffisant pour faire chier les ténèbres. Le succès.
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