Dans la continuité de mon exploration du Tarot Zen d’Osho, je vous décrit un tirage centré sur une question personnelle liée au Kendo. Dans les articles suivants, j’aborderai l’approfondissement des lames encore inexplorés précédemment . Pour ce tirage, j’utilise la méthode du tirage en diamant, qui implique de tirer cinq lames. La question sous-jacente est d’explorer comment se préparer sereinement au passage d’un grade. Je tiens à préciser que je ne pratique pas la divination ; mon approche consiste toujours à demander des conseils et à interpréter de manière subjective, en considérant le jeu comme un sujet..
Le Tarot Zen de Osho me jette aujourd’hui ses éclats brutaux et lumineux, ses paradoxes aiguisés comme le fil d’un katana. Ces lames, une à une, comme des étapes sur la voie du sabre. Une méditation offerte sur l’approche intérieure, et non sur l’issue – car obtenir ou échouer importe peu, seule compte la manière.
La lutte, ce thème central, s’installe comme un rappel brutal. Pas la lutte extérieure, mais celle qui ronge l’intérieur. Ce duel sans fin entre l’ego et la vérité. Dans le Kendo, comme dans la vie, on ne triomphe jamais des autres. On affronte seulement son propre chaos. Le 6ème DAN n’est pas un trophée, c’est un miroir. La lame me murmure : dépose tes armes inutiles. Cette lutte intérieure, nourrie par la peur de l’échec, n’est qu’un voile. Si je m’y attarde, je me perds. Le sabre ne sert qu’à trancher l’illusion.
Le guide invisible, cette influence enfouie, me rappelle qu’il existe des forces bienveillantes, inaperçues, qui œuvrent en silence. Peut-être est-ce la mémoire des maîtres disparus, des aïté rencontrés, des regards croisés dans un dojo. Ce guide ne montre pas le chemin, il l’éclaire. Une voix ténue murmure que ce passage est déjà balisé par l’expérience et par la foi dans la pratique. Pas besoin de chercher, seulement suivre.
Ah, cette carte éclatante comme un rire d’enfant ! Elle se dresse comme une invitation à ne pas oublier la joie brute et pure de la pratique. Le Kendo, ce n’est pas la technique sèche, ce n’est pas l’examen, c’est le plaisir d’entendre le shinaï chanter dans l’air. L’innocence, c’est cette part de moi qui se réjouit encore, à 62 ans, de poser un pied sur le parquet du dojo. Aborder le 6ème DAN, c’est retrouver cette fraîcheur, cette capacité à s’émerveiller comme lors du premier men frappé.
Voici l’arcanne de l’équilibre, la solution. Le 6ème DAN n’est pas une fin, mais un point d’équilibre entre les forces contraires : technique et spontanéité, rigueur et liberté, ego et abandon. Intégrer, c’est se tenir au centre du cercle sans en être prisonnier. Comme dans la coupe du hakama, chaque pli, chaque mouvement devient un geste sacré, un pas vers une harmonie plus vaste.
La lame des vies passées éclaire la compréhension ultime. Cet examen n’est pas qu’un acte individuel. Il s’inscrit dans une chaîne d’héritages, dans une lignée d’âmes qui ont foulé la voie du sabre. Chaque coup de shinaï, chaque salut, chaque genou posé au sol s’imprègne de cet infini. Aborder le 6ème DAN, c’est porter ces vies en soi, non comme un fardeau, mais comme une force.
Interprétation générale
Aborder ce passage, ce n’est pas chercher à prouver quoi que ce soit, ni à soi ni aux autres. C’est un retour à l’essence, un dépouillement. Accepter que la lutte intérieure existe mais refuser qu’elle dicte le chemin. Se souvenir du guide silencieux qui veille, de l’innocence joyeuse qui illumine, de l’équilibre à trouver, et de l’héritage porté. Ce 6ème DAN est un passage sur une voie infinie, rien de plus, rien de moins.
Rubaiyat
Je frappe, je trébuche, mais toujours je souris,
Dans l’éclat du shinaï, la peur s’estompe, s’enfuit.
Héritier des ombres et des rires anciens,
Chaque coup porté sculpte mon être inouï.
Ghazal
Sous le poids des siècles, le sabre murmure,
Une lutte sans fin, une lumière pure.
Guide invisible, souffle des vies passées,
Dans chaque coupe, le présent effleuré.
J’écoute l’écho de l’innocence oubliée,
Un rire d’enfant dans l’ombre réveillée.
Sur le parquet du dojo, mes pas s’égarent,
Et dans cette errance, la vérité se déclare.
🕊️🕊️🕊️