Un mot éventré. Vidé de sa substance par les costards-cravates et les tailleurs Chanel. Démocratie, leurs lèvres la prononcent sans trembler, mais leurs mains, pleines de sang et de contrats, la prostituent. Une poupée de chiffon qu’ils trimbalent dans leurs campagnes, qu’ils agitent comme une bannière en plastique. Mais nous, les sans-nom, les sans-voix, on sait. On sait ce qu’ils en ont fait. Une farce. Une farce crasse.
Démocratie. Maison. Pas la leur. La nôtre. Celle qui abrite les cabanes effondrées, les squats moisis, les campements sur le bord des routes. Une maison où chaque voix compte, même celle du gamin qui crie dans un bidonville, même celle de l’ancienne à la peau tanné·e·s qui murmure son dernier souffle. Une maison où le vent passe, où les portes claquent mais ne se ferment jamais. Leur maison à eux ? Marbre glacé, silence hypocrite, dorures qui puent le mensonge.
Démocratie. Horizon. Celui des champs dévastés, des plages ravagées, des forêts arrachées. Mais aussi celui des chants, des mots balancés à pleine gorge. Leur horizon ? Le gris des tours, des calculatrices et des tableaux Excel. Notre horizon, c’est l’infini, c’est la lumière qui brille même au fond des ténèbres. Une lumière qui dit : « On est là. Vivant·e·s. Debout. »
HK chante, et je hurle.
Pour Gaza. Pour les natifs amérindiens. Pour les femmes brûlées au patriarcat, les hommes détruits par les attentes absurdes. Pour les genres qu’ils refusent d’accepter. Pour chaque foutu être humain qu’ils piétinent. HK chante, et je danse. Mes pas cognent le sol, je fais trembler leur putain de marbre. Et dans la poussière, je vois déjà des fleurs pousser.
Rubaiyat
Sous leurs tours de verre, tout s’efface,
Mensonges d’or, promesses sans grâce.
Mais au fond des rues, nos chants résonnent,
Et brisent enfin leur putain de carapace.
Ghazal
Danse, oh toi, l’âme en feu, dans la nuit noire,
Frappe le sol, crie leur fin, brise le miroir.
À quoi bon leurs palais ? Le vent les balaie,
La terre, elle, nous portera tous, sans gloire.
Pour Gaza, pour les parias, pour les banni·e·s,
Chantons haut, soyons les voix de l’espoir.
HK, ton cri déchire le silence des puissants,
Avec toi, on danse, on rêve, on se prépare.
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