3 de Feu : L’Expérience de l’Existence

Ah, cette expérience de l’existence, cette ultime demeure où le mystère n’est pas à résoudre mais à vivre. Pour cette dernière maison, La Maison XII de ce tirage de la roue astrologique, ce lieu des ombres, des secrets, et des murmures de l’inconscient, m’offre une leçon d’une simplicité si pure qu’elle en devient radicale : exister, c’est se laisser traverser. Par le vent et la lumière, par l’arbre qui s’élève et l’eau qui reflète nos visages. Exister, c’est toucher et être touché, non dans un geste de domination mais dans une communion qui nous échappe, qui nous dépasse.

C’est la carte qui m’apprend que ma colère, celle que je brandis contre la bourgeoisie et ses hypocrisies, n’est qu’une vibration parmi d’autres dans cette immense symphonie qu’est l’existence. Elle n’est pas inutile, cette colère, mais elle doit être transfigurée. Non pas éteinte, mais illuminée par le regard de l’émerveillement. Ce regard qui fait qu’un arbre n’est plus un arbre, mais lea Dieu dans sa forme la plus immédiate, la plus intime. Que mon écriture n’est plus seulement une arme, mais un chant. Que chaque acte, chaque souffle, chaque douleur, même, devient un lieu d’apprentissage.

La Maison XII me dit que tout est lié, que tout dialogue. Que ce qui est au plus profond de moi est aussi au plus profond du cosmos. Et qu’il ne s’agit pas de comprendre cela, mais de le vivre. De marcher dans ce mystère avec confiance, même si le chemin est couvert d’épines. Dieu, si proche et si lointain, nous appelle à cette expérience. À cet abandon. À cette aventure sans autre but que l’aventure elle-même.

Rubaiyat

Dans l’arbre qui danse, l’écho de l’éternité,
Dans chaque souffle, un soupir de vérité.
Ce mystère qu’est vivre, nul ne peut le briser,
Car il est l’éclat même de la divinité.

Ghazal

La lumière caresse l’ombre et s’y repose,
Chaque instant murmure, chaque souffle ose.

L’arbre me parle, son silence est clair,
Il m’offre son cœur, un jardin, une prose.

Exister n’est rien, sauf ce pur vertige,
Une danse dans l’éternel métamorphose.

Dieu est là, dans le vent, dans mes colères,
Et tout ce qui me blesse, doucement se dépose.