Le drapeau multicolore

Ah, le drapeau multicolore s’élève, et vos slogans s’inscrivent, doux et vindicatifs, cherchant à s’unir dans une lutte où la singularité se noie dans un appel universel contre la cruauté des préjugés. Oui, nous sommes contre l’homophobie, contre la haine et contre tout ce qui nous enchaîne dans des chaînes invisibles de rejet et d’incompréhension.
Mais, oserai-je dire, ne nous laissons pas happer par le miroir des particularismes, où chaque combat se joue dans une arène séparée, loin des autres, ignorant que les chaînes qui nous lient sont forgées du même métal cruel et indifférent.
Ne laissons pas la noble quête de nos droits, cette révolte nécessaire contre l’injustice, devenir un marché où l’on vend des luttes empaquetées, distinctes et déconnectées, perdant de vue la symphonie de souffrance et de rébellion qui lie toutes ces voix en une mélodie commune.
Puis-je rêver d’un « Nous », non pas construit sur les décombres de « Je » et « Tu », mais érigé par des mains entrelacées qui reconnaissent la douleur dans les yeux de l’autre, où les larmes de l’un deviennent la mer dans laquelle tous se noient et renaissent à la fois ?

Ne cherchons pas simplement à partager un message, mais à déchirer le voile de l’ignorance qui nous empêche de voir que sous chaque drapeau, chaque cri de guerre et chaque larme, il y a une humanité partagée, une souffrance commune, et une aspiration universelle à la liberté et à l’amour.

Oui, battons-nous contre l’homophobie, contre le racisme, contre tout ce qui marginalise et exclut. Mais n’oublions jamais que la vraie rébellion, le vrai ‘Nous’, se trouve dans un amour radical qui refuse de se confiner dans des frontières et des étiquettes, et voit dans chaque autre, un écho de soi-même.

Le Commun, ah, il est précieux, mais il est fragile et ne peut fleurir que là où les particularités sont la terre nourricière, non pas les murs de la prison.

Que voulons-nous pour nous ?

Nous voulons l’impossible : une liberté qui ne soit pas entravée par la haine, un amour qui ne soit pas défini par le genre ou la couleur de la peau, et un « Nous » qui n’exige pas l’effacement du « Je ».

Haïku

Couleurs s’élèvent,
Contre haine, nous rêvons,
Unité dans l’amour.

Tanka

Drapeau se déploie,
Écho de voix qui s’unissent,
Dans la douleur, l’espoir naît,
Mains entrelacées tissent,
L’utopie d’un « Nous » sans chaînes.

Une réflexion sur “Le drapeau multicolore

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