27 janvier 2021 – premier

Je suis 19 ans,
1981
Philosophie et physique
Mes Phi-phy
Mes années 3000
Club 3000
Clermont-Ferrand
Le Rock
Le club, où, populo et « estudiants » studieux
Se retrouvent
Dansent
Le Rock des années 81 à 83,
Temps de ma brune Hélène,
Cœur battant pour un fille de droite.
The Cure, 10:15 Saturday Night
ZZ-Top, The Grange
Moon Martin, Bad News
Ma folie en transe
The Specials, A Message To You Rudy
Et Led Zeppelin et tant d’autres ACDC
Gars et garces du populo,
Nanas et mektons étudiants
Ensemble, danser à 1h00 au 3000.
Concert des Bérurier noir, les Béru
Jeune gendarme FN danse avec l’instit de Cebazat
L’Amitié.

Puis fin des années 80
Le rock disparait
Se profile la « Danse ».
Les étudiants se retrouvent au Phidias,
Plus de populo.
La nuit appartient aux jeunes festifs narcissiques.
Narcisse le nouvel héros.
L’égo le nouvel eldorado.
Le rire moqueur a remplacé le sourire de l’ensemble.
Afficher sa préférence sexuelle ? Tendance !
Le temps venu du petit bourgeois BCBG,
Le petit dandy,
Le prolo ? Avec le gendarme,
Allez oust au FN.
Les « touche pas mon pote »
Les Marches des dignités
La « Danse », partout.
Le rire moqueur du Beauf,
Nous, n’est pas comme eux.

Et je quitte la jeunesse
Devient prolo
Me fait mépriser par le socialiste
Je suis livreur en SCOP de transport
Je loupe le RAP.

Les années défilent.
Gaie, Lesbienne, Trans, Queers,
Disent le nouveau dit du monde.
Puis les Geeks,
Les start-up-nationeurs,
Les transhumanistes programmateur d’une vie morbide.
Des impasses.

Et, je suis 59 ans.

Et toutes mes années ?
Années Rock et après
Reste, l’intime.
L’intime de mes amours,
Amour sans retour bien souvent,
Ferré, Barbara, Brassens, Ferrat, Anne Sylvestre.

Et aujourd’hui, jeunes gens d’aujourd’hui ?
Vous êtes confiné.
Vous êtes en gestation.
Une nouvelle moisson sortira de cette gestation.

Parce que nous n’avons rien vu venir ?

En souvenir

L’Imprudence par Alain Bashung (/ Jean Marie Fauque)

Quatuor n°4 par Anne Teresa De Keersmaeker, avec cette chanson de Bashung !

Et vous serez au fondement de ce que j’aime ! De ce j’aurais aimer rencontrer comme inattendu dans cet univers. En ces temps de Confinement, de Covid qui dissimule la plus grande crise économique de l’idéologie néolibérale. Cette idéologie est si peu courageuse qu’elle se cache derrière un Virus appartenant au grand cycle de la vie.

Laisse venir, laisse venir

Laisse venir
Laisse venir

Laisse venir
Laisse venir

Laisse venir

Laisse venir
Laisse venir

Laisse venir
Laisse venir

Tu perds ton temps
À mariner dans ses yeux
Tu perds ton sang

Tel Attila
Tel Othello
Tu te noircis
Dans quoi tu te mires
Dans quel étang

À l’avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider

À l’avenir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence

Tu l’auras toujours, ta belle gueule
Tu l’auras, ta superbe
À défaut d’éloquence

Tel Machiavel
Tel Abel Gance
Tel Guillaume Tell
À quoi tu penses?
À quoi tu penses?

À l’avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider

À l’avenir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence

Tu perds ton temps
À te percer à jour
Devant l’obstacle
Tu verras
On se révèle

Tel Perceval
Tel Casanova
Tel Harvey Keitel

À l’avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider

À l’avenir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence
L’imprudence

Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence

NO SOCIETY par Christophe GUILLUY

Note : 3 sur 10.

Quand en chemin on oublie les questions

Bien sur, ce qu’il écrit fait encore un lointain écho à ce que je ressens, à ce que nous ressentons, lorsque entres collègues, ami.e.s, copain.ine.s et compagn.es.ons nous conversons ensemble. Certes nous ne conversons plus comme dans les grands salons du 18ème siècle, nous sommes juste plus inquiets avec une petite contamination par un non-espoir dans un avenir lumineux. Nous avons le sentiment que s’approche de nous, le jour de l’éclipse de Berserk que la lumière des possibles et des inattendus d’une création retrouvé.
Christophe Guilluy qui pouvant encore avant 2010 nous aider à voir plus claire, semble avoir sombrer dans la lèpre médiatique du polémiste. Ce qui est écrit est moins démontré, plus asséné, plus coup de point, qu’appelle à se poser des questions. J’ai le sentiment d’être envahi de réponses, et de constat sans liberté possible.
En en ces temps de « pandémie » où la confiance en une certaine classe de manager, politique, énarque, et autres grandes écoles d’aristocrate et méritocrate, il n’est pas celui qui est nécessaire. Il ne permet d’entrouvrir aucune porte. Son essai me semble plus ressembler à ces temps d’une pensée Zémourienne et autre Onfraiiste qu’une pause dans le temps qui permet de se poser les questions communes. Qu’est-ce qui nous relie encore en tant que personnes humaines, en temps qu’humanité. Je suis très déçu par ce livre, qui je pensais, ouvrirait des questions auquel nous ne nous étions pas posés et qu’il fut agréable de malaxer ensemble et transformer personnellement.

Certes j’ai relevé quelques citations, mais elles ne sont que des constats de plaies purulentes existantes et futur*, plus que, des éclairages opportuns sur des portes de sortie vers un « à venir »** retrouvé. Finalement ce livre est dispensable.

* Futur : il est calculé et relève de big data, il est certain et seul le désastre (perte des astres, du sens) le détruit
** Avenir : Toujours en création, il est inattendu, même si incertain ou improbable, il survient et nous fait participer à la création.( il est fait de catastrophe, fin d’histoire et commencement de nouvelle – l’apocalypse est un avenir par un futur)

La question qui m’obsède est « comment retrouver une sorofraternité » qui ne soit ni Bisounours, ni néolibéralement « bienveillante » ? Bientôt je lirais le dernier essai d’Emmanuel Todd, qui possède encore une certaine dose d’humour. Mais je me sens plus proche actuellement, d’une personne comme Barbara Stiegler.

Quelques citations – je vous laisse libre

En regardant les Gilets jaunes à la télévision, la nouvelle bourgeoisie, la bourgeoisie « cool » des grandes villes, semblait découvrir la dernière tribu d’Amazonie. Le surgissement des classes populaires dans le débat public a fait imploser toutes les représentations sociales, géographiques et politiques imposées par le monde « d’en haut ».

La panique qui gagne le monde d’en haut est liée remise en cause de la posture morale sur laquelle il avait assis sa domination. L’émergence d’une contestation populaire et périphérique déstabilise en effet moralement une bourgeoisie « cool » et bienveillante qui fondait son hégémonie culturelle et politique sur l’invisibilité des classes populaires. Prenant peur, une partie des élites renvoie les classes populaires au fascisme mais il est trop tard. Les classes populaires occidentales sont en train de gagner sur l’essentiel : la bataille des représentations culturelles. Exclues, ostracisées, précarisées, sans pouvoir économique ni politique, elles semblaient sorties de l’Histoire.

On peut aussi évoquer sans risque l’importance du nombre de pauvres et inversement s’indigner de l’enrichissement du 1% (voire du 0,1 %) des plus riches d’entre nous. Si elles pointent certaines dérives du modèle, ces représentations ne remettent pas en question l’essentiel : la permanence d’une classe moyenne majoritaire. Elles valident donc en creux le modèle économique existant. La classe moyenne ne serait ainsi qu’une classe en mutation, en voie de s’adapter aux nouvelles normes économiques et sociétales d’une société mondialisée. Les politiques et experts préfèrent d’ailleurs toujours utiliser les termes « mutation » ou « transition >> plutôt que ceux, trop clivants, de « rupture » ou de « fracture Cette novlangue ? « transitionnelle » ou « mutationnelle » permet opportunément de mettre sous le tapis l’idée même d’intérêts de classe divergents.

Ce n’est donc pas un hasard si le romantisme révolutionnaire de la bourgeoisie n’atteint plus les classes populaires. Il faut dire qu’elles ont intégré depuis longtemps l’idée que « la révolution n’est pas un dîner de gala, c’est un acte de violence  » dont elles sont le plus souvent victimes et qui, in-fine, répond d’abord et avant tout aux aspirations de la bourgeoisie et de la classe dominante. Il n’est donc pas si étonnant que le programme du candidat Macron ait été si peu entendu par le monde d’en bas et au contraire plébiscité par les classes supérieures. A l’instar de leurs glorieux ancêtres, les nouveaux bourgeois continuent à lever le poing, à vouloir entraîner le peuple vers la lumière et le progrès, mais ces révolutionnaires de salon prêchent aujourd’hui dans le désert.