Privilèges par Alice de Rochechouart

Eh bien, nous y voilà : un bon mois de lecture. Et je l’ai lu en m’intériorisant, selon quatre niveaux :
– Le sens littéral, les mots tels qu’ils veulent dire.
– Le sens symbolique, ce qui se cache derrière ces mots.
– Le sens où les mots deviennent agissants et provoquent le désir qu’un changement profond advienne dans notre société.
– Et enfin, le sens qui échappe peut-être ou pas à Alice de Rochechouart, le sens spirituel : comment l’humanité peut s’inscrire avec elle-même, avec le commun sacré, avec la nature, avec le cosmos.

Des questions sont posées sur les privilèges qu’elle inscrit dans l’histoire et jusque dans sa chair d’aristocrate. Elle se montre d’une sincérité redoutable qui nous déplace vers notre propre sincérité. C’est parfaitement passionnant de vivre cette lecture et de sentir la convergence de beaucoup d’auteurs qui m’ont bousculé et fait prendre conscience de ce qu’est le « Commun » : Barbara Stiegler, Johann Chapoutot, Frédéric Lordon, Gaël Giraud et bien d’autres.
Notre société humaine doit impérativement bifurquer, mettre fin aux privilèges de toutes sortes (voir le schéma inscrit dans son livre, donc achetez le) et le communaliste est une voie désirable. Travaillons-y.

Et je terminerai par une citation :

« Prendre conscience du spécisme, c’est donc non seulement rompre avec le système de domination des humains envers les animaux, mais aussi avec notre propre système de domination et de privilèges. Comme le dit si bien Kaoutar Harchi : “Cette prédisposition à ne pas souffrir chaque fois que souffre un animal et à ne pas accorder à leur souffrance le statut de souffrance forme notre rapport dominant à tous les souffrants du monde.” Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, au cours de l’histoire, les populations dominées ont été animalisées, précisément pour justifier les violences exercées envers elles : il est facile de qualifier certains humains de bestiaux, de monstrueux, de pas assez humains (pour des caractéristiques physiques, pour leur mode de vie) afin de légitimer la domination. En définissant la “vraie” humanité par opposition à l’animalité, et en méprisant l’animalité, on crée une hiérarchie, c’est-à-dire un système de privilèges. »

Un Haïku

Sous le vent sacré,
les mots sèment la lumière,
l’ivraie disparaît.

Un Tanka

Lecture profonde,
quatre sens entrelacés,
le grain et l’ivraie.
Le commun nous interpelle,
la terre attend la justice.

Trois haïkus

Grain contre ivraie,
la pensée vibre au silence,
l’Avent nous éclaire.

Privilèges tombent,
comme feuilles en hiver froid,
le vent les disperse.

Sous la chair des mots,
un souffle brise la peur,
l’aube se prépare
.

Une réflexion sur “Privilèges par Alice de Rochechouart

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