Sous la chemise trouée de l’univers, sous la chemise sale de nos petits trafics, sous les dentelles grises des illusions bourgeoises, il y a cela : la fleur. Pas une rose cravatée, pas un lys amidonné. Une fleur nue, tremblante, offerte à la putréfaction comme à la lumière.
L’Arcane XXI – L’achèvement, dans le Tarot Zen d’Osho, ne chante pas victoire, il n’aboie pas ses médailles sur les places publiques. Il s’ouvre en silence, à la face d’un monde qui s’effondre sous le poids de son avidité, de ses armées, de ses banques, de ses prières mal digérées.
Ce Monde-là est celui du vagabond. Celui qui a cessé de compter ses blessures. Celui qui, comme Laura Palmer, a compris que l’ange, qui existe, mais est devenu un cri qu’on lance dans la nuit, sans attendre qu’on nous réponde.
L’aboutissement ? Infini amour.
Juste être.
Juste respirer dans la pourriture du monde, et trouver cela beau.
Juste aimer d’un amour sans église moralisatrice, sans drapeau à adorer, sans patron auquel obéir sans désir.
Offrir son être comme la boue offre ses vers et ses fleurs à la pluie.
Le Monde, dans l’amour,
c’est regarder l’autre comme on regarde une étoile,
sans vouloir l’éteindre, sans vouloir l’atteindre.
Le puzzle ? À peine posé, il éclate. Il laisse passer le vent du dehors, ce vent qui ne demande pas la permission, qui ne porte pas de gants blancs.
Il te blesse, il te caresse, il te traverse.
Et tu comprends alors que l’accomplissement, ce n’est pas coiffer ton existence d’un chapeau de cérémonie.
C’est tomber, debout, dans l’infini.
Méditation silencieuse proposée par la lame :
Assieds-toi.
Sens ton corps respirer.
Ne cherche pas à changer ta respiration.
Ne cherche pas à méditer.
Sois simplement ce souffle.
Rubaiyat
Dans la boue des jours, j’ai planté ma couronne,
Non pour régner, mais pour mourir sans patronne.
Mon cœur est un royaume d’orties et d’étoiles,
Où le monde s’effondre, et mon âme frissonne.
Ghazal
Mon corps est un chemin que nulle main ne tient,
Mon souffle une prière que la nuit seule retient.
Fleur sans terre, sang sans chaîne, lumière sans fin,
Le monde en moi s’écroule, et je danse enfin.
Pas de Dieu pour juger, pas de maître, pas de lien —
Seulement cette plaie ouverte d’où jaillit mon matin.
Haïku
Fleur dans la poussière —
je n’ai plus de nom à dire,
je suis le silence.
❤️🕊️