8 de Feu : Le Voyage

Dans cette maison VII des relations de cette roue astrologique, voilà la grande question. Elles sont ce vent qui nous pousse ou nous disperse. Les interactions humaines, loin d’être des étapes figées, sont ces tremblements de la vie qui nous obligent à nous ajuster, à explorer et à nous réinventer. La maison VII, celle des relations, nous pousse à poser la question : qu’attendent de nous les organisations humaines ? Ces entités invisibles, ces sociétés, paroisses et communautés qui viennent nous chercher, nous réclamer, et parfois nous assujettir.

Le 8 de Feu, le Voyage, me parle d’un chemin sans fin. L’illusion d’un but, d’un arrêt à la station de l’accomplissement, se dissipe sous le regard de cette carte. Le voyage, la quête, l’exploration de soi, voilà ce qui fait la vie. Ce n’est pas la destination qui importe, c’est la manière de danser, de se perdre et de se retrouver dans la danse de l’existence. Pourquoi chercher à atteindre un sommet, quand l’ascension elle-même nous permet déjà de goûter à l’infini ?

La question se pose pour moi cette année : que veulent de moi les organisations, les groupes, les institutions auxquelles je me rattache ? Je pense bien sûr à ma paroisse, ce lieu où je m’engage comme chrétien, ce lieu où je cherche à offrir ce que je peux, et dans le même souffle, recevoir. J’y enseigne, j’y accompagne, je fais corps avec cette communauté. Mais je pense aussi au Kendo, à l’engagement que je mets dans cette discipline, où chaque rencontre, chaque combat, chaque échange devient un acte de transformation, un voyage de plaisir, de transmission, de rencontre joyeuse avec ceux qui débutent, avec les anciens, avec l’esprit de la tradition et de la modernité mêlés.

Et puis il y a cette vaste mer des réseaux sociaux, ces cercles ouverts, où je me vois offrir mes écrits, mes pensées, mes réflexions comme une source à laquelle on vient puiser. Ils attendent de moi une certaine forme de présence, un retour d’expérience, un mot qui pourrait peut-être éclairer, déranger, ou encore nourrir la réflexion collective. Mais au fond, ce sont ces attentes mutuelles entre moi et ces groupes, ces collectifs, qui questionnent ma véritable nature. Car une fois les attentes comblées, où en serai-je ? Une fois les mots échangés, les gestes accomplis, que reste-t-il ? Qu’est-ce qui est vraiment nourri ?

Et enfin, il y a la bourgeoisie, la grande, celle qui attend de moi que je lui donne le coup de grâce, que je l’aide à se dissoudre dans un océan d’oubli, pour que la terre, enfin, puisse revivre. Elle attend que je la fasse éclater, la fissure, la grande structure construite sur le mensonge et l’illusion, et qui nie tout ce qui n’est pas dans ses rangs. Un héritage de violence, de domination, de dégradation, que j’ai, peut-être, la tâche de déconstruire.

Le voyage est ainsi : il est la recherche de la vérité au-delà des formes imposées. Ce n’est pas le but qui doit nous préoccuper, mais le chemin qu’on parcourt, les rencontres que l’on fait, les vérités que l’on découvre en chemin. Là où tout se mêle et se démêle.

Rubaiyat

Sur la route, on marche, le pas lourd, le cœur léger,
Un but en tête, mais c’est la danse qui est vraie.
D’un pas incertain, mais fou, je me perds et je trouve,
Et dans ce tourbillon, c’est l’âme que je vais révéle
r.

Ghazal

Les hommes attendent, les femmes se tournent,
Tout un monde se cache, tout un monde se retourne.

Mais dans le tumulte, un regard se pose,
Sur ce voyage intérieur, où la paix explose.

Que puis-je offrir à ceux qui veulent m’emprisonner ?
Si ce n’est un souffle, libre, à leur faire respirer.

Dans la lumière vacille, au creux de l’infini,
J’entends les voix de ceux qui cherchent à se nourrir.

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