L’Épiphanie, ce mot venu du grec, est un éclat, une lumière surgie des ténèbres, une révélation soudaine, presque violente, qui déchire le voile de l’ignorance. Avant que l’Église ne s’en empare, il était profane, mais profondément humain, lié à l’émerveillement brut : un cri, un « Eurêka », une poussée hors des eaux stagnantes du quotidien. Archimède, nu dans son bain, l’avait connu. Et moi, l’ai-je connu ? Peut-être. Mais l’Épiphanie n’est pas toujours un cri de triomphe. Elle peut être une morsure, une blessure, une vérité tranchante qui vous laisse nu, face à vous-même.
Le christianisme a fait de cette lumière une étoile, une étoile guidant les rois, ces mages qui, loin de leur pouvoir terrestre, se prosternent devant un enfant, un bébé couché dans la paille. Quelle subversion ! Ce n’est pas l’empereur que l’on célèbre, ni même un héros guerrier. Non, c’est un enfant, faible, dépendant, vulnérable. Et dans cette faiblesse, une puissance : l’amour qui se donne sans mesure, sans calcul. Une épiphanie, non pas de gloire, mais d’humilité.
Mais que reste-t-il de cette lumière aujourd’hui ? Que reste-t-il de ces mages, de leurs présents symboliques, dans ce monde où l’or, l’encens et la myrrhe ont été remplacés par le plastique, les écrans et les slogans publicitaires ? L’Épiphanie est devenue une galette, une fève cachée dans une pâte feuilletée. On se dispute pour devenir « roi », pour porter une couronne de carton, sans comprendre que cette fête est un appel à la transcendance, un rappel que la lumière peut encore surgir, même dans nos vies les plus ternes, les plus boueuses.
Et moi, qui dénonce cette bourgeoisie qui transforme tout en marchandise, qui piège la lumière dans des vitrines, suis-je vraiment capable de voir cette lumière, cette étoile ?
Suis-je prêt à suivre, comme ces mages, un chemin qui m’éloigne de la sécurité, du confort, de ma propre suffisance ?
L’Épiphanie, c’est une question.
Une question qui ne cesse, à qui le souhaite, de brûler.
Rubaiyat
Une étoile dans la nuit noire a brillé,
Sous le regard des rois, un enfant est né.
Ni or, ni encens n’effacent sa lumière,
L’amour seul éclaire l’humanité.
Ghazal
Sous l’étoile d’Orient, la lumière s’étend,
Un enfant dort, fragile et pourtant puissant.
Les rois plient le genou, déposent leurs présents,
Mais c’est l’amour qui règne, doux et éclatant.
L’Épiphanie murmure à nos cœurs endormis,
Brisez vos chaînes, retrouvez l’infini.
Suivez cette étoile, oubliez vos royaumes,
Car seul l’amour fait de la vie un psaume.
L’église doit beaucoup au fait que je ne me détourne pas de la foi grâce à l’immense chance que j’ai de t’avoir pour frère de sang car c’est souvent grâce à cela, ton propre cheminement, tes poèmes tes propres questions couchées sur le papier, et encore aujourd’hui avec ce magnifique texte, que je ne claque pas la porte, et encore aujourd’hui, dans les moments de doute qui me traversent. Je suis égoïstement très contente que tu es suivi le chemin que tu as suivi en donnant vie à ta famille de chair. 🙏💓✨