Il y a des jours où l’on se retrouve face à soi-même comme devant un miroir fêlé. Pas un reflet qui rassure, pas une image qui apaise, juste des éclats, des fragments, des lambeaux de ce qu’on pensait être. Ce jour-là, à la lecture de l’Arcane XI, je n’ai pas vu un Tarot ; j’ai vu une injonction, un cri. Une percée à faire dans ma propre vie, ma propre inertie.
Je l’aime, ma sœur, mais peut-être mal. Peut-être que je me suis laissé enfermer dans ce masque du frère lointain, occupé, persuadé que l’amour fraternel peut se taire et se reposer sur lui-même. Elle attend peut-être des signes, des mots, un peu plus que ce silence ouvert qui peut se ressentir parfois comme mépris sans que je le veuille. Mais voilà, je reporte. Je reporte l’acte de briser le masque, comme je reporte tant de choses, préférant le confort des vieux usages à l’inconnu de mots, nouveaux né par renaissance, du sens.
L’Esprit Saint est venu, bien sûr, avec sa manière subtile et douce de forcer les portes. Une étrange percée s’est opérée, et j’ai attendu ce discernement. Deux jours.
Le Kendo : la pression qui éteint le feu
Et puis il y a le Kendo. Cette discipline que j’aime mais que j’ai pervertie en devoir. Une malédiction. Ce « je dois » qui m’étouffe, cette pression que je me suis imposée, a tué le désir. Le plaisir s’est évaporé dans l’obligation, et je comprends aujourd’hui que tout cela n’était qu’un masque, une façade pour me prouver quelque chose, un masque d’orgueil, lourd. Mais à qui, au juste ? À moi-même ?
Dans Dialogue avec l’Ange, cette phrase résonne comme un gong : « Je dois est malédiction, je peux est bénédiction.”Mal dire, bien dire. Tout se joue là, dans ces masques que l’on porte pour se convaincre que l’on agit pour les bonnes raisons, alors qu’on ne fait qu’éviter l’essentiel.
Noël arrive, avec son lot de lumières et aussi d’hypocrisies, de célébrations et d’ombres anciennes. La carte me demande : « Es-tu prêt ? » Mais prêt à quoi ? À briser ces masques, à laisser tomber cette armure d’ego, de perfection, de distance ? Es-tu prêt à aimer sans condition, à vivre pleinement cette vulnérabilité qu’on appelle l’humanité ? Es-tu prêt à marcher sans masque vers ce Christ qui, même sur la croix, regarde ses bourreaux avec une tendresse infinie ?
Je suis fatigué de ma propre médiocrité. Fatigué de ces actes mesurés, contrôlés, normés, qui ne sont que des objets sans vie. La Percée ne promet rien d’autre que l’inconnu, mais cet inconnu brûle avec une lumière qui me manque.
Rubaiyat : L’Éclat du Masque
Sous la lumière crue, le masque s’effrite,
La vérité s’élève, nue, sans limite.
Rien ne reste des ombres de l’ego brisé,
Seul un souffle d’amour, un feu qui m’invite.
Ghazal : Le Pas Vers l’Être
Dans le silence des masques tombés, je m’avance,
Vers l’infini du Christ, un éclat, une danse.
Ma sœur, ma foi, mes doutes, tout brûle dans ce feu,
Chaque pas vers l’amour me rend plus silencieux.
L’esprit murmure : « Reviens, sois entier enfin. »
Je dépose mes armes, et prends sa main divine.
Noël n’est pas un lieu, c’est un acte, une flamme,
Un retour vers la source, une offrande de l’âme.
Merci 🙏🙏🙏 quel merveilleux cadeau de Noël. Le plus beau. ❤️🙏🙏🙏