Reine Guenièvre, ma bien-aimée, il y avait en toi, dès le premier regard, un océan de désir, une immensité que j’ai perçue avec une clarté déchirante. Je savais, dès cet instant, qu’un seul homme ne pourrait jamais combler cette lumière qui t’illuminait. Ta splendeur était trop vaste, trop éclatante pour qu’un seul cœur humain puisse l’embrasser entièrement. Devant cet abîme de toi-même, au moment de notre serment, j’ai dû faire un choix, un choix qui allait décider de notre destinée commune. Il fallait te laisser libre, pour que jamais la souffrance de l’emprisonnement ne se transforme en haine, pour que cet élan qui nous poussait l’un vers l’autre ne se flétrisse pas, mais s’épanouisse, tel un jardin sauvage, et que notre amour, à l’image de ce que nous étions, puisse durer toute une vie, en dépit de nos limites, en dépit de notre humanité.
Ton âme, Guenièvre, est semblable à ce fond de l’univers que j’ai longtemps contemplé, de mes montagnes jusqu’à ma salle du trône. Je scrutais les étoiles, leur matérialité froide et lointaine, de mes yeux et à travers les récits des bardes et des sages, cherchant à percer le mystère de l’infini. Mais c’est toi qui m’as révélé cet autre infini, cet abîme incommensurable qui gît dans l’âme d’une vivante, ce besoin d’amour qui te consumait, cette soif que rien ne pouvait étancher. Cet amour infini qui t’habite, ce besoin d’être aimée, d’aimer, ne pouvait être contenu, et je savais que tenter de le faire serait le plus grand des crimes.
Mais, au milieu de cet amour, il y avait aussi des démons, Guenièvre, de véritables démons, et je les ai vus rôder autour de toi, prêts à te dévorer, à t’entraîner dans les ténèbres du désespoir. Ils sont venus avec leur volonté de te détruire, de nous détruire, utilisant ce lien sacré qui te poussait à sauver l’autre, à t’oublier toi-même. J’ai vu en cet ennemi le visage du néant, ce vide abyssal qui menaçait de t’engloutir, de rendre à l’univers son équilibre froid et cruel par l’anéantissement total de ton être.
Mais tu as vaincu ce néant, Guenièvre, nous l’avons vaincu ensemble. Nous avons traversé les ténèbres, main dans la main, et nous sommes encore là, unis, malgré tout. Notre amour a résisté à la destruction, à la tentation de l’abandon, et aujourd’hui, il brille d’une lumière plus pure, plus douce. Nous avons affronté le vide, et c’est l’amour qui a triomphé. Nous sommes encore ensemble, plus forts, plus proches, et je sais désormais que cet amour, notre amour, ne pourra jamais être anéanti.
Haïku
L’amour triomphe,
Dans l’ombre du néant,
Deux cœurs unis.
Tanka
Sous l’éclat des cieux,
Guenièvre et son roi, unis,
Bravent le néant,
Leur amour indestructible,
Brille, étoile dans la nuit.
Kanshi
Dans la tourmente des cœurs, le vent souffle cruel,
Guenièvre, lumière ardente, résiste à la tempête.
Arthur, guerrier de l’âme, contre le vide se dresse,
L’amour, tel un roc, défiant les ombres noires.
Sonnet
Sous les cieux éclatants de l’ancienne contrée,
Guenièvre, éclat pur, illumine le chemin,
Arthur, chevalier fier, dans le secret des seins,
Découvre un amour que nul ne peut brider.
Face au vide infini, aux démons d’un autre âge,
Leur amour se tresse en fils d’or éternels,
Résistant aux ombres, aux désirs irréels,
Ils bâtissent un royaume, loin de tout naufrage.
Main dans la main, ils traversent la nuit,
Bravant les tempêtes, les mensonges, les cris,
Ils trouvent la lumière, là où tout finit.
Et sous le regard des étoiles bienveillantes,
Leur amour resplendit, flamme ardente, vivante,
Unissant leurs âmes, dans une paix infinie.