Sentier de senteur silencieux

Au petit matin naissant, prenant le sentier silencieux de l’oraison, je suis parvenu à Gethsémani, au jardin des oliviers. Lui, il était là, dans un cercle de troncs noueux, assis, adossé contre le plus ancien de ces oléacées. Des larmes sourdaient entre ses paupières fermées. Je restais caché derrière un de ces arbres. Au loin, j’apercevais les apôtres allongés, endormis. Mais en dehors du cercle, dans un éclat de lune, je découvrais une autre personne : une femme à genoux priait. C’était Marie de Magdalena. Elle priait parce qu’elle regardait Jésus. Elle voyait que depuis quelques instants il était devenu homme, entièrement humain, uniquement humain. Il souffrait pour avoir vu tout ce qui allait arriver à partir de ce moment-là. Il savait le reniement et la fuite à venir de ses disciples pour l’instant endormis ; la trahison, les humiliations, la torture, la souffrance et ce long chemin d’épuisement et de supplice le long de la piste de mort vers le mont du crâne ; les hurlements de haine, les crachats, les insultes et, pire que cela, les moqueries imbéciles et aussi la tristesse des pleurs des femmes encore debout. Il voyait sa crucifixion, puis les ténèbres de sa mort et le néant. Marie la Magdalénienne voyait enfin l’homme qu’elle aimait, dans sa totalité, et pour le pire de sa fin de vie. Elle priait pour lui, pour elle aussi. Elle priait d’avoir le courage d’aller jusqu’au bout du chemin en flammes. Elle le faisait aussi pour les apôtres, pour qu’ils puissent affronter leurs reniements, leurs fuites, leurs terreurs, eux qui, auprès de lui, avaient des rêves de petits garçons, des rêves de gloire et de grandeur. Ils allaient être perdus, elle et l’autre Marie devraient s’occuper d’eux. Mais pour l’instant, elle priait pour lui et se laissait aimer cet homme qui n’était plus le maitre.

Je restais dissimulé derrière mon olivier, une oraison au cœur, une senteur de printemps dans la poitrine. Je ne pouvais pas Lui parler, juste regarder Jésus et Marie Madeleine, voir l’homme et la femme qu’ils étaient ce soir là à Gethsémani.

Ichthus en 2D20

Finalement mon dernier choix, ma dernière réécriture sera pour le célèbre système 2D20 développé par Modiphiüs et déjà utilisé dans de nombreux autres jeux tels que Mutant Chronicles, Infinity, John Carter of Mars, Dune : Aventure dans l’Imperium et bien d’autres.

Le système 2D20 est un système narratif dynamique, conçu pour produire des résultats aussi intéressants que variés aux situations dramatiques ou pleines d’action. Les personnages lancent deux dés 20, tentant de faire les scores les plus bas possibles sur chaque dé – plus le nombre de dés aux petits scores est important, plus les chances de succès sont élevées.

Ce système loué pour sa simplicité et son efficacité offre un cadre de jeu global permettant de faire aisément face à toutes les situations de jeux. Le système 2D20 gère notamment les oppositions, les compétences, les talents, la sorcellerie et l’équipement nécessaires pour s’aventurer dans les âges d’avant l’histoire…

Dans Ichthus on renommera certains concepts pour se rapprocher de la période antique. Compétences devient Aptitudes, Talents devient Charismes, la sorcellerie disparait et l’équipement devient Moyens.

Ça commence

Toutes sont maintenant installées autour du feu. La narration commence. La Maitresse du Verbe expose les lieux de l’histoire. Elle suggère les drames qui pourrait bien se nouer en ces lieux. Elle dispose les éléments de la scène de prologue et présente à toutes les acteurs, les personnages des non-joueuses et fait entrer les personnages des joueuses. La première question fuse :
— Alors qu’aimeriez-vous qu’il se passe maintenant ?
Une joueuse, moins timide que les autres devient actrice de son personnage. Il agit employant des moyens, poussé par sa nature. La joueuse conte ce début d’une histoire, le drame d’une scène et son désir de résolution. La Maitresse du Verbe écoute. Elle arbitre, et demande par quel attribut, au nom de quelle sagesse et avec quel moyen l’action s’accomplit.
Lumières, Ténèbres et impulsions s’exposent et les dès roulent. S’ils sont réussite la joueuse raconte comment, et vers quelle autre scène cela nous conduit. S’ils sont échec, la joueuse raconte comment et pourquoi et la Maitresse du Verbe tresse le drame du lieu et de la situation où cela conduit.
Une autre joueuse s’agaillardir et reprend le flambeau du conte. Et alors de joueuse en maitresse du verbe une nouvelle histoire s’écrit, une histoire qui se passe dans et durant l’Empire Romain quand les premiers chrétiens paraissaient.

Un épisode a été écrit, ce soir là. Au générique de fin apparait « Ichthus », la suite la semaine prochaine.