Son Nom, et l’optimisme

A toi ; je te le demande, as-tu volé ta vie, ou, t’a-t-elle était donné ?
La vie ça m’a été donnée. Ça ? Donné. Qu’est-ce qui donne ? Qui donne ? Comment cette merveille d’être vivant est-elle donnée ? L’amour.

Amour, Depuis l’aube des temps, Tu es ! Et ton nom passe dans notre aventure comme passe des fleurs après la pluie au désert. Que savons-nous de toi, sinon cette soif en notre cœur qui nous rend vivants ? Depuis l’aube de tous les matins du monde, Tu es ! Et ton nom résonne de mille noms aux centres de nos existences.

Nom de chemin aux jours où monte la tentation de tout laisser tomber, de s’arrêter sur le bas coté.
Nom de paix dans la fureur et la violence qui détruit nos relations.
Nom de la tendresse quand la blessure de nos solitudes se fait plus ardente.
Nom de confiance aux nuits où l’angoisse déborde de notre lit.
Nom de vérité quand Tout ressemble à Rien.
Nom d’avenir quand demain se dérobe dans une brume d’un futur calculé par nos machines.

Amour, depuis l’aube des temps, Tu es ! Et ton nom, chaque jour, nous invente un nouveau sentier de joie. Au silence de nos cœurs, viens souffler ton nom pour aujourd’hui seulement !
Le philosophe Alain disait « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. »
Nous perdons plus de notre temps de vie à avoir « des choses à redire » que « des choses à dire ».
Il est aisé d’être pessimiste : il suffit de se laisser aller à ses penchants tristes, et de s’attarder sur les grosses ficelles de l’actualité !
L’optimisme fait vertu de résistance. Il serait juste de penser qu’elle peut « pousser » naturellement, mais elle se cultive. L’optimisme se cultive comme une plante rare qui a besoin d’une attention vigilante et d’un amour sans faille.
Et nous pouvons chasser de son environnement immédiat toutes les mauvaises herbes envahissantes qui ont pour noms : regrets, contrariétés, ressentiments, peurs, méfiance, désespoir… Car « le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté » . . .

Notre allié ? Amour. Amour, depuis l’aube des temps, Tu es !
Et ton nom, chaque jour, nous invente un nouveau sentier de joie.
Au silence de nos cœurs, viens souffler ton nom pour aujourd’hui !


Que me soit accordé le silence Sioux

Vent, que je puisse accueillir,
non pas le silence qui rend prisonnier de soi-même mais celui qui libère et ouvre au renouveau,
non pas le silence du corps épuisé par les paradis artificiels mais celui d’une âme qui respire,
non pas le silence de la peur des autres et du monde mais celui qui rend proche de tout être vivant et de l’univers,
non pas celui de l’égo froid, indifférent, hautain mais celui qui enracine, fortifie et purifie la tendresse,
non pas le silence de l’absence nue, du monologue solitaire mais celui de la rencontre, de l’intimité au Vent,
non pas le silence de la lâcheté, de la capitulation mais celui qui prépare au combat du guerrier pour la vérité,
non pas le silence des exclus, des sans-voix mais celui qui nourrit la force des peuples qui se lèvent,
non pas le silence de la personne humaine qui fuit mais celui de la personne humaine qui cherche et questionne,
non pas le silence de la personne humaine qui rumine ses échecs mais celui qui réfléchit pour en découvrir les causes et la beauté,
non pas le silence de la nuit du désespoir mais celui qui attend la lumière de l’aurore, l’espérance,
non pas le silence de la rancune, de la haine, de la vengeance mais celui de l’apaisement et du pardon,
non pas le silence du bavard, rempli de mots, de lui-même mais celui du cœur qui écoute le murmure des feuilles dans le Vent,
non pas le silence envahi par trop de réponses à de vaines questions mais celui de l’émerveillement et de l’amour de la terre sacrée,
non pas le silence de l’oubli, de l’arbre des morts mais celui où la matière entend Vent, en préparation à la Lumière de Tanka Wanka.


L’homme qui dormait sous mon lit, Pierre Notte

Au Rond Point, un samedi soir. . .
Je ne vous raconterais pas
Allez-y et vous serez, comme le dormeur, réveillé
Après vous renterez et y repenserez
Le fièvre
L‘angoisse
L‘insomnie et le plongeon
Mais au matin levant, vous serez grandi


Celle qui en parle merveilleusement bien est une autrice dont je suis le Blog : Allez voir . . .

Anne Vassivière : Ce que je dois au théâtre

Et Pierre Notte lui même :

ENTRETIEN

Quel rapport y a-t-il entre Je te pardonne (Harvey Weinstein) en juin dernier, et L’Homme qui dormait sous mon lit aujourd’hui ?

La honte. C’est le moteur. Une honte objective et partagée, mais il y a pire. Cette honte de soi, de moi. Quand je mesure la puissance de mon incapacité à agir, à intervenir. De mon impuissance. Rester immobile, encore, face aux petites barbaries qui s’exercent partout, qui pullulent et prolifèrent. Ne rien faire. Cette honte de l’inertie. Le mal fait aux femmes et la honte d’être un homme, cela fermente, cela bout. Cela donne L’Histoire d’une femme ; Sur les cendres en avant ou Je te pardonne (Harvey Weinstein). C’est encore écrire contre, jamais pour. Contre l’impuissance et l’inaction. Ou en réponse, en écho. Faute de mieux, faute d’agir. Ici, faute d’une parole politique, d’un geste engagé, il reste l’invention possible d’un dialogue entre les parties… On ne fait rien, on fait semblant, mais c’est déjà ça. Et on en rit, aussi. C’est la moindre des choses, par souci de décence…

Et là, vous imaginez le pire : un monde où on pousserait les réfugiés au suicide?

C’est « inimaginable » ? Ce n’est pas déjà ce que l’on vit ? Le pire, c’est le mépris dont on s’arrange. Toutes hontes bues. Recueillir l’autre, l’accueillir et le sauver, bien sûr. Mais qu’il s’adapte, qu’il prie ses dieux avec discrétion, qu’il ne regarde pas nos filles de travers, qu’il baisse un peu sa musique s’il vous plaît. Et qu’on ait droit à quelque compensation, tout de même. Et quand le bien est accompli, elles ressurgissent toujours, les bestioles immondes de l’égoïsme, de l’autosuffisance, du confort personnel, de la peur qui exclut. Dans le couple, pareil. Dans le travail, pareil. Dans le monde, pareil. Fouiller le pire, c’est toujours aller chercher ce à quoi pourrait ressembler le monde s’il faisait un petit pas en avant vers le pire où on se laisse aller. La poussière sous le tapis, les secrets de famille dans les caves à vin, et le réfugié par la fenêtre.

Et ici, tout finit bien… Vous vous foutez du monde?

Ça doit être sanglant, saignant, rapide et hargneux. Mais ça finira bien, oui, la musique arrivera, enfin, et la réconciliation possible. La danse, et la vie, souriante, simple, une illusion. Écrire, c’est partager une honte. On fouille, on creuse, on fonce droit dans le fond du pire pour chercher aussi un peu de lumière.

PIERRE NOTTE,PROPOS RECUEILLIS PAR L’AVANT-SCENE THÉÂTRE
POUR L’AVANT-PROPOS AU TEXTE PUBLIÉ