La mystique sauvage par Michel Hulin

Citations

D’abord, il y a la joie brute, massive, suffocante, indicible. Pendant un bref instant, l’intellect est mis hors circuit, très vite sans doute, se manifeste le besoin de « respirer », de prendre un peu de distance par rapport à l’événement, de comprendre ce qui vous arrive. C’est alors que le sujet renoue avec son monde familier, retrouve son bagage culturel, ses croyances, ses catégories et qu’il tente, avec « les mots de la tribu », d’y intégrer ce qu’il vient de vivre.

Ce qu’il y a de diabolique dans la drogue, c’est sa capacité à mimer le résultat d’une ascèse. L’homme abusé par la drogue est semblable à un acteur qui jouerait sur la scène le rôle d’un saint et s’identifierait à son rôle au point d’oublier, le temps de la représentation, la médiocrité de sa vraie personnalité et de se sentir l’âme d’un saint. La drogue laisse entrevoir à l’homme ce qu’il « pourrait » devenir, mais elle le fait toujours sur un mode hallucinatoire, en escamotant à ses yeux l’immense distance qui le sépare encore de cette possible version glorieuse de lui-même. S’abandonner à la drogue, c’est donc en un certain sens, vivre à crédit. C’est goûter dans l’immédiat des jouissances aux-quelles on n’a pas droit, qu’on n’a pas « méritées ». Mais tout se paie.

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