Une parole de bifurcation
Je vis dans un monde qui me blesse, mais que je refuse d’abandonner. Un monde où les puissants se congratulent en distribuant des prix à des figures néolibérales aux relents autoritaires, pendant que les médias dominants salissent les voix dissidentes, et que les partis de gauche s’effondrent dans la tiédeur. Je n’ai pas oublié le mépris des socialistes en 1986, quand, chauffeur-livreur, je leur apportais leurs affiches et qu’ils m’offraient leur hauteur en retour.
Je suis catholique, je vote LFI, je soutiens Rima Hassan. Je refuse les cases, les amalgames, les caricatures. La colère n’est pas la haine. Elle est le feu du juste. Et si je suis en colère, c’est parce que je crois encore que nous pouvons bifurquer, quitter l’autoroute du désespoir pour un petit sentier, là, à gauche, certes incertain mais porteur de joie.
Je crois en la prière partagée, en la présence silencieuse, en l’arbre qui pousse dans le ventre d’une femme pendant qu’une autre prie. Je crois en la parole qui ne domine pas, mais qui accompagne. Je crois en la littérature comme lieu de lumière, et non de résignation. Je refuse de confier mon imaginaire aux algorithmes qui ne font que recycler.
Je suis mille et une fois d’accord avec ceux qui refusent le spectaculaire. Je suis mille et une fois en désaccord avec ceux qui confondent ordre et paix, colère et haine, technologie et pensée. Je suis mille et une fois vivant, dans le feu, dans le silence, dans la bifurcation.
Haïku
Silence à trois voix
un arbre pousse en prière
la nuit s’est ouverte
Tanka
Sur l’autoroute
du désespoir, je bifurque
vers un sentier gauche
où la colère respire
et la joie recommence
Aller Sonne Shakespeare
Le monde est sourd, il couronne les puissants,
Et donne des prix à ceux qui font régner
La peur, l’ordre, le repli suffocant,
Tandis que l’espérance est condamnée.
Mais moi je marche, seul ou bien à trois,
Dans le silence, la prière, le feu,
Je crois encore qu’un sentier existe en moi,
Où l’arbre pousse et s’élève vers les cieux.
Je refuse les algorithmes sans âme,
Je refuse les discours sans lumière,
Je refuse les regards pleins de blâme,
Et je choisis la parole ouvrière.
Car même sans certitude ni pouvoir,
Je suis vivant, et je veux désobéir.
🕊️🕊️🕊️🙏il nous faut être des tisserands nous sommes des tisserands ce chemin tourne le dos à ces destructeurs sans âme. Je ne suis met plus, en colère ils ne le méritent pas. ✨🏔️🌊🪵🔥🪐🦄🐾