La première Danse de Marie Noël

Dans Notes Intimes

Entrez dans la Danse,
Voyez comme on danse.

Au commencement était le Chaos. « La terre informe et vide » (Qui avait créé le Chaos?).  » Et l’Esprit de Dieu se mouvait sur l’abîme.  » … se moavait…
Dieu se mouvait
Dieu dansait.
Dieu, dans sa joie de Dieu, dansait.

Au commencement fut cette joie de Dieu, cet Amour, cette Danse, ce Rythme. Et ce rythme était si fort que le Chaos s’ébranla, l’informe chercha figure, les atomes se prirent à danser aussi.

Entrez dans la Danse,
Voyez comme on danse.

Et selon le branle de Dieu, obéissant à l’ordre ardent de sa musique, ils se sont rangés, assemblés, composés, mis en ordre, en harmonie; ils ont construit des figures, des formes, des êtres; ils sont devenus lumière, astres, terres, animaux, homme…
Ainsi Dieu créa le ciel et la terre.
Et toujours se perpétue, se propage, se déploie le grand Rythme du commencement qui ordonne, compose et s’appelle Vie éternelle.

L’Ennemi est celui qui brise le rythme (et toute faute est un faux mouvement, un faux pas), l’Ennemi est celui qui divise, dés-accorde, dés-assemble, dé-forme, dé-compose, qui défait et détruit les corps et les mondes et les rejette au dés-ordre du Chaos.

L’Ennemi est celui qui  » dé-crée « .
Son nom dans l’abîme est HAINE.

Ma lecture matinale

En lisant Marie Noël ce matin dans Notes intimes, une idée m’a frappé : la peur est l’arme du néant.

Peur et haine sont les instruments du vide, de ce que j’appelle, dans ma lecture de personne humaine en 2025, le néant, en remplacement du chaos. Le néant, c’est l’ordre absolu du rien, une forme d’anti-vie qui se déguise en stabilité.

Cette lecture m’a immédiatement évoqué le Silmarillion de Tolkien, où le monde naît de la musique. Marie Noël y ajoute la danse et la joie, et cela résonne profondément en moi.

La danse, la joie : c’est ce que je ressens quand je pratique le Kendo ou le jeu de rôle. Ces activités, tout comme la foi et la prière, relèvent pour moi de la spiritualité. Elles sont des formes de résistance au néant, des expressions de vie, de beauté et de lien.

Haïku

Dieu danse au matin,
le néant fuit la lumière,
naît l’harmonie.

Tanka

Au cœur du chaos,
Dieu danse et l’ordre s’éveille,
rythme originel.
La peur, masque du néant,
s’efface dans la lumière.

Sonnet presque shakespearien

La Danse de Dieu
Au seuil du monde, un souffle fit vibrer
Le noir chaos, sans forme ni visage.
Dans l’ombre épaisse, un rythme vint germer,
Et Dieu dansa, porteur d’un doux message.

Son pas sacré fendit l’obscurité,
Les astres naquirent, l’homme prit figure.
L’amour battait, pur feu d’éternité,
Et l’univers devint danse et structure.

Mais dans l’abîme, un cri sans mélodie,
La haine hurle, brise l’harmonie.
Le néant rôde, froid, sans symphonie,
Semant la peur, l’ombre et l’anomie.

Pourtant, je danse, et dans ce mouvement,
Je prie, je vis, je crée, résolument.

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