Cavalier d’eau : la confiance

Je suis assis dans cette France qui pourrit. L’odeur des forêts brûlées se mêle à celle des discours ministériels. Ils assassinent les ruisseaux. Ils éventrent les terres. Ils empoisonnent Gaïa. Et ils appellent ça : développement.

C’est le dernier spasme de la bourgeoisie, cette vieille truie qui se pare de vert pour mieux étouffer les racines.

Et pendant qu’ils construisent des autoroutes pour des camions de mort, on enferme dans l’oubli les poètes, on ridiculise les mystiques, on tue les écrivains par un voile invisible, on traque les femmes libres.

Et donc là où je suis ce matin — je tire une carte du tarot Osho.

C’est La Confiance. Le Cavalier d’Eau. Ce n’est pas ironique. Ce n’est pas un gag. C’est un appel. Un soufflet de l’Esprit Saint aussi.
Lui, le Cavalier, il ne se protège pas. Il ne calcule pas. Il ne dit pas : « J’ai peur ». Il saute. Nul parachute. Nul manuel. Nul plan B.
Il saute nu, dans le vide, comme on saute dans l’Amour. Et je regarde cela, et je me demande si j’ai un cœur capable de ce geste. Moi, qui ai tant questionné, tant rampé dans la prisons de mes propres colères, moi, l’humain d’orgueil, de honte, et de désirs brisés.
Mais voilà ce que cette carte m’enseigne — sans morale, sans dogme :
que la vraie confiance ne s’apprenne pas, qu’elle ne s’argumente pas, qu’elle ne se bâtit pas comme un château.

Elle est sauvage.
Elle est mystique.
Elle est révolutionnaire.
C’est cela, sa beauté :
elle est un refus d’être froid.

Elle est l’antifascisme radical :
elle ne veut pas de murs, elle veut le vent.
Et ce saut, ce saut dans la foi nue, ce n’est pas une fuite, c’est un affront : à toustes les gouvernant·e·s cyniques, à toustes les chroniqueureuses vendu·e·s, à toustes les fau·sse·x de gauche du PS qui veulent séduire la haine pour exister encore un peu.

Moi, je saute dans la confiance en l’amour, dans la vie et je souris.
Et si je me brise, que cela soit sur la roche de la vérité.
Mais je ne veux plus rester sur le bord du monde, à commenter les ruines.

Haïku

Les bras écartés
je tombe dans le silence
et c’est un accueil.

Tanka

Je saute sans fin
au bord d’un gouffre liquide —
et dans ma poitrine
ce n’est pas la peur qui bat,
c’est l’amour nu de la vie.

Sonnet saltimbanque

Je saute, oui, je tombe — et c’est ma délivrance.
Je quitte la terre plate, les juges et les murs.
La peur se décompose en vol, et l’arrogance
du monde bureaucrate éclate en grains trop durs.

Ils rient de ma confiance, ils hurlent que je sombre.
Mais c’est le ciel qui m’ouvre enfin ses bras ouverts.
Je ne veux plus de cage, je ne veux plus d’ombres,
je veux le chant brut, le sel, le feu, les hivers.

Car tomber dans le vide, c’est vivre sans armure.
C’est dire oui sans contrat, sans preuve et sans clôture.
Et même si la chute est la fin, elle est mienne.

Alors je saute nu, cœur rouge, loin des chaînes,
et dans le vent je crie : Je suis, et je vous aime,
et ma chute s’écrit comme une hymne ancienne.

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