Assis à mon bureau de travail, je m’assoupis.
Je pose mes yeux dans la paume de mes mains, comme pour éteindre le monde. Mes coudes reposent sur la table, ancrés dans la matière. Devant moi, des formes flottent, recouvertes d’un damier noir et blanc, mouvant, presque hypnotique. Les contours du réel se brouillent. Mes pensées plongent, s’enfoncent dans un espace intérieur que je ne sais nommer. Pause. Méditation. Mais où est-il, cet être intérieur qu’on cherche sans jamais le saisir ? Les images se dissolvent, deviennent des artefacts de lumière et de plastique, oscillant entre apparition et effacement. Je descends plus bas, dans un silence coloré, dans un bruit noir. Une voix s’élève, venue d’un lieu que je ne peux atteindre, un lieu qui n’est déjà plus moi. Là, tout est vertige, tout est merveille. La crainte véritable m’enveloppe, non pas peur, mais révérence, comme si l’infini me regardait.
Puis, soudain, je rouvre les yeux. Le monde reprend sa forme, solide, pesante, familière. Le temps s’est remis à couler. Où étais-je, pendant ces quelques instants suspendus ? Le cosmos a retrouvé ses lois, ses angles, ses murs. Je reviens parmi les autres, dans le tumulte des jours : la politique, le travail, les plaintes des pauvres, l’arrogance des riches. Et pourtant, quelque chose en moi a changé. Une trace demeure, une vibration subtile, un souffle. Il faut vite retrouver l’amour, celui qui ne juge pas, celui qui embrasse tout.
Je pense à Marie. À Marie Madeleine. À toi, messagère de l’amour pur, de la tendresse offerte sans condition. Tu nous as légué une lumière que rien n’éteint. Dans ce monde qui vacille, je m’accroche à cette flamme. Elle vacille parfois, mais ne s’éteint jamais. Elle est là, en moi, comme un rappel, comme une promesse. Et dans le silence retrouvé, je sais que je peux y revenir, encore et encore.
Vis le jour d’aujourd’hui
Dieuxe te le donne, il est à toi,
un souffle, une lumière, une voie —
vis-le en Lui, sans détour ni effroi.
Demain n’est pas tien, il dort en Dieuxe,
ne charge pas ton cœur anxieux
du poids futur, des vents douteux.
Demain viendra, remis aux cieux.
Le présent est une passerelle,
frêle, suspendue, essentielle.
Si tu l’alourdis de regrets d’hier,
ou des peurs de l’univers,
elle cède, et tu perds la terre.
Le passé ? Dieuxe le pardonne.
L’avenir ? Dieuxe le façonne.
Mais l’instant, ce doux fruit mûri,
est à toi — vis-le, aujourd’hui.
Frêle passerelle
entre hier et demain —
Dieuxe donne l’instant.
Je marche sur le silence,
le cœur ouvert à la paix.
Oups … Une part de nous …. Pourquoi ? Est ce parceque lorsque la prière est profonde elle nous amène à voir notre être tel qu il est et ce qui lui manque, prier nous montre t il notre faille ? Ce face à face est un duel avec nous même ? Pourquoi en rester Boiteux ? Pour nous rappeler notre vulnérabilité ?
Marie gardait dans son cœur pour les méditer les comprendre plus tard à l aube d un jour nouveau, toutes les épreuves et événements incompris qu elle Vivait. Jacob dans la lecture de ce jour amène le sujet brûlant que prier nous laisse inmanquablement une trace un