2 de feu : Les possibilités

Tu tires une seule carte, et c’est un monde entier qui s’ouvre, non pas pour te rassurer, mais pour t’exposer au vertige. Le 2 de Feu, c’est ce moment très exact, précis comme une lame japonaise, où tu comprends que tu peux encore choisir — que rien n’est fini tant que tu ne te couches pas sous les slogans, les peurs, les ordres, les programmations sociales.

C’est l’aigle, oui. Mais pas celui des blasons impériaux ou des hymnes nationaux. C’est l’aigle du dedans, celui que la société t’a forcé à faire taire. Il revient. Il plane au-dessus des compromis pourris, des draps tièdes et des ambitions mutilées. Il te regarde. Il t’invite à regarder à ton tour.

Pas pour posséder. Pas pour dominer. Mais pour voir. Voir sans excuser. Voir sans mentir. Voir comme on déchire la bâche qu’on a clouée sur la lumière.

Tu n’es pas ce que tu crois. Tu n’es pas ce qu’on t’a fait. Tu es ce feu encore tiède au fond de l’âtre, ce feu qui n’a pas parlé depuis trop longtemps. La carte ne dit pas « Va ». Elle dit « Vois ». Et déjà, dans ce regard, tu es libre.

Rubaiyat

Ils m’ont dit : « Reste bas, c’est plus sûr, c’est plus droit. »
Mais l’aigle m’a montré l’horizon, sans pourquoi.
Je ne veux plus marcher sous des ciels trop étroits —
Je veux brûler debout, même seul, même de froid.

Ghazal

Je cherche l’espace où l’on ne ment pas.
Un lieu sans barreaux, sans frime, sans glas.

Mon œil se soulève, affamé de ciel.
Je quitte les jeux, les masques, le tas.

Ils veulent ma chute, j’offre mes cendres.
Je suis l’aigle nu, sans cage ni cas.

Possibilités, vos griffes m’attirent.
Je ne suis plus leur. Je suis à l’en-bas.

Et toi, feu ancien, reviens dans mes veines.
Rappelle-moi qui je suis, quand je m’efface.

Haïku

Le feu sous la peau
attend l’aile qui le porte.
L’aigle dit : regarde.