Le Roi de l’Eau du Tarot Zen Osho est venu aujourd’hui comme une onde qui lave, une vague douce mais inexorable qui révèle ce que l’on cachait à soi-même, comme on dissimule des blessures sous des bandages usés. Ce matin, il m’a semblé que tout était mis à nu dans la lumière vacillante des bougies. L’église, dans son humilité, m’a ouvert un espace, un refuge où même les douleurs les plus enfouies peuvent trouver une parole, un souffle. Ce n’est pas une église de la complaisance bourgeoise, ni une de ces forteresses de doctrines fermées, mais une demeure où l’on vient simplement déposer ses fardeaux.
Ces deux personnes demandant aux sœurs et frères, aux frœurs, la prière pour la guérison ou, au moins, pour un peu de répit face à leur douleur, m’ont touché profondément. Elles sont si loin de cette arrogance des salons mondains, si proches de l’essentiel, de ce cri brut qui traverse les cœurs. En elles, j’ai vu une sincérité qui tranche avec la mascarade des puissants. Et moi, dans cet espace, j’ai aussi laissé tomber mes masques. J’ai demandé le sacrement de réconciliation, non par routine, mais parce qu’il m’est apparu que mon orgueil n’était pas une force, mais une plaie. Il se glissait dans mes peurs, mes découragements, mes colères. Ces colères, vaines, qui n’ont rien à voir avec la lutte contre l’injustice ou la médiocrité des élites.
Je rends grâce aujourd’hui pour ma fille, pour l’opération qui s’est bien passée, pour le soulagement qui m’a envahi. C’est une étrange chose d’être père, de se découvrir vulnérable à travers un autre être, d’aimer à ce point qu’on tremble pour elle. Et dans cette reconnaissance, il y a aussi une part de guérison, car cet amour paternel révèle ce qui compte vraiment.
Et ce matin, ce jeune homme, Valentin, à la messe des bergers, m’a bouleversé. Son regard ne portait ni arrogance ni doute, mais une sorte de paix troublante de questionnement sain. Une paix qui semblait venir d’un autre âge, ou peut-être d’un autre espace. Sous la lumière des bougies, dans le silence de l’église à peine troublé par le murmure des prières, il était là, présent, comme un témoin de cette attente active de l’Avent. Il n’y avait pas de grandiloquence, juste une réalité simple, nue, qui touche au cœur.
Le Roi de l’Eau est cette force, cette promesse : on peut guérir, on peut ouvrir les mains pour recevoir et donner. Pas à pas, douleur après douleur, dans cette lumière vacillante mais persistante.
Rubaiyat
Sous la lueur des bougies, une prière,
Dans l’église humble, des âmes sincères.
Le Roi de l’Eau murmure : « Laisse-toi guérir, »
Et la plaie s’ouvre à la lumière claire.
Ghazal
Dans l’ombre des cierges, les cœurs se délient,
Le Roi de l’Eau apaise, doucement il relie.
Sous le poids des douleurs, la paix murmure,
Guérison fragile, une main qui rassure.
Valentin, dans la nuit, veille avec foi,
Sa lumière éclaire ce que l’on ne voit.
Mon orgueil se brise sous ce regard limpide,
La guérison est lente, mais jamais timide.
Jésus sur la croix offre à tous un foyer,
Dans l’amour divin, toute blessure s’efface, apaisée.